Approche chirurgicale multidisciplinaire conservatrice d’une tumeur rectale envahissant la prostate

05 novembre 2020

Auteurs : M. Deslandes, Q. Denost, M. Capdepont, G. Lefebvre, G. Robert
Référence : Prog Urol, 2020, 13, 30, 853
Objectifs

Les cancers du rectum peuvent être diagnostiqués à un stade localement avancé avec atteinte des organes de voisinage. Sur le plan urologique, les uretères, la vessie et la prostate peuvent être concernés. Un groupe multidisciplinaire a été constitué au sein de notre établissement pour envisager ces chirurgies complexes avec un objectif de conservation d’organes et des fonctions urinaires et digestives.

Méthodes

Cette vidéo chirurgicale propose l’exérèse monobloc d’une tumeur rectale envahissant la prostate. Il s’agissait d’un patient âgé de 50 ans ayant eu une première chirurgie rectale pour une GIST de 4cm. Une récidive locale précoce a été mise en évidence après 12 mois et traitée par Imatinib sans réponse significative. La tumeur était située sur la paroi antérieure du rectum et infiltrait la partie postérieure de la prostate pouvant justifier d’une indication de pelvectomie totale avec double dérivation, urinaire et digestive. Une approche conservatrice a été proposée en combinant un abord cœlioscopique trans-anal et un abord cœlioscopique abdominal robot-assisté.

Résultats

En fin d’intervention, une anastomose vésico-urétrale est réalisée, puis la pièce est extraite par voie trans-anale avant confection d’une anastomose colo-anale différée. Le patient quitte le bloc opératoire après 4h30 d’intervention sans stomie ni incision abdominale. L’analyse anatomopathologique a confirmé la présence d’une GIST rectale de 4cm envahissant la prostate avec résection en marge saine et le patient est resté hospitalisé pendant 13jours. Avec un recul de 18 mois, le patient n’a pas présenté de récidive et a récupéré une continence complète sur le plan urinaire et fécal. Depuis 2017, nous avons proposé ce type d’approche conservatrice à 10 patients présentant une tumeur rectale envahissant la prostate. Les taux de marges positives étaient de 20 % et la survie spécifique de 90 % avec un recul médian de 13,3 mois.

Conclusion

Ce type d’approche conservatrice a également été proposée pour des tumeurs envahissant la face postérieure de la vessie ou la région du trigone mettant en évidence l’intérêt de ces collaborations multidisciplinaires dans les prises en charges oncologiques modernes.




 




Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.






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