Cancer de la prostate et modifications épigénétiques de l'ADN induites par l'alimentation : analyse globale du méthylome

25 novembre 2012

Auteurs : M. Adjakly, M. Ngollo, J.-P. Boiteux, Y.-J. Bignon, D. Bernard-Gallon, L. Guy
Référence : Prog Urol, 2012, 13, 22, 834-835




 



Objectifs.– De récentes études réalisées au laboratoire ont permis de mettre en évidence la capacité de la génistéine et de la daidzéine, deux phyto-œstrogènes du soja, à induire une réversion de l’hyperméthylation de certains oncosuppresseurs, hyperméthylation qui induit la répression de ces gènes. L’objectif de cette étude est d’évaluer l’impact des phyto-œstrogènes sur la méthylation de l’ADN d’abord sur un certain nombre de gènes puis au niveau de tout le méthylome (tous les îlots CpG du génome).


Méthodes.– Les lignées DU-145, PC-3 et LNCaP ont été traitées pendant 48H avec la généistéine, la daidzéine, 17-β oestradiol, la 5 azacytidine, un agent déméthylant et la budesonide, un agent méthylant, par comparaison avec des cellules témoins non traitées. L’étude de la méthylation se fait, en plaques de 96 puits contenant les primers des 24 promoteurs de gènes, grâce à la technique de Methyl-Profiler-DNA methylation (SABiosciences-Qiagen).


Résultat.– L’étude de quantification réalisée a permis de montrer une action déméthylante de la génistéine et de la daidzéine sur tous les oncosuppresseurs excepté ceux qui étaient non-méthylés dans cellules témoins. Le 17-β estradiol induit un effet déméthylant sur les oncossupresseurs méthylés équivalent à celui observé après traitement par la 5-azacytidine. Les effets du 17β-estradiol étant similaires à ceux observés avec la génistéine et la daidzéine, l’hypothèse d’une action sur la méthylation via les récepteurs aux oestrogènes notamment le RE β peut être émise. Nous menons actuellement une autre étude à grande échelle pour déterminer l’impact des phyto-œstrogènes sur la méthylation de tous les îlots CpG du génome humain grâce à la technique de la MeDIP–on–chips, l’immunoprécipitation de l’ADN méthylé, puis l’hybridation sur puces îlots CpG (244K).


Conclusion.– L’effet déméthylant de la génistéine et de la daidzéine ont été démontré grâce à cette étude que nous avons réalisé. Cet effet sur la méthylation serait probablement médiée par le REβ. L’étude à grande échelle menée actuellement nous permettra de mieux appréhender quels sont les complexes protéiques qui s’établissent au niveau des récepteurs aux œstrogènes pour relayer les actions des phyto-œstrogènes sur la méthylation de l’ADN dans les cellules tumorales humaines de prostate.






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Publié par Elsevier Masson SAS.