Le point sur... Complications osseuses des traitements hormonaux des cancers de la prostate

14 février 2006

Auteurs : Christian ROUX
Référence : Progrès FMC, 2005, 15, 4, 25-27
L'augmentation du risque de fracture chez les patients souffrant de cancer de la prostate traité par privation hormonale est certaine, et doit être prise en compte dans la gestion de ces patients.
Il existe 2 situations :
  • 1ère situation : le patient vient de souffrir d'une fracture. Elle peut ne pas être la conséquence d'une extension métastatique, mais rattachée à l'ostéoporose secondaire. Une densitométrie osseuse est utile, mais surtout un traitement par bisphosphonate s'impose.
  • 2ème situation : le patient n'a pas fait de fracture, mais on prévoit de débuter chez lui un traitement de déprivation hormonale. Il est justifié de réaliser une densitométrie, afin de dépister les sujets ayant déjà une densité osseuse diminuée.
Au plan thérapeutique, il y a là encore 2 situations :
  • chez le patient métastatique, l'usage des bisphosphonates intraveineux est justifié pour des raisons néoplasiques, et il n'y a pas de traitement anti-ostéoporotique à ajouter.
  • en l'absence de métastase, la mise en évidence d'une densité osseuse basse chez un sujet allant recevoir un agoniste du GnRH est une indication à un traitement. Dans ce contexte, l'alendronate peut être prescrit, dans le cadre de son AMM. Le zolédronate intraveineux est en cours d'évaluation dans le traitement de l'ostéoporose post ménopausique et cortisonique, sur la base d'une injection intraveineuse annuelle. La poursuite des essais cliniques pour évaluer son intérêt dans la prévention et le traitement de l'ostéoporose des hommes souffrant de cancer de la prostate est attendue.