Analyse de l’infiltration immunitaire au cours des instillations intravésicales de BCG : identification d’un profil immunosuppressif prédictif de la récidive tumorale

25 novembre 2016

Auteurs : M. Chevalier, S. Trabanelli, D. Gharbi, V. Cesson, S. Domingos-Pereira, F. Dartiguenave, A. Fritschi, D. Speiser, P. Romero, C. Jandus, D. Nardelli-Haefliger, L. Derré, P. Jichlinski
Référence : Prog Urol, 2016, 13, 26, 707
Objectifs

L’immunothérapie par le bacille de Calmette-Guérin est le traitement standard des cancers non musculo-invasifs de la vessie (NMIBC) à haut risque. L’efficacité thérapeutique du traitement repose sur une forte inflammation locale conduisant au contrôle de la croissance tumorale. Cependant, 30–50 % des patients ne répondent pas au traitement. Nous avons donc investigué les paramètres immunitaires possiblement impliqués dans l’échec de traitement.

Méthodes

Nous savons que divers facteurs immunosuppresseurs, tels que les cellules myéloïdes suppressives (MDSC), peuvent inhiber l’immunité anti-tumorale. Nous avons donc caractérisé l’infiltration immunitaire locale dans l’urine de patients NMIBC et analysé si les sous-populations immunitaires effectrices versus régulatrices influençaient la récidive tumorale. Dans une étude prospective longitudinale incluant 28 patients NMIBC, les urines pre- et post-instillation BCG ont été récoltées au cours des 6 semaines du traitement. Les lymphocytes-T, neutrophiles, monocytes, ainsi que les MDSC ont été analysés par cytométrie-en-flux à 10 couleurs.

Résultats

Nous avons observé une augmentation progressive du nombre de toutes les sous-populations immunitaires testées, au cours du traitement BCG. Nous avons mis en évidence une infiltration importante de MDSC (CD14+CD33+CD11b+HLA-DRneg/low) chez la plupart des patients. Pour évaluer l’équilibre entre cellules effectrices et régulatrices, nous avons mesuré le ratio « lymphocytes-T/MDSC », ce qui a permis la répartition des patients en 2 groupes : ceux présentant une majorité de lymphocytes-T (ratio>1) et ceux présentant une majorité de MDSC (ratio<1). De façon intéressante, l’analyse de Kaplan-Meier a montré que le temps de survie sans récidive dans le groupe de patients avec un ratio T/MDSC<1 était considérablement moins élevé que dans l’autre groupe (p <0,0001). En outre, un faible ratio T/MDSC était associé à un biais vers une immunité de type 2, délétère dans un contexte tumoral.

Conclusion

L’équilibre entre lymphocytes-T et MDSC serait prédictif de l’échec thérapeutique du BCG. Cela met l’accent sur la nécessité de développer de nouveaux outils capables de diriger les réponses immunitaires vers un profil moins tolérogène.




 




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