Analyse in vitro de l’efficacité de la lithotritie laser : quel modèle utiliser ?

05 novembre 2020

Auteurs : F. Panthier, P. Lapouge, S. Doizi, L. Dragos, L. Berthe, O. Traxer
Référence : Prog Urol, 2020, 13, 30, 709-710
Objectifs

L’étude in vitro de la lithotritie laser (LL) utilise des calculs humains (CH) ou synthétiques (CS). Devant l’augmentation de la pulvérisation laser (Dusting ), peu d’échantillons humains sont disponibles. Les CS sont donc privilégiés, confectionnés par mélange d’eau et de plâtre, avec la problématique de leur réhydratation lors des LL. L’objectif était de comparer les volumes d’ablation (VA) entre CS homogènes (CSHo) ou hétérogènes(CSHe), et par rapport au poids ablaté (PA).

Méthodes

Les CSHo et CSHe durs (COM) ou tendre (UA) étaient confectionnés par mélange de BégostonePlus (Bégo®) et brassage lent ou rapide avec exsufflation, respectivement. Des fibres laser (Boston Scientific®) connectées au TFL (IPG Photonics®) 50W (272μm ou 150μm) ou au MH1 Ho :YAG 30W (Rocamed®) (272μm) ont été utilisées selon trois paramètres laser (« fine dusting » [FD : 0,15J/100Hz], « dusting » [D : 0,5J/30Hz] et « fragmentation » [Fr : 1J/15Hz]). Une émission laser de vingt secondes était réalisée respectant une spirale de rayon 4mm en contact avec les CS cubiques de 10mm, préalablement pesés et immergés. Après séchage, les calculs étaient pesés et scannés (Quantum FX, Perkin Elmer). Les volumes d’ablation étaient mesurés par segmentation (3DSlicer [NIH]) (Fig. 1). La corrélation PA-VA (cPA-VA) était évaluée pour chaque groupe.

Résultats

Avec les CSHe, les VA en Dusting étaient quatre et trois fois supérieurs avec le TFL par rapport au Ho :YAG contre COM (p <0,05) et UA (p <0,05). En Fragmentation, les VA étaient deux fois supérieurs avec le TFL par rapport au Ho :YAG contre COM (p <0,05) et UA (p <0,05) respectivement (Tableau 1). Avec les CSHo cette différence n’était plus significative contre UA en Dusting (p =0,08) et Fragmentation (p =0,09). L’utilisation des CSHo était associée à des différences non significatives entre TFL-150μm et TFL-272μm, et entre TFL-150μm et Ho :YAG-272μm. La cPA-VA était supérieure en cas de CSHo par rapport au CSHe (0,853 versus 0,428, p <0,0001). Cette différence était également retrouvée pour les COM et UA (Tableau 2). Si la cPA-VA était acceptable en cas de COM (CSHo ou CSHe), il n’est pas possible d’utiliser l’approximation du VA par le PA en cas d’UA.

Conclusion

L’efficacité in vitro d’une LL est plus précise en utilisant les VA plutôt que les PA. L’approximation du VA par le PA est acceptable et moins coûteuse en cas de CSHo et dur (COM) bien que les calculs urinaires ressemblent plus aux CSHe (COM ou UA).




 




Fig. 1
Fig. 1. 

Méthode de segmentation 3D utilisant un logiciel open-source 3DSlicer pour la mesure des volumes d'ablation : (a) segmentation du calcul synthétique (b) segmentation de l'air contenu dans le cratère (c) opération logique de soustraction pour obtenir le volume d'ablation.





Déclaration de liens d'intérêts


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Tableau 1 - Taux d'ablation.







Tableau 2 - Coefficient de corrélation entre poids et volume ablaté selon le type de calcul synthétique (CSH) dur (COM) ou tendue (UA), homogène (CSHo), hétérogène (CSHe).









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