Comparaison des caractéristiques et de la prise en charge des traumatismes rénaux entre la population adulte et pédiatrique

25 novembre 2017

Auteurs : P. Patard, O. Abbo, A. Gryn, S. Bergerat, X. Matillon, R. Betari, M. Ruggiero, I. Dominique, L. Freton, X. Rod, C. Dariane, C. Lebacle, B. Pradere, G. Fiard, B. Peyronnet, P. Panayatopoulos, J. Olivier, Q. Langouet, C. Millet, M. Hutin, A. Chebbi, T. Caes, N. Szabla, N. Brichart, L. Sabourin, K. Guleryuz, J. Rizk, F.-X. Madec, F.-X. Nouhaud
Référence : Prog Urol, 2017, 13, 27, 698-699
Objectifs

Les traumatismes rénaux représentent les traumatismes génito-urinaires les plus fréquents. À l’âge pédiatrique, les lésions sont classiquement décrites comme différentes en raison, notamment des lésions associées et du mécanisme lésionnel. Néanmoins, il n’existe aucune donnée dans la littérature comparant ces traumatismes et leur prise en charge en fonction de l’âge. L’objectif de cette étude était de comparer les caractéristiques des traumatismes rénaux chez l’adulte et l’enfant.

Méthodes

Une étude multicentrique rétrospective nationale (TRAUMAFUF) a été conduite, incluant tous les patients pris en charge pour traumatisme du rein dans 15 centres hospitaliers entre 2005 et 2015. Les traumatismes iatrogènes étaient exclus de l’étude. Parmi les 1797 patients, 156 étaient âgés<15 ans et 1641 âgés>15 ans permettant de constituer nos 2 groupes. Les groupes étaient comparés et analysés par les tests t de Student et Chi2.

Résultats

Une hypotension artérielle initiale était constatée chez 6,4 % vs 14,0 % (p =0,006) respectivement chez l’enfant et l’adulte. Le taux de traumatismes rénaux de haut grade (AAST 3, 4 et 5) et de dérivation urinaire par sonde urétérale étaient similaires (53,9 vs 59,6 % ; p =0,18) et (7,1 % vs 5,1 % ; p =0,34), respectivement chez l’enfant et l’adulte. Aucune différence n’était observée sur la prise en charge urologique initiale : surveillance (89,7 % vs 84,5 % ; p =0,07), radio-embolisation (9,7 % vs 5,7 % ; p =0,11) et chirurgical (3,8 % vs 5,1 % ; p =0,56). Le taux de lésions viscérales associées était similaire (44,9 % vs 47,3 % ; p =0,62) mais les lésions osseuses augmentaient chez l’adulte (21,2 % vs 44,9 % ; p =0,0001). Le premier lever était plus précoce chez l’adulte (7,0 vs 6,3jours ; p =0,028). Aucune différence n’était observée sur la durée d’hospitalisation (11,9 vs 15,1jours ; p =0,08), le nombre de décès (1,9 % vs 3,4 % ; p =0,48) et les complications à long terme (6,8 % vs 4,1 % ; p =0,21) respectivement chez l’enfant et l’adulte.

Conclusion

Bien que les adultes présentent d’avantage de polytraumatismes et d’instabilité hémodynamique au diagnostic, la population pédiatrique présente le même profil de traumatisme rénal mais un premier lever plus tardif, ce qui n’entraîne aucune différence sur la prise en charge urologique, ni sur la morbi-mortalité post-traumatique.




 




Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.






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