Analyse monocentrique des résultats fonctionnels obtenus après traitement chirurgical de la cystite radique chronique par cystectomie sus-trigonale avec entérocystoplastie d'agrandissement et implantation asynchrone d'un sphincter urinaire artificiel

25 novembre 2012

Auteurs : T. Seisen, M. Roupret, P.-O. Bosset, V. Phé, J. Parra, J.-M. Simon, M.-O. Bitker, E. Chartier-Kastler
Référence : Prog Urol, 2012, 13, 22, 782




 

Objectifs.– Malgré l’amélioration des résultats fonctionnels, la radiothérapie prostatique est parfois responsable de certaines complications chroniques. Les séquelles vésico-sphinctériennes sont rares mais peuvent nécessiter une prise en charge chirurgicale. L’objectif de cette étude était de rapporter les résultats obtenus après traitement de la cystite radique chronique par cystectomie sus-trigonale avec entérocystoplastie d’agrandissement (CSTEA) et implantation asynchrone d’un sphincter urinaire artificiel (SUA).


Méthodes.– Les dossiers médicaux des patients ayant été traités dans notre centre entre septembre 2004 et février 2012 par CSTEA avec implantation asynchrone d’un SUA pour des séquelles vésico-sphinctériennes après radiothérapie prostatique ont été rétrospectivement analysés. Les données suivantes concernant la CSTEA et l’implantation d’un SUA ont été relevées : âge, troubles mictionnels, complications post opératoires, durées de sondage et d’hospitalisation, suivi, délai entre CSTEA et SUA, délai d’activation du SUA, résultats fonctionnels.


Résultat.– L’étude incluait sept hommes avec un âge moyen de 70ans±4,1. Le suivi moyen était de 32,3 mois±29 (3–86). La CSTEA avec implantation asynchrone d’un SUA a permis de traiter avec succès le syndrome irritatif et l’incontinence urinaire post-radique de cinq des sept patients inclus (71,5 %). Les causes d’échec étaient un décès à trois mois de suivi après CSTEA et une infection de manchette à quatre mois de suivi après implantation d’un SUA. Le délai moyen entre la CSTEA et l’implantation d’un SUA était de 27,6 mois±26,4 (7–72). Suite à la CSTEA, huit complications post opératoires précoces dont quatre majeures (Clavien 1 et 2) et quatre mineures (Clavien 3 et 4) ont été relevées. Le taux de fistule vésico-cutanée était de 33 % survenant dans un délai moyen de 18,5jours±2,1(17–20). La durée moyenne de sondage vésical et d’hospitalisation était respectivement de 16jours±8,4 (12–35) et de 18jours±7,8 (13–37). Suite à l’implantation d’un SUA, aucune complication post opératoire précoce n’est survenue. La durée moyenne de sondage vésical et d’hospitalisation était respectivement de trois jours±2 (1–6) et quatre jours±2,2 (2–7).Le délai moyen d’activation du SUA était de six semaines±2 (4–8).


Conclusion.– La CSTEA associée à l’implantation asynchrone d’un SUA était le traitement chirurgical des séquelles vésico-sphinctériennes post radiques offrant les meilleurs résultats fonctionnels au prix d’une morbidité importante.




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