Curiethérapie du cancer de prostate : quel rôle pour l’IRM ?

01 mars 2012

Mots clés : cancer de prostate, Curiethérapie, IRM
Auteurs : Olivier Rouvière
Référence : Progrès FMC, 2012, 22, 1, F21-F27
La prise en charge des patients candidats à une curiethérapie pour cancer de prostate se fait classiquement sans avoir recours à l’IRM. Pourtant les progrès récents de l’IRM multiparamétrique pourraient permettre d’améliorer la sélection des patients en détectant des envahissements extra-capsulaires macroscopiques (heureusement rares dans cette population), et surtout des tumeurs plus volumineuses et/ou plus agressives que ne le laissait penser le bilan classique (TR, PSA, Biopsies). L’IRM pourrait aussi améliorer le contrôle dosimétrique et permettre une meilleure détection des récidives. Enfin, elle pourrait aussi modifier le planning thérapeutique en permettant le développement de traitements focaux soit en première intention, soit pour le traitement de rattrapage des récidives locales après radiothérapie.


Introduction

La curiethérapie par implants permanents d’iode 125 est un traitement validé qui s’adresse aux cancers de prostate de bon pronostic. Il nécessite une sélection rigoureuse des patients, un planning thérapeutique et une disposition des grains minutieux pour permettre une répartition homogène de la dose délivrée. Les récidives locales sont rares mais posent le problème de leur prise en charge, aucun traitement de rattrapage n’ayant été validé à ce jour.
Habituellement, l’indication du traitement se fait sur les données du toucher rectal (TR), des biopsies et sur le taux de PSA. L’application des grains est guidée par l’échographie et un contrôle dosimétrique post-implantation est réalisé par scanner quatre à six semaines après le traitement. La détection des récidives locales se fait par biopsies échoguidées .
Dans cette prise en charge classique, il n’y a pas de place pour l’IRM. Pourtant, grâce à ses progrès récents, l’IRM pourrait améliorer la sélection des patients, la détection des récidives et peut-être même influer sur le planning thérapeutique.
Cet article a pour but de faire le point sur le rôle que pourrait bientôt jouer l’IRM dans la curiethérapie du cancer de prostate.


Sélection des patients


Bilan d’extension local

À 1,5T, la sensibilité de l’IRM pour la détection du franchissement capsulaire est médiocre (22–82 %), sa spécificité nettement meilleure (61–100 % ; ). Il en est de même pour les envahissements des vésicules séminales où l’on retrouve dans la littérature une gamme de sensibilités et de spécificités de 25–71 % et 81–100 % respectivement [2–10]. Donc, si l’IRM identifie un stade T3, il existe généralement ; en revanche, une IRM négative n’élimine rien. Au final, la fiabilité de la distinction entre les stages T2 et T3 reste très variable (51–87 %), mais généralement inférieure à 75 %.
Tableau 1 : Performance de l’IRM dans la détection du franchissement capsulaire.
Champ n Sensibilité (%) Spécificité (%) Précision (%)
a Résultats obtenus par des lecteurs avec une expérience de trois ans/un an/six mois.
b Résultats obtenus par deux lecteurs expérimentés.
c Résultats obtenus par un lecteur expérimenté/deux lecteurs inexpérimentés travaillant en consensus.
d Cinq lecteurs analysant les images obtenues avec une antenne phased-array/avec une combinaison antenne endorectale et antenne phased-array.
e Résultats obtenus par des lecteurs avec une expérience de quatre et 15ans.
f Quatre lecteurs analysant les images obtenues avec une antenne corps/avec une antenne endorectale.
Jager et al., 1996 1,5T 34 36 89 79
Chefchaouni et al., 1996 1,5T 47 52 100 79
Yu et al., 1997 1,5T 77 82/47/59 72/74/67 77/62/64
Ikonen et al., 2001 1,5T 44 22 99 95
May et al., 2001 1,5T 56 80/67 97/50 93/53
Cornud et al., 2002 1,5T 336 38 94 77
Futterer et al., 2005 1,5T 124 65/74 95/94 85/87
Futterer et al., 2007 1,5T 88 43–60/47–63 70–72/96 61–66/76–83
Bloch et al., 2007 1,5T 159 91–82 95
Heijmink et al., 2007 3T 46 0–8/8–77 91–100/94–97 67–74/70–89
n : nombre de patients.
Tableau 2 : Performance de l’IRM dans la détection de l’envahissement des vésicules séminales.
Champ n Sensibilité (%) Spécificité (%) Précision (%)
a Résultats obtenus par deux lecteurs expérimentés.
b Résultats obtenus par un lecteur expérimenté/deux lecteurs inexpérimentés travaillant en consensus.
c Cinq lecteurs analysant les images obtenues avec une antenne phased-array/avec une combinaison antenne endorectale et antenne phased-array.
d Quatre lecteurs analysant les images obtenues avec une antenne corps/avec une antenne endorectale.
Jager et al., 1996 1,5T 34 55 85 74
Chefchaouni et al., 1996 1,5T 47 25 97 85
Ikonen et al., 2001 1,5T 44 50 90 88
May et al., 2001 1,5T 54 58/0 95/81 87/73
Cornud et al., 2002 1,5T 336 34 99 89
Futterer et al., 2005 1,5T 124 71/71 100/100 98/98
Futterer et al., 2007 1,5T 88 30–50/40–90 80–94/92–99 76–86/90–98
Heijmink et al., 2007 3T 46 0–20/0–40 88–100/100
n : nombre de patients.
Plusieurs éléments expliquent ces résultats en demi-teinte : une grande variabilité interlecteur due notamment à la subjectivité de certains signes indirects d’envahissement extracapsulaire qui ont été désormais abandonnés, les difficultés d’interprétation des envahissements à l’apex, et surtout la faible sensibilité de l’IRM aux franchissements capsulaires limités. Ainsi, dans la série de Jager et al. , la sensibilité de détection des envahissements de moins de 1mm était de 14 %, contre 100 % pour les envahissements de plus de 3mm. De même, Cornud et al. retrouvaient des chiffres de sensibilité et de spécificité pour la détection des stades pT3 de 40 et 95 % pour les envahissements focaux et microscopiques contre 62 et 95 % pour les envahissements étendus.
À 3T, l’augmentation du rapport signal sur bruit permet d’améliorer la résolution des images T2 et donc, potentiellement, les capacités de détection des envahissements extracapsulaires de petite taille. Cependant, cela n’est pas franchement démontré par les quelques études disponibles actuellement [12,13].
Il y a encore peu de données sur les possibilités de staging local sans antenne endorectale. Les études comparatives réalisées à 1,5T ou à 3T indiquent une fiabilité significativement supérieure lorsque l’antenne endorectale est utilisée [9,13], mais il s’agit d’un sujet en rapide évolution, étant donné les améliorations technologiques constantes des antennes externes.
Au total, l’IRM reste surtout un outil de détection des stades T3 avancés ; elle reste peu sensible aux envahissements extraglandulaires de petite taille.


Cartographie tumorale

De très importants progrès dans la détection et la localisation des foyers tumoraux ont été réalisés au cours des dernières années grâce à l’apparition de séquences IRM dites « fonctionnelles » : IRM dynamique après injection de gadolinium (recherchant des zones hypervasculaires à rehaussement précoce et intense), IRM de diffusion (recherchant des zones à haute densité cellulaire où la diffusion de l’eau interstitielle est limitée) et, à un moindre degré, spectroscopie (recherchant des zones contenant des métabolites associés à une forte prolifération cellulaire [créatine, choline] ou à une disparition du tissu glandulaire normal [citrate]). L’IRM est donc devenue « multiparamétrique ».
Il existe une abondante littérature indiquant que les différentes séquences fonctionnelles se complètent l’une l’autre [14,15] et qu’elles permettent une bonne détection des foyers tumoraux, notamment de haut grade, aussi bien chez les candidats à la prostatectomie [16,17] que dans la population plus large des patients adressés pour biopsie [18–20]. La détection des tumeurs antérieures, régulièrement ratées par les biopsies systématiques, paraît notamment excellente .
Nous avons actuellement colligé une base de données de 120 patients traités par prostatectomie et pour lesquels une corrélation très précise a été réalisée entre les données IRM et celles des grandes coupes histologiques. Les résultats (non encore publiés) montrent, pour deux lecteurs indépendants, des taux de détection pour les cancers de 0,05–0,5cm3, 0,5–2cm3 et plus de 2cm3 de 27–37 %, 42–51 % et 67–83 % respectivement quand le score de Gleason est inférieur ou égal à 6 et de 61–64 %, 80–83 % et 96 % quand le score de Gleason est 7. Tous les cancers de score de Gleason8 ont été détectés. L’IRM multiparamétrique est donc en train de s’imposer comme un excellente méthode de détection, au moins pour les cancers de plus de 0,5cm3 et de score de Gleason7. Plusieurs études ont d’ailleurs montré une corrélation entre le score de Gleason et les paramètres de rehaussement [22,23], le coefficient apparent de diffusion et les données spectroscopiques . Il semble donc possible, si ce n’est de prédire le score de Gleason, du moins d’identifier en IRM des foyers susceptibles d’être particulièrement agressifs.
L’IRM garde encore des points faibles. Son taux de détection des cancers de score de Gleason6 reste encore à améliorer (42–51 % pour les cancers de 0,5–2cm3 dans notre expérience). Sa spécificité reste modérée, même si on peut l’améliorer en attribuant à chaque anomalie focale un score de suspicion de malignité. Ainsi, dans notre base de données, 40 % des zones suspectes étaient bénignes sur la pièce opératoire mais environ 80 % de ces faux positifs avaient un score de suspicion de 1/4 ou 2/4, tandis que plus de 90 % des anomalies ayant un score de suspicion de 4/4 étaient des cancers.
Enfin, il faut noter que la plupart des ces bons résultats ont été obtenus avec des antennes externes seules et sans antenne endorectale. Si l’antenne endorectale semble améliorer le bilan d’extension local, elle n’est pas indispensable pour la détection et la localisation des cancers dans la glande.
Comme toute technique jeune, l’IRM multiparamétrique souffre encore d’un manque certain de reproductibilité d’un centre à un autre, et les meilleurs résultats sont bien sûr rapportés par des institutions très spécialisées. De gros efforts sont actuellement faits pour tenter d’améliorer les critères d’interprétation et des recommandations européennes devraient être prochainement publiées à ce sujet.


Quel intérêt de l’IRM pour la sélection des candidats à la curiethérapie en 2011 ?

La curiethérapie est classiquement limitée aux cancers de bon pronostic de la classification de D’Amico (stade T1-T2, PSA10ng/mL et score de Gleason6). Certains proposent aussi ce traitement à des patients porteur d’un foyer tumoral minime de score de Gleason 7 (3+4) sur les biopsies ou un taux de PSA entre 10 et 15ng/mL . Il est souvent admis que, dans cette population, le bilan d’extension local par IRM a peu de chances d’être rentable, étant donné la faible prévalence des stades T3, qui, lorsqu’ils existent, sont généralement microscopiques et donc mal décelés en IRM.
Pourtant, on sait que les paramètres cliniques et biologiques de la classification de d’Amico peuvent sous-estimer à la fois le stade et l’agressivité de la maladie. Berglund et al. rapportent ainsi 27 % de restadification plus péjorative en cas de re-biopsie immédiate chez 104 candidats à la surveillance active . Dans une autre étude rétrospective de 4885 patients traités par prostatectomie radicale, cinq critères différents de surveillance active ont été testés : 13,5–26 % des patients répondant à ces critères au moment de l’intervention avaient un stade pT3a sur la pièce opératoire, 2,9–8,2 % un stade pT3b, 39–56 % une tumeur de score de Gleason7 et 14–27 % une tumeur de score de Gleason8 .
Il y a donc une nécessité de mieux détecter les patients chez qui le bilan classique a sous-estimé l’extension ou l’agressivité de la tumeur. On l’a vu, sur le plan du bilan d’extension, l’IRM n’a qu’une sensibilité modérée et ne pourra que filtrer les patients avec un stade T3 macroscopique. En revanche, elle semble très sensible pour la détection des tumeurs agressives et pourrait donc identifier correctement, parmi les candidats à la curiethérapie, ceux dont les biopsies pourraient avoir sous-estimé le score de Gleason. Il nous paraît désormais raisonnable de conseiller une nouvelle série de biopsies ciblées sur les données de l’IRM chez les candidats à la curiethérapie ayant une discordance entre des biopsies randomisées montrant un score de Gleason6 et une IRM montrant un ou plusieurs foyers très bien visibles, et donc potentiellement plus agressifs. La même attitude pourrait aussi être conseillée en cas de volumineuse tumeur antérieure visible en IRM .
Figure 1 : IRM multiparamétrique obtenue chez un candidat à une curiethérapie porteur, d’après les biopsies transrectales, d’un adénocarcinome Gleason 6 multifocal. L’IRM montre une tumeur antérieure occupant la quasi-totalité de la zone de transition gauche et visible sous la forme d’une plage en hyposignal homogène en pondération T2 (flèche, Fig 1a), avec une nette restriction de diffusion (flèche, Fig 2b) et un caractère hypervasculaire net en IRM dynamique (flèche, Fig 2c). De nouvelles biopsies de la zone de transition ont montré un adénocarcinome Gleason 7 présent sur 5 biopsies ciblées sur 6, sur une longueur de 5-10mm suivant les carottes. Le patient a alors été orienté vers une prostatectomie.
Au total, l’IRM multiparamétrique paraît désormais suffisamment performante pour permettre une meilleure sélection des candidats à la curiethérapie, non seulement en détectant d’éventuels stades T3 macroscopiques (rares), mais aussi en identifiant les tumeurs potentiellement agressives et les tumeurs antérieures non détectées par les biopsies.


Planning thérapeutique


Dosimétrie post-implantation

Il est recommandé de réaliser une dosimétrie après implantation des grains radioactifs soit juste après la procédure (j0-1), soit, plus souvent quatre à six semaines après. Cette dosimétrie est généralement réalisée par scanner qui permet de bien visualiser la position des grains, de délimiter les contours de la glande et des organes sensibles et de calculer la répartition de la dose. Certaines équipes ont introduit l’IRM dans ce contrôle qualité. Elle a l’avantage de mieux montrer les contours de la prostate et de réduire significativement la variabilité interobservateur du contourage de la glande . En revanche, les grains de curiethérapie sont moins bien visibles qu’au scanner ce qui rend difficile la réalisation d’une dosimétrie entièrement sur les images d’IRM qui doivent être fusionnées à celle du scanner.


Vers un traitement focal ?

Il a été démontré que le contrôle tumoral local était d’autant meilleur que la dose délivrée augmentait . D’où l’idée d’augmenter la dose sur le site de la tumeur, si celle-ci peut-être localisée avec précision. Les possibilité de cartographie préopératoire offertes par l’IRM multiparamétrique devraient faciliter la réalisation de boosts dosimétriques, au moins sur le site de la tumeur index, en utilisant soit la curiethérapie seule, soit en associant radiothérapie conformationnelle et curiethérapie . Quelques expériences de sur-irradiation d’un lobe prostatique par association radiothérapie externe/curiethérapie à haut débit de dose guidée par IRM ont déjà été récemment rapportées [31–33].
La curiethérapie focale pourrait aussi se développer dans le traitement de rattrapage des récidives locales après radiothérapie. En effet, les tentatives de traitement total par curiethérapie de sauvetage se sont soldées par une morbidité non négligeable. Or l’IRM dynamique offre une localisation très précise des récidives locales après radiothérapie , ce qui a permis de récentes tentatives de traitement focal par curiethérapie .


Détection des récidives locales

Après curiethérapie, le PSA diminue lentement avec un nadir obtenu au bout de deux à quatre ans. Un rebond temporaire du taux de PSA peut survenir 12–24 mois après l’implantation chez 30–60 % des patients. Sa magnitude dépasse rarement 2ng/mL. Il dure en moyenne un an puis le taux de PSA redescend. L’origine de ce rebond reste débattue, mais il ne semble pas avoir de valeur pronostique .
Il n’y a pas, pour l’instant, de définition officielle de la récidive biologique après curiethérapie. Beaucoup d’équipes utilisent les critères ASTRO (trois augmentations successives après le nadir) mais les critères de Phoenix (nadir+2ng/mL) devraient s’imposer à l’avenir , à condition de bien faire la part du rebond post-thérapeutique.
En cas de récidive locale, les options thérapeutiques restent limitées. La prostatectomie est possible mais difficile. Quelques essais de traitements de sauvetage par curiethérapie à haut débit de dose ont été rapportés . Les ultrasons focalisés peuvent aussi être utilisés.
C’est parce qu’il commence à exister des solutions de sauvetage, qu’il devient utile de détecter les récidives locales précocement. Les incertitudes quant au meilleur critère de récidive biologique, le problème du rebond du taux de PSA à 12–24 mois font qu’il est conseillé d’obtenir des biopsies avant de parler de récidive. Malheureusement les biopsies de prostate sont difficiles à lire, d’une part, en raison des remaniements post-radiques intenses, et d’autre, part parce que les tumeurs peuvent mettre jusqu’à 2-3ans pour disparaître. Cependant, lorsque le taux de PSA reste élevé ou remonte plus de 30 mois après traitement, des biopsies doivent être réalisés à la recherche d’une récidive [38,39].
Il y a peu de données publiées sur la détection des récidives en IRM. En pondération T2, la prostate est dédifférenciée et en hyposignal diffus . Cette séquence est donc peu utile.
La spectroscopie peut montrer une « atrophie métabolique », c’est-à-dire la disparition des pics de citrate, de créatine et de choline, dans les deux ans qui suivent le traitement, et donc avant la survenue du nadir. Il semble s’agir là d’un bon critère de réussite du traitement. La persistance d’une activité métabolique modérée et diffuse n’est pas pathologique, surtout pendant les deux premières années. En revanche, la persistance d’une activité métabolite au-delà de deux ans est en faveur d’une récidive, surtout si elle est focale [39,41].
L’IRM dynamique peut aussi montrer la disparition des cancers après traitement et dépister les récidives sous la forme de plages à rehaussement précoce persistantes ou réapparaissant à distance de l’implantation . Dans notre expérience, il s’agit d’une méthode simple et sensible de détection des récidives .
Figure 2 : IRM montrant une récidive locale de la partie moyenne droite après curiethérapie, prouvée par biopsie. La récidive apparaît sous la forme d’une plage en hyposignal en pondération T2 (flèche courbe, a) et hypervasculaire en IRM dynamique (flèche droite, b).
Si l’identification de la position de chaque grain s’améliore en IRM, il deviendra peut-être possible de corréler les zones de récidives locales aux zones de sous-traitement dosimétriques et dans le futur, de déduire de la dosimétrie post-implantation les zones à risque de récidive .
Points essentiels à retenir
  • 1.
    L’IRM permet surtout la détection des envahissements extracapsulaires macroscopiques (>1mm) ; sa sensibilité pour les envahissements microscopiques reste faible
  • 2.
    L’IRM multiparamétrique permet la détection de plus de 80 % des tumeurs Gleason 7 de plus de 0,5 cc et de pratiquement toutes les tumeurs Gleason8
  • 3.
    L’IRM (notamment dynamique) a des résultats prometteurs dans la détection et la localisation des récidives locales après curiethérapie ; son utilisation systématique en cas de doute sur une récidive locale pourrait permettre un diagnostic plus précoce et l’application d’un traitement de rattrapage dans de meilleures conditions.


Conclusion

En conclusion, le temps paraît venu pour que l’IRM prenne sa place dans la prise en charge des patients candidats à ou traités par curiethérapie. L’IRM multiparamétrique peut améliorer la sélection des indications en identifiant les patients dont la maladie a été sous-estimée par le bilan habituel (TR, PSA, biopsies). Elle peut aussi, à l’autre bout de la chaîne, sensibiliser la détection des récidives locales et sélectionner les patients candidats à un traitement de sauvetage (curiethérapie focale, ultrasons focalisés).
Enfin, à terme, la cartographie par IRM des foyers tumoraux et, peut-être, les calculs dosimétriques réalisés directement sur les images IRM pourront permettre le développement de traitements adaptés à chaque patient, avec surdosage thérapeutique sur les sites tumoraux.


Déclaration d’intérêts

L’auteur déclare ne pas avoir de conflits d’intérêts en relation avec cet article.