Chirurgie des surrénales : étude monocentrique rétrospective de 2000 à 2010

25 novembre 2013

Auteurs : A. Schoenig, N. Védrine, J.L. Kemeny, J. Boiteux, L. Guy
Référence : Prog Urol, 2013, 13, 23, 1065




 

Objectifs .- La chirurgie surrénalienne a connu d'importantes mutations depuis le début des années 1990, notamment grâce aux travaux de Gagner et Gaur rendant accessible et sûre la surrénalectomie cœlioscopique. Nous avons souhaité analyser l'évolution de notre prise en charge des lésions surrénaliennes, les bénéfices de ces nouvelles techniques et les enjeux actuels de cette chirurgie.


Méthodes .- Sur une série de 89 surrénalectomies de 2000 à 2010, 52 ont été réalisées par laparoscopies (33 par voie rétropéritonéale et 19 par voie transpéritonéale) contre 37 par chirurgie ouverte. Nous avons réparti ces lésions par groupes histologiques (adénome de Conn - n =16 ; phéochromocytome - n =23 ; adénome de Cushing - n =14 ; corticosurrénalome - n =11 ; métastases - n =6 et autres lésions - n =24). Nous avons analysé, à partir des dossiers médicaux, les caractéristiques cliniques et biologiques pré-, per- et postopératoires communes et spécifiques à chaque groupe histologique.


Résultats .- La laparoscopie est devenue la méthode de référence pour la chirurgie des surrénales à partir de 2003. Elle a permis, passé une période d'apprentissage, un gain significatif en terme de pertes sanguines (80,7 vs 435,7mL) et de durée d'hospitalisation (5,7 vs 12,8jours). Cependant, ses indications varient en fonction de la pathologie surrénalienne. De plus, la taille limite des lésions opérées par laparoscopie dans notre série est de 4cm. Les complications graves, selon la classification de Clavien et Dindo, ont toutes été relevées au cours de procédures par chirurgies ouverte (n =7). La chirurgie du phéochromocytome, connue pour avoir mauvaise réputation, est devenue sûre et reproductible par voie cœlioscopique. Concernant la chirurgie des tumeurs malignes, la laparoscopie n'a pas encore su trouver sa place (conformément aux recommandations en cours) au sein de notre activité.


Conclusion .- Grâce à son caractère mini-invasif, la laparoscopie nous a permis d'améliorer la prise en charge chirurgicale des lésions bénignes de la surrénale au cours de ces 10 dernières années. Mais, selon la nature de la pathologie surrénalienne traitée, il n'existe pas « une » mais bien « plusieurs » chirurgie de la surrénale.




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