Analyse comparative de la prostatectomie totale par cœlioscopie assistée par robot (PTLRA) versus cœlioscopie standard (PTL)

05 novembre 2020

Auteurs : O. Alenda, M. Martin
Référence : Prog Urol, 2020, 13, 30, 730
Objectifs

Nous présentons les résultats fonctionnels urinaires et oncologiques d’une étude comparative monocentrique mono-opérateur entre robot et cœlioscopie classique.

Méthodes

Entre mai 2015 et septembre 2018, 168 prostatectomies consécutives ont été réalisées par le même opérateur dans un même centre.

Deux groupes de patients ont été identifiés : PTL n =78 et PTLRA n =90. Une lymphadénectomie ilio-obturatrice a été réalisée lorsque le taux de PSA était ≥10ng/mL et/ou que le Gleason 4 figurait comme contingent majoritaire sur les biopsies.

Rétrospectivement, les groupes de patients ont été comparés quant à leur âge, les caractéristiques biopsiques et cliniques de leur cancer prostatique (âge, IMC, PSA préopératoire, IRM préopératoire, score de Gleason, pourcentage de biopsies positives/nombre biopsies totales, pTNM).

Les données per- et postopératoires prises en compte ont été : le temps opératoire, les pertes sanguines, les complications per- et postopératoires. Les résultats carcinologiques pris en compte ont été : l’existence de marges positives sur la pièce, les taux de PSA à un, six mois et un an. Les résultats fonctionnels ont pris en compte la continence à un mois, six mois et un an colligée par un auto-questionnaire ICIQ.

Résultats

Les patients du groupe PTL étaient significativement plus jeunes (63,5 vs 67,2 ans ; p <0,001).

Aucune différence significative n’a été mise en évidence par l’analyse des taux de PSA préopératoire (p =0,27) ainsi que le volume prostatique (p =0,77). Les scores de Gleason moyen sur la pièce opératoire étaient sans différence significative entre les deux groupes. La répartition des tumeurs selon la classification pTNM est détaillée pour chacun des groupes, il n’existait pas de différence significative dans la répartition T2/T3 dans les deux groupes étudiés (21 % pT3 pour PTL vs 18 % pour PTLRA ; p =0,12). Pas de différence significative aussi du temps opératoire moyen entre les deux groupes (105min PTL et 115min PTLRA ; p =1,2).

Les pertes sanguines durant la PTLRA étaient moins importantes (320mL vs 570mL ; p <0,001).

Le taux de marge positive était significativement plus élevé pour les stades pT2 dans le groupe PTLRA (14 vs 2 ; p <0,001), sans différence significative pour les pT3 (17 % vs 15 %). Les taux de récidive biologique étaient comparables à 3, 12 et 24 mois postopératoires.

Pas de différence significative de l’ICIQ à 1 et 6 mois entre PTLRA et PTL (moyenne de 6,5 et 4,9 respectivement à 1 mois ; p =0,62 et moyenne de 4,9 et 4,1 à 6 mois ; p =0,86).

Ni l’IMC, ni l’âge, ni le poids prostatique influençaient la continence urinaire dans les deux groupes.

Conclusion

Les études randomisées comparant les techniques chirurgicales de prostatectomies totales sont rares.

Dans cette étude, les patients opérés en laparoscopie semblent satisfaits plus précocement de leur fonction urinaire. Les résultats anatomopathologiques sont plus nuancés : le taux de marge positive dans le groupe PTLRA est plus élevé, en particulier rapporté aux pT2 mais sans augmenter le taux de récidive biologique. Les études ultérieures devront définir si les marges sont un artéfact de manipulation peropératoire ou imputables directement à la procédure chirurgicale.




 




Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.






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