Colique néphrétique fébrile : enquête de pratiques auprès des urologues membre de l’AFU

25 novembre 2019

Auteurs : M. Vallée, F. Bouchand, A. Sotto, E. Bey, P. Arnaud, C. Le goux, F. Saint, P. Coloby, G. Cariou, F. Bruyère, A. Dinh
Référence : Prog Urol, 2019, 13, 29, 687
Objectifs

Nous avons proposé à partir d’un cas clinique de colique néphrétique fébrile d’évaluer les attitudes et les pratiques de prescription des urologues en matière d’infectiologie urologique. Notre objectif était d’avoir un aperçu des prises en charge concernant un cas clinique standard et d’identifier les facteurs de risque associés aux mauvaises pratiques afin de proposer des moyens permettant une meilleure adhésion et application des recommandations.

Méthodes

Tous les urologues inscrits auprès de l’Association française d’urologie (AFU) ont été invités par e-mail à remplir un questionnaire en ligne à partir de la plateforme SurveyMonkey entre juillet et septembre 2018 concernant un cas clinique de colique néphrétique fébrile. Il y avait 10 questions, chacune constituées de 5 items. Nous présentons ici les données recueillies et le taux de réponse exacte en fonction du statut. L’ensemble des données statistiques ont été obtenues à partir du logiciel Excel.

Résultats

Nous avons obtenu 868 réponses (49,4 %) dont 465 complètes qui ont pu être analysées. Parmi les urologues, 58,8 % avaient réalisé l’évaluation exacte du score qSOFA=2, 65,3 % réalisaient une dérivation en urgence des urines et une antibiothérapie immédiate. Parmi les urologues, 54,7 % prescrivaient une bithérapie (bêtalactamine avec aminoglycoside) dont 60,5 % prescrivaient une C3G parentérale et 39,9 % recommandaient l’utilisation d’amikacine et considéraient que l’insuffisance rénale ne contre-indiquait pas la prescription d’aminoside. Soixante-deux pour cent utilisaient en relais l’amoxicilline et parmi ceux-ci, 9,3 % à la dose de 2 g×3/j per os, 1,7 % préconisaient une durée de 10 j et 2,6 % une durée de 14 j. La proportion de bonnes réponses en fonction du statut (urologue sénior, CCA-AH et internes) retrouvait 44,7 % de bonnes réponses chez les urologues séniors, 53 % chez les CCA ou AH et 51,9 % chez les internes (Fig. 1).

Conclusion

Malgré des recommandations, les bonnes pratiques en infectiologie ne sont appliquées que par moins d’un urologue sur deux en France. En outre les prescripteurs juniors sont plus au fait des recommandations que les séniors. Ceci souligne la nécessité de diffuser davantage les recommandations et de changer les pratiques en particulier des urologues séniors en utilisant de nouveaux support de communications.




 




Fig. 1
Fig. 1. 





Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.






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Publié par Elsevier Masson SAS.