Commentaire à : test urinaire PCA3 et diagnostic du cancer prostatique : étude à partir de 1015 patients

25 décembre 2015

Auteurs : P. Bigot, S. Lebdai, A.R. Azzouzi
Référence : Prog Urol, 2015, 16, 25, 1169-1170




 



Le cancer de la prostate (CaP) est le premier cancer chez l'homme avec 53 465 nouveaux cas diagnostiqués en 2009 [1]. La réalisation des biopsies de la prostate est une étape indispensable au diagnostic. Si le risque de décès après biopsie est relativement faible, l'inconfort lié à la technique et les complications fréquentes (prostatite, hématurie, hémospermie, rectorragie) en font un examen diagnostique non anodin [2]. En cas de première série de biopsie négative chez des hommes au PSA élevé, la question de la répétition des biopsies se pose fréquemment.


En 1999, Bussemakers et al. ont décrit pour la première fois que l'ARNm PCA3 était surexprimé dans le tissu prostatique tumoral. Depuis, de nombreuses études ont démontré son intérêt dans l'aide au diagnostic de CaP après une première série de biopsies prostatiques négatives [3]. L'intérêt du dosage du PCA3 dans la prédiction des résultats d'une première biopsie a même été démontré à partir d'une étude européenne portant sur 516 hommes [4].


Dans ce numéro de Progrès en Urologie , Vlaeminck-Guillem et al. confirment, à partir de l'étude prospective française, la plus importante l'intérêt de l'utilisation du test PCA3 dans la prédiction des résultats des biopsies prostatiques. Le test PCA3 apparaît être un test fiable (taux d'échantillons informatifs élevé>98 %) et efficace avec, au seuil de 35, une sensibilité de 68 %, une spécificité de 71 % et une efficience de 69 %. En association avec les données cliniques et le dosage du PSA, il permet ainsi de mieux sélectionner les candidats à une seconde série de biopsies de la prostate. En revanche, dans cette étude et comme beaucoup d'autres, le test PCA3 n'est pas lié à l'agressivité du cancer mais reflète directement le volume tumoral. Cela pourrait être un frein à son utilisation dans les protocoles de surveillance active en raison du risque de laisser évoluer des tumeurs de petit volume mais de score de Gleason élevé.


En France, le test PCA3 n'est réservé qu'aux protocoles de recherches cliniques, il pourrait possiblement éviter près d'un tiers de re-biopsies inutiles et son coût serait compensé par l'annulation du coût de ces biopsies inutiles et le coût de la prise en charge de leurs complications [5]. Les données de cette nouvelle étude prospective de haut niveau de preuve réalisée en France sont un argument supplémentaire pour l'utilisation du test PCA3 en pratique clinique.


Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.



Références



Rébillard X., Grosclaude P., Leone N., Velten M., Coureau G., Villers A., et al. Projection de l'incidence et de la mortalité par cancer urologique en France en 2012 Prog Urol 2013 ;  23 : 57-65 [inter-ref]
Canat G.A., Duclos A., Couray-Targe S., Schott A.M., Polazzi S., Scoazec J.Y., et al. Mesure de la mortalité à 120jours après biopsie de la prostate Prog Urol 2014 ;  24 : 427-432 [cross-ref]
Haese A., de la Taille A., van Poppel H., Marberger M., Stenzl A., Mulders P.F., et al. Clinical utility of the PCA3 urine assay in European men scheduled for repeat biopsy Eur Urol 2008 ;  54 : 1081-1088 [cross-ref]
de la Taille A., Irani J., Graefen M., Chun F., de Reijke T., Kil P., et al. Clinical evaluation of the PCA3 assay in guiding initial biopsy decisions J Urol 2011 ;  185 : 2119-2125 [cross-ref]
Malavaud B., Cussenot O., Mottet N., Rozet F., Ruffion A., Smets L., et al. Impact of adoption of a decision algorithm including PCA3 for repeat biopsy on the costs for prostate cancer diagnosis in France J Med Econ 2013 ;  16 : 358-363 [cross-ref]






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