Auto-évaluation de professionnels de santé concernant la prise en charge des patient.e.s transgenres

05 novembre 2020

Auteurs : L. Freton, Z. Khene, J. Hascoet, Q. Alimi, G. Verhoest, R. Mathieu, A. Manunta, E. Duval, L. Vassal, N. Berteuil, C. Ravel, A. Guénégo, K. Bensalah, B. Peyronnet
Référence : Prog Urol, 2020, 13, 30, 737
Objectifs

Les personnes trans sont moins bien prises en charge par la communauté médicale que la population cisgenre probablement à cause d’un manque de connaissance, d’enseignement et de confort de la part des professionnels de santé. Le but de cette étude était d’évaluer les connaissances et le confort ressentis par les professionnels de santé dans la prise en charge des personnes transgenres dans un CHU français.

Méthodes

Un auto-questionnaire a été envoyé par mail à des professionnels de santé travaillant dans des services habituellement impliqués dans la prise en charge de personnes transgenres dans un CHU français « non spécialisé » dans la transition hormono-chirurgicale trans. Le questionnaire portait sur des questions démographiques et sur des échelles de Likert concernant leur connaissance et leur confort ressentis. Les réponses des échelles de Likert de 7 degrés étaient réparties selon des groupes « faible », « moyen » et « élevé » et celles de 5 degrés étaient réparties selon des groupes « en faveur », « neutre » et « en défaveur ».

Résultats

Quatre-vingt-huit (25 %) professionnels ont répondu au questionnaire. La moitié travaillaient en chirurgie (urologie, chirurgie plastique, gynécologie), 25 % travaillaient en médecine (endocrinologie, PMA, cytogénétique) et 25 % travaillaient en psychiatrie. Soixante et un pour cent évaluaient leurs connaissances comme « faible », 39 % comme « moyen ». Dix-sept pour cent évaluaient leur niveau de confort comme « faible », 70,5 % comme « moyen » et 12,5 % comme « élevé ».

Une majorité (78,4 %) étaient en faveur d’une prise en charge par la sécurité sociale de la transition hormonale, chirurgicale ou d’un soutien psychologique, 14,9 % étaient neutres et 6,7 % étaient en défaveur. Les sentiments concernant la transition hormono-chirurgicale étaient très majoritairement (≥95 %) en faveur ou neutre. Quatre-vingt-douze pour cent souhaitaient plus de formation (Fig. 1, Fig. 2, Fig. 3).

Conclusion

Le manque de confort des professionnels de santé dans la prise en charge des personnes transgenres semble être en rapport avec un manque de connaissance et de formation et non pas avec un désaccord concernant la nécessité de l’offre de soins aux personnes transgenres.




 




Fig. 1
Fig. 1. 

Niveau de connaissance.




Fig. 2
Fig. 2. 

Confort.




Fig. 3
Fig. 3. 

Remboursement sécurité sociale.





Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.






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Publié par Elsevier Masson SAS.