Complications de la chirurgie pour HBP : évaluation des pratiques professionnelles

25 octobre 2015

Auteurs : J.-L. Descotes
Référence : Prog Urol, 2015, 12, 25, 673-674




 



La prise en charge chirurgicale de l'hypertrophie bénigne de la prostate (HBP), pathologie fréquente et considérée comme « bénigne », ne doit pas nous faire oublier l'adage qu'il n'existe pas de « petite chirurgie ». Cette enquête sur les complications graves et inattendues de la chirurgie de l'HBP nous le rappelle avec des chiffres qui doivent nous interpeler.


Il faut féliciter les auteurs pour cet article et les promoteurs d'une telle étude qui, malgré le faible nombre de réponses (85 exploitables sur 1330 questionnaires envoyés) a colligé de manière anonyme, outre 8 % de complications hémorragiques, 11 plaies rectales peropératoires, 9 complications liées à un matériel défectueux ou une température excessive du liquide d'irrigation, 13 complications médicales sévères et 4 décès dont ¾ liés à des sepsis.


Il faut souligner que ces complications ne sont pas l'apanage d'une technique mais ont été constatées après RTUP, vaporisation prostatique, énucléation au laser et adénomectomie voie haute.


Ce travail met l'accent sur la nécessité d'évaluer régulièrement notre propre pratique professionnelle, afin d'apporter aux patients qui nous accordent leur confiance, le maximum de sécurité dans leur prise en charge. La checklist au bloc opératoire, la déclaration des évènements indésirables graves, le recueil systématique des complications et leur analyse factuelle en réunion de mortalité-morbidité doivent faire partie de notre culture et de celle de nos élèves.


Ne sous-estimons pas la déclaration de ces complications et leurs conséquences pour les patients et pour les autorités ; sachons soutenir et aider les patients qui en sont malheureusement les victimes. Les outils et fiches d'information que notre association met à votre disposition peuvent, à la lecture de ce travail, manquer d'exhaustivité. Elles ont le mérite d'exister et des enquêtes similaires devraient se généraliser afin de faire évoluer ces documents et nos mentalités. C'est en toute transparence que notre difficile métier doit s'exercer.


Remettre en question notre technique chirurgicale, nos indications thérapeutiques, analyser nos propres résultats est clairement source de progrès justifiant totalement nos besoins de formation médicale continue.


J'espère que les enquêtes de pratiques professionnelles à venir recueilleront une plus large adhésion de notre communauté et un plus grand de réponses afin de refléter la réalité de notre métier, et d'améliorer sans cesse notre pratique professionnelle.


Déclaration d'intérêts


L'auteur n'a pas transmis de déclaration de conflits d'intérêts.






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