Spécial AFU 2012 : Cancer du rein, lithiase urinaire

06 janvier 2011

Auteurs : I. Ouzaid
Référence : Progrès FMC, 2013, 23, 1, F31-F32


Cancer du rein (RCC)


Recherche fondamentale

Une étude a comparé les profils protéomiques par la technique iTRAQ® des cellules rénales normales et du carcinome rénal à cellules claires (cRCC) appariées selon la classification SSIGN pour rechercher des protéines susceptibles d’être des biomarqueurs pronostiques du CRCC (Résumé O-177). L’analyse protéomique globale a permis d’identifier 928 protéines dont 346 étaient différentiellement exprimées. NNMT et TGFBI étaient nettement surexprimées dans le tissu tumoral comparé au tissu sain et tout particulièrement pour les cancers de mauvais pronostic (ratio tissu sain/tissu tumoral à 15,4 pour TGFBI et 18,71 pour NNMT). Cette surexpression a été confirmée par Western Blot.
CXCL4 et son variant CXCL4L1 sont des chimiokines possédant une activité anti-angiogénique. Leur action est médiée par le récepteur CXCR3B. L’expression des transcrits de CXCL4, CXCL4L1 et CXCR3B a été étudiée par qRT-PCR sur 235 échantillons tissulaires (cRCC : n=125 ; tissus sains : n=110). Il existait une surexpression tumorale relative de CXCL4 et CXCL4L1 par rapport au tissu sain aux stades localisé (respectivement d’un facteur 1,56 et 1,78) et localement avancé (respectivement d’un facteur 1,12 et 1,29), et une sous-expression relative au stade métastatique (respectivement −21 % et −27 %) (Résumé O-018).
La détection sérique de micro-ARN (miR-210) était plus élevée chez les patients qui avait un cRCC comparé aux sujets normaux. Par ailleurs, ce taux sérique est significativement abaissé après l’exérèse de la tumeur (Résumé O-019).


Recherche clinique

L’exploitation des données de la base de données NEPHRON a montré une bonne diffusion de la néphrectomie partielle en France. En effet, lorsque toutes tailles tumorales étaient considérées, une chirurgie conservatrice était pratiquée dans 46,1 % des cas. En ne considérant que les tumeurs de moins de 4cm, ce taux atteignait 76,7 %. Par ailleurs, l’usage des techniques laparoscopique et robotique est en plein essor (36,7 %) (Résumé O-012). Dans le même sens, l’analyse des profils des tumeurs du rein opérées par une néphrectomie élargie a montré que 60 % d’entre elles étaient classées supérieure à pT2. Il ne semblait donc pas exister un usage excessif de la chirurgie radicale pour les masses rénales (Résumé O-020).
Une équipe a étudié la capacité de deux techniques combinées de spectroscopie optique (spectroscopie de Raman et de Réflectance) à différencier des tumeurs rénales bénignes et malignes après leur exérèse chirurgicale. Les résultats étaient prometteurs en ce sens que les tumeurs bénignes et malignes étaient discriminées avec une précision de 96 % (Raman) et 88 % (Réflectance). Dans le sous-groupe des petites tumeurs rénales (<4cm), la précision était respectivement de 93 % et 95 % en spectroscopie de Raman et de Réflectance (Résumé O-168).
Les biopsies percutanées des masses rénales ont montré une bonne concordance pour le type histologique mais de moins bons résultats pour le grade de Furhman (Résumé O-169).
L’analyse histologique des kystes rénaux classés Bosniak III opérés a montré la présence de lésions malignes dans 33 % des cas (Résumé O-171).
La néphrectomie partielle robot-assistée (NPRA) a fourni des résultats fonctionnels comparables à néphrectomie partielle laparoscopique pour les tumeurs complexes, mais avec un risque significativement plus faible de conversion en néphrectomie radicale (O-174). L’âge du patient, le traitement par anticoagulant et l’expérience du chirurgien étaient retrouvés comme facteurs prédictifs de complication après NPRA (Résumé O-174). La taille de la tumeur supérieure ou égale à 4cm, la localisation polaire supérieure et un rein controlatéral pathologique ou absent sont des facteurs de complications de NP en général (Résumé O-176). Une équipe a rapporté le traitement de 104 petites tumeurs rénales (<4cm) par cryoablation sous AL exclusive. L’EVA per- et postopératoire immédiate moyenne était respectivement de 1,9 et 0,8. Sur huit complications, deux ont nécessité une réintervention au bloc opératoire à distance du geste. La durée d’hospitalisation était de 24heures pour 96 % des patients.
Dans une étude comparant 39 patients qui ont eu un embolisation rénale sélective et 56 patients qui ont eu une tumorectomie rénale pour suspicion d’angiomyolipome, il y avait des différences significatives (p<0,05, embolisation versus chirurgie) entre les groupes concernant l’âge (39,7 versus 53,1ans), la fonction rénale (87,9 vs 74,5mL/min/L, 73m2) et son évolution (13,8 vs −3,9μmol/L) et la taille de la lésion (7,1 versus 4,5cm). En termes de morbidité, on retrouve des différences statistiquement significatives pour la durée d’hospitalisation (4,1 versus 6,5jours), le taux de complications (29,7 % versus 14,3 %) et le taux de réintervention (44,8 % versus 10 %). L’approche radiologique permet de diminuer la durée d’hospitalisation au prix d’une morbidité significativement plus importante que celle de l’approche chirurgicale (Résumé O-179).
Dans une étude multicentrique ayant inclus 75 patients avec des masses rénales supérieures ou égales à 7cm analysés en rétrospectif, a montré des survies spécifiques, sans récidive et sans progression à trois ans respectivement de 96 %, 95 % et 95 %. Aussi, une perte de fonction rénale significative chez 43,1 % des patients (Résumés O-015, O-016).
L’étude CAPRI a évalué le coût de prise en charge des patients atteints d’un cancer du rein métastatique (mRCC). L’étude des données de consommation de soins à six mois chez 29 patients et à un an chez 11 patients a permis d’estimer le coût annuel moyen de traitement d’un patient atteint mRCC et traité par le sunitinib à 29 000€ environ, dont 80 % pour la chimiothérapie (Résumé O-022).


Lithiase urinaire


Recherche fondamentale

Une étude visait à déterminer l’effet de la prise quotidienne de thé vert sur les facteurs de risque lithiasiques et les caractéristiques morpho-constitutionnelles des calculs dans une population de patients lithiasiques hypercalciuriques (Résumé O-121). Cette étude monocentrique et rétrospective était effectuée chez 423 patients lithiasiques hypercalciuriques. Un groupe témoin (n=310) et un groupe thé vert (n=74) étaient comparés. Les prévalences de calculs de weddelite majoritaire sont respectivement trois et 4,3 fois plus grandes chez les hommes et les femmes consommant du thé vert par rapport aux contrôles (p<0,05). Néanmoins, la prise quotidienne de thé vert n’a pas modifié les facteurs de risque lithiasiques.


Recherche clinique

Une équipe a présenté l’apport du système de repérage Visio-Track® lors de la lithotritie extracorporelle (Résumé O-122). Le nouveau module Visio-Track® d’EDAP-TMS est un système de navigation stéréotaxique composé de trois éléments : une caméra stéréotaxique, un repère optique de la table, et une sonde d’échographie munie de capteurs optiques. Le calcul est repéré par la sonde d’échographie avec sauvegarde de la position en 3D. La table se déplace ensuite de façon à centrer automatiquement le calcul sur le point focal. Cette expérience initiale sur 16 patients a montré que le temps de scopie était de 85,8 secondes dans le groupe avec Visio-Track® versus 180,25 dans le groupe sans Visio-Track® (p=0,0014).
Une étude rétrospective (Résumé O-124) sur la dérivation urinaire avant l’urétéro-rénoscopie souple (URSS) chez 467 patients (319 avec dérivation et 178 sans dérivation). Le taux de succès immédiat (70±2 % vs 59±4 %, p=0,01) et à distance (72±2 vs 64±4 %, p=0,039) était significativement plus élevé dans le groupe des patients ayant une endoprothèse urétérale. Le taux de complication était identique dans les deux groupes (11±1 % vs 12±2 %, p=0,7). L’analyse en sous-groupe des patients présentant des calculs de l’uretère a montré que la pose d’une endoprothèse urétérale était associée à une augmentation nette du taux de succès (81±4 % vs 57±9 %, p=0,0076). Par ailleurs, l’utilisation de la gaine d’accès pendant l’URSS pour calcul n’a pas amélioré le taux de patients sans fragments et n’a pas d’incidence sur la survenue de complications dans une étude rétrospective portant sur 280 URSS (Résumé O-123).
Une étude a rapporté les résultats de 180 néphro-lithotomie percutanées (NLPC) en position de décubitus dorsal (Résumé O-128). Un bon résultat a été obtenu dans 129 (71,6 %) cas. Ce groupe est représenté par les « stone free » (111 cas) et les fragments résiduels non significatifs (18 cas). Le taux de complications globales dans notre série était de 18,9 %.