Instillations endo-vésicales de Mitomycine

02 avril 2010

Mots clés : Vessie, Tumeur, instillation, Mitomycine
Auteurs : Association Française d'Urologie
Référence : Fiches d'information patient, 2010, 2, 4, 1-3
L’analyse du polype qui a été enlevé au niveau de votre vessie a détecté des cellules malignes, superficielles, ce qui nécessite un traitement complémentaire. Afin de prendre une décision en toute connaissance de cause, vous devez être informé des suites normalement prévisibles et des risques liés au traitement. Votre médecin vous expliquera, en entretien, pourquoi un traitement complémentaire est nécessaire, son principe et son déroulement.

La vessie

La vessie est le réservoir dans lequel l’urine provenant des reins est stockée avant d’être évacuée lors de la miction.
Sa paroi interne est recouverte d’une muqueuse. C’est cette muqueuse qui a donné naissance au polype récemment enlevé.
Légende : pr : prostate ; r : rectum ; u : uretère ; ur : urèthre ; ut : utérus ; va : vagin ; ve :vessie.

Pourquoi ce traitement ?

L’analyse du polype a détecté des cellules malignes, superficielles. Le risque de cette affection est de récidiver et, dans certains cas, de progresser vers les plans plus profonds de la paroi de la vessie. Pour limiter ces risques, un traitement complémentaire à la résection endoscopique est recommandé, il s’agit d’une chimiothérapie locale par instillations intra-vésicales de Mitomycine (amétycine).
Le but de ce traitement est d’éliminer une éventuelle maladie résiduelle microscopique à l’origine des récidives.

Existe-t-il d’autres possibilités ?

D’autres produits peuvent être instillés, notamment le BCG. Votre urologue vous expliquera pour quelle raison il a opté pour ce traitement.
L’ablation de la vessie pourrait être envisagée, mais seulement en cas d’échec des traitements conservateurs. C’est la raison pour laquelle il est très important que vous vous soumettiez aux contrôles qui vous seront indiqués par l’équipe qui a pris en charge votre traitement.

Déroulement du traitement

Il consiste à réaliser une ou plusieurs instillations de Mitomycine dans la vessie dont le nombre et la fréquence vous seront précisés par votre urologue.
Deux schémas de traitement peuvent être proposés, éventuellement associés :
  • instillation unique immédiatement après l’opération
  • série de plusieurs instillations après la résection de vessie
Dans ce deuxième cas, les instillations ne seront réalisées qu’après vérification de l’absence d’infection urinaire.
Chaque instillation consiste à injecter le produit dans la vessie par l’intermédiaire d’une sonde introduite par l’urèthre. Il est recommandé de diminuer les boissons pendant les deux à trois heures précédant l’instillation et d’alcaliniser les urines par ingestion de boissons alcalines. Il vous est demandé de garder le produit dans la vessie sans uriner au minimum pendant une heure et, au mieux, deux heures.
A l’issue de ce délai, vous devrez uriner assis sur des toilettes qui seront nettoyées à l’eau de javel non diluée et boire abondamment pendant environ 48 heures.

Suites habituelles

Ce traitement peut vous fatiguer, être responsable d’une sensation de brûlures vésicales, parfois liées à une infection urinaire.
Il est préférable, tant que les effets secondaires persistent, d’éviter les efforts, les voyages et les rapports sexuels, et de différer l’instillation suivante.
Il est très important que vous vous soumettiez aux contrôles ultérieurs qui vous seront indiqués par l’équipe qui a pris en charge votre traitement.

Risques et complications

Les complications de ce traitement sont rares :
  • Infection urinaire et parfois infection des organes génitaux chez l’homme. Si des signes tels que des brûlures urinaires importantes et/ou de la fièvre et/ou une augmentation de volume d’une bourse pour l’homme surviennent, vous devez consulter sans tarder.
  • Allergie cutanée aux endroits ayant pu être en contact avec l’urine.
  • Rétrécissement uréthral consécutif aux sondages
Votre urologue se tient à votre disposition pour tout renseignement.
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