Le défi de l’homme vieillissant

01 mars 2011

Auteurs : Ravery Vincent
Référence : Progrès FMC, 2011, 21, 1, F1-F2
Progrès en urologie FMC confirme par ce nouveau numéro sa forte implication dans contextualisation de situations cliniques d’intérêt, sa volonté de s’ouvrir à d’autres spécialités sur des thématiques frontières et son souci de continuellement mettre à jour l’état de l’art sur des prises en charge médicales ou chirurgicales.
Le vieillissement de la population met l’urologue face à plusieurs défis : celui de traiter sans nuire les patients âgés de plus en plus poly-médicamentés et notamment, recevant des anti-coagulations diverses, et chercher à mieux diagnostiquer par exemple les maladies prostatiques par l’utilisation de nouveaux marqueurs ayant une valeur pronostique.
Dans cet objectif, le Professeur A. Houlgatte, expose son expérience du pro-PSA comme outil diagnostique du cancer de la prostate en rappelant que l’une de ses isoformes, le -2 pro-PSA est deux fois plus spécifique que le pourcentage du PSA libre pour une même sensibilité et qu’il existe actuellement une évaluation en cours de l’intérêt de l’index Phi, qui combine les données du PSA total, du PSA libre et du -2 pro-PSA, pour le meilleur diagnostic des formes agressives.
Dans la rubrique, le point de vue d’une autre spécialité, le Docteur M. Bertrandy-Loubat expose de façon claire et accessible, la différence entre un stent coronarien nu ou actif. Elle rappelle que chez les patients porteurs de stent, l’arrêt des antiplaquettaires peut provoquer une thrombose et que ce risque est majoré pour les stents actifs. La durée de la bithérapie antiplaquettaire est de 6 semaines pour les stents nus et de 1 an pour les stents actifs: toute chirurgie non urgente doit être reportée. Faut-il rappeler que cette situation d’avoir à traiter des patients poly-médicamentés sous antiagrégants plaquettaires ou sous anticoagulants fait partie de la routine clinique et que l’urologue a très souvent à transgresser les règles de bonne pratique cardiologique pour ne pas entrer dans le cycle néfaste des complications iatrogènes ? Une concertation étroite entre les cardiologues et les urologues est dans ce domaine particulier tout à fait indispensable.
Le Docteur B. Boillot apporte un éclairage sur une technique de double dérivation urinaire et fécale en cas de dyssynergie vésico-sphinctérienne et anorectale. Concernant la dérivation urinaire, grâce au procédé de Mitrofanoff (préférée chez l’enfant car l’appendice est le plus souvent présent), l’implantation de l’appendice dans la vessie doit être réalisée dans un segment fixe de la vessie. L’appendice étant au mieux, chez le mâle, implanté au niveau de l’ombilic et chez la femme, pouvant devenir enceinte, implanté en fosse iliaque droite. Cette double dérivation cutanée continente permet d’obtenir de très bons résultats fonctionnels au prix d’un taux de complications acceptable.
Le Professeur C. Saussine donne son point de vue d’expert concernant la gestion des patientes en échec de bandelette sous uréthrale pour une incontinence urinaire. Il rappelle que cette récidive d’incontinence peut être liée à une érosion uréthrale, une bandelette trop lâche, une mauvaise indication initiale, la persistance ou l’aggravation d’une incontinence urinaire non liée à l’effort. Ces situations peuvent être combinées et le bilan devra intégrer un interrogatoire, un examen clinique et quelques examens complémentaires, tels qu’une échographie trans-labiale, une uréthrocystoscopie et un bilan urodynamique. La prise en charge dépendra évidemment de chaque situation clairement identifiée.
Enfin, 3 jeunes collègues, rapportent les points principaux du 104e Congrès de l’AFU sur 3 thèmes différents : les pathologies prostatiques (G. Ploussard), les prélèvements et la transplantation rénale (E. Xylinas) et différentes autres pathologies tels que le cancer du rein, la lithiase, l’infectiologie ou la dysfonction sexuelle (V. Azancot). Dans chacune de ces thématiques, les principaux abstracts de présentations orales, sont mis en exergue, en soulignant ce qu’il faut en retenir.
Progrès en Urologie FMC, en plus de participer à l’amélioration de nos connaissances, offre également une tribune à la nouvelle génération, véritable vivier de notre spécialité et qui aura, plus encore que nous-mêmes, à faire face aux défis de la prise en charge des pathologies urologiques de l’individu vieillissant.
Bonne lecture