Comparaison de l’incidence d’infections urinaires après un bilan urodynamique en fonction du traitement préalable par antibiothérapie d’éventuelles bactériuries asymptomatiques

25 novembre 2017

Auteurs : L. Micol, N. Grilo, P. Denys, B. Schurch
Référence : Prog Urol, 2017, 13, 27, 729
Objectifs

Le traitement des bactériuries asymptomatiques avant bilan urodynamique (BUD) reste controversé. Dans un contexte d’augmentation des antibiorésistances bactériennes en lien avec des antibiothérapies non nécessaires, nous avons pour objectif de comparer l’incidence d’infections urinaires (IU) dans la semaine suivant un BUD dans deux groupes de patients. Dans le premier groupe (groupe A) de patients, ceux présentant une bactériurie une semaine avant BUD étaient traités selon antibiogramme. Dans le deuxième groupe (groupe B), aucun patient avec une bactériurie asymptomatique n’était traité.

Méthodes

Le critère d’inclusion était une consultation en neuro-urologie comprenant un BUD. Les critères d’exclusion comprenaient l’annulation du BUD (refus du patient ou IU manifeste) ou l’injection intradétrusorienne de toxine botulinique lors de la même visite. Un examen de culture bactériologique d’urine (ECBU) prélevé par sondage aller-retour était effectué juste avant le BUD. Les patients étaient contactés par téléphone 7jours après le BUD à la recherche d’un des symptômes suivants : urines troubles et malodorantes, inconfort ou douleur au niveau du rein, de la vessie, ou en urinant, survenue d’incontinence urinaire, fièvre, augmentation de la spasticité, hyperréflexie autonome, malaise, léthargie ou sentiment d’inconfort. Les patients symptomatiques étaient alors traités selon l’antibiogramme d’un nouvel ECBU.

Résultats

Au total, 156 patients ont été vus dont 151 ont été inclus parmi lesquels 46 dans le groupe A et 105 dans le groupe B. Les deux groupes étaient comparables (cf. Tableau 1). La prévalence d’une bactériurie asymptomatique lors de la consultation atteignait 22,0 % dans le groupe A et 29,5 % dans le groupe B. À une semaine, 15 patients n’étaient pas joignables (5 dans le groupe A et 10 dans le groupe B), 3 patients présentaient des symptômes d’IU, mais aucun avec état fébrile. Parmi les 3 patients symptomatiques, 2 ont présenté une IU prouvée par ECBU. Ces résultats sont détaillés dans le Tableau 2. En définitive, l’incidence d’IU après BUD a été calculée à 2,44 % et 1,05 % dans les groupes A et B, respectivement. Le taux d’IU chez les patients avec vessie neurogène est de 0 % dans les deux groupes.

Conclusion

Bien que la prévalence des bactériuries asymptomatiques soit élevée chez les patients prévus pour un BUD, nous avons pu démontrer que, d’une part, que l’incidence d’IU après BUD est inférieure à 1,5 % sans effet bénéfique de l’antibiothérapie préalable et que, d’autre part, aucune IU fébrile n’a été reportée. Il semble donc que le traitement préalable au BUD des bactériuries asymptomatiques soit superflu. Une étude à plus large échelle reste toutefois nécessaire pour confirmer ces résultats.




 




Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.




Tableau 1 - Comparaison des groupes.







Tableau 2 - Taux d'infection.









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