EAU 2009 : Cancer de prostate, cancer du rein, lithiase, andrologie

09 avril 2009

Auteurs : Guillaume Ploussard
Référence : Progrès FMC, 2009, 19, 2, F67-F72

Cancer de prostate (PCa)

Dépistage-prévention

Une étude de la branche suédoise de l’ERSPC souligne que les cancers diagnostiqués dans la branche « contrôle » étaient significativement plus agressifs (21,9 % de cancers PSA>20, T3-4, Gleason>7, N1, M1) que dans la branche « dépistage » (16,4 %) (P293). Une évaluation rétrospective de la branche finnoise d’un essai de prévention de PCa montre une diminution de l’incidence des cancers de prostate à faible risque chez les consommateurs de finastéride, comparativement aux autres bras (pas de traitement ou alphabloquants seuls) (P290). L’incidence des PCa de haut grade ou haut stade n’était pas affectée. Une communication finnoise souligne le surrisque de cancers, autres que le PCa (notamment cancer de la vésicule biliaire, de l’intestin grêle, de cancer du sein, de carcinome hépato-cellulaire), dans les cas familiaux de PCa (P788).

Biopsies-staging

L’équipe de Milan insiste sur le nombre idéal, variable d’un patient à l’autre, de carottes à prélever dans une première série de biopsies. Le volume prostatique est à prendre en compte, mais également le toucher rectal et le PSA. Un schéma (incluant site et nombre de carottes) pour chaque situation clinique est proposé (P386). Une étude canado-italienne insiste sur l’importance du nombre de biopsies positives, dans les cancers de prostate à faible risque, en tant que facteur prédictif de concordance entre Gleason biopsique et Gleason final (P621). L’expérience de Nijmegen souligne l’apport des biopsies guidées par IRM, chez les patients ayant deux séries de biopsies négatives (P298 et P828). Quatre carottes étaient prélevées en moyenne sous IRM au niveau des zones suspectes chez 68 patients, pour un taux de détection de 59 %. Une étude belge a étudié la corrélation entre la localisation du cancer sur les biopsies et sur l’IRM préopératoire, à la localisation du cancer sur la pièce de prostatectomie. Sur 507 patients inclus, l’IRM apparaissait supérieure au mapping des biopsies pour la localisation intraprostatique du cancer (P933). Dans une autre série conduite sur 2 centres français et 732 patients, l’IRM était hautement spécifique pour le diagnostic d’une extension extra-capsulaire (96 %) et de l’envahissement des vésicules séminales (98 %), avec malheureusement une très faible sensibilité d’environ 30 % pour ces deux paramètres (P939). Les résultats des biopsies à un an des patients inclus dans le protocole de surveillance active PRIAS montrent que les résultats des premières biopsies étaient sous-estimés dans 20 à 25 % des cas, en fonction du nombre de carottes prélevées (P829). Ces secondes biopsies étaient cependant négatives dans 35 % des cas.

Marqueurs urinaires

L’analyse intermédiaire de l’essai prospectif multicentrique étudiant l’impact du score PCA3 chez les patients candidats à une première série de biopsies (154 patients inclus) démontre la forte corrélation entre un score PCA3 élevé et la probabilité de biopsies positives (, P292). Le score PCA3 était supérieur au PSA total, au rapport PSA libre/total et densité du PSA pour prédire le risque de biopsies positives, et apparaît également corrélé à l’agressivité tumorale. L’étude des pièces de prostatectomies retrouve également une corrélation entre le score PCA3 et le volume tumoral (P623 et P690).
Figure 1 : Courbes ROC comparant score PCA3, rapport libre/total, PSA total et densité du PSA pour la prédiction de biopsies positives (avant première série de biopsies).
Une équipe américaine démontre l’apport diagnostique d’un test de recherche de méthylation des îlots CpG sur échantillon urinaire (spécificité 79 % pour un PSA entre 4 et 10) (P294). La recherche du gène de fusion dans les urines apparaît tout autant faisable avec une haute spécificité (93 %). Cependant la sensibilité avoisine seulement 30 % (P297).

Prostatectomie totale

Une intéressante série autrichienne souligne l’intérêt de l’utilisation du Floseal® dans la réduction du nombre de lymphocèles symptomatiques, dans une chirurgie rétro péritonéale (open, laparoscopie pure ou robot). Une étude de coûts démontre également un intérêt économique (P402). Des auteurs italiens ont étudié les facteurs associés à la qualité de vie (questionnaires d’évaluation des fonctions sexuelles et urinaires) des patients sans récidive à 5 ans de la PT (P638). L’âge des patients au remplissage du questionnaire (et non l’âge du patient lors de la PT), l’hormonothérapie et les paramètres anatomopathologiques de mauvais pronostic étaient corrélés à une plus mauvaise qualité de vie. Le bénéfice de la préservation bilatérale des bandelettes était maintenu jusqu’à 7 ans après la chirurgie. Une étude prospective non randomisée a comparé les résultats de la PT robot à la PT rétro pubienne, sur 300 malades (P642). Les 2 groupes étaient comparables en ce qui concerne les variables cliniques et pathologiques. Il n’y avait pas de différence concernant le taux de marges global, que ce soit pour les cancers pT2 (12 % et 14 %) ou pT3-4. En revanche, les marges étaient retrouvées plus souvent à l’apex pour les PT rétro pubiennes, et en antéro-latérales pour les PT robot. Le robot permet de réduire les pertes sanguines, le taux de transfusion et la durée d’hospitalisation, sans incidence sur le taux global de complications (P924). L’analyse des curages ganglionnaires étendus (ilio-obturateur, iliaque interne, iliaque commune et présacré) au cours des prostatectomies révèle que les ganglions positifs se situent dans 54,3 % des cas en dehors de la zone ilio-obturatrice classique et dans 40,9 % des cas le long de l’artère iliaque interne (P16). Beaucoup plaident pour l’absence de curage dans les cancers à faible risque, et la réalisation d’un curage étendu dans les formes à haut risque.

Radiothérapie

L’EORTC Trial 22 961 a montré la supériorité d’une hormonothérapie (BAC 6 mois+agonsites seuls 30 mois) pendant 36 mois après radiothérapie, comparée à une hormonothérapie courte de 6 mois, en termes de survie globale et sans progression. L’analyse des résultats en termes de qualité de vie rapporte une diminution significative de celle-ci (essentiellement par diminution de la fonction sexuelle et par bouffées de chaleur) au cours des 6 premiers mois dans les 2 bras (P745). La poursuite de l’hormonothérapie par agonistes seuls pendant 3 ans n’aggravait pas ces symptômes. Seul l’arrêt de l’hormonothérapie permettait une amélioration des scores de qualité de vie. Une série de 338 cancers de prostate opérés, de stade pT2 à marges positives, n’a pas retrouvé de bénéfice en termes de survie sans récidive biologique et sans récidive clinique, chez les patients ayant reçu une radiothérapie adjuvante (P746). Il s’agit cependant d’une série rétrospective, limitée par la plus grande proportion de Gleason 8-10 dans le bras RTE adjuvante. La même équipe ne retrouve pas d’impact de la radiothérapie adjuvante chez les patients avec invasion des vésicules séminales (P752). Une étude prospective espagnole regroupant 10 centres a comparé la qualité de vie après radiothérapie, curiethérapie et prostatectomie, à 3 ans de suivi et sur 711 patients (P750). La PT a significativement plus d’impact sur la fonction sexuelle. Le retentissement sur la fonction urinaire est identique dans les 3 procédures : les patients ayant subi une PT souffrent plus des fuites, les patients traités par RTE ou curiethérapie ont des symptômes obstructifs ou irritatifs. Les plaintes digestives sont plus importantes dans le bras RTE.

Cancers localement avancés et à haut risque

Les posters présentés insistent sur la réalisation d’un curage étendu en cas de cancer à haut risque (P515, 516, 519), au prix d’un temps opératoire plus long et d’un taux plus important de lymphocèle (P518). Quinze ganglions prélevés semblent nécessaires pour un staging efficace dans ces hauts stades. La prostatectomie totale reste un traitement efficace dans ces indications, avec des contrôles carcinologiques satisfaisants (P527 et 529). L’approche multimodale, combinant radiothérapie, hormonothérapie, voire chimiothérapie (P521, 523, 526) apporte les meilleurs résultats en termes de survie, notamment une survie sans récidive biologique et une survie cancer spécifique de 51 % et de 90 % à 10 ans, respectivement. Dans les cancers à haut risque selon d’Amico, le statut des marges est associé à la récidive biologique et clinique, mais n’apparaît pas comme facteur prédictif indépendant de survie globale ou cancer spécifique (P614).

Récidive biologique

Une large étude rétrospective sur 4 574 patients démontre que les patients ayant un cancer pT2 à marges positives ont un risque identique de récidive biologique que les patients pT3a à marges négatives (80 % à 5 ans) (P15). Les auteurs plaident pour une nouvelle classification TNM intégrant ces similitudes pronostiques. Dans une autre série, les mêmes auteurs soulignent le gain en termes de récidive biologique apporté par la radiothérapie adjuvante (en plus de l’hormonothérapie), dans une série appariée de 703 patients avec curage positif. La différence devient significative à 8 ans de la PT (P46).
La récidive biologique après PT est d’environ 40 % et apparaît le plus souvent dans les 3 premières années du suivi. Une intéressante série rapporte le taux de récidive après 10 ans de suivi (P631). Parmi les 280 patients sans récidive 10 ans après PT, 38 ont récidivé après ces dix premières années de suivi, et l’invasion des vésicules séminales ressortait comme le seul facteur prédictif indépendant de ces récidives tardives. Pour ces patients sans récidive à 10 ans, la survie sans récidive biologique à 15 ans était de 79 %. L’équipe de la Pitié-Salpétrière souligne l’imprécision de nomogramme de Kattan (indice concordance 0,66) dans la prédiction de la récidive biologique après PT, quand il est utilisé au sein d’une population différente de la population de validation (P694).

Maladie métastatique – prévention osseuse

Deux études comparant Dégarelix® (80mg ou 160mg) et Leuprolide® retrouvent une égalité entre les deux médicaments en termes de rechute biologique à un an de traitement, et une décroissance plus rapide de la testostéronémie sous Dégarelix® (P38 et 39). Dans un essai multicentrique européen de phase III, le traitement hormonal intermittent apporte les mêmes résultats en termes de survie globale et sans progression, comparé à un traitement continu en situation métastatique (P44). Dans une large étude en double-aveugle (734 patients dans chaque bras), le Denosumab® (RANK-ligand, 1 injection SC tous les 6 mois) augmente la minéralisation osseuse et diminue le risque de fractures vertébrales à 3 ans chez les patients non-métastatiques traités par hormonothérapie seule (P846).

Recherche

De nombreuses communications de recherche traitent de l’intérêt des micro-ARN dans le PCa (P777, P779, P780). Les micro-ARN sont des séquences non codantes qui modulent l’expression des gènes au stade post-transcriptionnel. Leur rôle dans la carcinogenèse prostatique est actuellement étudié essentiellement au stade de la culture cellulaire, mais les résultats préliminaires sont engageants. La présence du gène de fusion TMPRSS2-ERG dans le tissu prostatique dans une cohorte limitée de 33 patients (analyse des pièces de PT et du curage positif) ressortait comme un facteur prédictif majeur de dissémination métastatique (P784). La difficulté de l’étude des gènes de fusion dans le PCa réside cependant dans la multiplicité des gènes impliqués (famille des facteurs de transcription ETS) et la multiplicité des variants épissés. Le gène SLC45A3 est ainsi un partenaire de fusion également fréquent du gène ERG (P785).
L’équipe de Poitiers, dans un intéressant travail de comparaison entre TMA de tissu hormonnaïf et tissu hormonorésistant par immunohistochimie, apporte des informations intéressantes sur les mécanismes de l’échappement hormonal, notamment par l’expression augmentée du récepteur aux androgènes (P792).

Cancer du rein

Néphrectomie partielle (NP)

Une série rétrospective multicentrique a comparé en analyse appariée NP ouverte (936 cas) à NP laparoscopique (278 cas). Dans le groupe laparoscopie, la durée d’hospitalisation et les pertes sanguines étaient significativement diminuées. En revanche, la durée de clampage (28,8min vs 19,7min), le temps opératoire et le nombre de complications (16 % vs 10,4 %) étaient augmentés. Dans cette série, malgré l’appariement, il persistait un biais dû à un plus grand nombre de tumeurs pT1 et de tumeurs malignes dans le groupe NP ouverte (P23). Une équipe de Berlin présente son expérience de l’utilisation du Floseal® sur la tranche de NP, sans suture additionnelle (P32). Sur 200 patients, 2 urinomes ont nécessité la mise en place d’une JJ, et 2 hématomes une nouvelle laparoscopie pour drainage. Le temps de clampage moyen était de 26minutes. Une étude prospective serait intéressante pour comparer les pertes sanguines et la durée de clampage entre technique traditionnelle de suture et utilisation de Floseal® seul. L’embolisation hypersélective artérielle a été utilisée en préopératoire par une équipe italienne, sur 110 patients candidats à une NP laparoscopique (P34). Les critères d’inclusion étaient : tumeurs de plus de 4cm de diamètre et/ou une localisation intraparenchymateuse (1,5cm de la capsule rénale). Les résultats sont très intéressants : une durée opératoire moyenne de 60minutes des pertes sanguines moyennes de 100ml, et surtout l’absence de clampage du pédicule, donc une préservation néphronique maximale. L’extension des indications de l’embolisation aux tumeurs de moins de 4cm est envisagée par cette équipe. Une série multicentrique européenne confirme la faisabilité et la sûreté oncologique (taux de résection complète) des NP pour les tumeurs de 4 à 7cm (P36). Les auteurs insistent cependant sur l’importance de l’expérience de l’opérateur, et sur un taux global de complications augmentant avec le diamètre tumoral. Le suivi médian était de 2 ans. L’élargissement des indications de NP est en question. Dans une série multicentrique française, la préservation du débit de filtration glomérulaire n’était pas significative en cas de NP pour des tumeurs >7cm, comparativement à la néphrectomie radicale. Le bénéfice était significatif pour des tumeurs <4cm et de 4-7cm (P319). L’utilisation du robot dans la NP permettrait de réduire le temps d’ischémie rénale, par rapport à la voie laparoscopique pure (P810). Les autres paramètres opératoires ne semblaient pas modifiés. La courbe d’apprentissage de la NP robot est évaluée à 35 cas (P811).

Alternatives à la chirurgie

Différentes communications rapportent un taux de récidive après cryothérapie variant de 5,6 % (P323) à 19 % (P322), avec une morbidité de 17 % en cas de laparoscopie (P325). Après un suivi moyen à 5 ans de 22 patients traités par radiofréquence (non éligibles pour un traitement chirurgical, âge moyen 77,4 ans, diamètre moyen 2,7cm), une réponse complète TDM était observée dans 11 % des cas seulement et une augmentation du diamètre tumoral était notée dans près de 17 % des cas (P327). L’embolisation apparaît comme une méthode de choix, sur les plans médical et économique, du traitement de l’angiomyolipome symptomatique non compliqué : série de 35 patients, 16 traités par embolisation et 19 par chirurgie (P329).

Pronostic – surveillance

Dans une série rétrospective de 396 patients opérés d’une tumeur rénale de moins de 4cm de diamètre, le grade tumoral et le taux de métastases (synchrones et métachrones) étaient corrélés au volume tumoral (<2cm, 2-3cm, >3cm). Selon les auteurs, seule une taille <2cm est compatible avec une surveillance active (P134). Un grade 3 de Fuhrman et la présence de métastases étaient notés dans seulement 1,5 % et 2,9 % des tumeurs >2cm. Ces taux étaient de 5,2 % et 12,8 % en cas de tumeur de 2-3cm, donc trop élevés pour proposer une surveillance simple. L’envahissement des cavités excrétrices ressort comme facteur prédictif indépendant de survie spécifique et de progression métastatique, dans une analyse multivariée réalisée sur une cohorte de 834 patients (P136). Les translocations du chromosome Xp11, témoignant de la présence de gènes de fusion impliquant le facteur de transcription TFE3, isolent des carcinomes rénaux (RCC) de plus mauvais pronostic. La survie globale à 5 ans de 9 RCC (sur 235 étudiés) présentant cette translocation était seulement de 11 % dans une série espagnole (P139). La recherche systématique de ces translocations semble justifiée selon les auteurs. L’équipe de Rennes a analysé l’impact pronostique de taux sanguin et plasmatique de VEGF dans 367 RCC (P138). De forts taux étaient ainsi associés à tous les facteurs pronostiques cliniques et pathologiques habituels dans une analyse multivariée. Le dosage sanguin pourrait ainsi être utile pour le suivi des patients et la prédiction de la réponse au traitement anti-angiogénique. Dans une cohorte rétrospective de 258 tumeurs papillaires du rein, la présence d’une nécrose tumorale et son degré d’importance (plus ou moins de 20 %) ressortaient comme facteurs pronostiques indépendants de survie spécifique à 5 ans (86 % en l’absence de nécrose, 52 % en cas de nécrose >20 %) en analyse multivariée (P236). En cas d’envahissement vasculaire (tumeurs pT3b-pT3c), les autres paramètres d’invasion locale, notamment l’invasion de la graisse hilaire et de la graisse péri rénale, restent prédictifs de survie spécifique et de survie sans progression (P233). L’invasion microvasculaire de la capsule et la présence d’une différenciation éosinophile sont également pronostiques dans ces tumeurs évoluées.

Maladie métastatique

Une série rétrospective rapporte un bénéfice à la métastasectomie dans le RCC (survie à 5 ans de 57,8 % dans le groupe opéré, versus 35,3 % dans le groupe témoin). Ce bénéfice est cependant retrouvé uniquement chez les patients ECOG 0 et ayant un RCC initial de grade de Fuhrman 1 ou 2 sur la pièce de néphrectomie, donc de meilleur pronostic initial (P241). Autre limite de l’étude, aucun patient n’avait reçu de thérapie anti-angiogénique. La réalisation d’une néphrectomie chez les patients métastatiques ne modifie pas le profil de tolérance du sunitinib (P248). La supériorité du sunitinib sur l’immunothérapie en première ligne de traitement est de nouveau rapportée : survie médiane de 28 mois versus 14 mois dans le bras IFN (P246). Deux études notent l’absence de résistance croisée des thérapies anti-angiogéniques (sunitinib et sorafénib), dans l’utilisation séquentielle de ces 2 molécules (P251). Un patient progressant sous l’une de ces 2 molécules peut bénéficier de l’effet de la seconde en nouvelle ligne de traitement. La place de la néphrectomie chez les patients M+ candidats à une thérapie anti-angiogénique reste à définir. Une sous-analyse de l’essai EU-ARCCS (sorafénib en deuxième ligne) retrouve un taux de réponse supérieur et une meilleure survie sans progression des patients ayant eu une néphrectomie première (P254).

Recherche

Une collaboration multicentrique française portant sur des échantillons de RCC de 64 patients M+ traités par sunitinib a permis de retrouver une corrélation significative entre le taux de réponse au sunitinib et la surexpression de VEGF en périphérie de la tumeur rénale (odds ratio=9,3). S’il existe une surexpression de VEGF en périphérie comparée à l’expression au centre de la tumeur, le taux de réponse est de 80 %. À l’inverse, en l’absence de différence d’expression, 70 % des patients ne répondent pas au sunitinib (,P710). Le type d’architecture de l’angiogenèse tumorale semble également important dans le pronostic du RCC (P711). Une architecture de type immature est significativement associée aux facteurs de mauvais pronostic et à une mauvaise survie sans progression, contrairement à une architecture de type mature, de meilleur pronostic. Une forte expression de la chemokine CXCR4 dans le RCC apparaissait comme un facteur prédictif de mauvaise survie sans progression (P1022).
Figure 2 : Immunohistochimie avec anticorps anti-VEGF de carcinomes rénaux : impact prédictif sur la réponse au sunitinib d’une différence de marquage entre périphérie et centre de la tumeur.

Lithiase

Une étude de l’innervation de l’uretère par coupes sériées a mis en évidence des récepteurs α-1 adrénergiques sur toute la longueur de l’uretère (P341). La densité était plus importante dans la partie distale. Un essai randomisé en double-aveugle, comparant placebo et tamsulosine 0,4mg, n’a pas retrouvé de différence en termes de taux d’expulsion et de délai d’expulsion du calcul, entre les 2 bras (P342). L’étude a concerné des calculs uniques <7mm de l’uretère pelvien. Cependant, la tamsulosine apportait un bénéfice antalgique dans cette étude. Les patients avec calculs de grande taille, calculs du bassinet, antécédents de chirurgie rénale sont les plus à risque d’empierrement après lithotripsie (P453). L’utilisation de technique de reconstruction 3D TDM optimise les taux de réussite de la néphrolithotomie percutanée (NLPC) dans le traitement des calculs complexes du rein (P566, 820, 823). La coopération entre radiologue et urologue est importante dans ces cas complexes de NLPC (P565). Une équipe chinoise rapporte son expérience de 219 patients traités par une combinaison de NLPC et laser Holmium, permettant de réduire le temps d’opération (temps de fragmentation de 44minutes, taille moyenne des calculs 5,6cm, 82,5 % de stone-free à 3 mois) (P574). Dans une série allemande, 335 patients ont subi une NLPC mini invasive, réalisée avec des instruments miniaturisés (18F de diamètre). Le temps opératoire moyen était de 67minutes, avec un taux de stone-free de 91 % (taille moyenne des calculs 4,3cm3) (P821). Un cas de fistule artérioveineuse était rapporté. Cette technique apparaît faisable et efficace. Les bénéfices en termes d’analgésie n’ont pas été évalués. Une série prospective comparative espagnole démontre la supériorité de l’urétéroscopie (URS), comparée à la lithotripsie extracorporelle, en termes de taux de stone-free (92,5 % vs 70,2 %), pour les calculs urétéraux lombaires <1cm (P677), et pour un taux de complications similaires. Le taux d’échec d’une URS en urgence est plus important pour les calculs >1,5cm, lombaires et en cas de dilatation des cavités (P685). Une étude montre que l’augmentation du diamètre de l’urétéroscope n’améliore pas le débit d’irrigation en cas d’utilisation de ce canal par un instrument (P682). L’ajout d’un deuxième canal d’accès pour irrigation améliore significativement le débit d’irrigation.

Infertilité – andrologie

Une étude conduite chez le rat a permis d’étudier l’influence d’un traitement de la composante neurogène (utilisation de guide de repousse nerveuse) associé à un traitement de la composante vasculogène (utilisation d’IPDE-5) sur la récupération de la fonction érectile. Le traitement par sildénafil à fortes doses en continu a permis une récupération complète des érections. Le traitement l’associant au guide nerveux semble encore supérieur. L’utilisation en postopératoire d’un traitement quotidien de sildénafil à fortes doses pourrait avoir un effet bénéfique sur la récupération de fonction érectile après prostatectomie totale avec préservation nerveuse (P69). L’utilisation d’une dissection assistée par ordinateur de cadavres humains permet de révéler en 3D l’anatomie des nerfs péri prostatiques : leur position postéro-latérale habituelle le long de la prostate et également des branches de direction antéro-latérale atteignant le sphincter urétral (, P72). Une étude italienne menée sur 578 patients rapportait des taux de récupération des érections jusqu’à l’évaluation 2 ans après PT avec préservation nerveuse bilatérale (P78). Au-delà de ce terme, aucun patient ne récupérait d’érections. À l’inverse, 15 % des patients les récupéraient entre 12 et 24 mois après la chirurgie. Une étude française souligne l’importance de l’accompagnement sexologique, qui permet d’optimiser les résultats de fonction érectile après PT avec préservation nerveuse (P81). Une analyse rétrospective de 800 patients souffrant de varicocèle conclut à l’intérêt d’une technique microchirurgicale sous anesthésie locale combinée à une sclérothérapie, par rapport à une technique chirurgicale classique (récidive 3,8 % vs 11 %) (P101). La sclérothérapie percutanée offrait également de faibles taux de récidives (1,8 %) avec un taux d’échec de cathétérisation sélective de 3,2 %, et représente une très bonne alternative à la chirurgie. Les données de l’étude BACH insistent sur l’influence des troubles du bas appareil urinaire sur la fonction et l’activité sexuelle chez hommes et femmes (P204). Une étude italienne randomisée a ainsi comparé l’amélioration de la fonction érectile chez les hommes ayant un IPSS >8 : les patients du bras alfuzosine+tadalafil (n=23) étaient significativement plus améliorés du point de vue IPSS et score IIEF, que les patients ayant reçu du tadalafil seul (n=21) ou de l’alfuzosine (n=22) seul (P372). Cette thérapie combinée semblait donc être plus efficace sur les troubles mictionnels et les troubles érectiles qu’une monothérapie ciblée uniquement sur l’un de ces troubles. Plusieurs études ont montré un lien entre dysfonction érectile et pathologie cardio-vasculaire. Une série rétrospective autrichienne sur 2 506 patients a étudié la corrélation entre score IIEF et événements cardio-vasculaires (P207). La dysfonction érectile n’apparaissait pas comme un facteur prédictif indépendant d’événements cardiovasculaires (cardiaques et cérébraux) lorsque l’analyse était ajustée sur l’âge des patients.
Figure 3 : Reconstruction 3D de l’anatomie des nerfs périprostatiques.

Conflit d’intérêt

Aucun.