Comment appréhender le travail de relecture d’un article soumis à Progrès en Urologie  ? Avis du meilleur relecteur 2015

25 mars 2016

Auteurs : P. Bigot
Référence : Prog Urol, 2016, 3, 26, 137-138




 



« Ce que tu veux me dire, est-ce vrai ? Est-ce bien ? Est-ce utile ? Sinon je ne veux pas l'entendre » (Socrate) : voilà les questions que le relecteur aura à se poser en lisant un manuscrit.


Être le premier lecteur d'un article et pouvoir échanger directement avec son auteur est un privilège certain. C'est une merveilleuse opportunité où chacun peut approfondir sa compréhension d'une thématique et permettre à une idée, une hypothèse et un résultat de livrer toute sa pertinence afin d'enrichir nos savoirs collectifs.


Le travail de relecture comporte plusieurs étapes. La première lecture du manuscrit est probablement la plus rapide. Elle permet de prendre connaissance du travail et d'avoir une première idée de sa qualité. Cette lecture vérifie que l'article respecte les standards de présentation, que la question posée est claire et sa réponse argumentée. Si la première lecture est concluante, c'est à l'occasion de la seconde lecture que va naître une collaboration virtuelle entre l'auteur et son relecteur. Mais avant celle-ci un intervalle de temps est souvent nécessaire. Il permet à la fois de prendre du recul et de lire les principales références sur le sujet avant d'étudier à nouveau le manuscrit.


Lors de la seconde lecture, les difficultés rencontrées dans l'analyse d'un article sont nombreuses. Il faut respecter le travail de son auteur, ne pas lui imposer un style ou des opinions qui ne sont pas les siens, mais au contraire se référer en permanence à l'Evidence Based Medecine. Il faut s'assurer qu'aucun biais n'entrave l'interprétation des résultats et que dans le cas inverse ceux-ci soient évoqués dans la discussion. Il est également impératif de répondre rapidement. Les premiers commentaires doivent être rendus dans les 15jours. Les manuscrits revus lorsqu'ils sont accompagnés d'une lettre de réponse détaillée peuvent quant à eux être analysés beaucoup plus rapidement.


Il est vrai que les manuscrits sont inégaux, certains ne nécessitent pas de commentaires alors que pour d'autres c'est un travail complexe qui débute. Le cas échéant, je me remémore mes premiers articles et me souviens de l'aide qui m'avait été apportée par les relecteurs de Progrès en Urologie . La relecture peut alors prendre 2 à 3heures. Elle n'a pas pour objet d'empêcher la publication de l'article mais au contraire d'aider l'auteur à atteindre son objectif de diffusion des connaissances. Dans cet objectif, et comme souvent en chirurgie, une méthodologie rigoureuse associée à une présentation sobre des résultats sont les qualités essentielles recherchées.


La relecture n'est en aucun cas un travail contraignant, je suis au contraire reconnaissant de la confiance qui m'a été donnée et espère avoir, par mon travail et à mon échelle, contribué à la diffusion des connaissances et à la persistance des liens qui unissent Progrès en Urologie et ses lecteurs.


Déclaration de liens d'intérêts


L'auteur déclare ne pas avoir de liens d'intérêts.






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