La prostate : une glande énigmatique

06 janvier 2011

Auteurs : M. Rouprêt, T. Seisen
Référence : Prog Urol, 2012, 22, S1, suppl. 1
La médecine moderne, sophistiquée et complexe, s'éloigne sans cesse de l'examen clinique, de la sémiologie ou de la physiopathologie. La physiopathologie envisage pourtant à la fois les mécanismes physiques, cellulaires ou biochimiques qui conduisent à l'apparition d'une maladie et les conséquences de celle- ci. À ce titre, l'étude physiopathologique d'une maladie permet non seulement de mieux en comprendre les signes cliniques et biologiques, mais aussi d'envisager les mécanismes par lesquels un traitement pourrait rétablir les fonctions normales de l'organe ou tissu atteint. On oppose ainsi deux modes de traitement :
  • les traitements symptomatiques : pour diminuer ou supprimer un signe gênant d'une maladie sans s'attaquer à sa cause ou à son mécanisme ;
  • les traitements physiopathologiques ou étiologiques visant à lutter contre les causes ou mécanismes de la maladie.
S'agissant de la glande prostatique, il faut bien avouer que l'on est confronté, de ce point de vue, à une énigme. La localisation anatomique unique de la prostate, au confluent des voies urinaires et génitales, en fait une glande dont les symptômes ou les maladies qui s'y développent peuvent nécessiter un traitement simultané. Ainsi, un homme qui « souffre » de sa prostate se plaint- il parfois de symptômes qui traduisent l'existence d'une maladie bénigne de la glande. De la même manière, certaines maladies de la prostate, plus graves, peuvent rester silencieuses et latentes dans la glande. Chez l'homme, la prostate est un « mythe » unissant, intimement, la sphère de la sexualité à celle de la crainte du cancer et à celle, enfin, de la qualité de vie via le confort mictionnel. L'apparition de symptômes urinaires et sexuels est toujours un événement impactant dans la vie d'un homme puisqu'elle est souvent liée, à tort ou à raison, au vieillissement physiologique. Par conséquent, les molécules pharmacologiques qui ont pour vocation d'améliorer les symptômes ou de traiter les causes des maladies de la prostate doivent répondre, pour être acceptées par les patients, au caractère si singulier de cette glande et à la place qu'elle conserve dans l'inconscient masculin.