Complications à long terme des dérivations urinaires non continentes de type Bricker chez les patients blessés médullaires

25 novembre 2016

Auteurs : C. Guillot-Tantay, E. Chartier-Kastler, M. Perrouin-Verbe, P. Denys, P. Léon, V. Phé
Référence : Prog Urol, 2016, 13, 26, 685-686
Objectifs

La dérivation urinaire non continente de type Bricker (DUNCB) est souvent le traitement de dernier recours des troubles vésico-sphinctériens chez les patients blessés médullaires et notamment lorsque les autosondages intermittents ne sont pas réalisables. L’objectif de ce travail était d’évaluer les complications à long terme de la DUNCB chez les patients blessés médullaires.

Méthodes

Une étude monocentrique rétrospective a inclus les patients blessés médullaires opérés d’une DUNCB entre juin 1997 et juin 2014. Les patients étaient évalués à 3 mois, 6 mois postopératoires et annuellement. Les données suivantes ont été recueillies : l’indication chirurgicale, les complications postopératoires précoces évaluées selon le grade de Clavien-Dindo, les complications tardives, la fonction rénale, la capacité d’appareillage et le gain d’autonomie. Les DUNCB étaient indiquées dans les cas suivants : impossibilité d’utilisation des autosondages intermittents (n =43), escarre et fistule périnéale (n =50), insuffisance rénale (n =8), infections urinaires à répétition (n =9), lithiases rénales (n =3) et tumeurs de vessie (n =2).

Résultats

Au total, 102 patients furent inclus (Tableau 1). Le suivi médian était de 48,0 mois (IQR : 25,5–77). Une cystectomie a été réalisée de manière concomitante dans 87 cas. Étaient relevées 67 complications postopératoires précoces pour 44 patients : 43 complications Clavien I ou II, 17 complications Clavien III, 6 complications Clavien IV et 1 complication Clavien V. Il y eut 39 complications tardives nécessitant une intervention à distance dont 25 drainages des cavités urinaires et 5 révisions du Bricker. Le délai médian de réintervention était de 6 mois (IQR : 2–25,5). La fonction rénale préopératoire et postopératoire ne différaient pas significativement (p =0,53). La stomie était appareillable sans problème chez 81,6 % des patients. L’autonomie sur le plan urinaire postopératoire était significativement améliorée (p <0,0000001) avec un gain d’autonomie chez 87,5 %.

Conclusion

Malgré une morbidité périopératoire de 43,1 % et un taux de complication postopératoire tardif de 37,3 % la DUNCB est une procédure efficace dans le traitement des troubles vésico-sphinctériens des patients blessés médullaires, permettant une cicatrisation périnéale, un sevrage de la sonde à demeure et une protection du haut appareil urinaire avec un gain d’autonomie.




 




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Tableau 1 - Caractéristiques de la population.









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