Comité d'Urologie et de Périnéologie de la Femme

Traitement de l’incontinence urinaire féminine non neurologique
2016
- Recommandations
Traitement par voie basse des colpocèles postérieures : recommandations pour la pratique clinique
Vaginal surgery and transanal approach for posterior vaginal wall prolapse: Guidelines for clinical practice
2016
- Recommandations
- Réf : Prog Urol, 2016, 26, 07, 47-60, suppl. 2

Objectif : Ce travail est une synthèse des techniques chirurgicales proposées dans la cure des colpocèles postérieures par voie basse dans le but de chaque technique.
Matériel et méthodes : Ce travail s’est appuyé sur une revue exhaustive de la littérature (PubMed, Medline, Cochrane library, Cochrane database of systemactic reviews, Embase) ayant concerné les méta-analyses, essais randomisés, revues de la littérature, études contrôlées et grandes études non contrôlées publiés sur le sujet.
Résultats : Les colpocèles postérieures sont représentées par les rectocèles moyennes et basses et par les atteintes sus-lévatoriennes, hautes, ou élytrocèles. La symptomatologie associée est fréquemment des troubles anorectaux, nécessitant une évaluation préopératoire précise, du fait de leur prévalence élevée dans la population féminine, afin de corréler au mieux le prolapsus postérieur avec ces troubles avant de poser une indication opératoire. Pour les rectocèles moyennes traitées par voie basse, la réparation du fascia rectovaginal, sans myorraphie des releveurs, est recommandée. Elle est supérieure à la voie transanale dans cette indication. L’utilisation des prothèses biologiques pour la cure des rectocèles par voie vaginale n’est pas recommandée. Du fait de leur évaluation insuffisante et de leur morbidité, les prothèses synthétiques par voie vaginale ne sont pas indiquées pour la cure d’une rectocèle en première intention. La périnéorraphie superficielle ne doit être proposée que dans les rectocèles basses symptomatiques.
La promontofixation est préconisée pour la cure des élytrocèles, en sachant que la suspension du dôme vaginal non prothétique par voie vaginale garde une place en fonction de l’âge de la patiente, de ses comorbidités et des gestes associés.
Conclusion : Seuls les prolapsus postérieurs symptomatiques sont éligibles à une réparation par voie vaginale. L’évaluation de la fonction anorectale peut être nécessaire avant de poser l’indication opératoire, car l’aggravation postopératoire des troubles anorectaux préexistants ou l’apparition de novo d’une incontinence anale sont susceptibles d’entraîner une altération importante de la qualité de vie de ces patientes, dans cette chirurgie fonctionnelle.

Objective: The aim was to review the safety and efficacy of surgery for posterior vaginal wall prolapse by vaginal route, in order to identify a therapeutic algorithm based on benefit/risk evaluation of each surgical procedure.
Material and methods: We performed a review of the litterature published up to september 2015 (PubMed, Medline, Cochrane library, Cochrane database of systemactic reviews) according to the HAS methodology. Level evidence (1 to 4) was determined for each study as well as evidence based recommendations (A, B, C or professional agreement).
Results: Posterior vaginal wall prolapse include mid and low rectoceles and high, beyond levator ani, defects (vaginal vault prolapse, enterocele). Patients with these prolapses frequently complain of bowel symptoms. Due to their high incidence in women, these symptoms require a careful evaluation before surgery in order to correlate them to the prolapse. Repair of the rectovaginal fascia without levatorplasty is recommended in mid rectoceles by vaginal route. The transvaginal approach is superior to the transanal approach for repair of posterior wall prolapse. Biological grafts are not recommended. Due to the lack of evaluation and to the morbidity of polypropylene meshes, there is no indication for their use in the first line surgical procedure of posterior compartment prolapse in the transvaginal approach. Superficial colpoperineorraphy must be proposed only in the symptomatic low rectoceles. Sacrocolpopexy is the procedure of choice for vaginal vault prolapse, but there is still a place for non-prothetic vault suspension by vaginal route according to the age of patients, comorbidities and associated surgical procedures.
Conclusions: Surgical option by vaginal route must be proposed only in symptomatic posterior vaginal wall prolapse. An anorectal evaluation can be required before surgery to avoid worsening of preoperative symptoms or a de novo fecal incontinence, which can lead to a dramatic impairment of patients’ quality of life in this functional surgery.

Mots-clés:
Posterior vaginal wall prolapse Rectocele Enterocele Vaginal vault prolapse Vaginal mesh Transanal resection
Chirurgie d’occlusion vaginale (colpocléisis) pour prolapsus génital : recommandations pour la pratique clinique
Colpocleisis: guidelines for clinical practice
2016
- Recommandations
- Réf : Prog Urol, 2016, 26, 07, 61-72, suppl. 2

Introduction : La technique de colpocléisis demeurant largement utilisé, nous avons souhaité réaliser une revue de la littérature pour évaluer ses résultats et émettre des recommandations concernant cette procédure.
Méthodes : Il s’agit d’une revue exhaustive de la littérature concernant le colpocléisis dans la cure de prolapsus, établissement de niveaux de preuve (NP) et de grades de recommandation selon la méthodologie des recommandations pour la pratique clinique.
Résultats : A court terme, le colpocléisis est associé à une efficacité objective de 98 % (NP3) et à une efficacité subjective de 93 % (NP3). Une amélioration des symptômes (génitaux, urinaires et anorectaux) est observée, de même qu’une amélioration de la qualité de vie (NP4) et de l’image corporelle (NP3) pour une grande majorité des patientes. À moyen terme (1 à 3 ans), 85 à 100 % des patientes se déclarent satisfaites ou très satisfaites (NP3). À moyen et long termes, 5 % des patientes regrettent d’avoir fait cette intervention (NP4). Le colpocléisis est associé à moins de complications par rapport aux autres techniques par voie vaginale chez les femmes de plus de 80 ans (NP2).
Conclusion : Les techniques d’occlusion vaginale (colpocléisis) sont une option envisageable pour le traitement du prolapsus chez les femmes ne souhaitant plus avoir de rapports sexuels par le vagin (grade C). Avant de « laisser en place » un utérus et de faire une fermeture vaginale qui rendra toute exploration utérine compliquée, il convient d’évaluer le risque de pathologie endométriale (grade C).

Objective: To provide clinical practice guidelines (CPGs) based on the best evidence available (level of evidence (LE)), concerning colpocleisis as a surgical treatment of pelvic organ prolapse.
Methods: This article concern a systematically review of the literature concerning colpocleisis (obliterative surgery).
Results: At short term follow-up, colpocleisis is associated with an anatomical success rate of 98 % (LE3) and a subjective success rate of 93% (LE3). A decrease in genital, urinary and anorectal symptoms and an enhancement of quality of life are observed in most women following colpocleisis (LE4). At mid-term (1 to 3 years) follow-up, patients’ satisfaction (“satisfied” or “very satisfied” ranges from 85 to 100% (LE3)). At long-term follow-up, regret rate (women who regret having had the surgery) is 5% (LE4). In women over 80 years old, colpocleisis is associated with a decrease in per- and post-operative complication rates when compare to other surgical techniques used for pelvic organ prolapse surgery (LE2).
Conclusion: Colpocleisis is a valid surgical option for elderly patients with pelvic organ prolapse surgery, and who are definitely permanently sexually inactive (Grade C).

Mots-clés:
Genital prolapse Surgical treatment Colpocleisis Guidelines
L’hystérectomie modifie-t-elle les résultats anatomiques et fonctionnels de la cure de prolapsus ? : Recommandations pour la pratique clinique
Does hysterectomy modifies the anatomical and functional outcomes of prolapse surgery?: Clinical Practice Guidelines
2016
- Recommandations
- Réf : Prog Urol, 2016, 26, 07, 73-88, suppl. 2

Objectif : Élaborer des recommandations sur l’intérêt ou non de l’hystérectomie concomitante à la cure de prolapsus sur résultats anatomiques et fonctionnels, et selon la voie d’abord, suivant le matériel prothétique.
Matériel et méthodes : Revue exhaustive de la littérature concernant l’hystérectomie ou la conservation utérine dans la cure de prolapsus, établissement de niveaux de preuve (NP) et de grades de recommandation selon la méthodologie des recommandations pour la pratique clinique.
Résultats : Dans le traitement par voie basse, l’hystéropexie par sacrospinofixation (SSF) est une technique aussi efficace que l’hystérectomie avec suspension de l’apex dans les séries rétrospectives et dans une étude prospective randomisée (NP2) avec diminution de la durée opératoire, de la durée d’hospitalisation, du temps de convalescence et du temps de retour aux activités (NP2). Cependant, nous retrouvons une seule étude prospective avec des résultats contradictoires où le taux de récidive après conservation utérine est significativement augmenté par rapport à l’hystérectomie et suspension du fond. L’hystérectomie pendant la cure de prolapsus par voie basse, avec prothèse destinée à traiter l’étage moyen, ne semble pas modifier les résultats anatomiques (NP2). En cas de cure de prolapsus par voie basse avec prothèse, il n’existe pas d’arguments suffisants dans la littérature pour accorder un effet protecteur d’érosion prothétique à la conservation utérine (NP3). Dans le traitement par voie haute, par promontofixation, l’hystérectomie élève la durée opératoire (NP1), les pertes sanguines (NP1). La conservation utérine n’expose pas à un risque de récidive plus important sur l’étage moyen (NP2) et ne semble pas non plus réduire le taux de cystocèle secondaire (NP2). En cas de promontofixation, une hystérectomie totale concomitante augmente le risque d’érosion prothétique (NP3). En cas d’indication d’hystérectomie lors de la promontofixation, une hystérectomie subtotale est recommandée (grade C) à condition d’une absence de pathologie cervicale (accord d’experts). Il n’existe pas à ce jour de preuves suffisantes dans la littérature pour affirmer que la conservation utérine améliorerait la fonction sexuelle (NP3).
Conclusion : Il n’est pas nécessaire de réaliser une hystérectomie de principe pour espérer améliorer le résultat anatomique dans la chirurgie du prolapsus, quel que soit l’abord (grade B).

Objective: Provide guidelines for clinical practice concerning hysterectomy during surgical treatment of pelvic organ prolaps, with or without mesh.
Methods: Systematically review of the literature concerning anatomical and functionnal results of uterine conservation or hysterectomie during surgical treatment of pelvic organ prolaps.
Results: Sacrospinous hysteropexy is as effective as vaginal hysterectomy and repair in retrospective comparative studies and in a meta-analysis with reduced operating time, blood loss and recovery time (NP2). However, in a single RCT there was a higher recurrence rate associated with sacrospinous hysteropexy compared with vaginal hysterectomy. Sacrospinous hysteropexy with mesh augmentation of the anterior compartment was as effective as hysterectomy and mesh augmentation (NP2), with no significant difference in the rate of mesh exposure between the groups (NP3). Sacral hysteropexy is as effective as sacral colpopexy and hysterectomy in anatomical outcomes; however, the sacral colpopexy and hysterectomy were associated with increase operating time and blood loss (NP1). Performing hysterectomy at sacral colpopexy was associated with a higher risk of mesh exposure compared with sacral colpopexy without hysterectomy (NP3). There is no sufficient data in the literature to affirm that the uterine conservation improve sexual function (NP3).
Conclusion: While uterine preservation is a viable option for the surgical management of uterine prolapse the evidence on safety and efficacy is currently lacking.

Mots-clés:
Uterine prolapse Hysterectomy Vaginal prolapse Mesh Sacrocolpopexy Pelvic organ prolapse Cystocele Rectocele Apical prolapse Sacral hysteropexy Sacrospinous hysteropexy
Traitement de l’incontinence urinaire associée au prolapsus génital : Recommandations pour la pratique clinique
Treatment of Urinary incontinence associated with genital prolapse: Clinical practrice guidelines
2016
- Recommandations
- Réf : Prog Urol, 2016, 26, 07, 89-97, suppl. 2

Objectif : Prolapsus et incontinence urinaire sont fréquemment associés. L’incontinence urinaire à l’effort (IUE) patente ou avérée est définie par une fuite d’urine survenant à la toux ou au Valsalva, en l’absence de toute manœuvre de réduction du prolapsus. L’incontinence urinaire masquée se traduit par une fuite d’urine survenant lors de la réduction du prolapsus au cours de l’examen clinique chez une patiente ne décrivant pas de symptômes d’incontinence à l’état basal. L’objet de ce chapitre est de réfléchir à la question de la prise en charge systématique ou non d’une IUE, patente ou masquée, lors de la cure d’un prolapsus des organes pelviens par voie haute ou par voie basse.
Matériel et méthodes : Ce travail s’appuie sur une revue systématique de la littérature (PubMed, Medline, Cochrane Library, Cochrane Database of Systemactic Reviews, EMBASE) concernant les méta-analyses, essais randomisés, registres, revues de la littérature, études contrôlées et grandes études non contrôlées publiés sur le sujet. Sa réalisation a suivi la méthodologie de la Haute Autorité de Santé (HAS) concernant les recommandations pour la pratique clinique, avec un argumentaire scientifique (accompagné du niveau de preuve, NP) et un grade de recommandation (A, B, C et accord professionnel, AP).
Résultats : En cas d’IUE patente, la cure concomitante du prolapsus et de l’IUE réduit le risque d’IUE postopératoire. Cependant le traitement isolé du prolapsus permet de traiter jusqu’à 30 % des IUE préopératoires. Le traitement concomitant de l’IUE expose à une morbidité spécifique d’hyperactivité vésicale et de dysurie.
La présence d’une IUE masquée représente un risque d’IUE postopératoire, mais il n’existe pas de test clinique ou urodynamique permettant de prédire de manière individuelle le risque d’IUE postopératoire. Par ailleurs, le traitement isolé du prolapsus permet de traiter jusqu’à 60 % des IUE masquées. Le traitement concomitant de l’IUE masquée expose donc là aussi à un surtraitement et à une morbidité spécifique d’hyperactivité vésicale et de dysurie.
Conclusion : En cas d’IUE, patente ou masquée, le traitement concomitant de l’IUE et du prolapsus réduit le risque d’IUE postopératoire mais expose à une morbidité spécifique de dysurie et d’hyperactivité vésicale (NP3). Le traitement isolé du prolapsus permet souvent à lui seul de traiter une IUE préopératoire. On peut proposer de ne pas traiter l’IUE, qu’elle soit patente ou masquée, dans le même temps à condition de prévenir les patientes de l’éventualité d’une chirurgie en deux temps (grade C).

Introduction: Prolapse and urinary incontinence are frequently associated. Patente (or proven) stress urinary incontinence (SUI) is defined by a leakage of urine that occurs with coughing or Valsalva, in the absence of any prolapse reduction manipulation. Masked urinary incontinence results in leakage of urine occurring during reduction of prolapse during the clinical examination in a patient who does not describe incontinence symptoms at baseline. The purpose of this chapter is to consider on the issue of systematic support or not of urinary incontinence, patent or hidden, during the cure of pelvic organs prolapse by abdominal or vaginal approach.
Material and methods: This work is based on an systematic review of the literature (PubMed, Medline, Cochrane Library, Cochrane database of systematic reviews, EMBASE) for meta-analyzes, randomized trials, registries, literature reviews, controlled studies and major not controlled studies, published on the subject. Its implementation has followed the methodology of the HAS on the recommendations for clinical practice, with a scientific argument (with the level of evidence, NP) and a recommendation grade (A, B, C, and professional agreement).
Results: In case of patent IUE, concomitant treatment of prolapse and SUI reduces the risk of postoperative SUI. However, the isolated treatment of prolapse can treat up to 30% of preoperative SUI. Concomitant treatment of SUI exposed to a specific overactive bladder and dysuria morbidity.
The presence of a hidden IUE represents a risk of postoperative SUI, but there is no clinical or urodynamic test to predict individually the risk of postoperative SUI. Moreover, the isolated treatment of prolapse can treat up to 60% of the masked SUI. Concomitant treatment of the hidden IUE therefore exposes again to overtreatment and a specific overactive bladder and dysuria morbidity.
Conclusion: In case of overt or hidden urinary incontinence, concomitant treatment of SUI and prolapse reduces the risk of postoperative SUI but exposes to a specific overactive bladder and dysuria morbidity (NP3). The isolated treatment of prolapse often allows itself to treat preoperative SUI. We can suggest not to treat SUI (whether patent or hidden) at the same time, providing that women are informed of the possibility of 2 stages surgery (Grade C).

Mots-clés:
Pelvic organ prolapse Surgical treatment Urinary incontinence Guidelines