Actualisation de la morbidité de la prostatectomie radicale rétropubienne : analyse rétrospective de 100 interventions consécutives pendant la période 1996-1997.

16 juillet 2001

Mots clés : prostate, Tumeur, prostatectomie radicale, voie d'abord rétro-pubienne, complication iatrogène
Auteurs : Guillonneau B, Cathelineau X, Cour F, Veilon B, Vallancien G.
Référence : Prog Urol, 1999, 9, 662-667
BUTS : Evaluer de façon rétrospective la morbidité de la prostatectomie radicale, à l'exception des complications sexuelles, en se fondant sur une série monocentrique récente. MATÉRIEL ET MÉTHODE : De janvier 1996 à janvier 1998, la morbidité de 100 patients consécutifs opérés par une prostatectomie radicale rétro-pubienne a été comparée à la morbidité des 150 premiers patients opérés selon la même technique dans notre département pendant la période 1983-1993. La morbidité péri-opératoire a été étudiée de façon rétrospective sur dossier tandis que la continence a été évaluée chez les 50 derniers patients par un auto-questionnaire. Les complications sexuelles n'ont pas pu être évaluées objectivement pour des raisons méthodologiques et ne font pas l'objet de ce travail.
RÉSULTATS : L'unique complication opératoire a été une plaie rectale (1%). Le taux de transfusion a été de 31%. Le taux de complications précoces a été de 23% avec un taux de complications majeures de 5% (quatre complications thrombo-emboliques et une hémorragie digestive). Les complications mineures (18%) les plus fréquentes ont été les abcès de paroi (5%). Le taux de réintervention a été de 3%. La durée moyenne de sondage vésical a été de 7 jours (extrêmes : 4-30) et la durée moyenne de l'hospitalisation a été de 8 jours (extrêmes 5-30).Avec un suivi moyen de 14 mois, 73% des patients sont parfaitement continents, sans le port d'aucune garniture, tandis que 15% des patients nécessitent le port d'une garniture "par précaution". L'incontinence de deux patients a justifié l'implantation d'un sphincter artificiel (2%). Un seul patient a présenté une sténose de l'anastomose nécessitant une urétrotomie interne.La diminution de la morbidité chez ces 100 opérés récents par rapport aux 150 premiers opérés a concerné le taux de transfusion (respectivement 31% contre 65%), le taux de réintervention (respectivement 3% contre 8%) et le taux de complications mineures (respectivement 18% contre 32%). La diminution de la morbidité opératoire explique en partie la réduction de la durée moyenne du sondage vésical (respectivement 7 jours contre 15 jours), et de l'hospitalisation (respectivement 8 jours contre 18 jours). D'autre part, le taux de sténose anastomotique a diminué de 17,3 à 1%.
CONCLUSION : Cette étude confirme la diminution de la morbidité globale de la prostatectomie radicale rétropubienne. Cette amélioration est probablement multifactorielle : augmentation de l1expérience opératoire et meilleure prise en charge post-opératoire des patients. Ces données rétrospectives doivent être prises en compte dans la décision diagnostique et thérapeutique du cancer de la prostate localisé.