Approche globale des douleurs pelvipérinéales chroniques : du concept de douleur d'organe à celui de dysfonctionnement des systèmes de régulation de la douleur viscérale

25 novembre 2010

Auteurs : J.-J. Labat, T. Riant, D. Delavierre, L. Sibert, A. Watier, J. Rigaud
Référence : Prog Urol, 2010, 12, 20, 1027-1034

Objectif

Démembrer les douleurs pelvipérinéales complexes et proposer un schéma de prise en charge adapté aux symptômes.

Matériel et méthodes

Analyse de la littérature consacrée aux différentes douleurs pelviennes fonctionnelles.

Résultats

On retrouve une fréquence élevée d’associations des pathologies douloureuses pelviennes entre elles ; syndrome douloureux de la vessie (cystite interstitielle), syndrome de l’intestin irritable, douleurs de l’endométriose, vulvodynie, syndrome douloureux pelvien chronique (prostatite chronique). Les douleurs pelviennes sont souvent associées aux pathologies douloureuses type fibromyalgie ou syndrome douloureux régional complexe (algodystrophie). Les mécanismes physiopathologiques impliquées dans ces pathologies sont toutes très proches évoquant un élément déclenchant, une inflammation neurogène, des réponses réflexes musculaires et végétatives, une hypersensibilisation centrale, des réactions émotionnelles et des conséquences bio-psychosociales.

Discussion

Le concept de douleur viscérale évolue et devant des douleurs pelviennes complexes, de façon pragmatique, on peut isoler des composantes d’ordre neuropathique, des composantes de syndrome douloureux régional complexe, des composantes d’hypersensibilisation, des composantes émotionnelles proches d’un syndrome de stress post-traumatique.

Conclusions

Quand on ne peut expliquer la douleur par une pathologie de l’organe, il faut considérer que la douleur s’exprime à travers l’organe. La douleur pelvipérinéale chronique peut s’autonomiser, un démembrement de ses mécanismes permettra d’envisager des propositions thérapeutiques personnalisées.

   
 
 

 

 

Introduction

Les douleurs pelvipérinéales chroniques sont caractérisées par leur chronicité (plus de six mois), l'absence de pathologie maligne et leur topographie : le pelvis, d'une part, le périnée, d'autre part (sous les élévateurs de l'anus) avec des délimitations parfois floues justifiant le concept de douleurs pelvipérinéales chroniques.

Elles concernent plusieurs spécialités d'organes : urologie, gynécologie, gastro-entérologie mais sont souvent désespérantes du fait de l'importante dissociation entre la riche plainte fonctionnelle et l'absence de facteurs lésionnels susceptibles de les justifier.

Pendant très longtemps, l'approche a été celle d'une pathologie d'organe, notamment d'ordre infectieuse ou inflammatoire. L'idée d'un concept plus global, de « douleurs fonctionnelles » est récente et va nécessiter un regard différent, transdisciplinaire qui est celui de la douleur chronique dans ses différentes dimensions.

 

Des associations de pathologies

Cinquante-deux pour cent des patients se plaignant de douleurs pelviennes ont une douleur isolée mais 24 % ont également un syndrome du colon irritable et 9 % ont un syndrome pollakiurie-urgence mictionnelle, 15 % ont les trois symptômes associés [1

Cliquez ici pour aller à la section Références]. Les associations sont très fréquentes entre toutes ces pathologies douloureuses (cystites interstitielles, vestibulodynies, syndrome du colon irritable, douleurs pelviennes et fibromyalgie) [2

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Elles sont également très souvent associées à des douleurs myofasciales [9

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Cliquez ici pour aller à la section Références]. Ces douleurs myofasciales seraient présentes chez 15 % des patientes porteuses de douleurs pelviennes chroniques [14

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Des points communs

Ces douleurs ont de nombreux points communs :

l'allodynie témoin de l'importance de l'hypersensibilisation muqueuse, viscérale (intolérance au remplissage vésical, à la distension rectale), pariétale [15], musculaire [16]), voire osseuse ;
la notion d'un élément initial déclenchant (infectieux ou traumatique) mais ayant disparu ;
on retrouve des terrains favorisants l'expression de la douleur : fibromyalgie, syndrome de fatigue chronique, migraines, antécédents de syndromes douloureux régional complexe, anxiété, dépression ou antécédents d'abus physiques ou sexuels [17, 18, 19], antécédents de chirurgies pelviennes itératives [20] ;
ces pathologies surviennent chez des patients proches en termes de sexe (féminin), d'âge, de race [21] évoquant des facteurs génotypiques favorisants [22].

 

Des hypothèses physiopathologiques proches

Les mêmes hypothèses infectieuses, inflammatoires, auto-immune, de dysrégulation sympathique ont été évoquées comme participant à leur mécanismes physiopathologiques. Un schéma physiopathologique, basé sur les connaissances neurophysiopathologiques peut être proposé (Figure 1).

 
Figure 1
Figure 1. 

Physiopathologie de l'hypersensibilisation globale.

Un élément nociceptif initial (1) (infectieux, opératoire, traumatique) entraîne une réaction locale avec sécrétion de substances algogènes. Celles-ci vont activer les terminaisons des fibres afférentes nociceptives et favoriser une cascade d'évènements qui favorise l'apparition d'une inflammation neurogène, notamment par la libération antidromique de substance P et l'activation mastocytaire (2). Le bombardement d'influx afférents (3) au niveau des cornes postérieures de la moelle favorise une diminution des seuils douloureux, une excitabilité cellulaire et la diffusion des messages de façon extensive. Cette diffusion se fait vers les structures cutanées expliquant l'hyperalgésie cutanée pariétale et de façon réflexe, d'une part, vers les structures musculaires (4) participant aux douleurs myofasciales, d'autre part, vers les viscères de voisinage (5) expliquant la diffusion de l'hyperalgésie viscérale. Des anomalies du système nerveux périphérique et central ont été mises en relation avec le facteur de croissance neuronale (nerve growth factor [NGF]), qui pourrait accroître le nombre et l'excitabilité des nocicepteurs à l'étage pelvien, le tout participe à l'hyperalgésie. Le NGF aurait un rôle important dans l'entretien du processus d'inflammation neurogène et de la sensibilisation centrale. Le développement de l'hypersensibilisation centrale (6) et les modifications neuronales induites par la neuroplasticité vont inscrire la douleur dans la mémoire neurologique de l'individu expliquant son caractère rebelle. L'intégration corticale de certaines informations nociceptives sensorielles périphériques pourrait être perturbé. Un surplus, non-contrôlé d'informations nociceptives afférentes au niveau des noyaux du tronc cérébral, pourrait amener une perte de contrôle et de modulation des activités des organes pelviens. Ces phénomènes chroniques participent également à des modifications au niveau cortical témoignant de la neuroplasticité supraspinale. Les données actuelles du PET-scan et de l'IRM fonctionnelle révèlent ces perturbations des réponses corticales à la douleur chez ces patients [23

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Tous ces éléments sont ceux de la pathologie de la nociception qui vont conduire à une expression douloureuse éminemment variable en fonction de l'individu, de ses aptitudes à mettre ou à ne pas mettre en route tous les processus corticaux d'inhibition de la douleur.

Ces données sont directement applicables à l'approche clinique de ces patients présentant des douleurs multiples et particulièrement déroutantes afin d'éviter la pérennisation de ces boucles d'autoentretien de la douleur [24

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Cliquez ici pour aller à la section Références] : rechercher un élément déclenchant, un terrain favorisant, des réactions réflexes dans le système somatique, des réactions réflexes dans le système végétatif, dépister des anomalies neurologiques sous jacentes dans les territoires sacrés ou thoracolombaire favorisant la survenue d'un dysfonctionnement sympathique, éviter de pérenniser la douleur par des gestes intempestifs, identifier des facteurs d'hypersensibilisation centrale et évaluer la dimension psychocomportementale. La prise en charge thérapeutique découlera de cette évaluation et pourra inciter à proposer des traitements kinésithérapiques, des infiltrations des structures neurologiques, des traitements de l'hypersensibilisation centrale à mettre en route dans le cadre d'une prise en charge algologique spécialisée...

 

Approche pragmatique d'un problème complexe

Les douleurs pelvipérinéales chroniques sont un véritable challenge pour qui s'intéresse à la pelvipérinéologie. Ces patient(e)s sont pris en charge par des spécialistes d'organes (urologues, gynécologues, gastro-entérologues...) mais souvent n'ont pas (ou n'ont plus) de pathologie d'organe. C'est cette discordance entre des douleurs invalidantes chroniques (c'est-à-dire évoluant depuis plus de six mois) et le peu d'anomalies objectivables aux examens complémentaires (imageries, endoscopies ou cœlioscopies) qui est particulièrement déroutante. Comment aborder de type de patient(e) ?

La douleur pelvienne chronique a des caractéristiques qui permettent de tisser des liens avec d'autres pathologies douloureuses extrapelviennes. Ces liens peuvent être argumentés et surtout permettre de proposer des schémas physiopathologiques et thérapeutiques déjà expérimentés dans d'autres domaines.

Quels sont ces champs, ces domaines applicables à la douleur pelvienne chronique et sur quels arguments peut-on s'appuyer pour élaborer un concept multifactoriel global permettant de penser que ces douleurs ne sont plus des pathologies d'organe mais des pathologies de la régulation des messages douloureux du pelvis et du périnée ?

Les douleurs neuropathiques, la fibromyalgie, le syndrome douloureux régional complexe (SDRC ex-algodystrophie, ex-dystrophie sympathique), le syndrome de stress post-traumatique (PTSD) sont des modèles possibles applicables aux douleurs pelviennes.

Le but de cette attitude est moins d'afficher une vue dogmatique visant à prouver que toutes les douleurs pelvipérinéales chroniques sont des SDRC, des fibromyalgies ou des douleurs neuropathiques, mais bien d'établir un modèle thérapeutique pragmatique utilisant les connaissances de chaque cadre nosologique. Cette approche devrait permettre de sortir d'une impasse fréquente basée sur le tout organe ou le tout psychologique. Cela nécessite d'appréhender les points communs entre ces cadres nosologiques, mais aussi leurs différences afin de les aborder avec un regard différent.

 

La douleur pelvienne versus douleur neuropathique

Certaines douleurs pelvipérinéales sont d'authentiques douleurs neuropathiques non-reconnues [27

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D'autres douleurs échappent à la systématisation neurologique mais ont des caractéristiques de douleurs neuropathiques comme la brûlure, les paresthésies, les décharges électriques ou l'allodynie. Les médicaments de la douleur nociceptives (notamment morphiniques) sont rarement efficaces dans les douleurs pelvipérinéales chroniques, alors que les médicaments de la douleur neuropathiques (antiépileptiques, antidépresseurs) sont souvent proposés (hors AMM). Chacun connaît les limites des traitements que l'on peut proposer dans ces deux contextes et l'attitude nécessairement prudente du thérapeute vis-à-vis des espoirs générés par les traitements qu'il propose.

 

Douleur pelvienne versus hypersensibilisation type fibromyalgique

Les patientes porteuses de douleurs pelviennes chroniques de cause connue (ex-endométriose) ou inconnue, ont très souvent une hyperpathie ou de véritables points gâchettes retrouvés au niveau des muscles de la paroi abdominale, du périnée ou de la partie profonde des fesses. Ces douleurs sont le témoin d'un syndrome myofascial régional [28

Cliquez ici pour aller à la section Références] mais s'intègrent souvent dans le cadre de douleurs diffuses avec des points gâchettes extrapelviens évoquant un syndrome d'hypersensibilité type fibromyalgique [29

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Comprendre la fibromyalgie

La fibromyalgie est un « modèle » de douleur chronique. Le système de contrôle inhibiteur diffus de la nociception (DNIC) est un système descendant inhibiteur qui est défaillant chez le sujet fibromyalgique expliquant son inaptitude à s'adapter aux situations algogènes [30

Cliquez ici pour aller à la section Références]. Ce déficit du système de freinage n'est pas une caractéristique de toutes les douleurs chroniques, mais seulement de certaines d'entre elles. On le retrouve dans les céphalées de tension, dans la névralgie du trijumeau, dans le syndrome du côlon irritable, mais pas dans les douleurs lombaires, par exemple.

Ce système inhibiteur de la douleur est sous influence corticale expliquant un effet subjectif très important dans la régulation de la douleur. Les troubles du sommeil (une des caractéristiques de la fibromyalgie) interfèrent également avec ce système. Traiter les troubles du sommeil améliore les syndromes douloureux [31

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L'excès de stimulations nociceptives dans le très bas âge favorise l'absence de développement du système inhibiteur. Ainsi, à l'adolescence, on retrouve deux fois plus de points de sensibilité chez des enfants nés prématurément que chez des enfants nés à terme [32

Cliquez ici pour aller à la section Références]. Ces enfants ne sont pas forcément des douloureux mais sont plus à risque de le devenir quand ils seront exposés aux stimulis nociceptifs. Ce peut être une explication, dans les douleurs pelviennes chroniques, à la fréquence des antécédents de traumatisme physique ou psychologique de l'enfance (notamment des abus sexuels).

Il y a autant de garçons que de filles en bas âge qui naissent prématurément alors qu'il y a plus de douleurs chroniques chez la femme, d'ou l'importance probable d'un rôle hormonal . En phase menstruelle et lutéale, le système inhibiteur fonctionne à 50 %, alors qu'en phase ovulatoire, il est de même efficacité que celui des hommes [33

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Il y a peut-être une prédisposition génétique au développement de douleurs diffuses chroniques en rapport avec le codage des systèmes dopaminergiques, sérotoninergiques et catécholaminergiques dont le polymorphisme influence les contrôles inhibiteurs [34

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Les patients uniquement dépressifs n'ont pas de baisse significative du système inhibiteur descendant. Il y a des fibromyalgiques dépressifs mais pas forcément tous. La fibromyalgie n'est pas une dépression masquée et les dépressifs n'ont pas spécifiquement d'altération de leur système inhibiteur descendant. Cependant, la dépression survenant chez le patient fibromyalgique majore son inaptitude à inhiber la douleur [35

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Ainsi, on peut considérer qu'il y a des facteurs de risque au développement d'une douleur chronique, ces facteurs sont responsables d'une altération du système inhibiteur descendant :

prédisposition génétique ;
histoire familiale ;
épisodes de stress ou d'événements traumatiques survenant tôt dans la vie ;
facteurs hormonaux ;
facteurs cognitifs ;
éléments dépressifs ;
âge.

La prise en charge thérapeutique de la fibromyalgie doit donc tenir compte de ses différentes caractéristiques avec :

une composante d'hypersensibilisation centrale dont témoigne l'allodynie et l'hyperalgésie ;
un déficit du contrôle inhibiteur endogène de la douleur soumis à de grandes variabilités interindividuelles ;
des sous-groupes individualisés par l'existence ou non d'une dépression ;
des caractéristiques neurogènes.

 
Fibromyalgie pelvienne ?

De nombreuses douleurs pelviennes sont le témoin d'une hypersensibilisation « viscérale ». C'est la caractéristique principale du syndrome douloureux de la vessie, du syndrome de l'intestin irritable ou des vestibulodynies provoquées. Peu importe de savoir si cette hypersensibilisation est la conséquence du caractère chronique de la douleur ou sa cause, c'est un facteur d'amplificateur de la douleur qu'il faut prendre en compte.

Le modèle de la fibromyalgie préconisant une prise en charge globale, plurifocale, trouvant un équilibre entre reconnaissance de la souffrance, gestes invasifs, médicaments (type kétamine), régime alimentaire (pauvre en polyamine) [36

Cliquez ici pour aller à la section Références], réadaptation aux efforts, amélioration de la capacité de repos, pourrait permettre un rationnel thérapeutique.

 

Douleur pelvienne versus syndrome douloureux régional complexe

 
Comprendre le syndrome douloureux régional complexe

La coexistence d'un dysfonctionnement central et d'un dysfonctionnement périphérique est évoquée dans la genèse de l'algodystrophie (SDRC) [37

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Un dysfonctionnement central où l'on retrouve :

une modification des systèmes de régulation sympathiques au niveau central (thermorégulation altérée, phénomènes de sudation...) ;
des atteintes sensitives (allodynies, hypoesthésies...) de topographie centrale ;
des modifications somatomotrices (diminution de l'amplitude des mouvements, augmentation du tremblement physiologique, dystonie, diminution de la force musculaire) ;
un élément déclenchant dont l'intensité n'est pas proportionnelle à celle de la douleur, dont l'expression peut se faire à distance, événement qui peut être lui-même central ;
une douleur soulagée par un bloc sympathique avec des anesthésiques locaux, mais un effet parfois étonnamment durable dans le temps persistant bien au-delà de la durée d'action des anesthésiques locaux ;
une importance de la charge émotionnelle dans la modification des seuils de tolérance à la douleur.

Un dysfonctionnement périphérique où l'on retrouve :

une atteinte des efférences sympathiques (par traumatisme direct ou par le biais des médiateurs de l'inflammation ou des facteurs neurotrophiques) ;
des modifications locales inflammatoires, de l'œdème ;
des troubles trophiques.

Les lésions périphériques initiales génèrent une modification des réponses centrales et les distorsions des représentations centrales retentissent sur les réponses motrices et autonomes.

 
Syndrome douloureux pelvien complexe ?

Cette notion peut s'appliquer aux douleurs pelvipérinéales chroniques (syndrome du côlon irritable, cystite interstitielle, vulvodynies, endométriose...) justifiant l'utilisation de la terminologie de syndrome douloureux pelvien complexe.

 
Points communs

Les douleurs pelvipérinéales surviennent souvent après un traumatisme (infections, chirurgie, endoscopie) ou plus globalement après un événement initiateur, mais elles évoluent au-delà de la cicatrisation normale. Elles débordent largement d'une systématisation organique (vessie, périnée, rectum), ou neurologique (association de douleurs médiées par des nerfs d'origine différente : sacrée ou thoracolombaire, somatique ou végétative). Elles peuvent s'accompagner d'une hypersensibilité profonde du cadre osseux du pelvis ou musculaire, d'authentiques troubles vasomoteurs (testicule « bouillant » ou de fesse froide), d'inflammation neurogène avec des aspects érythémateux ou inflammatoires (constatés à l'examen clinique ou en vulvoscopie dans les vulvodynie provoquées, à l'examen des bourses dans certaines douleurs testiculaires chroniques ou en cystoscopie dans les cystites interstitielles). Elles augmentant aux « efforts » (remplissage vésical ou rectal, dyspareunie profonde). Les douleurs pelvipérinéales chroniques présentent donc des caractères communs avec les SDRC [38

Cliquez ici pour aller à la section Références].différences

Il existe aussi des différences : les troubles vasomoteurs restent moins « visibles » que dans les SDRC, les examens complémentaires type scintigraphie sont constamment négatifs dans les syndromes douloureux pelviens complexes, y compris en phase aiguë.

 
Conséquences

Le modèle de SDRC est probablement utile en thérapeutique par l'utilisation des blocs sympathiques [39

Cliquez ici pour aller à la section Références], de médicaments communs à ces pathologies (antidépresseurs, antiépileptiques), par l'importance que peut revêtir la kinésithérapie tant en termes d'amélioration que d'aggravation si celle-ci est conduite trop brusquement.

Cette assimilation permet aussi d'inciter à des attitudes préventives comme de discuter avec beaucoup d'attention des indications chirurgicales dans de telles circonstances en raison du risque de majoration des symptômes douloureux (peu de chirurgiens orthopédistes accepteraient d'intervenir dans un contexte d'algodystrophie).

Enfin, les nouveaux concepts de physiopathologie (l'aspect vasculaire ou auto-immun dans les SDRC), de thérapeutique (travail sur le schéma corporel type Moseley, nouveaux traitements ou nouvelle voie d'administration tels que le baclofène intrathécal, stimulation médullaire ou corticale, blocage du système sympathique thoracolombaire) pourraient trouver un rationnel dans ce type de modèle.

 

Douleur pelvienne versus syndrome de stress post-traumatique

La composante émotionnelle des douleurs pelvipérinéales chroniques est patente et perturbe l'analyse clinique nécessaire à leur démembrement clinique. On connaît la fréquence de l'anxiété et de la dépression chez les patients présentant des douleurs pelviennes chroniques [40

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Comprendre le syndrome de stress post-traumatique

L'état de stress post-traumatique (PTSD) est un trouble anxieux majeur débutant par une exposition à une situation traumatique. Les symptômes du PTSD regroupent :

un syndrome de reviviscence, c'est la mémoire traumatique, avec des pensées récurrentes sur le traumatisme, des souvenirs intrusifs (douleurs, bruits), flash-back, cauchemars, etc... ;
un syndrome d'évitement : le sujet fait des efforts importants pour éviter toute pensée, conversation ou situations associées au traumatisme. Ce syndrome associe fatigue, réduction des activités, repli sur soi et des altérations du fonctionnement socioprofessionnel ou familial ;
un syndrome d'hyper vigilance : le sujet reste en état d'alerte permanent. Il existe souvent des troubles de la concentration et du sommeil.

Selon certaines études, 8 à 10 % de la population souffrirait à un moment ou à un autre de leur vie d'un PTSD.

Les facteurs de risques PTSD sont :

Des antécédents personnels ou familiaux de symptômes psychiatriques : anxiété, dépression..., des antécédents de traumatismes dans l'enfance, une négligence parentale, un faible niveau socioéconomique, une réaction initiale importante à l'événement traumatique, une susceptibilité génétique dont le sexe féminin puisque cela touche quatre fois plus de femmes que d'hommes.

 
Abus physiques ou sexuel, syndrome de stress post-traumatique et douleurs pelviennes

 
Les liens

Il existe une relation forte entre l'antériorité d'abus sexuels (en général familiaux, père ou conjoint avec traumatisme physique ou psychologique) et les douleurs pelviennes chroniques [41

Cliquez ici pour aller à la section Références], elle l'est également dans le cadre de douleurs assez systématisées, type cystite interstitielle ou syndrome de l'intestin irritable [42

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Les conséquences algiques tardives d'un abus sexuel semblent d'autant plus importantes que l'abus sexuel a généré un PTSD. Il y aurait de 48 à 56 % de prévalence d'abus sexuels chez les femmes qui consultent pour des douleurs pelviennes chroniques, une augmentation de la fréquence des actes médicaux avec une augmentation des actes invasifs (huit fois plus d'interventions chirurgicales dans la population abusée) et une altération globale de l'état de santé. Si on compare PTSD et douleur chronique, on retrouve des caractéristiques communes : l'anxiété, l'hypervigilance, les comportements d'évitement, la labilité émotionnelle, etc...

De très nombreux facteurs sont impliqués dans le maintien de ces deux pathologies : la sensibilité à l'anxiété conduit à une vulnérabilité, la douleur est souvent un rappel du traumatisme avec une réaction d'éveil, d'évasion. L'existence de la dépression dans ces deux pathologies, avec une réduction de l'activité, une fatigue chronique, des troubles du sommeil va exacerber et maintenir à la fois le PTSD et la symptomatologie de la douleur pelvienne chronique.

Les douleurs pelvipérinéales chroniques peuvent exister sans aucune notion d'abus ou de stress post-traumatique. Ces patient(e)s n'ont pas une plainte spécifique qui les différencieraient des patients ayant des antécédents de traumatisme. De nombreuses patientes abusées ne présenteront jamais de douleurs chroniques pelvipérinéales. Réduire ces patient(e)s à leur passé serait une erreur et surtout une faute thérapeutique.

 
Conséquences sur la prise en charge

Le modèle de prise en charge des PTSD pourrait être utile dans les syndromes douloureux pelviens chroniques par :

l'importance de la disponibilité, de l'écoute permettant, si le patient le désire, l'entente du traumatisme initial ou l'événement considéré comme tel par le patient ;
la compréhension que l'abus, la violence, le stress, le PTSD ne sont pas des générateurs de douleurs par eux-même, mais plutôt des amplificateurs, à l'image de l'essence qui majore les incendies mais ne les provoque pas ;
l'importance de la mise en avant du traitement de la plainte du patient plutôt que de la cause supposée et hypothétique de cette plainte ;
l'importance de la « mise en sécurité première » que nécessite ce type de prise en charge (éloignement du danger, de l'abuseur versus traitement de la cause quand celle-ci est connue ou curable) ;
l'importance de la résilience, de la capacité au changement dans le pronostic ;
l'intérêt de l'hypnose, de l'EMDR, du focusing, de l'art-thérapie, de la transduction psychobiologique et des thérapies brèves dans la prise en charge de ces patientes ;
la définition d'objectifs (recadrage) réalistes, réalisables, non-miraculeux ;
la sensibilisation des soignants à l'importance de ne pas nuire par des gestes qui pourraient être considérés comme un abus ou une agression (examen gynécologique ou sondage urinaire, par exemple), par majoration du sentiment de culpabilité, ou par non-reconnaissance de la plainte.

 

Intérêt du concept d'une approche globale des douleurs pelvipérinéales

On assiste à une évolution des concepts, qui au cours de ces derniers temps, s'est faite d'une analyse uniquement en termes de pathologie d'organes vers une approche donnant de l'importance à une dysrégulation des messages douloureux venant du pelvis et du périnée.

Le terme de syndrome douloureux pelvien complexe, même s'il est critiquable, permet de refléter la complexité de la diffusion de ces douleurs et constitue le point commun avec le SDRC. On pourrait également envisager la terminologie de « douleurs pelviennes dysfonctionnelles ».

Les pathologies douloureuses retrouvées dans chacune des différentes spécialités (gynécologie, gastroentérologie, sexologie, urologie...) sont souvent intriquées, ont des dénominateurs communs et ne sont pas à prendre en charge, indépendamment, les unes des autres.

La douleur est interprétée par le patient comme provenant de l'organe. En fait, elle ne provient pas forcément de l'organe mais s'exprime dans l'organe. L'exemple de la vessie montre que l'on est passé d'un concept de maladie provenant de la vessie (cystite interstitielle, puis syndrome de vessie douloureuse) à la terminologie de syndrome douloureux vésical témoignant d'une douleur à expression vésicale.

Plutôt que de raisonner en termes d'organe, il sera donc beaucoup plus pertinent de raisonner en termes de pathologie des mécanismes de dysrégulation de la douleur à un niveau local, régional ou central, en identifiant et en traitant une composante neuropathique, une composante d'hypersensibilisation, une composante de dysfonctionnement sympathique et une composante émotionnelle. C'est une culture différente qui nécessite souvent une approche multidisciplinaire mais qui peut faire appel aux thérapeutiques validées dans ces différents domaines [23

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Cette démarche pragmatique, et sans prétention scientifique, a le mérite d'ouvrir des champs nouveaux et la possibilité d'application de techniques algologiques aux champs des douleurs pelviennes (médicaments antidépresseurs, antiépileptiques, perfusion de kétamine, réalisation de blocs sympathiques, utilisation des techniques de kinésithérapie, des techniques de neurostimulation [43

Cliquez ici pour aller à la section Références], des psychothérapies [44

Cliquez ici pour aller à la section Références], des thérapies brèves, de l'hypnose...) en fonction de l'analyse clinique qui peut en être faite : participation neuropathique, d'hypersensibilisation, participation sympathique, composante émotionnelle.

Ces considérations peuvent également inciter à dépister les patients à risques de douleurs pelviennes postopératoires (patientes multiopérées, antécédents de fibromyalgie, de PTSD, de syndrome de l'intestin irritable...) et à adapter la stratégie thérapeutique à ces facteurs de risques.

 

Conflit d'intérêt

Aucun.

   

 

 
 
 

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