Cancer de prostate non localisé au diagnostic en Guadeloupe

25 mars 2014

Auteurs : J. Casenave, C. Sénéchal, P. Nevoux, G. Gourtaud, B. Tressières, P. Blanchet
Référence : Prog Urol, 2014, 3, 24, 167-172
Objectifs

Étudier les caractéristiques cliniques, en termes de survie et de réponse au traitement de sujets ayant un cancer de prostate non localisé au diagnostic et issus d’une population caribéenne surexposée au risque de cancer de prostate.

Matériel et méthode

Tous les cas de cancer de prostate non localisés diagnostiqués au CHU de Pointe à Pitre entre 1995 et 2012 ont été répertoriés rétrospectivement.

Résultats

Cent quatre-vingt-trois patients ont été inclus. L’âge médian était 70,3ans au diagnostic avec 79,2 % de patients de plus de 65ans. Un total de 81,5 % était TxNxM1, 11,5 % était TxN1M0. La médiane d’apparition de résistance à la castration était de 18,5 mois. La médiane de survie globale était de 49,0 mois.

Conclusion

Cette étude concernant une population caribéenne à risque ayant un cancer de prostate métastatique au diagnostic n’a pas semblé montrer de différence par rapport aux données de la littérature en population générale, bien que le taux d’incidence du cancer de prostate dans ces populations soit parmi les plus élevés dans le monde.

Niveau de preuve

5.




 




Introduction


Le cancer de prostate est le deuxième cancer le plus diagnostiqué chez l'homme. Avec un nombre de décès estimé à 258 000 en 2008, c'est la sixième cause de décès par cancer chez l'homme [1]. Il est devenu le premier cancer de l'homme aux États-Unis et en Europe, la deuxième cause de mortalité par cancer chez l'homme aux États-Unis et la troisième en Europe [2, 3].


Les incidences de cancer prostatique sont très variables dans le monde : les plus élevées sont retrouvées en Europe de l'Ouest et du Nord, en Amérique du Nord et dans la Caraïbe [4]. Les taux de mortalité sont également disparates : les plus importants concernent l'Afrique du Sud et de l'Ouest et la Caraïbe [4].


Les seuls facteurs de risque reconnus sont l'âge, les antécédents familiaux de cancer de prostate et l'origine ethnique [5]. Ainsi, les Américains d'origine africaine ont un risque de développer un cancer prostatique augmenté de 60 %, un risque de développer des lésions à distance et une mortalité multipliés par deux par rapport aux Américains d'origine caucasienne [3, 6, 7]. Une étude utilisant la base de données américaine SEER (Surveillance, Epidemiology and End Results) dans la ville de Détroit a mis en évidence un ratio de cancer de prostate localement avancé ou métastatique de quatre hommes afro-américains pour un homme caucasien après prostatectomie radicale [8].


Depuis l'avènement du PSA, les cancers sont détectés plus précocement, permettant le diagnostic de plus en plus fréquent de formes localisées [9]. Cependant, des formes non localisées de la maladie sont encore retrouvées : dans la base de données américaine SEER (Surveillance, Epidemiology and End Results), les stades IV de cancer de prostate (maladie localement avancée ou métastatique) représentaient 15 % des formes diagnostiquées, les formes métastatiques à distance 7 % [10].


La Guadeloupe a des caractéristiques géographiques, ethniques et environnementales uniques avec une incidence très élevée du cancer de prostate associée à une mortalité spécifique importante [1, 11]. Les objectifs de cette étude étaient d'étudier les caractéristiques cliniques, en termes de survie et de réponse au traitement de sujets, majoritairement afro-caribéens, ayant un cancer de prostate non localisé (stade IV) au diagnostic.


Patients et méthodes


Tous les cas de cancer de prostate diagnostiqués au CHU de Pointe à Pitre entre 1995 et 2012 ont été répertoriés rétrospectivement. Parmi eux, tous ceux ayant eu un traitement à visée curative (prostatectomie radicale, radiothérapie conformationnelle, radiohormonothérapie, ultrasons focalisés de haute intensité, curiethérapie) ont été exclus. Seuls les dossiers des patients ne pouvant recevoir qu'un traitement palliatif, suivant les recommandations en onco-urologie de l'Association française d'urologie (AFU), ont été retenus [12]. Les cas de cancer prostatique associés à une autre pathologie maligne ont été exclus.


Tous les patients devaient avoir un dosage du PSA pré-thérapeutique et un prélèvement anatomo-pathologique confirmant le diagnostic (par biopsie ou résection prostatique). Tous les patients ont eu un bilan d'extension par imagerie (TDM abdomino-pelvien et/ou IRM pelvienne) et scintigraphie osseuse.


Les données relevées comportaient : l'âge au diagnostic, les données du toucher rectal (TR) au diagnostic, le PSA initial, l'année de diagnostic, les données anatomo-pathologiques (score de Gleason, curage ganglionnaire), les données du bilan d'extension, le traitement reçu, les complications survenues et la date d'apparition de résistance à la castration.


Tous les sujets sélectionnés avaient un cancer de stade IV suivant la définition de l'American Joint Committee on Cancer (AJCC) [13] et ont été divisés en trois catégories : maladie localement avancée (cT4N0M0), maladie avec métastase ganglionnaire locale (TxN1M0) et maladie avec métastase à distance (TxNxM1).


Une analyse comparative en fonction de l'âge au diagnostic a également été réalisée. À cet effet, on a distingué deux groupes : les sujets âgés de 65ans ou moins d'un côté et ceux de plus de 65ans de l'autre.


Le test du Chi2 a été utilisé pour l'analyse comparative en fonction du stade de la maladie et de l'âge. Lorsque les effectifs ne le permettaient pas, le test exact de Fischer était réalisé. Les tests de Student ou de Mann Whitney ont permis de comparer les statistiques des sous-groupes.


Des courbes de survie type Kaplan-Meier ont été utilisées. La comparaison entre les sous-groupes a utilisé le test du log rank. Le modèle de régression de Cox a été utilisé pour établir l'association entre les sous-populations et leur survie après contrôle de l'âge au diagnostic.


Résultats


Cent quatre-vingt-trois patients ont été inclus : 13 patients (7 %) appartenaient au groupe T4N0M0 (T4), 21 (11,5 %) au groupe TxN1M0 (N1) et 149 (81,5 %) au groupe TxNxM1 (M1). Le suivi moyen était de 49,5 mois (±39,0 mois), le suivi médian de 49,0 mois (1-196 mois) (Tableau 1).


L'âge moyen au diagnostic était de 70,3ans (±8,7ans) ; 73,7ans (±12,0ans) dans le groupe T4 ; 66,1ans (±7,3ans) dans le groupe N1 et 70,5ans (±8,5ans) dans le groupe M1. Parmi les patients, 79,2 % étaient âgés de plus de 65ans. Le taux médian de PSA au diagnostic était de 120,0ng/mL (6-15 443ng/mL). Deux patients sur trois avaient une extension extraprostatique au toucher rectal. Le score de Gleason sur les biopsies transrectales échoguidées était strictement supérieur à 7 pour 48,0 % des patients. Une scintigraphie osseuse a été réalisée chez 177 patients (96,7 %) et une imagerie par TDM chez 170 patients (92,9 %). Un seul patient n'a pu avoir de bilan d'extension.


Deux patients étaient décédés avant d'avoir pu recevoir un traitement hormonal. Les autres ont reçu une hormonothérapie par analogue de la LHRH seul (13,4 %) ou par blocage androgénique complet (86,6 %). Une pulpectomie a été réalisée chez un seul patient. Le délai médian d'apparition de la résistance à la castration était de 18,5 mois (2-108 mois), le délai moyen était de 25,9 mois (±25,0 mois) : 20,0 mois (±13,7 mois) pour le groupe T4 ; 32,4 mois (±26,5 mois) pour le groupe N1 et 25,4 mois (±25,3 mois) pour le groupe M1. Une chimiothérapie a été administrée à 23,1 % des sujets.


Cent onze patients sont décédés, 4 (30,7 %) dans le groupe T4, 13 (61,9 %) dans le groupe N1, 94 (63,0 %) dans le groupe M1. La survie globale médiane était de 42,0 mois (2-575 mois), la survie moyenne était de 51,1 mois (±61,7 mois). Les taux de survie globale à 5 et 10ans étaient respectivement de 44,8 % et 10,4 %. Dans le groupe T4, ils étaient respectivement de 50,0 % à 5ans et 0 % à 10ans. Ils étaient de 47,4 % à 5ans et 15,4 % à 10ans dans le groupe N1. Dans le groupe métastatique, ils étaient respectivement de 40,4 % à 5ans et 10,4 % à 10ans. Il n'était pas retrouvé de différence significative entre les taux de survie de ces groupes.


Il n'existait pas de différence significative de PSA au diagnostic entre les différents sous-groupes. Le taux de score de Gleason strictement supérieur à 7 était significativement moins élevé chez les patients âgés de plus de 65ans (40,0 % contre 54,9 %, p =0,05). Le taux de métastase au diagnostic était significativement moins élevé chez les patients de plus de 65ans (67,4 % contre 86,8 %, p =0,006). Le taux de mortalité spécifique était significativement plus élevé chez les patients de 65ans ou moins (95,7 % contre 84,3 % chez les plus de 65ans, p =0,05). La survie sans progression moyenne était significativement meilleure chez les patients de 65ans ou moins (34,5 mois contre 24,2 mois, p =0,05). Il n'était pas retrouvé de différence statistiquement significative concernant les autres variables en fonction de l'âge.


En analyse univariée, les patients N1 étaient significativement plus jeunes au diagnostic que les autres (66,1ans contre 70,8ans, p =0,02). Les patients M1 étaient significativement plus âgés au diagnostic que les autres patients (p =0,019). Il n'y avait pas d'autre différence significative en comparant les groupes diagnostiques (T4, N1 et M1), notamment en termes de survie globale (Figure 1), de survie spécifique ou de caractéristiques de la maladie. Lorsque l'on compare ces groupes en fonction de l'âge au diagnostic, le test du log rank ne mettait pas en évidence de différence significative de survie globale (Figure 2, Figure 3).


Figure 1
Figure 1. 

Analyse de survie globale en fonction du stade TNM de la maladie.




Figure 2
Figure 2. 

Analyse de survie globale en fonction du stade TNM de la maladie chez les patients âgés de plus de 65ans.




Figure 3
Figure 3. 

Analyse de survie globale en fonction du stade TNM de la maladie chez les patients âgés de 65ans ou moins.





Discussion


Les spécificités du cancer de prostate au sein des populations noires d'origine sub-saharienne sont connues depuis plusieurs années : risque de développer un cancer et des localisations à distance accrus, mortalité [3, 6, 7] et PSA au diagnostic supérieurs à la population caucasienne [14]. Les données épidémiologiques concernant les formes localisées sont nombreuses dans la littérature [15, 16]. Les données sur le cancer de prostate non localisé au diagnostic en population noire sont plus rares et parfois contradictoires : alors que Moul [17] et Freedland [18] ont rapporté une distribution identique, la proportion des formes métastatiques au diagnostic était de trois afro-américains pour un caucasien chez les moins de 60ans selon Powell [19]. De même, alors que Powell et Tangen [20] ont mis en évidence une survie globale identique entre populations, les afro-américains ayant un cancer de stade IV avaient un pronostic plus défavorable que les caucasiens selon Cetin et al. [21].


La grande majorité de ces résultats sont issus d'études en population nord-américaine. Il existe peu de données dans la littérature sur le cancer de prostate dans la Caraïbe. Selon l'OMS [1], c'est le cancer le plus fréquent dans cette région et le responsable du plus grand nombre de décès par cancer tous sexes confondus. Ben Shlomo [22], dans l'étude PROCESS menée au Royaume Uni, a rapporté un risque de développer un cancer de prostate multiplié par 3,19 par rapport à la population blanche pour les hommes d'origine afro-caribéenne supérieur à celui de la population noire africaine (2,87). Dans l'arc caribéen, la Guadeloupe a une population à très large majorité afro-caribéenne. Au sein de cette population à risque, vient se surajouter un facteur de risque exogène : le chlordécone, un pesticide organochloré utilisé pendant 30ans pour la culture de la banane, qui augmenterait le risque de cancer prostatique [23].


Dans notre étude, l'âge au diagnostic était comparable aux données de la littérature [10] (patients N1 plus jeunes que les T4 et M1, proportion de patients de plus de 65ans) [24], tout comme les données anatomo-pathologiques (score de Gleason entre 8 et 10 pour 40 à 50 % des patients) [20, 25] et le délai d'apparition de résistance à la castration (entre 18 et 24 mois) [26].


Concernant la survie globale, le délai médian était similaire aux résultats déjà décrits [20]. Les taux de survie globale à 5 et 10ans des formes métastatiques pures (M1) étaient comparables aux résultats rapportés par Hsiao et al. [24]. Par contre, les taux de survie à 5 et 10ans des formes T4 et N1 étaient fortement inférieurs aux chiffres de la littérature, notamment à 10ans (15 % contre 55 % pour Hsiao et al. [24] dans le groupe N1, 0 % contre 40 % dans le groupe T4). Les faibles effectifs de ces 2 groupes dans notre étude pourraient en partie expliquer ces disparités. Cependant, une plus grande agressivité de ces formes (T4 et N1) chez les afro-caribéens ne peut être formellement exclue. Dans la base de données SEER, il a été rapporté une différence significative de survie globale entre les groupes T4, N1 et M1 avec un pronostic plus favorable pour les patients N1 notamment. Il n'a pas été mis en évidence de différence significative de survie globale dans notre population, ceci pouvant s'expliquer par la disparité des groupes et/ou une plus grande agressivité des formes T4 et N1 chez les afro-caribéens.


Il existait plusieurs facteurs limitants dans cette étude. Les premiers étaient ses caractères rétrospectif et monocentrique. L'analyse statistique a été limitée par la disparité des effectifs. Il a été par ailleurs difficile d'évaluer le rôle sur la survie globale joué par les protocoles anti-prolifératifs modernes, une faible part de l'effectif en ayant bénéficié.


Conclusion


Cette étude concernant une population caribéenne à risque ayant un cancer de prostate stade IV au diagnostic n'a pas semblé montrer de différence majeure par rapport à l'évolution constatée en population générale au même stade de la maladie. Alors que les formes localisées touchant les populations de descendance africaine ont une évolution et un pronostic plus sévères, ces différences ont paru s'estomper dans la population guadeloupéenne présentant une maladie métastatique pure au diagnostic. La seule différence constatée a concerné les formes T4NxMx et TxN1M0 qui semblaient avoir un pronostic plus péjoratif qu'en population générale. Ces résultats restent à confirmer par d'autres études.


Déclaration d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de conflits d'intérêts en relation avec cet article.




Tableau 1 - Caractéristiques cliniques et anatomo-pathologiques de la population étudié.
  Population  T4N0M0  TxN1M0  TxNxM1 
Effectifs   183  13 (7,1 %)  21 (11,5 %)  149 (81,5 %) 
 
Âge (ans)  
Moyenne  70,27  73,69  66,14  70,56 
Écart-type  8,76  12,06  7,27  8,48 
Médiane  70,1       
Minimum  44       
Maximum  91       
>65 ans  145 (79,2 %)  10 (76,9 %)  13 (61,9 %)  122 (81,9 %) 
 
Suivi (mois)  
Moyenne  49,56  52,92  58,76  47,97 
Écart-type  39,08  40,86  37,76  39,18 
Médiane  49       
Minimum       
Maximum  196       
 
Toucher Rectal  
T0  4 (2,1 %)  2 (9,5 %)  2 (1,3 %) 
T2  41 (22,4 %)  10 (47,6 %)  31 (20,8 %) 
T3  70 (38,2 %)  10 (47,6 %)  60 (40,2 %) 
T4  68 (37,1 %)  13 (7,1 %)  3 (14,2 %)  52 (34,9 %) 
 
Gleason > 7   88 (48,0 %)  5 (38,5 %)  8 (38,1 %)  75 (50,3 %) 
3+ 18 (9,8 %)  1 (7,7 %)  17 (11,4 %) 
3+ 27 (14,7 %)  2 (15,4 %)  5 (23,8 %)  20 (13,4 %) 
4+ 78 (42,6 %)  7 (53,8 %)  12 (57,1 %)  59 (39,6 %) 
4+ 35 (19,1 %)  3 (23,1 %)  3 (14,2 %)  39 (26,2 %) 
 
Résistance à la castration (mois)  
Moyenne  25,92  20  32,42  25,41 
Écart-type  25  13,73  26,58  25,3 
Médiane  18,5       
Minimum       
Maximum  108       
 
Survie globale (mois)  
Moyenne  51,14  34,25  54,46  51,4 
Écart-type  61,7  28,71  39,81  65,25 
Médiane  42       
Minimum       
Maximum  575       
à 5 ans  44,80 %  50,00 %  47,40 %  40,40 % 
à 10 ans  10,4 %  0,0 %  15,4 %  10,4 % 




Références



Ferlay J., Shin H.R., Bray F., Forman D., Mathers C., Parkin D.M. GLOBOCAN 2008, cancer incidence and mortality worldwide: IARC CancerBase No. 10  Lyon, France: International Agency for Research on Cancer (2010). globocan.iarc.fr/
Ferlay J., Autier P., Boniol M., Heanue M., Colombet M., Boyle P. Estimates of the cancer incidence and mortality in Europe in 2006 Ann Oncol 2007 ;  18 (3) : 581-592
Jemal A., Siegel R., Xu J., Ward E. Cancer statistics 2010 CA Cancer J Clin 2010 ;  60 : 277-300 [cross-ref]
CenterM, Jemal A., Lortet-Tieulent J., Ward E., Ferlay J., Brawley O., et al. International variation in prostate cancer incidence and mortality rates Eur Urol 2012 ;  62 : 1079-1092
Platz E.A., Giovannucci E. Prostate cancer  New York: Oxford University Press (2006). 1128-1150
US Cancer Statistics Working Group, US Department of Health and Human Services United Statistics cancer statistics: 2002 incidence and mortality  Atlanta (GA): Centers for Disease Control and Prevention and National Cancer Institute (2005). 
Hoffman R.M., Gilliland F.D., Eley J.W., Harlan L.C., Stephenson R.A., Stanford J.L., et al. Racial and ethnic differences in advanced-stage prostate cancer: the prostate cancer outcomes study J Natl Cancer Inst 2001 ;  93 (5) : 388-395 [cross-ref]
Powell I.J., Bock C., Ruterbusch J., Sakr W. Evidence supports a faster growth rate and/or earlier transformation to clinically significant prostate cancer in black than in white american men, and influences racial progression and mortality disparity J Urol 2010 ;  183 : 1792-1797 [cross-ref]
Cooperberg M.R., Lubeck D.P., Meng M.V., Mehta S.S., Carroll P.R. The changing face of low-risk prostate cancer: trends in clinical presentation and primary management J Clin Oncol 2004 ;  22 : 2141-2149 [cross-ref]
SEER cancer statistics review, 1975-2008 Bethesda, MD: National Cancer Institute (2011). 
[based on November 2010 SEER data submission, posted to the SEER web site, 2011].
1975_2008/
Mallick S., Blanchet P., Multigner L. Prostate cancer incidence in guadeloupe, a French caribbean archipelago Eur Urol 2005 ;  47 : 769-772 [cross-ref]
Salomon L., Azria D., Bastide C., Beuzeboc P., Cormier L., Cornud F., et al. Recommandations en onco-urologie 2010 : cancer de la prostate Prog Urol 2010 ;  20 (Suppl 4) : S217-S252 [inter-ref]
Edge S.B., Compton C.C. The American Joint Committee on cancer: the 7th edition of the AJCC cancer staging manual and the future of TNM Ann Surg Oncol 2010 ;  17 (6) : 1471-1474 [cross-ref]
Alanee S., Heights C., Jarosek S., Virnig B., Konety B., Elliott S. High risk prostate cancer features on diagnosis in african american males: analysis of the modern seer database J Urol 2010 ;  183 (4) : 0
Clegg L.X., Li F.P., Hankey B.F., Chu K., Edwards B.K. Cancer survival among US whites and minorities: a SEER (surveillance, epidemiology, and end results) program population based study Arch Intern Med 2002 ;  162 (17) : 1985-1993 [cross-ref]
Sanchez-Ortiz R.F., Troncoso P., Babaian R.J., Lloreta J., Johnston D.A., Pettaway C.A. African-American men with nonpalpable prostate cancer exhibit greater tumor volume than matched white men Cancer 2006 ;  107 (1) : 75-82 [cross-ref]
Moul J.W., Sesterhenn I.A., Connelly R.R., Douglas T., Srivastava S., Mostofi F.K., et al. Prostate-specific antigen values at the time of prostate cancer diagnosis in African-American men JAMA 1995 ;  274 (16) : 1277-1281 [cross-ref]
Freedland S.J., Sutter M.E., Naitoh J., Dorey F., Csathy G.S., Aronson W.J. Clinical characteristics in black and white men with prostate cancer in an equal access medical center Urology 2000 ;  55 (3) : 387-390 [inter-ref]
Powell I.J., Vigneau F., Ruterbusch J., Heilbrun L., Bock C. Earlier age for prostate cancer screening of african american men is needed to eliminate racial mortality disparity J Urol 2011 ;  185 (4) : Supp:e482
Tangen C., Hussain M., Higano C., Eisenberger M., Small E., Wilding G., et al. Improved overall survival trends of men with newly diagnosed M1 prostate cancer: a SWOG phase III trial experience (S8494, S8894 and S9346) J Urol 2012 ;  188 : 1164-1169 [cross-ref]
Cetin K., Beebe-Dimmer J., Fryzek J., Markus R., Carducci M. Recent time trends in the epidemiology of stage IV prostate cancer in the United States: analysis of data from the surveillance, epidemiology, and end results program Urology 2010 ;  75 (6) : 1396-1404 [inter-ref]
Ben-Shlomo Y., Evans S.D., Ibrahim F., Patel B.P., Anson K., Chinegwundoh F., et al. The risk of prostate cancer amongst black men in the United Kingdom: the PROCESS cohort study Eur Urol 2008 ;  53 (1) : 99-105 [cross-ref]
Multigner L., Ndong J.R., Giusti A., Romana M., Delacroix-Maillard H., Cordier S., et al. Chlordecone exposure and risk of prostate cancer J Clin Oncol 2010 ;  28 (21) : 3457-3462 [cross-ref]
Hsiao W., Moses K.A., Goodman M., Jani A.B., Rossi P.J., Master V.A., et al. Prostate cancer: survival differences in clinical T4, nodal and metastatic disease J Urol 2010 ;  184 (2) : 512-518 [cross-ref]
Lu-Yao G., Moore D.F., Oleynick J., DiPaola R.S., Yao S.L. Population-based study of hormonal therapy and survival in men with metastatic prostate cancer J Urol 2007 ;  177 (2) : 535-539 [cross-ref]
Mottet N., Bellmunt J., Bolla M., Joniau S., Mason M., Matveev V., et al. Treatment of advanced, relapsing, and castration-resistant prostate cancer Eur Urol 2011 ;  59 (4) : 572-583 [cross-ref]






© 2013 
Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.