Cancer de la prostate résistant à la castration, évaluation de la symptomatologie comme élément d’orientation de prise en charge

25 novembre 2013

Auteurs : T. Lebret, F. Audenet, P. Beuzeboc, C. Hennequin, Y. Neuzillet
Référence : Prog Urol, 2013, 13, 23, 1073




 

Objectifs .- La symptomatologie est devenue dans le cancer de la prostate résistant à la castration (CPRC) un critère pris en compte par certaines études cliniques pour définir une population spécifique de patients chimio-naïfs. Les notions de patient asymptomatique (A), peu symptomatique (PS) ou symptomatique (S) sont ainsi de plus en plus utilisées sans pour autant qu'une définition de ces différents groupes ait été définie. L'objectif principal de l'étude est d'évaluer et de décrire les patients désignés comme A, PS ou S parmi les patients métastatiques CPRC chimio-naïfs de la file active des urologues et oncologues français impliqués dans la prise en charge de ces patients.


Méthodes .- Étude observationnelle conduite en juin/juillet 2012 auprès d'un échantillon de 157 médecins - 77 urologues (Uro) et 80 oncologues/onco-radiothérapeutes (Onco) - prenant en charge un minimum de 8 patients CPRC métastatiques. Pendant 3 semaines, chaque participant renseignait à l'aide d'un questionnaire tous les patients CPRC métastatiques chimio-naïfs.


Résultats .- Au total, 1226 patients répondant aux critères d'inclusion ont été décrits (562 par les Uro, 664 par les Onco) dont 37 % de A, 42 % de PS et 19 % S (Tableau 1). La proportion de S est la même chez les Uro (18 %) et les Onco (19 %). En revanche, la file active des urologues comporte plus de A (47 % versus 28 %) et un peu plus de patients ayant uniquement des métastases pelviennes (17 % versus 4 %).


Conclusion .- Cette étude conforte l'implication des deux spécialités (U et O) dans la prise en charge des CPRC. Le choix entre la chimiothérapie et l'hormonothérapie de deuxième ligne étant, entre autre basé, sur le critère symptomatique ou non symptomatique et si on se réfère aux données publiées, cette étude semble indiquer que près de 20 % des patients seraient plutôt éligible au docetaxel contre 80 % plutôt à l'acetate d'abiraterone ou à l'enzalutamide.




Tableau 1 -
  PS 
% et nombre de patients  37% (451)  42% (513)  19% (230) 
Absence de douleur  89 % (403)  29 % (149)  1 % (2) 
Douleur modérée  3 % (12)  59 % (304)  63 % (145) 
Douleur Sévère  <1 % (2)  1 % (5)  31 % (72) 
Traités actuellement par antalgique  2 % (10)  60 % (307)  91 % (210) 
Traités par un antalgique de palier I  1 % (3)  23 % (117)  9 % (20) 
Traités par un antalgique de palier II  1 % (4)  22 % (111)  20 % (45) 
Traités par un antalgique de palier III  >1 % (1)  15 % (78)  67 % (139) 





Haut de page



© 2013 
Publié par Elsevier Masson SAS.