Comité d'Urologie et de Périnéologie de la Femme

Traitement de l’incontinence urinaire féminine non neurologique
2016
- Recommandations
Traitement de l’incontinence urinaire associée au prolapsus génital : Recommandations pour la pratique clinique
Treatment of Urinary incontinence associated with genital prolapse: Clinical practrice guidelines
2016
- Recommandations
- Réf : Prog Urol, 2016, 26, 07, 89-97, suppl. 2

Objectif : Prolapsus et incontinence urinaire sont fréquemment associés. L’incontinence urinaire à l’effort (IUE) patente ou avérée est définie par une fuite d’urine survenant à la toux ou au Valsalva, en l’absence de toute manœuvre de réduction du prolapsus. L’incontinence urinaire masquée se traduit par une fuite d’urine survenant lors de la réduction du prolapsus au cours de l’examen clinique chez une patiente ne décrivant pas de symptômes d’incontinence à l’état basal. L’objet de ce chapitre est de réfléchir à la question de la prise en charge systématique ou non d’une IUE, patente ou masquée, lors de la cure d’un prolapsus des organes pelviens par voie haute ou par voie basse.
Matériel et méthodes : Ce travail s’appuie sur une revue systématique de la littérature (PubMed, Medline, Cochrane Library, Cochrane Database of Systemactic Reviews, EMBASE) concernant les méta-analyses, essais randomisés, registres, revues de la littérature, études contrôlées et grandes études non contrôlées publiés sur le sujet. Sa réalisation a suivi la méthodologie de la Haute Autorité de Santé (HAS) concernant les recommandations pour la pratique clinique, avec un argumentaire scientifique (accompagné du niveau de preuve, NP) et un grade de recommandation (A, B, C et accord professionnel, AP).
Résultats : En cas d’IUE patente, la cure concomitante du prolapsus et de l’IUE réduit le risque d’IUE postopératoire. Cependant le traitement isolé du prolapsus permet de traiter jusqu’à 30 % des IUE préopératoires. Le traitement concomitant de l’IUE expose à une morbidité spécifique d’hyperactivité vésicale et de dysurie.
La présence d’une IUE masquée représente un risque d’IUE postopératoire, mais il n’existe pas de test clinique ou urodynamique permettant de prédire de manière individuelle le risque d’IUE postopératoire. Par ailleurs, le traitement isolé du prolapsus permet de traiter jusqu’à 60 % des IUE masquées. Le traitement concomitant de l’IUE masquée expose donc là aussi à un surtraitement et à une morbidité spécifique d’hyperactivité vésicale et de dysurie.
Conclusion : En cas d’IUE, patente ou masquée, le traitement concomitant de l’IUE et du prolapsus réduit le risque d’IUE postopératoire mais expose à une morbidité spécifique de dysurie et d’hyperactivité vésicale (NP3). Le traitement isolé du prolapsus permet souvent à lui seul de traiter une IUE préopératoire. On peut proposer de ne pas traiter l’IUE, qu’elle soit patente ou masquée, dans le même temps à condition de prévenir les patientes de l’éventualité d’une chirurgie en deux temps (grade C).

Introduction: Prolapse and urinary incontinence are frequently associated. Patente (or proven) stress urinary incontinence (SUI) is defined by a leakage of urine that occurs with coughing or Valsalva, in the absence of any prolapse reduction manipulation. Masked urinary incontinence results in leakage of urine occurring during reduction of prolapse during the clinical examination in a patient who does not describe incontinence symptoms at baseline. The purpose of this chapter is to consider on the issue of systematic support or not of urinary incontinence, patent or hidden, during the cure of pelvic organs prolapse by abdominal or vaginal approach.
Material and methods: This work is based on an systematic review of the literature (PubMed, Medline, Cochrane Library, Cochrane database of systematic reviews, EMBASE) for meta-analyzes, randomized trials, registries, literature reviews, controlled studies and major not controlled studies, published on the subject. Its implementation has followed the methodology of the HAS on the recommendations for clinical practice, with a scientific argument (with the level of evidence, NP) and a recommendation grade (A, B, C, and professional agreement).
Results: In case of patent IUE, concomitant treatment of prolapse and SUI reduces the risk of postoperative SUI. However, the isolated treatment of prolapse can treat up to 30% of preoperative SUI. Concomitant treatment of SUI exposed to a specific overactive bladder and dysuria morbidity.
The presence of a hidden IUE represents a risk of postoperative SUI, but there is no clinical or urodynamic test to predict individually the risk of postoperative SUI. Moreover, the isolated treatment of prolapse can treat up to 60% of the masked SUI. Concomitant treatment of the hidden IUE therefore exposes again to overtreatment and a specific overactive bladder and dysuria morbidity.
Conclusion: In case of overt or hidden urinary incontinence, concomitant treatment of SUI and prolapse reduces the risk of postoperative SUI but exposes to a specific overactive bladder and dysuria morbidity (NP3). The isolated treatment of prolapse often allows itself to treat preoperative SUI. We can suggest not to treat SUI (whether patent or hidden) at the same time, providing that women are informed of the possibility of 2 stages surgery (Grade C).

Mots-clés:
Pelvic organ prolapse Surgical treatment Urinary incontinence Guidelines
Existe-t-il des critères de choix entre les voies abdominale et vaginale dans la cure du prolapsus génital ?
Are there selection criteria between abdominal approach and vaginal route for genital prolapse surgical management?
2016
- Recommandations
- Réf : Prog Urol, 2016, 26, 07, 98-104, suppl. 2

Introduction : L’éternel débat voie haute/voie basse pour la cure du prolapsus génital reste toujours passionnel. L’étude de la littérature disponible peut étayer une réflexion multidisciplinaire à partir de nos pratiques quotidiennes spécialisées.
Objectif : Il s’agit d’un travail de réflexion après étude des données de la littérature, dans le but de définir des critères de choix entre les voies abdominale et vaginale dans le traitement chirurgical du prolapsus génito-urinaire.
Matériel et méthodes : Ce travail s’appuie sur une revue exhaustive de la littérature sur la comparaison des résultats anatomiques et fonctionnels du traitement chirurgical du prolapsus vaginal par voie vaginale ou abdominale, établissement de niveaux de preuve (NP) et de grades de recommandation selon la méthodologie des recommandations pour la pratique clinique.
Résultats : Ce travail s’est heurté à la pauvreté de la littérature, avec peu d’études comparatives prospectives randomisées publiées. Dans ces études, il y avait de nombreuses limitations : petits effectifs, absence de description des sous-populations, pluralité des techniques. De plus, elles ont comparé la voie vaginale à la promontofixation par voie abdominale ouverte, alors qu’actuellement la promontofixation laparoscopique est recommandée. Dans la seule étude prospective randomisée comparative entre la voie vaginale et la promontofixation laparoscopique publiée, la réparation par voie vaginale a été réalisée avec une prothèse dont la commercialisation a été suspendue.
Conclusion : La pauvreté des études randomisées disponibles rend impossible l’élaboration de recommandations sur ce sujet, selon les critères de la Haute Autorité de Santé (HAS). Néanmoins, des critères de choix pour chacune de ces voies d’abord et techniques chirurgicales ont été dégagés par des avis d’experts.

Introduction: The never ending debate over the surgical approach of genital prolapse repair (abdominal versus vaginal route) is as passionate as ever. The available literature may support a multidisciplinary analysis of our expert daily practice.
Objective: Our purpose was to define selection criteria for surgical approach between abdominal and vaginal route in the management of genital prolapse by reviewing the literature.
Material and methods: Systematically review of the literature concerning comparative anatomical and functionnal results of surgery of pelvic organ prolaps by vaginal or abdominal route.
Results: We were confronted to the lack of data in the literature, with few prospective randomized comparative studies. Many limitations were identified such as small populations in the studies, no description of sub-population, multiplicity of surgical procedures. Moreover, vaginal route was compared to sacral colpopexy by open abdominal approach, whereas laparoscopic sacrocolpopexy is now recommended. Only one prospective randomized comparative trial assessed laparoscopic sacrocolpopexy and vaginal approach, in which was used a mesh withdrawn from the market.
Conclusion: The lack of available randomized trials makes it impossible to define HAS compliant guidelines on this topic. However, selection criteria for each surgical approach and technique were drawn from experts’ advices.

Mots-clés:
Pelvic organ prolapse Sacrocolpopexy Mesh Vaginal surgery
Annexe 1 : Classification de Baden-Walker et POP-Q de ICS
2016
- Recommandations
- Réf : Prog Urol, 2016, 26, 07, 105-109, suppl. 2
ANNEXE 1 : Classification de Baden-Walker et POP-Q de l’ICS Classification de Baden-Walker   Classification POP-Q de l’ICS Figure 1 : Grille type pour enregistrer la description quantitative du prolapsus [6]  
Recommandations pour la pratique clinique : Synthèse des recommandations pour le traitement chirurgical du prolapsus génital non récidivé de la femme par l’AFU, le CNGOF, la SIFUD-PP, la SNFCP et la SCGP
Clinical practice guidelines: Summary of recommendations for first surgical treatment of female pelvic organ prolapse by 5 French academic societies: AFU, CNGOF, SIFUD-PP, SNFCP, and SCGP
2016
- Recommandations
- Réf : Prog Urol, 2016, 26, 07, 1-7, suppl. 2

Objectif : Élaborer des recommandations pour la chirurgie du prolapsus génital non récidivé de la femme. Méthode : Revue de la littérature, établissement des niveaux de preuve, relecture externe et gradation des recommandations par l’Association française d’urologie (AFU), le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF), la Société interdisciplinaire francophone d’urodynamique et de pelvi-périnéologie (SIFUD-PP), la Société nationale française de coloproctologie (SNFCP) et la Société de chirurgie gynécologique et pelvienne (SCGP). Résultat : Il est utile d’évaluer les symptômes, le retentissement, les attentes de la femme et de décrire le prolapsus avant une chirurgie (grade C). En l’absence de signe urinaire spontané ou masqué, il n’y a aucun argument pour recommander un bilan urodynamique (grade C). Lorsqu’une promontofixation est indiquée, la cœlioscopie est recommandée (grade B). Une préparation digestive avant chirurgie vaginale (grade B) ou abdominale (grade C) n’est pas recommandée. Il n’y a pas d’argument pour une prothèse rectovaginale systématique en prévention de la rectocèle (grade C). La prothèse vésico-vaginale par voie vaginale doit être discutée compte tenu d’un rapport bénéfices/risques incertain à long terme (grade B). La myorraphie des élévateurs ne paraît pas recommandée en première intention pour la cure des rectocèles (grade C). Il n’y a pas d’indication à une prothèse par voie vaginale pour la cure de rectocèle en première intention (grade C). Il n’y a pas de raison de réaliser systématiquement une hystérectomie au cours de la chirurgie (grade C). On peut ne pas traiter l’incontinence d’effort dans le même temps, si la femme est avertie de l’éventualité d’une chirurgie en deux temps (grade C).

Objective: Providing clinical practice guidelines for first surgical treatment of female pelvic organ prolapse. Methods: Systematic literature review, level of evidence rating, external proofreading, and grading of recommendations by 5 French academic societies: Association française d’urologie, Collège national des gynécologues et obstétriciens français, Société interdisciplinaire d’urodynamique et de pelvi-périnéologie, Société nationale française de coloproctologie, and Société de chirurgie gynécologique et pelvienne. Results: It is useful to evaluate symptoms, their impact, women’s expectations, and to describe the prolapse prior to surgery (Grade C). In the absence of any spontaneous or occult urinary sign, there is no reason to perform urodynamics (Grade C). When a sacrocolpopexy is indicated, laparoscopy is recommended (Grade B). A bowel preparation before vaginal (Grade B) or abdominal surgery (Grade C) is not recommended. There is no argument to systematically use a rectovaginal mesh to prevent rectocele (Grade C). The use of a vesicovaginal mesh by vaginal route should be discussed taking into account an uncertain long-term risk-benefit ratio (Grade B). Levator myorrhaphy is not recommended as a first-line rectocele treatment (Grade C). There is no indication for a vaginal mesh as a first-line rectocele treatment (Grade C). There is no reason to systematically perform a hysterectomy during prolapse repair (Grade C). It is possible to not treat stress incontinence at the time of prolapse repair, if the woman is advised of the possibility of a 2-step surgical treatment (Grade C). Clinical practice guidelines.

Mots clés:
Prolapsus génital / traitement chirurgical / Recommandation / Femme
Mots-clés:
Genital prolapse Guidelines Surgical treatment Women