Comparaison de l’implantation d’un sphincter artificiel urinaire par voie transcaverneuse vs bulbaire classique chez les hommes ayant un urètre à risque

05 novembre 2020

Auteurs : M. El-Akri, I. Bentellis, T. Tricard, T. Brierre, T. Cousin, H. Dupuis, N. Hermieu, D. Robin, V. Gaillard, P. Bertrand-Léon, D. Chevallier, F. Bruyère, C. Saussine, J. Hermieu, P. Lecoanet, G. Capon, J.N. Cornu, X. Gamé, A. Ruffion, B. Peyronnet
Référence : Prog Urol, 2020, 13, 30, 783-784
Objectifs

La voie transcaverneuse pour l’implantation du sphincter artificiel urinaire (SAU) chez l’homme a été décrite en 2002 pour tenter de maximiser l’épaisseur de tissu sous la manchette et ainsi minimiser le risque d’érosion chez les patients ayant un urètre à risque (antécédent de SAU explanté, de sténose de l’urètre ou de radiothérapie). L’objectif de cette étude était de comparer l’implantation transcaverneuse et l’implantation péribulbaire classique chez les patients ayant un urètre à risque.

Méthodes

Les dossiers de tous les patients de sexe masculin ayant eu l’implantation d’un SAU entre 2005 et 2020 dans 12 centres ont été revus rétrospectivement. Les patients ayant un antécédent de radiothérapie, d’explantation d’un précédent SAU ou de sténose de l’urètre était inclus. Les patients ayant une incontinence d’effort d’origine neurogène étaient exclus. Les patients étaient divisés en deux groupes : transcaverneux (TRS-CAV) vs. péribulbaire classique (BULB). Le critère de jugement principal était la continence sociale à 3 mois (0 à 1 protection/jour). Les critères de jugement secondaires étaient la survie du dispositif sans réintervention (révision et/ou explantation ; SSR) et les complications postopératoires.

Résultats

Trois cent trente-neuf patients ont été inclus pour analyse : 85 dans le groupe TRS-CAV et 259 dans le groupe BULB. Les patients du groupe BULB étaient plus âgés (73,2 vs 70,5 ans ; p =0,02) mais avec une plus faible proportion de patients irradiés (96,8 vs 80 % ; p <0,0001). La taille de la manchette était significativement plus élevée dans le groupe TRS-CAV (44 vs 49,3mm ; p <0,0001). Le taux de continence sociale à 3 mois était supérieur dans le groupe BULB mais cette différence n’atteignait pas le seuil de significativité (81 % vs 71,2 % ; p =0,08). Le taux de complications postopératoires ne différait pas significativement entre les deux groupes (11,9 % vs 18,5 % ; p =0,14), de même que le taux de complications Clavien ≥3 (4,8 % vs 1,2 % ; p =0,30). Après un suivi médian de 20 et 15 mois, le taux de continence sociale était similaire dans les deux groupes (54,5 % vs 59,2 % ; p =0,51). La SSR estimée à 5 ans était similaire dans les deux groupes (44,1 % vs 43,3 % ; p =0,90) (Fig. 1).

Conclusion

Dans cette étude rétrospective multicentrique, nous ne retrouvions pas de bénéfices à l’implantation transcaverneuse du SAU chez les hommes ayant un urètre à risque (réimplantation, antécédents de radiothérapie ou de sténose urétrale). D’autres études sont nécessaires pour évaluer l’intérêt de la voie transcaverneuse et préciser les critères de sélection des patients.




 




Fig. 1
Fig. 1. 

Courbe Kaplan-Meier survie sans réintervention.





Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.






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Publié par Elsevier Masson SAS.