Cancer du pénis : valeur de la biopsie systématique des ganglions inguinaux superficiels chez les patients N0 clinique

16 juillet 2001

Mots clés : Pénis, Tumeur, lymphadénectomie inguinale
Auteurs : Bouchot O, Bouvier S, Bochereau G, Jeddi M
Référence : Prog Urol, 1993, 3, 228-233
De 1985 à 1991, chez 24 patients porteurs d'un épithélioma spino-cellulaire du pénis T1-3 N0 M0 clinique, une biopsie chirurgicale bilatérale du groupe supéro-interne des ganglions inguinaux superficiels, considéré comme le premier relais ganglionnaire, a été réalisée dans le même temps opératoire que le traitement de la lésion primitive. Aucun échec technique n'a été noté, mais aucune métastase n'a été retrouvée. La biopsie bilatérale étant négative chez ces 24 patients, une surveillance a été mise en place: consultation tous les 2 mois pendant 2 ans et auto-palpation par le patient. Sept patients (29,1%) ont présenté, dans un délai moyen de 11,85 ± 8,02 mois, une ou plusieurs adénopathies ilio-inguinales suspectes. Chez 6 patients, une lymphadénectomie ilio-inguinale bilatérale a alors été réalisée, confirmant la nature néoplasique des adénopathies inguinales et montrant la présence chez 3 d'entre eux de métastases ganglionnaires inguinales bilatérales, sans métastase iliaque. Le dernier patient présentant des métastases iliaques unilatérales histologiquement prouvées par biopsie chirurgicale, une chimiothérapie systémique a été réalisée avant une lymphadénectomie inguinale homolatérale. Cette constatation remet en cause la théorie du ganglion supéro-interne sentinelle comme premier relais. Elle montre qu'il existe plusieurs voies de drainage lymphatique vers les ganglions inguinaux superficiels et profonds. Cette biopsie, qui dans nos mains a toujours été négative, est insuffisante pour guider notre approche thérapeutique en cas de patients N0 clinique. La diminution des complications de la lymphadénectomie inguinale doit certainement nous inciter à préférer la chirurgie, en particulier le curage inguinal superficiel avec respect de la grande veine saphène.