Éditorial

28 août 2011

Auteurs : Xavier Gamé
Référence : Progrès FMC, 2011, 21, 3, F71
En cette période de rentrée, le nouveau numéro de Progrès en Urologie FMC souligne une fois de plus le caractère complet, à la fois transversal et longitudinal (diagnostic, évaluation, traitement et suivi), et médico-chirurgical de notre spécialité. En effet, ce mois-ci, l’urologue sera à la fois infectiologue, oncologue, radiologue et chirurgien.
Gérard Cariou fait le point sur la conduite à tenir en préopératoire d’une chirurgie endoscopique prostatique face à la colonisation d’une sonde à demeure par une bactérie multirésistante (BMR), problématique quotidienne et d’actualité devant l’augmentation de la prévalence des germes résistants aux antibiotiques. Il nous indique que tout patient porteur d’une sonde à demeure transféré d’un autre centre de soins doit être considéré comme porteur d’une BMR jusqu’à la preuve du contraire et qu’il est conseillé de n’accepter l’admission qu’avec un ECBU récent. En cas de colonisation par une BMR, le patient doit être isolé et faire l’objet d’un signalement à l’équipe opérationnelle d’hygiène, un traitement antibiotique adapté à l’antibiogramme mis en place depuis au moins 48heures avant la réalisation de l’intervention, la sonde changée après au moins 24heures de traitement et l’antibiothérapie maintenue jusqu’à l’ablation de la sonde vésicale. Alors qu’il est préférable de réalisé un ECBU avec examen direct le matin de l’intervention, un contrôle post-opératoire n’est pas nécessaire.
Yann Neuzillet fait le point sur la place du dosage de la testostéronémie chez un patient ayant un cancer de prostate. Il nous rappelle qu’il convient de doser la testostéronémie totale à jeun le matin entre sept et dix heures, que la définition d’un cancer de la prostate résistant à la castration inclut une testostéronémie totale inférieure à 0,5 ng/ml et rapporte qu’alors qu’aujourd’hui aucun lien entre niveau de testostéronémie (hyper/hypo) et risque de cancer de prostate n’est démontré, les patients ayant une hypoandrogénie ont un risque plus élevé de cancer de prostate de haut grade et de stade avancé lors du diagnostic et de récidive biologique après prostatectomie radicale ou radiothérapie externe. Ces éléments indiqueraient que les patients hypogonadiques ne seraient pas de bons candidats pour un protocole de surveillance active.
Pierre Mozer nous fait part des bénéfices prouvés et à attendre des avancées technologiques couplant imagerie échographique 3D et logiciels informatiques dans la réalisation des ponctions biopsies prostatiques. Le dispositif Urostation® dont il est co-inventeur permet d’améliorer la distribution des biopsies, de réaliser un contrôle qualité s’assurant que l’ensemble des régions de la prostate a bien été ponctionné et en cas de rebiopsie de fusionner l’image échographique 3D à des images IRM ou à celle de la série précédente. Enfin dans l’avenir, ce logiciel sera probablement très utile dans la réalisation de traitements focaux tels que la curiethérapie ou les ultrasons focalisés de haute intensité.
Philippe Paparel nous décrit la technique d’extraction rénale vaginale après néphrectomie laparoscopique et souligne les bénéfices pour les patientes (esthétique, douleur, reprise des activités, risques d’éventration et infectieux). Cette technique impose toutefois de vérifier en pré-opératoire la compliance vaginale et est à éviter en cas d’endométriose pelvienne postérieure. Elle semble particulièrement adaptée à la femme obèse et constitue certainement une avancée supplémentaire vers la chirurgie sans cicatrice.
Enfin Vidal Azancot, Evanguelos Xylinas et Guillaume Ploussard se sont cette fois-ci arrêtés à Washington et nous font partager ce qu’ils ont retenu du congrès 2011 de l’AUA.
Bonne lecture !