Commentaire sur article : prise en charge des patients avec sonde vésicale à demeure au long cours : enquête auprès des médecins généralistes du Limousin : E. Valgueblasse, J. Berger, A. Roux, X. Plainard, J.-P. Dumas et A. Descazeaud

25 février 2012

Auteurs : E. Chartier-Kastler
Référence : Prog Urol, 2012, 2, 22, 136-137




 



Les auteurs ont courageusement mené une étude originale dans sa thématique et ses objectifs [1]. Ils ont souhaité connaître les modalités de prise en charge des patients porteurs de sondes vésicales à demeure par leur médecin généraliste (donc en situation non institutionnalisée) et proposer des recommandations d’aide à la pratique permettant d’améliorer la qualité des soins et le suivi de ces patients.


Si l’usage de la sonde à demeure (SAD) comme mode de drainage vésical doit être banni, sauf exception, au maximum pour un usage permanent et définitif ; il n’en reste pas moins des indications médicales temporaires pouvant imposer une gestion extra-hospitalière. Le médecin généraliste (MG) se retrouve alors en première ligne et un guide de bonnes pratiques ne pourrait qu’améliorer les soins, prévenir les complications et éviter des appels intempestifs au service d’origine.


Ainsi, l’enquête menée est informative. Pour un taux de réponse de 38 % environ, on est surpris du nombre de patients en SAD déclarés dans la clientèle des MG. Si pour les auteurs, il est apparu faible, eu égard à ce qui est connu pour l’autosondage, on est plutôt surpris du nombre de patients suivis et cela vient renforcer l’intérêt de guides de surveillance. Bien sûr les répondeurs à l’enquête sont peut-être les plus motivés des médecins du fait de leur propre expérience : peu importe, pour ceux-là, le travail doit être fait. Il reste étonnant que les auteurs n’aient pas envisagé simplement de poser la question des cathéters sus-pubiens, des étuis péniens (hommes), voire de l’autosondage, simplement à titre d’information « numérique » dans l’expérience de ces mêmes médecins. Il est éventuellement possible que certains confrères aient confondu cathéters sus-pubiens et sonde à demeure dans leur réponse.


La fréquence des fuites autour de la sonde n’apparaît pas dans l’enquête, la question n’ayant pas été posée. On peut s’en étonner même si ce qui a fait la force de ce travail préliminaire est sûrement la simplicité choisie des questions et des réponses. Les auteurs dans leur discussion font allusion aux fuites (uréthrales) possible en présence d’un cathéter sus-pubien. La remarque vaut pour les deux voies de drainage permanent.


Les auteurs sont-ils en mesure de revenir vers ces médecins avec leur guide pratique pour obtenir leur avis et y déceler de leur part les divergences de pratique ? Cela serait intéressant dans le processus de validation des recommandations proposées.


Celles-ci méritent sûrement une validation par le comité de neuro-urologie de l’association française d’urologie (AFU) qui pourrait soutenir la suite du travail engagé. Le délai de cinq ans pour une consultation urologique est à l’évidence inadapté. Une visite avec cystoscopie simple de consultation s’impose dans le cadre du dépistage des lithiases ainsi qu’à la moindre hématurie macroscopique inhabituelle et persistante. Les mesures adjuvantes telles que la prescription de parasympatholytiques dans les cas de vessies toujours actives manquent et la surveillance de la fonction rénale pourrait aussi être suggérée, ne serait-ce qu’à titre de sensibilisation des MG aux conséquences à long terme de la SAD.


Enfin, aucune mention n’est faite de l’importance de l’installation de la sonde au quotidien pour prévenir l’hypospadias acquis de l’homme ou la béance uréthrocervicale de la femme.


Les auteurs doivent être félicités pour leur initiative et encouragés à poursuivre un projet à visée de formation continue des MG et d’information urologique sur la gestion de nos indications de la SAD. Rappelons que beaucoup de structures hospitalières ont produit des documents sur le bon usage de l’indication ou de la pose de la sonde à demeure qui pourraient aussi être des bases d’information.


Déclaration d’intérêts


Consultant : Astellas, Allergan, Coloplast, Uromedica et Zambon.


Investigateur : Astellas, Allergan, ABSciences, Coloplast, Bouchara Recordati, AZ, Ipsen Biotech et Medtronic.


Orateur invité : Astellas et Allergan.



Référence



Eddy V., Berger J., Roux A., Plainard X., Dumas J.-P., Descazeaud A. Prise en charge des patients avec sonde vesicale à demeure au long cours : enquête auprès des médecins généralistes du limousin Prog Urol 2011 ; 10.1016/j.purol.2011.07.010






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