Biopsies prostatiques ciblées guidées par IRM dans le diagnostic du cancer de prostate : revue de la littérature

25 novembre 2012

Auteurs : G. Fiard, J.-L. Descotes, J.-J. Rambeaud, N. Hohn, J. Troccaz, J.-A. Long
Référence : Prog Urol, 2012, 15, 22, 903-912




 




Introduction


Le diagnostic du cancer de prostate repose sur une confirmation histologique par la réalisation de biopsies prostatiques. Le passage progressif à des protocoles de six, dix, puis 12 biopsies n’a pas permis une amélioration majeure de la sensibilité des biopsies prostatiques qui plafonne autour de 30 % [1, 2].


Depuis le début des années 2000, deux voies principales ont été explorées dans le but d’améliorer la rentabilité et la sensibilité des biopsies prostatiques :

améliorer l’échantillonnage en augmentant le nombre de biopsies et leur répartition dans la prostate : biopsies de saturation, biopsies par voie transpérinéale guidée par une grille [3] ;
améliorer le ciblage des biopsies en cherchant à prélever les zones cancéreuses potentielles.


En cas de deuxième série de biopsie, la rentabilité biopsique semble améliorée par la pratique d’une IRM multiparamétrique préalable. L’inconvénient est l’accessibilité à la machine ainsi que le coût engendré pour des résultats encore insuffisants pour le proposer comme un standard [4].


Cette approche ciblée pourrait pourtant permettre d’envisager de limiter le nombre de biopsies aux zones les plus susceptibles d’être cancéreuses et d’obtenir une cartographie précise du cancer, ouvrant la voie aux traitements focaux. Nous avons donc réalisé une revue de la littérature afin d’évaluer les techniques utilisées, les résultats et limites potentielles de ces biopsies prostatiques ciblées.


Matériel et méthodes


La recherche bibliographique a été réalisée sur Medline® avec les mots : targeted et prostate biopsy. Nous avons retenu les études prospectives ou rétrospectives décrivant et/ou évaluant une technique de ciblage, ainsi que les revues de la littérature sur le sujet. Nous avons étendu notre recherche de références similaires par la fonction related articles . Soixante-cinq abstracts ont été étudiés ainsi que 102 abstracts associés. Parmi ceux-ci 38 articles ont été lus et 27 ont été retenus. La recherche a été limitée aux publications de langue française et anglaise (Figure 1).


Figure 1
Figure 1. 

Méthodologie et sélection des articles.




Techniques utilisées


Guidage des biopsies par reconstruction mentale


Il s’agit de la technique la plus simple de guidage des biopsies puisqu’elle ne requiert aucun matériel spécifique. La reconstruction était entièrement mentale basée sur des repères anatomiques ou sur l’anatomie zonale de la prostate [4, 6, 5].


Guidage des biopsies en temps réel dans l’IRM


Réaliser des biopsies de prostate dans l’IRM pose plusieurs défis techniques. Le premier est celui de la compatibilité du matériel avec le champ électromagnétique de l’IRM (matériaux non magnétiques, non conductibles) afin de ne pas engendrer d’artéfacts dans les images et d’assurer la sécurité du patient. Le second est celui de l’accès au patient pour la réalisation du geste. Aisé dans une IRM ouverte à faible champ, il est beaucoup plus difficile dans les tunnels fermés des IRM à haute résolution 1,5 puis 3Tesla (T).


Biopsies manuelles


La première réalisation de biopsies prostatiques ciblées par voie périnéale chez un patient aux antécédents de coloproctectomie pour rectocolite hémorragique a été décrite en 2000 par D’Amico [7]. Les biopsies étaient réalisées dans une IRM ouverte, ne limitant pas l’accès au patient, mais offrant une faible résolution d’image.


Pour profiter de la résolution d’une IRM fermée 1,5T, Zangos et al. ont publié une série de 25 patients ayant eu des biopsies prostatiques ciblées sur des zones prédéfinies sur une IRM 1,5T, mais réalisées dans une IRM ouverte 0,2T par voie transglutéale [8]. Cette technique a permis un accès facile au patient mais la résolution d’image était limitée pendant la réalisation même des biopsies. Ces raisons ont amené progressivement au développement de technologies téléguidées puis robotisées pour permettre la réalisation des biopsies par voie transrectale dans une IRM 1,5 puis 3T avec une haute résolution.


Une première étude de faisabilité de biopsies ciblées dans une IRM fermée chez le chien a été présentée par Susil et al. en 2003 à l’aide d’un bras mécanique permettant la réalisation de biopsies transrectales par le biais d’une antenne endorectale dont la position et la trajectoire étaient repérées en IRM. La même équipe a par la suite développé un manipulateur téléguidé permettant le positionnement du guide de l’aiguille en regard de la zone à biopsier depuis l’extérieur de l’IRM [9].


Beyersdorff et al. ont décrit la réalisation de biopsies guidées chez 12 patients dans une IRM 1,5T en utilisant un bras prototype en polyoxométhylène mobilisé depuis l’extérieur de l’IRM grâce à une tige télescopique [10]. Le même matériel a été utilisé par Anastasiadis et al. qui ont décrit la réalisation de biopsies ciblées chez 27 patients dans une IRM fermée 1,5T [11]. Engelhard et al. ont décrit également la réalisation de biopsies transrectales sur le même principe chez 37 patients dans une IRM fermée 1,5T, en ajoutant une acquisition à aiguille déployée pour vérifier sa position dans la prostate [12].


Singh et al. ont publié la première série de biopsies prostatiques ciblées réalisées dans une IRM fermée 3T chez dix patients [13]. Hambrock et al. ont également décrit la réalisation de biopsies dans une IRM fermée 3T par voie transrectale chez 71 patients [14]. Les zones suspectes définies par une IRM multiparamétrique étaient transférées et fusionnées sur des images T2 permettant le guidage des biopsies grâce à un bras porte-pistolet à biopsie compatible avec le champ électromagnétique.


Ces différentes technologies nécessitaient la sortie du patient de l’IRM pour la réalisation de la biopsie [15].


Biopsies robotisées


Yakar et al. ont réalisé chez neuf patients une étude de faisabilité de biopsies ciblées transrectales guidées par une IRM 3T à l’aide d’un robot utilisant des actionneurs à air comprimé compatibles avec l’IRM [16]. Le robot positionnait l’aiguille mais le déclenchement de la biopsie restait réalisé à l’extérieur du tunnel IRM.


Les derniers développements visent donc à mettre au point des technologies robotisées permettant la réalisation intégrale des biopsies à l’intérieur du tunnel de l’IRM. Stoianovici et al. ont développé un moteur pneumatique entièrement compatible avec l’IRM appelé PneuStep, et des moteurs utilisant le champ magnétique de l’IRM comme force motrice. Le système MrBot est un système robotisé permettant une insertion entièrement automatisée d’aiguilles en utilisant le moteur PneuStep et un simple système a 4° de liberté par voie transpérinéale contrôlant le placement de l’aiguille [17] (Figure 2).


Figure 2
Figure 2. 

Robot de ponction prostatique sous IRM.




Technologies permettant a posteriori une fusion écho-IRM


Devant les limites de la réalisation des biopsies prostatiques ciblées dans l’IRM (durée, disponibilité de l’IRM, coût), des technologies ont été développées sur le même principe : utiliser des images IRM obtenues avant les biopsies et réaliser une fusion d’image permettant une superposition des images et le ciblage des zones suspectes. L’objectif était de profiter à la fois de la sensibilité, de la précision de l’IRM et de la simplicité, l’accessibilité et le faible coût de l’échographie endorectale.


Principes de la fusion


La fusion échographie-IRM consiste à mettre en correspondance des images entre deux modalités d’imagerie. Il est nécessaire pour cela de replacer les prostates dans le même référentiel. Cette fusion également appelée recalage peut être rigide si l’on part du principe qu’il n’y a pas de déformation entre les différentes modalités mises en correspondance ou élastique dans le cas contraire.


La fusion élastique est plus complexe que la fusion rigide, car elle prend en compte des déformations entre les modalités que l’on souhaite mettre en correspondance.


La seconde étape après la mise au point de la fusion écho-IRM est le repérage de la biopsie au sein de la prostate afin de définir sa position précisément et de vérifier que la cible est effectivement atteinte. Une première méthode consiste à repérer dans l’espace la sonde endorectale guidant la biopsie (suivi de la sonde), la seconde est de repérer la prostate et la position de l’aiguille au sein de l’image (tracking de la prostate).


Suivi de la sonde échographique



Recalage rigide


Kaplan et al. ont publié en 2002 la première description de biopsies ciblées a posteriori par fusion d’images échographiques 2D et IRM chez deux patients aux antécédents d’irradiation prostatique en récidive biochimique [18]. Six points repères étaient définis dans les deux modalités permettant à un logiciel de fusion de représenter une zone cible dans l’échographie à partie de données IRM. Les biopsies étaient ensuite guidées grâce à une grille par voie transpérinéale.


Singh et al. [19] ont décrit une technique de recalage manuel entre des images IRM T2 et échographiques 2D grâce à un logiciel de recalage. La superposition des deux modalités en temps réel était rendue possible par des capteurs mesurant le déplacement de la sonde d’échographie dans 6° de liberté. Le même principe avec recalage manuel a été utilisé par Xu et al., en ajoutant un algorithme de compensation de mouvement permettant de maintenir la qualité du recalage malgré les déplacements de la prostate [20].


Miyagawa et al. ont décrit et évalué chez 85 patients le Real-time Virtual Sonography system, permettant une fusion d’images IRM et échographiques 2D automatique [21]. Les mouvements de l’échographe étaient mesurés par un capteur électromagnétique et le recalage automatique réalisé grâce à la définition d’un point repère. Pinto et al. ont évalué chez 101 patients les résultats d’un système de guidage basé sur le même principe associant un recalage rigide automatique des images IRM et échographiques 2D à un repérage (tracking) de la sonde d’échographie dans l’espace par des capteurs électromagnétiques offrant un guidage de l’aiguille en temps réel [22].


Le système BiopSee® a été présenté par Hadaschik et al. puis évalué sur une série de 106 patients consécutifs [23]. Il a ajouté aux fonctionnalités précédentes (suivi en temps réel de l’aiguille vers la cible, fusion échographie 2D/IRM), la possibilité d’un planning préopératoire des biopsies en fonction de la localisation des zones cibles. Les biopsies étaient réalisées par voie transpérinéale, afin de limiter les déformations de la prostate induites par les mouvements de la sonde endorectale pendant la réalisation des biopsies.


Ces technologies ont l’avantage de permettre un suivi en temps réel de l’aiguille jusqu’à la cible prédéfinie. Elles ne tiennent pas compte des déformations de la prostate induites par la présence de la sonde d’échographie et la pression exercée par l’urologue, pouvant être à l’origine d’erreurs de ciblage.



Recalage élastique


Pour limiter les erreurs de ciblage liées à cette déformation, de nouveaux dispositifs ont été développés. Natarajan et al. ont publié une évaluation clinique chez 47 patients du dispositif Artemis®, ajoutant à la fusion échographie 2D-IRM un système de recalage élastique permettant de réduire les erreurs liées aux déformations de la prostate à condition que le patient soit parfaitement immobile [24]. Un bras porte-sonde d’échographie permettait le suivi en temps réel du trajet de l’aiguille lors du ciblage de la zone suspecte.


Tracking de la prostate


Ukimura et al. ont décrit récemment l’évaluation sur fantôme de l’Urostation® (Figure 3), un dispositif couplé à un échographe 3D offrant une fusion échographie-IRM avec estimation de la déformation induite par la sonde d’échographie permettant de s’affranchir des mouvements de la prostate et permettant un recalage élastique en temps réel, mais pas un suivi en temps réel du trajet de l’aiguille, remplacé par la possibilité de réaliser des biopsies virtuelles [25]. L’association du recalage élastique à un système de repérage de la prostate avec l’aiguille en place permet de s’affranchir de la déformation et du déplacement de l’organe lors de la biopsie. Cela permet une précision de ciblage maximale, au détriment de la possibilité de suivre l’aiguille en temps réel.


Figure 3
Figure 3. 

Fusion écho-IRM et superposition du trajet des biopsies avec un foyer tumoral identifié par IRM.




Résultats


Guidage des biopsies par reconstruction mentale


Plusieurs travaux décrivent les résultats de biopsies ciblées sur l’IRM au moyen d’une reconstruction mentale aidée par des repères anatomiques (base, apex, calcifications, cavités…). Haffner et al. ont ainsi comparé deux protocoles de biopsies, systématique étendu ou ciblé, lors d’une première série de biopsies, en ajoutant la notion de cancer significatif, concluant que seules 3,8 biopsies auraient été nécessaires chez seulement 63 % des patients pour éviter le surdiagnostic [4]. Rouvière et al. ont obtenu un taux de 53 % de biopsies positives sur des zones fortement suspectes définies d’après l’intégration des anomalies en séquences morphologiques et dynamiques [5]. Lee et al. ont mis en évidence un cancer cher 56 % des 87 patients inclus ayant tous également eu au moins une série de biopsies négatives [6].


Guidage des biopsies en temps réel dans l’IRM


Zangos et al. ont inclus 25 patients ayant des zones suspectes de malignité à l’IRM et pour deux tiers d’entre eux un antécédent de biopsie transrectale échoguidée négative [8]. Le PSA médian était à 11,8ng/mL, quatre biopsies ciblées exclusives ont été réalisées par voie transglutéale, avec un taux de détection de 40 % (durée médiane de 19minutes).


Beyersdorff et al. ont également inclus 12 patients aux antécédents de biopsies négatives avec une élévation du PSA médiane à 10ng/mL [10]. L’IRM mettait en évidence au moins une (moyenne 1,3) zone suspecte. Huit biopsies ont été réalisées par patient dans une IRM 1,5T avec 50 % de positivité des biopsies ciblées sur les zones hautement suspectes contre 7,4 % pour les biopsies dirigées sur le reste de la prostate. Un cancer a été détecté chez cinq patients sur 12, soit un taux de détection global de 42 %.


Anastasiadis et al. ont par la suite avec le même matériel réalisé des biopsies ciblées chez 27 patients ayant des lésions suspectes de malignité sur une IRM 1,5T [11]. Tous avaient déjà eu une première série de biopsies négative et un taux de PSA médian à 10,2ng/mL. Un nombre médian de cinq biopsies a été réalisé avec un taux de détection de 55,5 %.


Toujours dans une IRM 1,5T, Engelhard et al. ont réalisé des biopsies ciblées chez 37 patients, ayant eu une médiane de deux séries de biopsies négatives et un PSA moyen à 10,8ng/mL [12]. Le taux de détection des sept biopsies réalisées était de 38 %, pour une durée de réalisation moyenne de deux heures.


Chez les patients en première intention de biopsie, l’importance de la sélection des patients et le manque de spécificité des anomalies IRM sur une machine 3T chez les patients ayant un faible taux de PSA a été mise en évidence par Singh et al. [13]. Seulement deux cancers chez 13 patients ont été rapportés (taux de détection de 15 %, un cancer négligé par les biopsies ciblées). Le taux de PSA médian chez les patients inclus était de 4,9ng/mL.


L’étude d’Hambrock et al. a également évalué le résultat des biopsies ciblées sur une IRM 3T, mais en incluant des patients ayant eu une médiane de trois séries de biopsies négatives et un PSA médian à 13ng/mL [14]. Le taux de détection était alors de 59 %, avec 40 % des biopsies ciblées sur les zones hautement suspectes positives.


Yakar et al. ont rapporté un taux de détection assez proche à 56 % en réalisant les biopsies à l’aide d’une nouvelle technologie robotisée compatible IRM [16]. Les patients inclus avaient là aussi une médiane de trois séries de biopsies négatives antérieures et un PSA à 19,5ng/mL. La durée de réalisation des biopsies atteignait une médiane de 76,5minutes.


Une étude rétrospective a été publiée récemment par Hoeks et al. incluant 438 patients dont 265 patients avaient été biopsiés dans l’IRM après mise en évidence de zones suspectes sur une IRM 3T multiparamétrique [26]. Le taux de détection global chez ces 265 patients était de 41 %, avec un PSA médian à l’inclusion de 11,4ng/mL. L’élément intéressant chez ces malades ayant déjà bénéficié d’une première série de biopsie négative était que 63 % des zones suspectes s’étant révélées cancéreuses étaient situées au niveau de la zone de transition (Tableau 1).


Technologies permettant a posteriori une fusion écho-IRM


Miyagawa et al. ont décrit la réalisation de biopsies ciblées grâce à une technologie de fusion d’images échographie 2D/IRM chez 85 patients ayant eu au moins une série de biopsies négatives [21]. Le PSA médian était à 9,9ng/mL, il existait une médiane d’une cible par patient qui a été biopsiée à deux reprises en plus de dix autres biopsies randomisées. Le taux de positivité des biopsies ciblées était de 32 %, contre 9 % pour les autres biopsies, avec un taux de détection global de 61 %. La durée moyenne de la procédure était de 20–25minutes.


Selon le même principe, Pinto et al. ont réalisé des biopsies prostatiques ciblées chez 101 patients ayant un taux de PSA médian à 5,8ng/mL et une série de biopsies négative [22]. Une IRM 3T était réalisée pour définir les zones cibles, avec une moyenne de 2,6 cibles par patient. Dix-huit biopsies étaient réalisées par patient, pour un taux de détection global de cancer de 54,4 % (55/101 patients). Le taux de positivité des biopsies ciblées sur les zones les plus suspectes était de 53,8 %, contre 4,8 % pour les biopsies en zone peu ou non suspecte.


Le système BiopSee® a été évalué par Hadaschick et al. chez 106 patients ayant également une médiane d’une série de biopsies négatives. Le PSA médian était à 8ng/mL et 24 biopsies ont été réalisées par patient [23]. Le taux de détection global était de 59,4 %, le taux de positivité des biopsies ciblées sur les zones suspectes versus non suspectes était de 44 et 8,7 %, respectivement. La durée totale de la procédure était en moyenne de 30minutes.


Natarajan et al. ont décrit les résultats de biopsies prostatiques ciblées grâce à une IRM 3T chez 47 patients présentant une moyenne de 1,4 cibles par patient [24]. Le taux de détection global des 13 biopsies réalisées en moyenne était de 64 %. Le taux de positivité des biopsies ciblées était de 33 % pour les zones très suspectes, contre 7 % pour les autres. La durée totale était en moyenne de 20minutes (Tableau 2).


Les systèmes en cours de développement


Dernièrement, les études sur fantôme realisées par Long et al. ainsi que Hungr et al. ont rapporté une précision de ponction de l’ordre de 2mm obtenue par un robot couplant l’échographie 3D à un système robuste de suivi de l’organe et de recalage élastique de la prostate basé sur la forme [27, 28]. Ce système permettait également un recalage IRM-échographie.


Discussion


Le guidage des biopsies par reconstruction mentale a montré des résultats intéressants mais pose le problème du contrôle qualité de ces biopsies en l’absence de visualisation de la cartographie des biopsies et de la biopsie au sein de la cible. La transposition de ces résultats en dehors de quelques mains expertes est discutable, rendant probablement ces résultats peu reproductibles.


Les biopsies guidées en temps réel dans une IRM fermée 1,5 puis 3T ont de nombreux avantages. Le principal est la précision du ciblage, avec la possibilité de réaliser des images IRM à aiguille déployée pour vérifier la position de celle-ci au sein de la région suspecte. Elles sont réalisables sous anesthésie locale par voie transrectale et semblent bien tolérées [14, 26].


En revanche, plusieurs inconvénients mettent un frein à la diffusion de cette technique. Le premier concerne l’accessibilité à l’IRM, qui est d’autant plus difficile que la durée de la séance de biopsies est longue (45 à 120minutes) et vient se surajouter à la durée de l’IRM multiparamétrique préalable à partir de laquelle les cibles sont définies. Le coût de l’ensemble de la procédure est multiplié. La réalisation pratique des biopsies reste pour l’instant complexe à mettre en œuvre (positionnement et installation du patient ainsi que du dispositif de ciblage, sortie du patient pour le déclenchement et la récupération de chaque carotte biopsique). Cela nécessite la poursuite du développement de technologies robotisées, ou la commercialisation d’IRM ouvertes permettant une meilleure résolution [15, 16]. Enfin l’apprentissage de cette technique est pour l’instant réservé à quelques centres experts et elle ne peut être réalisée sans la présence d’un radiologue.


Le développement des technologies de fusion échographie-IRM permettant de cibler les zones suspectes prédéfinies à l’aide d’une IRM multiparamétrique a abouti à la commercialisation de plusieurs systèmes aboutis. Leurs avantages principaux sont leur accessibilité, une quasi absence de modification du protocole classique de biopsie et une durée de procédure à peine augmentée [23, 24]. L’apprentissage de cette technique est simple et rapide (moins d’une dizaine de cas) et accessible facilement à tout urologue sachant pratiquer des biopsies prostatiques écho-guidées [24]. Enfin, ces dispositifs proposent d’autres fonctionnalités intéressantes comme la possibilité de visualiser la répartition des biopsies dans le volume prostatique 3D, ou la fusion de deux séries de biopsies pour rebiopsier une zone spécifique ou au contraire atteindre les zones non ciblées par la première série [25].


La limite principale de cette technique de ciblage est le risque d’imprécision et l’absence de visualisation directe de l’aiguille dans la cible. Ce risque d’imprécision est limité par les améliorations du système de recalage permettant, d’une part, un suivi de la prostate et non pas de la position de la sonde d’échographie dans l’espace et offrant, d’autre part, un recalage élastique basé sur la forme et non sur des points repères permettant de s’affranchir de la déformation générée par la sonde d’échographie. Dans ces conditions, Ukimura et al. ont rapporté sur fantôme une précision de 2–3mm pour l’atteinte d’une zone cible de 0,5cm3 [25]. L’inconvénient de ce système qui gagne en précision est l’absence de suivi en temps réel du trajet de l’aiguille dans le volume prostatique qui nécessite de réaliser des biopsies virtuelles afin de pouvoir adapter précisément la trajectoire de l’aiguille dans la cible.


Les résultats de ces deux techniques en termes de taux de détection de cancer sont tout à fait prometteurs avec des taux dépassant les 50 % chez des patients ayant déjà eu au moins une à deux séries de biopsies négatives, alors que le taux de détection d’une deuxième série de biopsies classiques écho-guidées ne dépasse pas les 20 % [2]. Néanmoins les séries sont très hétérogènes en termes de PSA moyen, modalités de réalisation et d’interprétation de l’IRM, définition et nombre de cibles par patient, nombre de biopsies réalisées, rendant pour l’instant impossible la comparaison des différentes techniques entre elles et l’extrapolation des résultats. La mise en place de protocoles d’études multicentriques utilisant les scores d’interprétation IRM récemment décrits permettra peut-être de répondre à cette question [29].


Il est pour le moment difficile de recommander une IRM en première intention pour un guidage des biopsies en l’absence d’étude randomisée montrant un avantage en taux de détection. Il apparaît à l’heure actuelle que l’IRM a une meilleure sensibilité pour les grosses tumeurs, de score de Gleason élevé [30]. Dans ce cas, l’apport de l’IRM pourrait être de trier les cancers de prostate susceptibles d’évoluer et d’orienter dans le cas contraire les malades vers une surveillance active. Compte tenu des avancées rapides de mentalité dans le domaine, il est certain que les modalités de détection d’un cancer de prostate vont évoluer vers une meilleure sélection des patients. L’échantillonnage de la prostate sera alors un enjeu majeur, avec la perspective d’une modification radicale de notre stratégie de biopsie, passant d’une stratégie visant à couvrir au mieux le volume prostatique à une stratégie de ciblage d’une zone suspecte dans le but de détecter exclusivement des foyers tumoraux significatifs.


Conclusion


Deux axes principaux sont en plein développement avec des résultats prometteurs pour améliorer la spécificité des biopsies prostatiques dans le diagnostic du cancer de prostate : les biopsies prostatiques guidées par l’IRM réalisées dans une IRM fermée 1,5 puis 3T et la fusion d’images écho-IRM pour cibler des zones suspectes préalablement définies sur l’IRM.


L’hétérogénéité des populations étudiées, des protocoles de biopsies et de la définition des cibles IRM empêche pour l’instant une comparaison fiable des différentes techniques.


Déclaration d’intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de conflits d’intérêts en relation avec cet article.




Tableau 1 - Résultats des biopsies prostatiques guidées par l’IRM.
  Biopsies dans l’IRM 
  0,2T  1,5T 
3T 
  Zangos et al.  Beyersdorff et al.  Engelhard et al.  Anastasiadis et al.  Singh et al.  Hambrock et al.  Yakar et al.  Hoeks et al. 
Année  2004  2005  2005  2006  2007  2010  2011  2012 
 
Voie d’abord  Transglutéale  Transrectale  Transrectale  Transrectale  Transrectale  Transrectale  Transrectale Robotisée  Transrectale 
 
Détail IRM  1,5T avant biopsie +
Antenne endorectale
Ouverte 0,2T pour biopsie 
Fermée
Antenne endorectale 
Fermée
Antenne endorectale 
Fermée
Antenne endorectale 
Fermée
Antenne endorectale
Multiparamétrique 
Fermée
Antenne endorectale
Multiparamétrique 
Fermée
Pas d’antenne endorectale
Multiparamétrique 
Fermée
Pas d’antenne endorectale
Multiparamétrique 
 
Nombre de patients  25  12  37  27  13  71  438 (265 biopsiés) 
 
Nombre de biopsies antérieures  1 (0–1)a  1b  2 (1–4)a  1b  1 (1–4)a  3 (2–7)a  3 (1–4)a  2 (2–3)a 
 
PSA (ng/mL)  11,8 (4,8–28)a  10 (6–60)a  10,8 (4–48)b  10,2 (4,1–32,2)a  4,9 (1,3–12,3)a  13 (4–243)a  19,5 (10–26)a  11,4 (8,6–18,3)a 
 
Volume prostatique (mL)  38,8 (27,1–83,2)a  –  –  37,4 (18,6–135,5)a  –  48 (12–152)a  –  667 (50–93)a 
 
% IRM anormale  100 %  100 %  100 %  100 %  100 %  (70/71) 99 %  (10/12) 83 %  (358/438) 82 % 
 
Nombre de cibles par patient  1b  1,3b  –  –  1,1b  1,6b  15 (1–2)a  1,4b 
 
Nombre de biopsies par patient  3,8a  8b  7 (4–9)b  5 (2–8)a  10b  4 (2–7)a  3 (1–4)a  2,8b 
 
Nombre de biopsies ciblées par patient  3,8a  1,3b  –  5 (2–8)a  1,1b  4 (2–7)a  3 (1–4)a  2,8b 
 
% Biopsies ciblées positives (zones hautement suspectes)  –  (8/16) 50 %  –  (65/141) 46 %  (1/15) 6,7 %  (105/260) 40 %  (12/26) 46 %  – 
 
% Biopsies positives sur zones peu/non suspectes  –  (6/81) 7,4 %  –  –  (1/115) 0,9 %  –  –  – 
 
Taux détection cancer global  (10/25) 40 %  (5/12) 42 %  (14/37) 38 %  (15/27) 55,5 %  (2/13) 15 %  (40/68) 59 %  (5/9) 56 %  (108/265) 41 % 
 
Durée (min)  19,4 (13,5–35,3)a  55 (40–60)b  120 (90–150)b  60 (30–90)b  100 (80–185)a  30 (14–75)a  76,5 (45–105)a  44 (35–51)a 



[a] 
Médiane (intervalle).
[b] 
Moyenne (intervalle).


Tableau 2 - Résultats publiés de la fusion échographie-IRM.
  Fusion écho-IRM 
  1,5T  3T 
  Miyagawa et al.  Pinto et al.  Hadaschik et al.  Natarajan et al. 
Année  2010  2011  2011  2011 
 
Voie d’abord  Transrectale  Transrectale  Transpérinéale  Transrectale 
 
Détail
IRM 
Fermée
Pas d’antenne endorectale
Multiparamétrique 
Fermée
Antenne endorectale
Multiparamétrique 
Fermée
Pas d’antenne endorectale
Multiparamétrique 
Fermée
Pas d’antenne endorectale
Multiparamétrique 
 
Nombre de patients  85  101  106  47 
 
Nombre de biopsies antérieures  > 1  1 (0–1)  1 (0–1) 
 
PSA (ng/mL)  9,9 (4–34,2)a  5,8 (0,2–5,3)a  8 (0,5–441)a  – 
 
Volume prostatique (mL)  37,2 (18–141)a  –  47 (6–160)a  – 
 
% IRM anormale  100 %  100 %  (66/106) 62 %  100 % 
 
Nombre de cibles par patient  1 (1–2)a  2,6 (1–7)b  –  1,4b 
 
Nombre de biopsies par patient  12b  18b  24 (12–36)a  13b 
 
Nombre de biopsies ciblées par patient  2 (1–4)a  5,8b  –  1,4b 
 
% Biopsies ciblées positives (zones hautement suspectes)  (62/192) 32 %  53,8 %  (63/142) 44 %  (19/57) 33 % 
 
% Biopsies positives sur zones peu/non suspectes  (75/833) 9 %  4,8 %  (179/2051) 8,7 %  (9/124) 7 % 
 
Taux de détection cancer global  (52/85) 61 %  (55/101) 54,4 %  (63/106) 59,4 %  (30/47) 64 % 
 
Durée (min)  20–25  –  30  20 



[a] 
Médiane (intervalle).
[b] 
Moyenne (intervalle).


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