Cancer de la prostate à haut risque de progression. Article de revue du comité de cancérologie de l'association française d'urologie

25 décembre 2011

Auteurs : F. Rozet, C. Hennequin, G. Fromont, P. Mongiat-Artus, C. Bastide, P. Beuzeboc, L. Cormier, D. Eiss, M. Peyromaure, P. Richaud, L. Salomon, M. Soulié
Référence : Prog Urol, 2011, 13, 21, 901-908




 




Introduction


Depuis 20ans, le dosage sérique du PSA en pratique courante a conduit à une modification spectaculaire de la répartition des stades et des grades du cancer de la prostate lors du diagnostic. Environ 15 à 20 % des cancers nouvellement diagnostiqués répondent aux critères de tumeurs à haut risque de progression. Les patients atteints de ce type de tumeur hétérogène ont un risque élevé de récidive après le traitement initial, d’où le développement de stratégies multimodales. Les patients atteints d’un cancer de la prostate à haut risque doivent être informés de cette approche décidée en réunion de concertation pluridisciplinaire. Des essais cliniques optimisant la prise en charge de ces cancers de la prostate à haut risque sont en cours afin d’augmenter les durées de survie spécifique et globale.


Méthodologie


Une revue systématique de la littérature de 1995 à 2011 a été effectuée. La recherche bibliographique a été réalisée via le moteur de recherche PubMed® (pubmed/).


La recherche était limitée aux articles publiés en langue française ou anglaise. Les mots clés suivant ont été utilisés : high-risk prostate cancer, radiation therapy, androgen deprivation therapy, radical prostatectomy, combined treatments. La recherche « high-risk prostate cancer and radical prostatectomy  », « high-risk prostate cancer and radiation therapy  », « high-risk prostate cancer and androgen deprivation therapy  », « high-risk prostate cancer combined treatments  », retrouvait respectivement 969, 1476, 387, et 476 articles. Les 49 articles de la bibliographie ont été ensuite sélectionnés selon leur pertinence.


Définition d’une tumeur à haut risque


Les cancers de la prostate à haut risque se définissent biologiquement par l’acquisition d’un potentiel métastatique et d’une résistance au traitement, exposant à une évolution incontrôlée et mortelle. Du point de vue du clinicien, il s’agit d’une tumeur pour laquelle il existe un risque de progression après monothérapie. Ce risque de progression est évalué sur les données cliniques du stade, de la valeur initiale du PSA et du score de Gleason, comme défini par D’Amico et al. en 1998 (Tableau 1) [1].


Afin d’affiner ces groupes de risques préthérapeutiques à l’échelon individuel, des outils statistiques (nomogrammes) ont été développés [2]. Ces nomogrammes ont des limites. Construits à partir d’une population donnée, à une époque donnée, ils ne sont pas forcément transposables à une population différente, à un moment où les pratiques cliniques ont évoluées. Cependant, la pertinence du nomogramme est indéniable. Plusieurs études montrent que la prédiction du nomogramme est plus fiable que celle du clinicien [3]. Certains de ces nomogrammes sont utilisables en ligne (index.aspx).


Épidémiologie


Parmi les nouveaux cas de cancer de la prostate diagnostiqués, la proportion de formes à haut risque peut varier de 15 à 20 % en fonction de la définition utilisée dans la littérature, avec une diminution des formes localement évoluées depuis dix ans. Les tumeurs à haut risque actuellement diagnostiquées sont plus fréquemment de score de Gleason élevé plutôt que de stade clinique T3 [4]. En France, la proportion de tumeurs à haut risque sur le nombre de nouveaux cas incidents (71 577 en 2010 selon le rapport de l’Institut national de veille sanitaire d’avril 2010) n’est pas spécifiquement évaluée [5].


Imagerie fonctionnelle


Prostate


À côté de l’échographie endorectale essentiellement utilisée pour la réalisation des biopsies et pour l’évaluation du volume de la glande, l’IRM est devenue un examen incontournable pour faire le bilan d’extension locale de la tumeur [6]. La séquence T1 permet de différencier un artéfact lié aux biopsies d’un aspect tumoral. En séquence T2, la tumeur de la zone périphérique est caractérisée par un hyposignal nodulaire. Au niveau de la zone transitionnelle, la séquence T2 ne permet pas de différencier nettement les nodules d’hypertrophie bénigne de la prostate d’une tumeur (spécificité 60 %). L’IRM fonctionnelle permet d’améliorer l’efficacité de l’examen. Elle est fondée sur l’analyse de la microcirculation, de la cellularité et du métabolisme [7]. L’IRM dynamique compare la cinétique du gadolinium dans la prostate normale et la prostate pathologique (sensibilité de 80 à 97 %, spécificité de 70 %). L’IRM de diffusion permet d’obtenir une image tumorale proportionnelle à la densité cellulaire. Les tumeurs de haut grade ont un coefficient apparent de diffusion inférieur à celui des tissus sains (sensibilité 85 %). La combinaison des différentes séquences fonctionnelles (IRM standard et diffusion) améliore la fiabilité de l’IRM, notamment pour les tumeurs à haut risque [8].


Ganglions


Aucun examen d’imagerie standard ne permet de prédire l’envahissement ganglionnaire avec autant de précision que le curage ganglionnaire étendu. Le scanner et l’IRM utilisent le même critère morphologique pour détecter les ganglions pathologiques : la taille du ganglion. La limite admise est de 1cm pour le rétropéritoine, et de 0,8cm pour le pelvis. Il n’existe pas de différence signal entre un ganglion normal et métastatique. De plus, de nombreuses métastases ganglionnaires du cancer de la prostate se développent dans des ganglions de taille normale [9]. La sensibilité du scanner est estimée aux alentours de 35 % [10]. L’IRM dynamique, et la spectro-IRM n’ont pas montré d’avantage par rapport au scanner [11]. En revanche, l’utilisation d’un produit de contraste composé de microparticules de fer pourrait améliorer la détection des ganglions métastatiques [12]. L’utilisation de l’ultrasmall superparamagnetic iron oxide (USPIO) associée à celle de l’IRM de diffusion améliorerait la détection pour les ganglions métastatiques de petite taille (jusqu’à 4–5mm) [13]. La place de la TEP à la 11C-choline, à la 18F-fluorocholine et à de nouveaux radiotraceurs est encore en cours d’étude dans l’évaluation ganglionnaire et le bilan d’extension des tumeurs à haut risque.


Os


La scintigraphie osseuse est l’examen de référence pour les tumeurs à haut risque [14]. L’IRM corps entier permet l’étude de l’ensemble de la moelle osseuse. Les résultats montrent une sensibilité et une spécificité supérieures à celles de la scintigraphie, sauf au niveau des côtes et de la voûte crânienne. La sensibilité de détection des métastases du squelette axial est de 100 % [15]. L’imagerie de diffusion, en cours d’évaluation, permet d’obtenir une spécificité supérieure à 90 % [16].


Prise en charge thérapeutique


L’association radiothérapie-hormonothérapie



Associations radiothérapie-hormonothérapie vs radiothérapie exclusive


Plusieurs essais randomisés ont évalué l’intérêt d’associer une hormonothérapie à l’irradiation. Quatre études présentaient le nombre de patients, une rigueur méthodologique et un recul suffisant pour permettre d’établir le concept d’hormonoradiothérapie comme un standard thérapeutique dans cette indication (Tableau 2, Tableau 3) [17]. Elles comportaient toutes un bras contrôle radiothérapie exclusive (schématiquement, 45 à 50Gy sur les aires ganglionnaires pelviennes, et 65 à 70Gy sur le volume prostatique), et un bras expérimental associant la même irradiation à une hormonothérapie. L’objectif des essais RTOG 85-31 [18] et de l’EORTC [19] étaient celui d’un traitement adjuvant visant à lutter contre la maladie générale, alors que celui de RTOG 86-10 [20] était celui d’une réduction tumorale avant radiothérapie, avec pour but un meilleur contrôle local. Ces études ont toutes mis en évidence un bénéfice sur le contrôle local, le contrôle biochimique ou même l’apparition de métastases. L’étude de l’EORTC a mis en évidence un bénéfice clair sur la survie : à cinq ans, elle était de 62 % après radiothérapie seule contre 78 % pour le bras combiné (p =0,0002). Ces résultats ont été confirmés dans la mise à jour à dix ans présentée récemment. Dans l’essai RTOG 85-31, il est intéressant de noter qu’une différence significative en termes de survie globale n’a été observée qu’au bout de dix ans de suivi ; à cinq ans, les survies globales des patients traités par radiothérapie exclusive ou par traitement combiné étaient de 71 % et de 76 %, et à dix ans de 38 % et de 47 % (p =0,0043). En revanche, pour les patients avec un score de Gleason 8 à 10, la différence en survie était déjà significative à cinq ans (53 % vs 67 % ; p =0,0061) et confirmée à dix ans.


Hormonothérapie+radiothérapie vs hormonothérapie exclusive


Un premier large essai (Tableau 4) a comparé l’association combiné radiothérapie-hormonothérapie à une hormonothérapie seule [21]. Les patients étaient tous traités par un blocage androgénique complet de trois mois, suivi par un traitement par antiandrogènes (AA : flutamide 250mg trois fois par jour) jusqu’a progression ou décès. Ils étaient randomisés entre une radiothérapie conformationelle à 70Gy ou pas de radiothérapie, et donc un traitement hormonal seul. Les résultats sont résumés dans le Tableau 3. Cette étude est la première à démontrer clairement que l’association d’une radiothérapie à l’hormonothérapie améliore de façon importante la survie spécifique et globale avec des effets secondaires acceptables. Très récemment, deux autres études randomisées, l’une nord-américaine [22], l’autre française [23], ont confirmé la supériorité d’un traitement combiné par rapport à une hormonothérapie exclusive par a-LHRH prolongé tant en survie sans progression qu’en survie spécifique et globale. L’amélioration du contrôle local semble réduire le risque de métastase à distance tardives.


Quelle durée pour l’hormonothérapie ?


Deux essais (Tableau 5) ont pour l’instant comparé directement une hormonothérapie longue (deux ou trois ans) et une hormonothérapie courte (quatre ou six mois). L’essai du RTOG incluait les patients présentant un adénocarcinome prostatique T2c à T4, sans atteinte ganglionnaire clinique, avec un taux de PSA initial inférieur ou égal à 150ng/mL. Tous les patients recevaient une irradiation conventionnelle (pelvis : 45Gy ; prostate : 65 à 70Gy) [24]. Si aucun bénéfice en termes de survie globale n’est observé, une amélioration de la survie spécifique est, en revanche, notée dans le bras hormonothérapie longue. Par ailleurs, pour les patients avec un score de Gleason 8 à 10, le bénéfice de l’hormonothérapie prolongée est majeur, avec pour ce sous-groupe, une survie statistiquement améliorée (à cinq ans : 81 % vs 70,7 % ; p =0,044). L’EORTC 22 961 comparait une irradiation associée à une hormonothérapie de six ou de 36 mois (n =487) par agonistes de la LH-RH. Il incluait les patients avec une lésion localement avancée : T1c-2bN1-2, ou pN1-2, ou T2c-4, N0-2, M0) [25]. Le suivi médian est de 5,2 années. Quel que soit le critère de jugement, l’hormonothérapie longue apporte un bénéfice. C’est en particulier vrai pour la survie globale.


Quelle hormonothérapie ?


La totalité des essais cités utilisaient les agonistes de la LH-RH et ceux-ci représentent donc actuellement le traitement de base devant être associé à l’irradiation. Une seule très large étude a associé à l’irradiation le bicalutamide à la dose de 150mg par jour pendant cinq ans. Cette étude a montré un bénéfice en survie au traitement combiné comparé à l’irradiation exclusive [26]. Cependant, cette étude souffre de biais méthodologiques majeurs et ne permet pas de proposer en standard cette association.


Au total, l’association hormonothérapie-radiothérapie est actuellement le standard thérapeutique des adénocarcinomes localement avancés. Elle permet d’améliorer la survie par rapport à l’irradiation seule ou à une hormonothérapie seule.


Pour les groupes défavorables, en particulier les patients présentant un score de Gleason supérieur ou égal à 8, une durée minimale de deux ans paraît nécessaire.


Place de la chirurgie



Curage ganglionnaire


Compte tenu du risque élevé d’envahissement ganglionnaire dans les tumeurs prostatiques à haut risque, la lymphadénectomie standard limitée à la fosse ilio-obturatrice n’est pas suffisante pour définir clairement le statut ganglionnaire. La lymphadénectomie iliopelvienne étendue n’a pas démontré d’impact sur la survie, mais elle permet d’optimiser l’évaluation ganglionnaire et donc le stade pathologique par l’augmentation (d’un facteur 2) du nombre de ganglions prélevés et du nombre de ganglions métastatiques [27]. La lymphadénectomie étendue recommandée doit au moins emporter les ganglions ilio-obturateurs au-dessus et au-dessous du nerf et les ganglions recouvrant l’artère iliaque interne jusqu’à la bifurcation iliaque comprise (Figure 1). Le taux de complications du curage étendu est supérieur en raison de l’augmentation du nombre de lymphocèles [28].


Figure 1
Figure 1. 

Limites anatomiques du curage ganglionnaire.




Le concept du ganglion sentinelle a été développé pour diminuer l’extension du curage. La sensibilité de la technique est bonne, mais certaines limites rendent la technique difficile à reproduire d’où une perte de spécificité (pas de prise de radiotraceur par les micrométastases, blocage lymphatique par certaines macrométastases, manipulation de la sonde pendant l’opération, repérage de certaines aires ganglionnaires…) [29].


L’intérêt thérapeutique du curage ganglionnaire extensif a été avancé comme pour d’autres tumeurs (vessie, testicule) mais il n’est pas démontré en l’absence d’étude randomisée sur le sujet. Enfin, la meilleure stadification par le curage étendu peut entraîner un biais d’interprétation de son efficacité thérapeutique (Will Rogers phenomenon) [30].


Particularités de la prostatectomie radicale dans les formes à haut risque


Les recommandations de l’Association française d’urologie indiquent que la chirurgie est possible dans certains cas de cancers localement avancés [31]. Techniquement, la prostatectomie totale (PT) dans cette situation implique la réalisation d’un curage ganglionnaire étendu, une exérèse large de la prostate au niveau de l’apex, du col, des vésicules séminales et des bandelettes neurovasculaires, en évitant au maximum le risque de marge chirurgicale positive [32]. L’efficacité carcinologique de la prostatectomie pour les formes localement avancées est difficile à apprécier en raison de l’hétérogénéité des séries, et de l’absence de précision sur les traitements adjuvants ou de rattrapage associés. Van der Ouden et al., dans une revue de huit séries, ont rapporté une survie spécifique à cinq et dix ans de 83 à 92 % et de 72 à 82 % [33]. Ward et al. ont publié une série de 5652 prostatectomies réalisées à la Mayo Clinic. Huit cent quarante-deux patients (15 %) présentaient une tumeur cT3. Au total, 65 % avaient reçu une radiothérapie, ou une déprivation androgénique adjuvante. La survie sans récidive biologique à dix ans était de 43 %, et 10 % des patients étaient décédés de leur cancer (suivi moyen de 10,3ans) [34]. Carver et al. ont rapporté l’expérience du MSKCC. Cent soixante-seize patients sur 5182 opérés présentaient une tumeur cT3 (3 %). La survie sans récidive à dix ans était de 44 % et 11 % des patients étaient décédés de leur cancer, avec un suivi moyen de 6,4ans [35]. Johnstone et al. ont analysé une série rétrospective non randomisée de 1093 patients porteurs de tumeurs cT4, traités entre 1995 et 2001 par chirurgie (6,6 %), radiothérapie seule (7,5 %), hormonothérapie seule (36,6 %), par radio-hormonothérapie (23,6 %), ou non traités (25,7 %) [36]. Dans cette étude, la survie après chirurgie et radio-hormonothérapie était similaire. Boorjian a rapporté une série de patients à haut risque de récidive, selon les critères du NCCN, traités par chirurgie, radiothérapie, ou radio-hormonothérapie. Dans cette étude rétrospective, la survie spécifique à dix ans était de 92 % après chirurgie ou radio-hormonothérapie, et de 88 % après radiothérapie (p =0,6). La survie globale à dix ans était supérieure dans le groupe de patient traité par chirurgie (77 %) à celle observée après radio-hormonothérapie (67 %) ou radiothérapie (52 % ; p <0,001) [37].


Quelle association thérapeutique à la prostatectomie totale ?



Radiothérapie


Trois essais randomisés majeurs ont montré que la radiothérapie adjuvante à la dose de 60 à 64Gy permet de prévenir ou de différer la récidive biochimique et clinique : EORTC 22911, Soutwestern Oncology Group (SWOG) S8794 et Arbeitsgemeinschaft Radiologische Onkologie (ARO 96-02) [38, 39, 40]. Le bénéfice de la radiothérapie adjuvante après prostatectomie totale sur la survie globale et la survie sans métastases pour une tumeur de stade pT3 pN0 a été démontré dans l’essai du SWOG S8794. Dans l’essai EORTC 22911, le gain en termes de survie sans récidive biochimique était de plus de 20 % entre le groupe radiothérapie adjuvante (72,2 %) par rapport au groupe surveillé (51,8 %) avec un recul de 5,4ans. Pour les cancers de stade pT3 R1, il n’est pas prouvé que la radiothérapie adjuvante ait une efficacité supérieure à la radiothérapie de rattrapage à la récidive biologique. L’essai GETUG-AFU 17 qui compare ces deux traitements devrait répondre à la question.



Hormonothérapie


L’hormonothérapie néoadjuvante à la chirurgie n’a pas fait la preuve de son efficacité. Les études randomisées (HT vs placebo) ont montré une diminution du taux de marges positives. Aucune n’a montré d’amélioration de la survie sans progression biologique, de la survie spécifique ou globale [41, 42].


Hormonothérapie adjuvante


Pour les patients avec atteinte ganglionnaire, l’étude de Messing et al. a démontré qu’un traitement hormonal immédiat par analogues de la LH-RH était bénéfique en termes de taux de survie globale (72,5 % contre 49 %) et de survie spécifique (87,2 % contre 56,9 %) par rapport à un traitement hormonal différé à la progression métastatique [43]. Une étude rétrospective du Surveillance, Epidemiology and End Results (SEER) – Medicare a porté sur une population de patients atteints de cancer de la prostate avec envahissement ganglionnaire après prostatectomie réalisée de 1991 à 1999, ayant reçu un traitement hormonal dans les trois mois postopératoires (209 patients) ou pas de traitement complémentaire (522 patients). Cette étude n’a pas montré de différence en termes de survie globale ni spécifique entre les deux groupes, remettant en cause le principe d’un traitement adjuvant immédiat en cas d’atteinte ganglionnaire histologique à l’ère du PSA [44].


Dans le cas des patients sans atteinte ganglionnaire, la place de l’hormonothérapie adjuvante n’est pas définie.


Dans l’étude Early Prostate Cancer (EPC) comparant le bicalutamide à la dose de 150mg et placebo après traitement local, le taux de risque de progression biochimique et clinique chez des patients atteints de tumeur de stade cT3 opéré par prostatectomie totale était réduit de 25 % avec un suivi moyen de 7,4ans, mais sans impact sur la survie globale [45]. Dans l’étude allemande randomisant le flutamide dans des tumeurs de stade pT3-4 N0M0 et placebo, le taux de survie sans récidive biochimique était amélioré de 25 % sans bénéfice sur la survie globale avec un recul de six ans [46]. Dans l’étude de Moul et al. portant sur l’hormonothérapie précoce en situation de récidive après prostatectomie totale, les patients atteints d’un cancer de score de Gleason de 8 à 10 ou présentant un temps de doublement du PSA de moins de 12 mois avaient une amélioration du taux de survie sans métastase [47]. Récemment, le SWOG a rapporté la plus large expérience d’hormonothérapie adjuvante à la chirurgie chez des patients à haut risque [48]. Quatre cent quatre-vingt-un patients du bras observationnel de l’étude SWOG 9921 ont été traités par un blocage androgénique complet deux ans après la PT. Avec un suivi médian de 4,4ans, la survie globale à cinq ans était de 96 %. Il n’existe actuellement pas d’étude randomisée comparant le rôle des analogues de la LHRH en situation adjuvante vs différée après PT. L’étude AFU-GETUG 20, qui randomise le blocage androgénique après PT pour des patients à haut risque de récidive, devrait permettre de répondre à cette question.



Chimiothérapie


Il n’y a pas d’essai randomisé concluant sur l’apport de la chimiothérapie néoajuvante ou adjuvante à la prostatectomie. Des essais utilisant notamment les taxanes en situation néoadjuvante ou en adjuvante à la chirurgie ont montré la faisabilité et une tolérance satisfaisante. Cependant, il est trop tôt pour en dégager une proposition thérapeutique validée [49].


Conclusion


La prise en charge diagnostique et thérapeutique des cancers de la prostate à haut risque est un enjeu de taille. Ces cancers, définis biologiquement par l’acquisition d’un potentiel métastatique et d’une résistance au traitement, exposent le patient à une évolution incontrôlée et mortelle. L’association radio-hormonothérapie, plus efficace que la radiothérapie est le traitement de référence. La chirurgie a sa place dans la prise en charge de ces tumeurs, et doit être envisagée dans le cadre d’un traitement combiné. La place des traitements adjuvants (radiothérapie, hormonothérapie…) doit être définie plus précisément.


Le risque de récidive après traitement est classiquement évalué d’après le stade clinique, le taux de PSA, et le score de Gleason biopsique. La combinaison de ces facteurs reflète de façon grossière l’hétérogénéité pronostique de cette forme de cancer, et doit conduire à la recherche de marqueurs, sanguins ou urinaires, pour mieux caractériser ces tumeurs, et développer des facteurs prédictifs individuels de morbidité de chaque option thérapeutique.


Déclaration d’intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de conflits d’intérêts en relation avec cet article.




Tableau 1 - Groupes à risque des cancers de la prostate localisés selon d’Amico.
Risque de rechute  Faible risquea  Risque intermédiaire  Haut risqueb 
Stade clinique  T2a  T2b  T2c 
Score de Gleason  < >
PSA sérique (ng/mL)  <10  10–20  >20 



[a] 
Un faible risque implique la totalité des critères.
[b] 
Un haut risque ou un risque intermédiaire implique au moins un seul de ces critères.


Tableau 2 - Principaux essais validant le concept d’hormonoradiothérapie des cancers prostatiques localement avancés.
  RTOG 85-31  RTOG 86-10  EORTC  TTROG 96-01 
Population  T3 et/ou cN+/pN+
Patients pT3a/pT3b après prostatectomie
(#15 % des patients) 
Prostate T2-T4 volumineuse
(>25 cm2 au TR) 
T1-T2 grade 3 ou T3-T4  Groupe défavorable (#80 %) 
 
Hormonoth.  LH-RH débuté en fin de RT jusqu’à progression  LH-RH+flutamide 2 mois avant et pendant la RT  LH-RH débuté au j1 de la RT et poursuivis 3ans  LH-RH débuté 3 mois ou 6 mois avant la RT 
 
No pts  977  456  415  818 



Légende :
RT : radiothérapie ; TR : toucher rectal.



Tableau 3 - Résultats des principaux essais comparant hormonoradiothérapie contre radiothérapie exclusive dans les cancers de prostate localement avancés.
  RTOG 85-31  RTOG 86-10  EORTC  TTROGa 
Contrôle local  Oui  Oui  Oui  Oui 
Survie sans métas.  Oui  Oui  Oui  Oui 
Survie sans récidive  Oui  Oui  Oui  Oui 
Survie spécifique  Non  Oui  Oui  Oui 
Survie globale  Ouib  Nonb  Oui  Non 



[a] 
Comparaison hormonothérapie six mois vs pas d’hormonothérapie
[b] 
Bénéfice en survie pour : RTOG 85-31 : le bénéfice est très important pour les patients avec un score de Gleason 8 à 10 et non prostatectomisés ; RTOG 86-10 : La différence en survie globale à dix ans n’est pas significative, mais en faveur de l’hormonothérapie (43 % vs 34 % ; p =0,12).


Tableau 4 - Résultats à dix ans de l’essai scandinave comparant une hormonothérapie seule à une association radiothérapie-hormonothérapie.
  Hormonothérapie seule  Hormonothérapie et radiothérapie  Seuil de significativité 
Nbre pts  439  436   
Nbre T3 (%)  79  76,8   
Mortalité spécifique (%)  23,9  11,9  <0,001 
Mortalité Globale (%)  39,4  29,6  0,004 
Récidive biochimique (%)  74,7  25,9  <0,001 





Tableau 5 - Résultats des essais RTOG 92-02 et EORTC 22961 comparant une hormonothérapie courte (quatre mois ou six mois) à une hormonothérapie longue (deux ou trois ans) en association avec l’irradiation.
  RTOG 92-02 
EORTC 22961 
  HT courte  HT longue  p   HT courte  HT longue  p  
No pts  761  753    483  487   
Survie sans récidive (%)  13,2  22,5  <0,0001  69  81,8  <0,0001 
Survie globale (%)  51,6  53,9  NS  80,6  85,3  0,0191 
Survie spécifique (%)  83,9  88,7  0,0042   
Métastases (%)  22,8  14,8  <0,0001  16,1  6,4 
Progression locale (%)  22,2  12,3  <0,0001  1,6 



Légende :
NS : non significatif.


Références



D’Amico A.V., Whittington R., Malkowicz S.B., Schultz D., Blank K., Broderick G.A., et al. Biochemical outcome after radical prostatectomy, external beam radiation therapy, or interstitial radiation therapy for clinically localized prostate cancer JAMA 1998 ;  280 : 969
Graefen M., Karakiewicz P.I., Cagiannos I., Quinn D.I., Henshall S.M., Grygiel J.J., et al. International validation of a preoperative nomogram for prostate cancer recurrence after radical prostatectomy J Clin Oncol 2002 ;  20 : 3206 [cross-ref]
Ross P.L., Gerigk C., Gonen M., et al. Comparisons of nomograms and urologists’ predictions in prostate cancer Semin Urol Oncol 2002 ;  20 : 82-88
Kane C.J., Presti J.C., Amling C.L., Aronson W.J., Terris M.K., Freedland S.J. Changing nature of high risk patients undergoing radical prostatectomy J Urol 2007 ;  177 : 113-117 [cross-ref]
Guérin S., Doyon F., Hill C. The frequency of cancer in France in 2006, mortality, trends since 1950, incidence trends since 1980 and analysis of the discrepancies between these trends Bull Cancer 2009 ;  96 : 51-57
Coakley F.V., Qayyum A., Kurhanewicz J. Magnetic resonance imaging and spectroscopic imaging of prostate cancer J Urol 2003 ;  170 : 69-75
Choi Y.J., Kim J.K., Kim N., Kim K.W., Choi E.K., Cho K.S. Functional MR imaging of prostate cancer Radiographics 2007 ;  27 : 63-75 [cross-ref]
Reinsberg S.A., Payne G.S., Riches S.F., Ashley S., Brewster J.M., Morgan V.A., et al. Combine use of diffusion-weighted MRI and 1H MR spectroscopy to increase accuracy in prostate cancer detection Am J Roentgenol 2007 ;  188 : 91-98 [cross-ref]
Cornud F., Villers A., Mongiat-Artus P., Rebillard X., Soulie M. Magnetic resonance imaging and prostate cancer Prog Urol 2008 ;  18 (10) : 621-633 [inter-ref]
Wolf J.S., Cher M., Dall’era M., Presti J.C., Hricak H., Carroll P.R. The use and accuracy of cross-sectional imaging and fine needle aspiration cytology for detection of pelvic lymph node metastases before radical prostatectomy J Urol 1995 ;  153 : 993-999 [cross-ref]
Katz S., Rosen M. MR imaging and MR spectroscopy in prostate cancer management Radiol Clin North Am 2006 ;  44 : 723-734 [inter-ref]
Heesakkers R.A., Hö vels A.M., Jager G.J., et al. MRI with a lymph-node-specific contrast agent as an alternative to CT scan and lymph-node dissection in patients with prostate cancer: a prospective multicohort study Lancet Oncol 2008 ;  9 : 850-856 [cross-ref]
Weckermann D., Dorn R., Holl G., Wagner T., Harzmann R. Limitations of radioguided surgery in high-risk prostate cancer Eur Urol 2007 ;  51 : 1549-1558 [cross-ref]
Lin K., Szabo Z., Chin B.B., Civelek A.C. The value of a baseline bone scan in patients with newly diagnosed prostate cancer Clin Nucl Med 1999 ;  24 : 579-582 [cross-ref]
Lecouvet F.E., Geukens D., Stainier A., Jamar F., Jamart J., d’Othee B.J., et al. Magnetic resonance imaging of the axial skeleton for detecting bone metastases in patients with high-risk prostate cancer: diagnostic and cost effectiveness and comparison with current detection strategies J Clin Oncol 2007 ;  25 (22) : 3281-3287 [cross-ref]
Koh D.M., Collins D.J. Diffusion-weighted MRI in the body: applications and challenges in oncology AJR Am J Roentgenol 2007 ;  188 (6) : 1622-1635 [cross-ref]
Denham J.W., Steigler A., Lamb D.S., et al. Short-term androgen deprivation and radiotherapy for locally advanced prostate cancer: results from the Trans-Tasman radiation oncology group 96.01 randomised controlled trial Lancet Oncol 2005 ;  6 : 841-850 [inter-ref]
Pilepich M., Winter K., Lawton C., et al. Androgen suppression adjuvant to definitive radiotherapy in prostate carcinoma – long-term results of phase III RTOG 85-31 Int J Radiat Oncol Biol Phys 2005 ;  61 : 1285-1290 [cross-ref]
Bolla M., Collette L., Blank L., et al. Long-term results with immediate androgen suppression and external irradiation in patients with locally advanced prostate cancer (an EORTC study): a phase IIII randomised trial Lancet 2003 ;  360 : 103-108
Roach M., Bae K., Speight J., et al. Short-term neoadjuvant androgen deprivation therapy and external-beam radiotherapy for locally advanced prostate cancer: long-term results of RTOG 8610 J Clin Oncol 2008 ;  26 : 585-591 [cross-ref]
Widmark A., Klepp O., Solberg A., et al. Endocrine treatment, with or without radiotherapy, in locally advanced prostate cancer (SPCG-7/SFUO-3): an open randomised phase III trial Lancet 2009 ;  373 : 301-308 [cross-ref]
Warde P., Mason M., Sydes M., et al. Intergroup randomized phase III study of androgen deprivation therapy (ADT) plus radiation therapy (RT) in locally advanced prostate cancer (CaP) (NCIC-CTG, SWOG, MRC-UK, INT: T94-0110; NCT00002633) J Clin Oncol 2010 ;  28 (7s) : [Abstr. CRA4504].
Mottet N., Peneau M., Mazeron J., et al. Impact of radiotherapy (RT) combined with androgen deprivation (ADT) versus ADT alone for local control in clinically locally advanced prostate cancer J Clin Oncol 2010 ;  28 (15s) : [abstr CRA 4505].
Horwitz E.M., Bae K., Hanks G.E., et al. Ten-year follow-up of radiation therapy oncology group protocol 92-02: a phase III trial of the duration of elective androgen deprivation in locally advanced prostate cancer J Clin Oncol 2008 ;  26 : 2497-2504 [cross-ref]
Bolla M, van Tienhoven G, de Reijke T, et al. Concomitant and adjuvant androgen deprivation (ADT) with external beam irradiation for locally advanced prostate cancer: 6 months versus 3 years ADT, results of the randomized EORTC phase III trial 22961. 2007 ASCO annual meeting proceedings part I. J Clin Oncol 2007;25:abs. 5014.
Tyrrell C.J., Payne H., See W.A., et al. Bicalutamide (Casodex) 150mg as adjuvant to radiotherapy in patients with localised or locally advanced prostate cancer: results from the randomised Early Prostate Cancer programme Radiother Oncol 2005 ;  76 : 4-10 [cross-ref]
Heidenreich A., Varga Z., Von Knobloch R. Extended pelvic lymphadenectomy in patients undergoing radical prostatectomy: high incidence of lymph node metastasis J Urol 2002 ;  167 : 1681-1686 [cross-ref]
Briganti A., Chun F.K., Salonia A., et al. Complications and other surgical outcomes associated with extended pelvic lymphadenectomy in men with localized prostate cancer Eur Urol 2006 ;  50 (5) : 1006-1013 [cross-ref]
Weckermann D., Dorn R., Trefz M., Wagner T., Wawroschek F., Harzmann R. Sentinel lymph node dissection for prostate cancer: experience with more than 1,000 patients J Urol 2007 ;  177 : 916-920 [cross-ref]
Gofrit O.N., Zorn K.C., Steinberg G.D., Zagaja G.P., Shalhav A.L. The Will Rogers phenomenon in urological oncology J Urol 2008 ;  179 : 28-33 [cross-ref]
Salomon L., Azria D., Bastide C., Beuzeboc P., Cormier L., Cornud F., et al. Oncology Committee of the French Association of Urology (CCAFU). Recommendations Onco-Urology 2010: Prostate cancer Prog Urol 2010 ;  20 (suppl. 4) : S217-S251 [inter-ref]
Soulié M., Thoulouzan M., Péneau M., et al. Surgery of locally advanced prostate cancer Prog Urol 2008 ;  18 (13) : 1031-1037
Van Den Ouden D., Hop W., Schröder F.H. Progression in and survival of patients with locally advanced prostate cancer (T3) treated with radical prostatectomy as monotherapy J Urol 1998 ;  160 : 1392-1397 [cross-ref]
Ward J.F., Slezak J.M., Blute M.L., Bergstralh E.J., Zincke H. Radical prostatectomy for clinically advanced (cT3) prostate cancer since the advent of prostate-specific antigen testing: 15-year outcome BJU Int 2005 ;  95 : 751-756 [cross-ref]
Carver B.S., Bianco F.J., Scardino P.T., Eastham J.A. Longterm outcome following radical prostatectomy in men with clinical stage T3 prostate cancer J Urol 2006 ;  176 : 564-568 [cross-ref]
Johnstone P.A., Ward K.C., Goodman M., Assikis V., Petros J.A. Radical prostatectomy for clinical T4 prostate cancer Cancer 2006 ;  106 : 2603-2609 [cross-ref]
Boorjian S.A., Karnes R.J., Viterbo R., Rangel L.J., Bergstralh E.J., Horwitz E.M., et al. Long-term survival after radical prostatectomy versus external-beam radiotherapy for patients with high-risk prostate cancer Cancer 2011 ;  117 (13) : 2883-2891 [cross-ref]
Bolla M., Van Poppel H., Collette L., Van Cangh P., Vekemans K., Da Pozzo L., et al. Postoperative radiotherapy after radical prostatectomy: a randomised controlled trial (EORTC 22911) Lancet 2005 ;  366 : 572-578 [cross-ref]
Thompson I.M., Tangen C.M., Paradelo J., Scott Lucia M., Miller G., Troyer D., et al. Adjuvant radiotherapy for pathological T3N0M0 prostate cancer significantly reduces risk of metastases and improves survival: long-term follow-up of a randomised clinical trial J Urol 2009 ;  181 : 956-962 [cross-ref]
Wiegel T., Lohm G., Bottke D., Hocht S., Miller K., Siegmann A., et al. Achieving an undetectable PSA after radiotherapy for biochemical recurrence after radical prostatectomy is an independent predictor of biochemical outcome – results of a retrospective study Int J Rad Oncol Biol Phys 2009 ;  73 : 1009-1016 [cross-ref]
Aus G., Abrahamsson P.A., Ahlgren G., et al. Three-month neoadjuvant hormonal therapy before radical prostatectomy: a 7-year follow-up of a randomized controlled trial BJU Int 2002 ;  90 : 561-566 [cross-ref]
Klotz L.H., Goldenberg S.L., Jewett M.A., et al. Long-term follow up of a randomized trial of 0 versus 3 months of neoadjuvant androgen ablation before radical prostatectomy J Urol 2003 ;  170 : 791-794 [cross-ref]
Messing E.M., Manola J., Yao J., Kiernan M., Crawford D., Wilding G., et al. Immediate versus deferred androgen deprivation treatment in patients with node-positive prostate cancer after radical prostatectomy and pelvic lymphadenectomy Lancet Oncol 2006 ;  7 : 472-479 [inter-ref]
Wong Y.N., Freedland S., Egleston B., Hudes G., Schwartz J.S., Armstrong C. Role of androgen deprivation therapy in node-positive prostate cancer J Clin Oncol 2009 ;  27 : 100-105 [cross-ref]
McLeod D.G., See W.A., Klimberg I., Gleason D., Chodak G., Montie J., et al. The bicalutamide 150mg early prostate cancer program: findings of the North American trial at 7.7-year median follow-up J Urol 2006 ;  176 : 75-80 [cross-ref]
Wirth M.P., Weissbach L., Marx F.J., Heckl W., Jellinghaus W., Riedmiller H., et al. Prospective randomised trial comparing flutamide as adjuvant treatment versus observation after radical prostatectomy for locally advanced, lymph-node negative prostate cancer Eur Urol 2004 ;  45 : 267-270 [cross-ref]
Moul J.W., Wu H., Sun L., Mc Leo D.G., Amling C., Donahue T., et al. Early versus delayed hormonal therapy for prostate specific antigen only recurrence of prostate cancer after radical prostatectomy J Urol 2004 ;  171 : 1141-1147 [cross-ref]
Tanya B.D., Thomas W.F., Catherine M.T., et al. Adjuvant androgen deprivation for high-risk prostate cancer after radical prostatectomy: SWOG S9921 study J Clin Oncol 2011 ;  29 : 2040-2045
Garzotto M., Higano C.S., O’Brien C., Rademacher B.L., Janeba N., Fazli N., et al. Phase 1-2 study of preoperative docetaxel and mitoxantrone for high risk prostate cancer Cancer 2010 ;  116 : 1699-1708 [cross-ref]






© 2011 
Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.