Comparaison des neurovessies des dysraphismes fermés et ouverts : résultats observés sur une cohorte prospective de 395 patients

25 novembre 2016

Auteurs : B. Peyronnet, C. Brochard, M. Jezequel, H. Menard, J. Hascoet, N. Senal, I. Bonan, A. Arnaud, L. Siproudhis, J. Kerdraon, X. Game, A. Manunta
Référence : Prog Urol, 2016, 13, 26, 721
Objectifs

Les dysraphismes constituent la première cause congénitale de neurovessie. Les dysraphismes ouverts (DO) constituent la forme « classique » de neurovessie spina bifida. À l’inverse, les troubles vésico-sphinctériens liés aux dysraphismes fermés (DF) sont moins bien connus. L’objectif de ce travail était de comparer les troubles vésico-sphinctériens observés chez les patients présentant un DF à ceux observés chez les patients présentant un DO.

Méthodes

Une étude prospective a été menée entre 2007 et 2016 incluant tous les patients spina bifida consultant consécutivement dans un centre pluridisciplinaire. Lors de la première consultation, un bilan du fonctionnement de l’appareil urinaire de chaque patient a été réalisé, que le patient rapporte ou non des troubles urinaires. Ce bilan comprenait notamment : antécédents de chirurgie urologique, le type de dysraphisme (ouvert ou fermé), le niveau neurologique sensitif et moteur selon la classification AIS, le mode mictionnel, le score Qualiveen et les données du bilan urodynamique. Les caractéristiques des patients ont été comparées.

Résultats

Un total de 395 patients ont été inclus dont 274 DO (69,4 %) et 121 DF (30,6 %). Le mode mictionnel était miction spontanée, sondage intermittent et dérivation cutanée non continente chez 47,1 % vs. 29,3 %, 47,1 % vs. 59,4 % et 5,7 % vs. 11,2 % des patients ayant respectivement un DF et un DO (p =0,01). La prévalence de l’incontinence urinaire ne différait pas significativement entre les 2 groupes (44,7 % vs. 53,5 % ; p =0,23), de même que le score qualiveen moyen (76,6 vs. 81,7 ; p =0,19). La principale plainte médicale était urologique chez 26 % des patients ayant un DF et chez 27,8 % des patients ayant un DO (p =0,73). L’entérocystoplastie d’agrandissement était plus fréquente chez les patients ayant un DO (29,2 % vs. 10,2 % ; p <0,0001) de même que le sphincter artificiel urinaire (13,2 % vs. 4,6 % ; p =0,01).

Conclusion

Sous réserve d’un possible biais de sélection, les troubles vésico-sphinctériens semblent aussi fréquents et aussi gênants chez les patients ayant un dysraphisme fermé que chez ceux ayant un dysraphisme ouvert. En revanche le recours à un traitement chirurgicale des troubles vésico-sphinctériens est plus fréquent chez les patients ayant un DO.




 




Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs n'ont pas précisé leurs éventuels liens d'intérêts.






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