Amélioration au cours du temps des résultats carcinologiques après prostatectomie radicale : quels en sont les facteurs responsables?

16 juillet 2001

Mots clés : prostate, Tumeur, prostatectomie radicale, histo-pronostic, PSA
Auteurs : Salomon L, Herard A, Colombel M, Patard JJ, Bellot J, Lefrere-Belda MA, Hoznek A, Gasman D, Chopin D, Abbou CC
Référence : Prog Urol, 1998, 8, 363-369
BUTS : Les résultats anatomopathologiques après prostatectomie radicale constituent l'un des principaux facteurs pronostiques. Nous avons étudié l'évolution de ces résultats au cours du temps afin d'apprécier leur amélioration et de rechercher quels en étaient les facteurs responsables.
MATÉRIEL ET MÉTHODES : De 1989 à 1996, 175 prostatectomies radicales ont été effectuées. Pour chaque patient, le bilan pré-opératoire comprenait un examen clinique, un dosage des PSA, 6 biopsies par voie endorectale échoguidées et leur analyse anatomopathologique. Toutes les pièces de prostatectomie radicale ont été analysées selon la technique de Stanford par le même anatomopathologiste : le poids de la pièce de prostatectomie, le score de Gleason, l'existence d'un franchissement capsulaire, d'un envahissement des vésicules séminales, d'une positivité du curage ganglionnaire et la présence de marges d'exérèse positives ont été étudiés. Les résultats ont été étudiés et comparés année par année en utilisant des tests de Student et du c2.
RÉSULTATS : De 1989 à 1996, les stades pT1-pT2 augmentent de 40 à 81,8% alors que le taux de marges d'exérèse positives régresse de 80 à 18,1%. Au cours du temps, aucune différence n'est relevée quant au poids de la prostate et au score de Gleason. Dans les facteurs préopératoires, aucune différence n'est notée pour l'âge des patients, le nombre de biopsies positives et le score de Gleason de ces biopsies. Seul le taux moyen de PSA préopératoire régresse de 52,2 à 12,2 ng/ml (t=0,0001) et le nombre de stade T1c augmente de 13,3 à 59%.
CONCLUSION : Le taux de PSA préopératoire est le principal facteur expliquant l'amélioration des résultats carcinologiques ce d'autant plus qu'il s'agit de tumeurs identiques en terme d'agressivité tumorale (score de Gleason) qui ont été opérées de 1988 à 1996. Cette amélioration des résultats reflète une meilleure sélection des patients même si cette sélection est effectuée au cas par cas sans facteurs exclusifs.