Cancer de prostate localisé de haut risque : résultats à long terme de la prostatectomie

05 novembre 2020

Auteurs : M. Miro-Padovani, J. Batista Da Costa, A. Ingels, A. De La Taille
Référence : Prog Urol, 2020, 13, 30, 729-730
Objectifs

Les cancers de prostate localisés de haut risque représentent environ 15 % des formes au diagnostic. Pourtant, le traitement optimal de ces formes défavorables n’est pas totalement défini et leur prise en charge est devenue multimodale, en raison d’un taux de récidive important.

Notre étude s’intéresse aux résultats oncologiques à long terme après prostatectomie.

Méthodes

Nous avons mené une étude observationnelle, rétrospective, monocentrique sur l’hôpital Henri-Mondor portant sur une série consécutive de patients opérés entre 2008 et 2018.

Cent soixante-dix cas ont ainsi été identifiés comme appartenant au groupe de haut risque histopronostique selon de D’Amico et traités par prostatectomie avec curage ganglionnaire.

Le critère principal de l’étude était la survie sans récidive biologique (SSRB).

Les caractéristiques préopératoires (PSA, score de Gleason [SG], statut IRM) et les données histologiques définitives (stade pTNM) ont ainsi été analysées en termes de facteur pronostique de la récidive biochimique.

Résultats

La SSRB globale était de 69,2 % à 5 mois, 58,1 % à 1 an, 48 % à 2 ans et 40,8 % à 4 ans.

L’analyse en sous-groupes de la SSRB à 2 ans a montré des différences significatives ; notamment le nombre de critères de haut risque (48 % de SSRB si 1, 27,5 % si 2 et 16,5 % si 3 critères, p =0,002) et le PSA (52,5 % si<20 et 21,7 % si>20, p =0,00012).

Les données postopératoires ont montrés des différences significatives concernant la SSRB à 4 ans en fonction du SG (79,2 % si 7, 32,5 % si 8 et 19,5 % si>8, p <0,0012), du stade pT (75 % si pT2, 52,5 % si pT3a et 11,5 % si pT3b, p <0,001), des marges (55,7 % vs 23,8 % si R+, p <0,0001) et du stade pN (54,1 % vs 10,2 % si pN+, p <0,001) (Fig. 1, Fig. 2, Fig. 3).

Conclusion

La définition du traitement local dans le cancer de prostate de haut risque et/ou localement avancé laisse d’importantes perspectives à la chirurgie. Les marqueurs génomiques et l’imagerie moléculaire pourraient faire avancer le débat, ainsi que le premier essai randomisé sur le sujet (SPCG15). La diversification des traitements systémiques (nouvelles hormonothérapies) offre par ailleurs de nouvelles stratégies à évaluer.




 




Fig. 1
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Fig. 2
Fig. 2. 




Fig. 3
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Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.






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