Éditorial

09 avril 2009

Auteurs : Hervé Lang
Référence : Progrès FMC, 2009, 19, 4, F113

Chers (ères) Collègues,

À la lumière de la médecine par la preuve, revisitons nos dogmes même les plus immuables ! C’est ce que propose Franck Bruyère avec la contre-indication formelle de la mise en place d’une sonde vésicale lors de la rétention aiguë d’urine sur prostatite aiguë. Soyons sûrs que cette remise en question ne soit pas du goût des enseignants et des étudiants, source de conflit potentiel, mais soit fondamentale dans l’esprit.
Aurélien Dinh expose très clairement les règles de prescriptions des antibiotiques à visée urologique chez la femme enceinte en fonction de la situation présente : bactériurie asymptomatique, cystite, pyélonéphrite aiguë. Ces règles se situent, logiquement, entre le principe de précaution, dans les formes habituelles, et le principe de recours à un expert, dans les formes inhabituelles.
D’une question ambiguë, pour un urologue « non-andrologue au quotidien », Pierre Nevoux nous donne une réponse limpide : la découverte d’une varicocèle clinique dans le bilan d’un couple infertile doit être traitée après réalisation d’un spermogramme et d’une échographie testiculaire à la recherche d’une éventuelle tumeur.
Grégory Verhoest, issu d’une équipe experte dans le domaine, nous livre une analyse objective de la situation des nomogrammes dans le cancer du rein en 2009. L’intérêt de les rendre de plus en plus pertinent permet d’obtenir des groupes de patients homogènes, essentiels à l’évaluation du bénéfice éventuel des nouvelles thérapeutiques. L’essor de la biologie moléculaire devrait permettre de ne plus combiner que des critères objectifs et donc reproductibles. Enfin, leur limite en utilisation pratique se situe à l’échelle individuelle où l’attente est le plus souvent binaire.
Sébastien Crouzet, de retour de la Cleaveland Clinic, nous rapporte la première expérience humaine de néphrectomie par voie transvaginale. Il conclut que c’est faisable mais difficile ce dont nous ne doutons pas…
L’IRM est l’examen de référence dans le bilan d’extension initial du cancer de prostate. Raphaële Renard-Penna compare l’antenne endorectale à l’antenne pelvienne de surface. Si initialement, l’objectif principal était de détecter une éventuelle extension extra-capsulaire, l’attente est maintenant d’obtenir en plus une topographie précise des lésions à l’aire du développement du traitement focal. Cette dernière semble pouvoir être obtenue de manière pertinente avec l’antenne pelvienne de surface.
Enfin, Philippe Grise rapporte les premiers résultats très encourageants d’une étude multicentrique prospective sur l’utilisation de la bandelette sous-urétrale TOMSTM dans l’incontinence mineure à modérée post-prostatectomie : 50 % des 144 patients sont complètement continents à un an.
Il convient donc de féliciter les auteurs de ce nouveau numéro de Progrès en Urologie-FMC pour véhiculer des messages clairs et concis qui seront reçus, une fois de plus, comme un apport à notre pratique quotidienne. Bonne lecture !