Cancer de prostate et sexualité : conception et évaluation d’une action de formation destinée aux médecins généralistes

25 novembre 2015

Auteurs : P. Bondil, C. Fabregue, D. Carnicelli, D. Habold
Référence : Prog Urol, 2015, 13, 25, 791-792
Objectifs

Comme nombre de professionnels de santé, le médecin généraliste (MG) est encore trop souvent mal à l’aise pour aborder le problème de la sexualité en cas de cancer de prostate (CP). Notre objectif a été double :

– mieux identifier ses besoins d’information et de formation ;

– mieux préciser sa place et son rôle dans le parcours de soins.

Méthodes

En deux étapes :

– élaboration d’un pilote pédagogique de formation incluant comme pré-requis minimum :

– sensibiliser à la problématique,

– connaître les dysfonctions sexuelles (DS) induites par le CP ou son traitement,

– savoir informer, orienter ou prendre en charge (DS simples),

– savoir en parler au couple ;

– évaluation interactive lors d’une session de 2h30 le soir, avec 3 groupes successifs de MG (31 dont 16 F) d’âge et d’exercices représentatifs et un binôme de formateurs (MG sexologue+urologue).

Une méthode pédagogique de type constructiviste (jeu de rôle, exposés, atelier…) a été testée avec double évaluation (questionnaire de satisfaction, pré- et post-tests).

Résultats

La comparaison pré-/post-tests montre une progression indéniable : « la santé sexuelle fait partie du soin primaire » (78 vs.100 %), impact sexuel du CP (24 vs. 0 %), prévalence des malades concernés (52 vs.93 %), prise en charge par le MG (33 vs.82 %), recherche des DS (38 % vs.84 %) et conduite d’évitement (17 vs.0 %). Le jeu de rôle met en évidence plusieurs difficultés (sémantiques, attitudes d’évitement, approche du couple et identification de la demande précise). Mais, si 94 % sont satisfaits (particulièrement par la combinaison d’expertise MG+spécialiste), 47 % s’estiment encore insuffisamment formés. Les points faibles relevés à améliorer sont une formation trop courte, un seul cancer abordé, l’absence d’algorithme décisionnel et d’ateliers sur les traitements locaux (notamment les injections intracaverneuses).

Conclusion

Ce pilote a eu un très bon accueil car il améliore clairement la connaissance du rôle et de la place du MG (savoir-être, savoir-faire) lors du parcours de soins. Le nombre de MG proactifs double et l’investissement oncosexologique triple sans aucune attitude d’évitement. Une évaluation complémentaire est néanmoins encore nécessaire pour valider l’outil pédagogique et l’étendre à d’autres cancers.




 




Déclaration d'intérêts


Les auteurs n'ont pas transmis de déclaration de conflits d'intérêts.






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