Bilan urodynamique et prolapsus

25 décembre 2009

Auteurs : J.-F. Hermieu
Référence : Prog Urol, 2009, 13, 19, 970-974

Les prolapsus genito-urinaires interagissent avec le fonctionnement vésicosphinctérien. À côté de la dysurie, l’incontinence urinaire d’effort est la principale anomalie constatée. Si l’examen physique permet normalement d’en faire le diagnostic, l’examen urodynamique reste le meilleur moyen d’analyser l’équilibre vésicosphinctérien dans son ensemble et de proposer ainsi la prise en charge la plus adaptée. Cependant, les conditions techniques de réalisation de l’examen urodynamique sont particulièrement importantes dans le contexte des prolapsus génito-urinaires et peuvent conduire à une difficulté d’interprétation des données. Au global, malgré toutes ces limites, nous considérons que l’examen urodynamique doit être réalisé avant toute prise en charge chirurgicale d’un prolapsus génito-urinaire.

   
 
 

 

 

Introduction

L'International Continence Society recommande d'effectuer un bilan urodynamique aux femmes présentant un prolapsus génital de grade supérieur ou égal à deux et candidates à la chirurgie. Le prolapsus génital est, en effet, à l'origine de modifications urodynamiques telles que bas débit mictionnel, résidu post-mictionnel, épreuve pression–débit en faveur d'une obstruction, hyperactivité détrusorienne, majoration de la pression de clôture maximale de l'urètre. Le bilan urodynamique a-t-il pourtant un intérêt diagnostique ou pronostique sur le fonctionnement vésicosphinctérien et oriente-t-il le traitement proposé ?

Si 20 à 40 % des patientes atteintes de prolapsus présentent une hyperactivité vésicale, celle-ci disparaît une fois sur deux après correction du prolapsus. Si 40 % des patientes présentant un prolapsus génital sévère ont un défaut de vidange vésicale, celui-ci disparaît près de trois fois sur quatre après correction du prolapsus.

Plus d'une patiente sur deux présentent une incontinence urinaire d'effort après réduction du prolapsus génital. Le débat, entre un traitement du prolapsus associant un geste urinaire ou un geste isolé sur le prolapsus avec réévaluation secondaire de la continence n'est pas tranché. Le traitement combiné limite le risque d'incontinence d'effort postopératoire mais augmente le risque de troubles mictionnels induit par le geste urinaire.

Dans toutes ces situations, les données du bilan urodynamique prises individuellement ne permettent pas une discrimination suffisante pour prédire les conséquences mictionnelles de la cure du prolapsus. Prises globalement, elles permettent, en revanche, une évaluation précise de l'équilibre vésicosphinctérien utile pour l'information de la future opérée sur les avantages et les inconvénients mictionnels possibles de la cure chirurgicale. En cas d'échec de l'intervention, le bilan urodynamique représente un document de référence particulièrement utile.

Onze pour cent des femmes atteignant l'âge de 80 ans risquent d'être opérées d'un prolapsus génital [1

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L'évaluation clinique d'un prolapsus génital est malheureusement particulièrement difficile du fait d'une mauvaise compréhension par les patientes de l'interrogatoire réalisé, d'un interrogatoire et d'un examen clinique souvent incomplet et trop rapide, de l'absence d'outils d'évaluation objectifs, reproductibles et aisés d'utilisation.

Fayad et al. [2

Cliquez ici pour aller à la section Références] estiment que seules 15 % des femmes ont une évaluation correcte de leur prolapsus. Les symptômes mal évalués concernent la qualité de vie (76 %), la sexualité (75 %), la sphère digestive (27 %), la sphère urinaire (12,5 %). Avant chirurgie, 30 % des femmes ont eu une mauvaise évaluation de leurs symptômes sexuels, 23 % de leurs symptômes digestifs, 22 % de leurs symptômes urinaires. L'évaluation anatomique du prolapsus était bonne pour 59 % des patientes avec erreur sur la sévérité du prolapsus pour 42 % des patientes, sur les compartiments touchés pour 29 %, sur ces deux éléments pour 29 %. Ces imprécisions ont conduit à une modification de l'intervention proposée pour 21 % des patientes.

Si la clinique est ainsi mise en défaut, le clinicien peut-il s'appuyer sur des examens complémentaires et, pour la sphère urinaire, sur le bilan urodynamique ?

Les recommandations de l'International Continence Society [3

Cliquez ici pour aller à la section Références] conseillent de faire un bilan urodynamique pour les femmes ayant un prolapsus de grade supérieur ou égal à deux et candidates à la chirurgie, avec l'objectif de détecter une incontinence urinaire d'effort clinique ou démasquer par la correction du prolapsus. D'autres éléments sont attendus comme la recherche d'une hyperactivité du détrusor, paramètre considérée comme contre-indication à la chirurgie ou tout au moins comme facteur de mauvais résultat opératoire, ainsi que la recherche d'un défaut de vidange vésicale (conséquence de l'obstruction et/ou d'un trouble de la contractilité vésicale).

 

Quelles sont les anomalies urodynamiques constatées chez les patientes présentant un prolapsus génital ?

Les femmes ayant un prolapsus génital ont plus volontiers des difficultés à vider leur vessie. Ainsi, il est constaté plus de bas débit, de résidu post-mictionnel, moins de débitmétrie normale chez des femmes ayant un prolapsus génital [4

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Cliquez ici pour aller à la section Références]. Les études pression–débit montrent une baisse du débit mictionnel et une élévation de la pression du détrusor au débit maximum témoignant de l'effet obstructif du prolapsus. Soixante pour cent des femmes ayant un prolapsus de degré supérieur ou égal à deux ont une obstruction en utilisant le nomogramme de Blaivas [6

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Concernant la phase de stockage, une perception plus précoce du besoin, une réduction de la capacité et de la compliance vésicale sont souvent observées [5

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Cliquez ici pour aller à la section Références]. Vingt pour cent à 40 % des femmes ayant un prolapsus génital présentent, sur le bilan urodynamique, des contractions non inhibées du détrusor témoignant d'une hyperactivité détrusorienne [4

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L'interprétation du Valsalva Leak Point Pressure (VLPP) est sujette à caution chez la patiente porteuse d'une cystocèle. En effet, l'effet pelote de la cystocèle peut conduire à un VLPP élevé, voire même conduire à un test faussement négatif alors qu'il existe une réelle insuffisance sphinctérienne [10

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La pression de clôture maximale de l'urètre, prolapsus extériorisé, est plus élevée chez les patientes présentant un prolapsus génital de stade IV. La réduction du prolapsus réduit la pression de clôture maximale de l'urètre mais pas l'activité électrique du sphincter strié témoignant de l'effet mécanique du prolapsus sur l'urètre [11

Cliquez ici pour aller à la section Références]. Cette réduction n'est cependant pas corrélée au degré du prolapsus [12

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D'autres auteurs rapportent des résultats contradictoires témoignant de l'hétérogénéité des séries et des difficultés des mesures urodynamiques dans cette population. Ainsi, Rosenzweig et al. [13

Cliquez ici pour aller à la section Références] comparant débitmétrie, cystomanométrie et profilométrie urétrale dans trois groupes de femmes ayant différents grades de cystocèle ne retrouvent aucune différence des phases de stockage et de miction, la seule différence significative portant sur la pression de clôture maximale de l'urètre.

 

Quelle est la valeur diagnostique du bilan urodynamique dans la recherche d'une incontinence urinaire d'effort ?

L'incontinence urinaire d'effort demeure un diagnostic clinique. Nul est besoin d'avoir recours à un bilan urodynamique pour la rechercher. Pourtant, il est habituel de profiter du bilan urodynamique pour rechercher une incontinence urinaire masquée.

La proportion de femmes présentant un prolapsus génital et décrivant une incontinence urinaire d'effort est variable selon les auteurs (3,7 à 40 %) [4

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Cliquez ici pour aller à la section Références]. Mais il est classique de dire que l'effet pelote du prolapsus génital masque, pour de nombreuses patientes, ces fuites à l'effort. Méconnaître ces fuites occultes conduit à un risque théorique de voir apparaître, à la suite de la cure du prolapsus, une incontinence urinaire. Cette incontinence masquée concernerait 31 à 68 % des patientes [4

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Cliquez ici pour aller à la section Références]. Cette incontinence sera dépistée à vessie pleine, prolapsus réduit en position couchée, assise et éventuellement debout. La détection de l'incontinence masquée n'est pas standardisée et est variable selon la méthode utilisée. La réduction du prolapsus par un pessaire démasque une incontinence urinaire pour 6 % des patientes. Cette méthode est peu fiable car le pessaire peut augmenter la pression de clôture maximale et la longueur fonctionnelle de l'urètre, réduisant parfois l'incontinence. Visco et al. ont étudié d'autres méthodes de réduction : la réduction manuelle du prolapsus démasque 16 % d'incontinence, le tampon 20 % et le spéculum 30 % [15

Cliquez ici pour aller à la section Références]. L'utilisation d'un spéculum surestime probablement ce taux car la traction exagérée sur la paroi vaginale postérieure peut déclencher une incontinence urinaire d'effort chez des femmes normales.

La recherche d'une incontinence masquée, lors du bilan urodynamique, est parfois mise en défaut du fait des conditions de l'examen. Vingt-cinq à 30 % des femmes se plaignant de fuites à l'effort ne présentent aucune fuite urinaire lors du bilan urodynamique [14

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Quels sont l'intérêt et la valeur pronostique du bilan urodynamique dans la recherche d'une incontinence urinaire d'effort ?

Sur le plan vésicosphinctérien, le principal risque est de voir persister ou apparaître une incontinence urinaire d'effort à la suite de la cure du prolapsus génital.

Plusieurs situations sont à envisager. Le risque de réintervention pour incontinence urinaire d'effort chez des femmes ayant ni incontinence urinaire d'effort clinique, ni incontinence masquée est faible de l'ordre de 8,3 %. L'absence d'incontinence urinaire masquée lors du bilan urodynamique est également un facteur de bon pronostic de la continence postopératoire. À l'inverse, si une incontinence urinaire d'effort est constatée, le risque réintervention pour fuites urinaires postopératoires passe à 30 % [19

Cliquez ici pour aller à la section Références]. Roovers et al. [20

Cliquez ici pour aller à la section Références] rapportent des chiffres bien différents, considérant que seules 7 % des patientes opérées de prolapsus isolé vont développer une incontinence urinaire d'effort après l'intervention.

La prise en charge chirurgicale du prolapsus génital associée à une incontinence urinaire d'effort n'est pas standardisée et fait l'objet de vives polémiques. Deux attitudes sont habituellement proposées : associer systématiquement un geste urinaire à la cure du prolapsus ou traiter le prolapsus et réévaluer secondairement la continence urinaire. L'association systématique peut conduire à surtraiter des patientes et à les exposer aux complications éventuelles du geste urinaire (dysurie, urgenturie de novo...). Ne pas associer de geste urinaire fait prendre le risque de revoir une patiente satisfaite de la cure de son prolapsus mais déçue de fuites urinaires postopératoires. Plusieurs études viennent étayer ces deux attitudes.

Pour Klutke et Ramos [21

Cliquez ici pour aller à la section Références], le risque d'impériosités de novo est de 30 % en cas de traitements combinés et de 5 % en cas de cure isolé du prolapsus génital. Pour Liang et al. [22

Cliquez ici pour aller à la section Références], l'association TVT – cure de prolapsus conduit à seulement 9 % d'incontinence urinaire d'effort postopératoire mais à 16 % d'impériosités de novo, chiffres à comparer à la cure isolé du prolapsus (respectivement 65 et 6 %). De Tayrac et al. [23

Cliquez ici pour aller à la section Références] rapportent 0 % d'incontinence urinaire d'effort postopératoire lors d'un traitement combiné mais 27 % d'anomalie de fonctionnement vésical contre 12 et 0 % en cas de cure isolé du prolapsus. Il est clair que la chirurgie combinée réduit le risque d'incontinence urinaire d'effort postopératoire mais augmente très significativement le risque d'impériosités de novo dont le retentissement sur la qualité de vie est beaucoup plus péjoratif.

C'est dire l'importance des informations apportées à la patiente pour réaliser un consentement le plus éclairé possible entre les avantages et les inconvénients de ces deux attitudes.

Malheureusement, le bilan urodynamique est d'une aide modeste pour aider à la décision. Roovers et al. reprenant l'ensemble des données apportées par le bilan urodynamique, considère qu'aucun élément n'est prédictif du risque d'incontinence postopératoire [20

Cliquez ici pour aller à la section Références]. Cette affirmation est probablement trop tranchée, le bilan urodynamique ne pouvant être considéré comme une succession de chiffres pris individuellement mais plutôt comme une expertise de l'équilibre vésicosphinctérien. Dans certaines situations comme la femme âgée suspecte de faible contractilité vésicale ou en présence d'une hyperactivité détrusorienne à hautes pressions, les données urodynamiques orienteront plutôt vers une correction isolée du prolapsus avec réévaluation de la continence en postopératoire. Le risque d'incontinence d'effort postopératoire paraît effectivement dans ces situations plus faibles que celui de rétention postopératoire ou d'aggravation d'urgenturies. Il en est de même chez des patientes associant d'autres pathologies pouvant retentir sur le fonctionnement vésicosphinctérien. Enfin, la constatation d'une pression maximale de l'urètre basse associée à une incontinence urinaire masquée sera un argument pour associer un geste urinaire à la cure du prolapsus. Ici encore, le bilan urodynamique permet d'informer la patiente sur son fonctionnement vésicosphinctérien et représente un document de référence en cas d'échec postopératoire.

 

Quelle est la valeur diagnostique du bilan urodynamique dans la recherche d'une hyperactivité détrusorienne ?

La valeur diagnostique du bilan urodynamique pour le diagnostic d'hyperactivité détrusorienne est limitée. Chez 50 % des femmes ayant des signes cliniques d'hyperactivité vésicale, il n'est pas retrouvé d'hyperactivité détrusorienne [9

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Cliquez ici pour aller à la section Références]. Pour Rosenzweig et al. [9

Cliquez ici pour aller à la section Références], 41 % des femmes ayant un prolapsus génital ont des signes cliniques d'hyperactivité vésicale dont seulement 56 % ont une hyperactivité détrusorienne. Cette constatation est encore plus marquée chez Coates et al. [4

Cliquez ici pour aller à la section Références] qui constatent que 79 % des femmes ayant un prolapsus génital ont des urgenturies (63 % des urgenturies avec fuites) et seulement 16 % une hyperactivité détrusorienne. Par ailleurs, une hyperactivité détrusorienne est parfois retrouvée chez des femmes n'ayant pas d'hyperactivité vésicale clinique [25

Cliquez ici pour aller à la section Références], celle-ci étant vraisemblablement générée par les conditions de l'examen.

Une étude montre une corrélation entre grade de cystocèle et hyperactivité détrusorienne (20 % d'hyperactivité si cystocèle de stade I ou II, 52 % si cystocèle de stade III ou IV) mais la réduction du prolapsus lors du bilan urodynamique ne fait pas disparaître cette hyperactivité [26

Cliquez ici pour aller à la section Références].

 

Quels sont l'intérêt et la valeur pronostique du bilan urodynamique dans la recherche d'une hyperactivité détrusorienne ?

Il est habituel de considérer que l'hyperactivité du détrusor est une contre-indication à la chirurgie de l'incontinence urinaire d'effort ou au moins un facteur de mauvais résultat. Aucune étude ne vient étayer cette affirmation à propos de la chirurgie du prolapsus génital. Bien au contraire, la cystocèle est souvent mise en cause dans la physiopathologie de l'hyperactivité détrusorienne par la descente du trigone qu'elle entraîne et par l'obstruction urétrale qu'elle génère du fait de son effet pelote [24

Cliquez ici pour aller à la section Références].

La cure de cystocèle de degré supérieur ou égal à deux améliore la pollakiurie pour 60 % des patientes, l'urgenturie pour 70 %, la fuite par urgenturie pour 82 % et fait disparaître l'hyperactivité du détrusor pour une patiente sur deux [24

Cliquez ici pour aller à la section Références]. L'intérêt de la cure du prolapsus génital pour améliorer les signes irritatifs vésicaux semble donc évident sans que le bilan urodynamique n'apporte de données pronostiques supplémentaires.

 

Quels sont l'intérêt et la valeur pronostique du bilan urodynamique dans la recherche d'un obstacle à l'évacuation des urines ?

La réalisation de débitmétrie ou d'études pression–débit chez la femme présentant un prolapsus génital se heurte à d'importantes difficultés non résolues à ce jour. Faut-il réaliser la mesure prolapsus réduit ou extériorisé ? Comment réduire le prolapsus sans modifier les paramètres urodynamiques ? Faut-il faire des mesures simultanées du débit maximum et de la pression mictionnelle ou des mesures différées ? En cas de mesures simultanées, quel est l'impact de la sonde urétrale sur la mesure ? Sur le plan pratique, comment maintenir le prolapsus et la sonde urétrale pendant la phase mictionnelle ? Quelle définition de l'obstruction retenir chez la femme ? Pour toutes ces raisons, le diagnostic d'obstruction porté par une étude–pression débit est très délicat chez la femme présentant un prolapsus génital [6

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Quoiqu'il en soit, Mueller et al. rapportent que 40 % des femmes présentant un prolapsus de degré trois ou quatre ont des critères d'obstruction prolapsus extériorisé, ce taux chutant à 17 % prolapsus réduit [11

Cliquez ici pour aller à la section Références]. Pour Chaikin et al. [16

Cliquez ici pour aller à la section Références], ce taux est de 75 %, l'obstruction disparaissant toujours si le prolapsus est réduit. Pour Romanzi et al. [12

Cliquez ici pour aller à la section Références], l'obstruction concerne 4 % des femmes présentant une cystocèle de degré un ou deux et 58 % des femmes présentant une cystocèle de degré trois ou quatre. Cette obstruction disparaît pour 94 % des patientes après réduction de la cystocèle. Cet auteur ne trouve aucune différence de contractilité vésicale qu'il s'agisse d'une cystocèle de bas ou haut grade.

Ainsi, l'intérêt de rechercher par un examen urodynamique un obstacle à l'évacuation des urines chez une femme présentant un prolapsus génital paraît peu rentable dans la mesure où la correction du prolapsus génital fait disparaître le plus souvent cet obstacle. Quant à la recherche d'une hypocontractilité vésicale, prolapsus réduit, pour évaluer le risque de rétention postopératoire, cette mesure paraît techniquement suffisamment aléatoire pour être prise en compte.

 

Faut-il réaliser un bilan urodynamique avant d'opérer un prolapsus génital ?

Si l'International Continence Society recommande le bilan urodynamique avant tout traitement chirurgical d'un prolapsus génital de degré supérieur ou égal à deux, cet avis ne semble pas consensuel. Rosenzweig et al. [13

Cliquez ici pour aller à la section Références] recommandent le bilan urodynamique car il estime que les symptômes cliniques ne peuvent préjuger des anomalies urodynamiques. Roovers et Oelke estiment, au contraire, que le bilan urodynamique ne permet de prédire ni le risque d'incontinence urinaire d'effort, ni le risque d'impériosités postopératoires [14

Cliquez ici pour aller à la section Références].

En l'absence de tout signe urinaire spontané ou masqué, le bilan urodynamique paraît inutile. Dans les autres cas, le bilan urodynamique participera à l'évaluation vésicosphinctérienne en se souvenant qu'une dysurie ou une hyperactivité détrusorienne liée à un prolapsus disparaissent souvent après réduction de ce prolapsus et que le bilan urodynamique ne peut à lui seul prédire le risque d'incontinence urinaire d'effort postopératoire.

En conclusion, la réalisation et l'interprétation du bilan urodynamique est particulièrement difficile lorsqu'il existe un prolapsus génital. Ce dernier entraîne souvent, par effet pelote, une difficulté de vidange vésicale et une élévation des pressions urétrales. Même si aucune donnée urodynamique prise individuellement ne présente un intérêt diagnostique ou pronostique certain, le bilan urodynamique permet d'évaluer l'équilibre vésicosphinctérien et d'orienter la décision d'associer ou non un geste urinaire à la cure du prolapsus et d'en prévoir les conséquences. En outre, le bilan permet d'informer la patiente sur son fonctionnement vésicosphinctérien et représente un document de référence en cas d'échec de l'intervention.

   

 

 
 
 

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