Chirurgie de la lithiase rénale chez les patients neurologiques : plus fréquente, plus de complications, plus de récidives

05 novembre 2020

Auteurs : F. Beraud, X. Biardeau, F. Marlière, G. Clément
Référence : Prog Urol, 2020, 13, 30, 800-801
Objectifs

Comparer l’incidence du traitement chirurgical de la lithiase, ses modalités et ses complications, entre les patients ayant une pathologie neurologique et les patients issus de la population générale.

Méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective s’appuyant sur les données issues du Programme de médicalisation des systèmes d’information (PMSI). Tous les patients français ayant bénéficié d’une procédure chirurgicale d’une lithiase rénale entre le 1er janvier 2009 et le 31 décembre 2018 étaient éligibles. Les patients présentant une pathologie neurologique telle qu’une sclérose en plaques, une paraplégie, une tétraplégie ou un dysraphisme médullaire étaient identifiés. Les patients neurologiques étaient comparés aux patients issus de la population générale. Le critère de jugement principal était l’incidence du traitement chirurgical de la lithiase. Les critères de jugement secondaires comprenaient les modalités et les complications associées à ce traitement.

Résultats

Sur la période, 404 729 patients issus de la population générale et 2106 patients ayant une pathologie neurologique ont bénéficié d’un traitement chirurgical de la lithiase rénale. Les patients atteints de sclérose en plaques (OR=1,34), de dysraphisme médullaire (OR=5,18), d’une paraplégie (OR=1,40) ou d’une tétraplégie (OR=2,75) présentaient une incidence chirurgicale significativement plus élevée. La nephrolithotomie percutanée était plus fréquemment utilisée, notamment chez les patients ayant un dysraphisme médullaire (p <0,001) ou une tétraplégie (p <0,001). Dans la population neurologique, la durée d’hospitalisation était significativement augmentée (p <0,001) et le taux d’hospitalisation en ambulatoire (p <0,001) était significativement diminuée, quelle que soit la technique chirurgicale. Le taux d’infection urinaire postopératoire était significativement plus élevé dans la population neurologique (OR=6,63). Les taux de récidive à 12 (OR=2,29), 18 (OR=2,26) et 24 mois (OR=2,19) étaient significativement plus élevés dans la population neurologique (Tableau 1, Tableau 2, Tableau 3).

Conclusion

L’incidence du traitement chirurgical de la lithiase rénale, ainsi que les complications infectieuses et le taux de récidive, sont systématiquement plus élevés dans la population neurologique, et a fortiori chez les patients présentant une dysraphisme médullaire ou une tétraplégie.




 




Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.




Tableau 1 - Caractéristiques des populations et profil chirurgical.



Légende :
LEC : lithotritie extracoporelle ; NLPC : néphrolithotomie percutanée.





Tableau 2 - Durée de séjour globales et spécifiques.



Légende :
DDS : durée de séjour ; DMS : durée moyenne de séjour ; LEC : lithotritie extracorporelle ; MS : médiane de séjour ; NLPC : néphrolithotomie percutanée.





Tableau 3 - Complications infectieuses urinaires postopératoires.



Légende :
CS : choc septique ; LEC : lithotritie extracorporelle ; NLPC : néphrolithotomie percutanée ; SRIS : syndrome de réponse inflammatoire ; SS : sepsis sévère.







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