Comparaison de l’effet d’un traitement par estétrol à celui de l’œstradiol sur la lubrification vaginale de la souris

25 novembre 2013

Auteurs : X. Gamé, F. Charot, C. Mazerolles, P. Gourdy, J. Foidart, B. Malavaud, F. Lenfant, J. Arnal
Référence : Prog Urol, 2013, 13, 23, 1060




 

Objectifs .- L'estétrol est un œstrogène naturel produit par le fœtus qui a comme particularité clinique d'avoir peu d'effets hépatiques et d'avoir un certain effet anti-œstrogénique au niveau mammaire. Le but de ce travail était d'évaluer l'impact de l'estétrol sur la lubrification vaginale et de le comparer à l'effet de l'œstradiol.


Méthodes .- Des souris femelles C57/BL6 ont eu une ovariectomie à l'âge de 5 semaines. Une semaine plus tard, elles étaient divisées en 3 groupes, souris non traitées, souris traitées par des implants diffusant pendant 60jours de l'œstradiol (E2) à la dose de 80μg.kg−1 par jour (0,1mg/implant, 60-day release, Innovative Research of America, Sarasota, FL, États-Unis) ou souris traitées avec des mini-pompes sous-cutanées (Alzet®, Charles River Laboratories) assurant une diffusion continue pendant 28jours d'estétrol (E4) (6mg/kg par jour). À l'âge de 10 semaines, la lubrification vaginale était induite physiologiquement à l'aide d'une stimulation cervico-vaginale puis mesurée à l'aide d'un papier buvard préalablement pesé. Les souris étaient ensuite sacrifiées et l'appareil génital prélevé.


Résultats .- Alors que la lubrification vaginale moyenne des souris castrées était diminuée (0,33±0,14mg), la lubrification vaginale des souris E2 n'était pas statistiquement différente de celle des souris E4 (respectivement 1,76±1,27 vs 1,6±1,6mg,ns) (Figure 1). Alors que le poids du vagin des souris ovariectomisées était diminué (15,8±11,7mg), il n'était pas différent entre les deux traitements (respectivement 157,8±61,1 vs 166,8±36,4mg,ns) (Figure 2). Les taux circulants d'E2 et d'E4, mesurés par spectrométrie de masse, étaient respectivement de l'ordre de 1 et 100nM. L'analyse histologique n'a pas montré de différence entre les souris E2 et E4 alors que les souris castrées avaient une atrophie vaginale.


Figure 1
Figure 1. 




Figure 2
Figure 2. 




Conclusion .- L'effet de l'estétrol sur la lubrification et la trophicité vaginale est comparable à celui de l'œstradiol. Cet œstrogène pourrait constituer un nouveau traitement des troubles sexuels post-ménopausiques de la femme.




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