Apport de la tomodensitométrie dans la stadification des tumeurs urothéliales de la voie excrétrice supérieure. Importance de la mesure du diamètre tumoral.

16 juillet 2001

Mots clés : voie urinaire supérieure, Tumeur urothéliale, scanner, bilan d'extension tumorale
Auteurs : Valignat C, Marechal JM, Rouvière O, Gelet A, Martin X, Castagnola C, Lyonnet D, Dubernard JM
Référence : Prog Urol, 1997, 7, 217-224
BUTS : Dégager une corrélation entre les données de la tomodensitométrie abdominale (TDM) d'une part et le stade anatomo-pathologique des tumeurs de la voie excrétrice urinaire supérieure (Tves), d'autre part afin de mieux cibler les indications thérapeutiques. MATERIELS ET METHODES : de 1984 à 1995, 51 patients traités pour une Tves ont eu une tomodensitométrie abdominale (TDM) en pré-opératoire. Parmi les 51 TDM, 41 ont été jugées exploitables et relues rétrospectivement par un seul radiologue. Le stade et le diamètre tumoral tomodensitométriques ont été comparés au stade pathologique.
RESULTATS : La stadification TDM a eu une fiabilité de 76%, en regroupant les stades Ta-T2 dont la différentiation est impossible. La sensibilité de la TDM pour apprécier l'envahissement du parenchyme rénal et de la graisse péri-rénale ou urétérale a été respectivement de 100% et 70%, avec une spécificité de 82% et 97%. La précision peut être améliorée en diminuant l'épaisseur des coupes au niveau tumoral. Les diamètres tumoraux (d) des tumeurs pyélo-calicielles, mesurés en TDM et en anatomopathologie, sont bien corrélés (r2 = 0,83). Toutes les Tves de moins de 3 cm en histologie se sont avérées être superficielles. La TDM a correctement estimé la taille de ces petites tumeurs dans 14 cas/15. Au total, en fixant la limite à 3 cm, la TDM aurait permis de détecter une tumeur pyélocalicielle superficielle avec une spécificité de 92% et une VPP de 93%; une taille tomodensitométrique ? 3 cm ne permet par contre de tirer aucune conclusion quant au stade anatomo-pathologique de la lésion.
CONCLUSION : La TDM est encore imprécise pour la stadification des Tves. Elle ne permet pas de faire la distinction entre les lésions Ta, T1 et T2, et n'est pas suffisamment fiable dans l'appréciation de l'envahissement de la graisse péri-urothéliale ou du parenchyme rénal. Au niveau pyélo-caliciel, la mesure TDM du diamètre tumoral peut apporter un argument en faveur du caractère superficiel de la lésion et orienter ainsi la décision thérapeutique vers une approche conservatrice.