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Progrès en Urologie, 2010, Volume 20

Numéro 1, pp.1-83 (janvier 2010)

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Tumeurs des voies excrétrices urinaires supérieures sporadiques : identification de l'interaction entre l'exposition aux carcinogènes environnementaux et la susceptibilité génétique des individus
P. Colin, P. Koenig, C. Ballereau, V. Phé, N. Berthon, A. Villers, J. Biserte, M. Rouprêt
Article de revue Prog Urol, 2010, 20, 1, 1-10

Les tumeurs des voies excrétrices urinaires supérieures (TVES) sont des tumeurs rares. Elles correspondent dans la majorité des cas à des carcinomes urothéliaux sporadiques. De récentes découvertes épidémiologiques et moléculaires ont démontré une susceptibilité particulière des voies excrétrices urinaires supérieures à certains facteurs environnementaux, susceptibles d’être à l’origine du processus de carcinogenèse. Les principaux facteurs exogènes de carcinogenèse urothéliale restent le tabac et l’exposition professionnelle (amines aromatiques, hydrocarbures polycycliques et solvants chlorés). Les TVES liées à la consommation de phénacétine sont en diminution depuis l’interdiction d’utilisation de cet antalgique. L’exposition à l’acide aristolochique (néphropathie des Balkans et aux herbes chinoises) est à l’origine de processus de carcinogenèse spécifique au haut appareil urinaire. Le polymorphisme génique familial de certains systèmes de détoxification expliquerait la répartition géographique particulière en zone d’endémie. L’exposition chronique à l’arsenic constitue le principal facteur de carcinogenèse de TVES identifié à Taiwan dont le mécanisme d’action reste encore discuté aujourd’hui. Enfin, certaines voies enzymatiques de dégradation de carcinogènes environnementaux ont mis en évidence la vulnérabilité génétique de certains individus et leur propension à développer des TVES.

Mots clés : Carcinome urothélial, Bassinet, Uretère, Facteur de risque, Polymorphisme génétique, Acide aristolochique
Aspects urologiques de l'infection à Polyomavirus
M. Thoulouzan, M. Courtade-Saidi, N. Kamar, L. Bellec, E. Huyghe, M. Soulié, P. Plante
Article de revue Prog Urol, 2010, 20, 1, 11-16

Les virus JC (JCV) et BK (BKV) sont des Polyomavirus humains appartenant à la famille des papovavirus, famille comprenant également le virus Simien 40. Les Polyomavirus humains ont été isolés en 1971 (dans le cerveau pour JCV et l’uretère pour BKV). Leur tropisme est limité et spécifique de quelques tissus (cellules tubulaires rénales, urothélium, lymphocytes B et cellules cérébrales). Les Polyomavirus infectent la majorité de la population humaine, la séroconversion survenant le plus souvent au cours de l’adolescence. La mise en évidence du virus peut être cytologique, anatomopathologique, virologique ou immunologique. La réactivation des Polyomavirus peut aboutir, selon le terrain, à une virurie asymptomatique ou bien entraîner des manifestations cliniques, notamment dans un contexte d’immunodépression sévère. La présence d’un Polyomavirus en dehors de conditions d’immunodépression pose la question de sa signification et de sa gestion thérapeutique. Par ailleurs, la nature ubiquitaire du virus et sa forte association sur des modèles animaux avec le cancer ont laissé supposer que les Polyomavirus jouaient un rôle dans les cancers humains. Dans cet article, nous décrivons la biologie des Polyomavirus humains, passons en revue leurs différents aspects en urologie (bénins et malins) et discutons des modalités thérapeutiques.

Mots clés : Polyomavirus, classification, Humains, Virus BK, pathogénicité, Virus JC, pathogénicité, Néoplasie, virologie, Infections Polyomavirus, traitement médicamenteux
Le dépistage du cancer de la prostate en 2009 : mise au point du comité de cancérologie de l'Association française d'urologie
M. Peyromaure, P. Beuzeboc, L. Salomon, P. Richaud, P. Coloby, B. Malavaud, X. Rebillard, P. Rischmann, A. Villers, M. Soulie
Mise au point Prog Urol, 2010, 20, 1, 17-23

Objectif : Analyser l’impact du dépistage sur la mortalité liée au cancer de la prostate et discuter les principales sources de controverse concernant ce dépistage.
Méthodes : Une analyse bibliographique a été menée à partir de Medline. Seules les études randomisées concernant l’impact du dépistage du cancer de la prostate sur la mortalité spécifique ont été retenues.
Résultats : Deux études randomisées, comparant un groupe d’hommes dépistés et un groupe d’hommes non dépistés, ont été publiées en 2009 avec des résultats contradictoires. L’étude américaine PLCO a inclus 76 693 hommes. Après sept ans de suivi, elle n’a pas relevé de différence significative en termes de mortalité spécifique entre les deux bras : deux décès sur 10 000 dans le bras témoin contre 1,7/10 000 dans le bras dépisté (RR = 1,13 ; IC 95 % : 0,75–1,7). L’étude européenne ERSPC a inclus 182 160 hommes. Après neuf ans de suivi, elle a montré une réduction significative du taux de décès liés au cancer de la prostate de 20 % dans le groupe dépisté (RR = 0,80 ; IC 90 % : 0,65–0,98 ; p = 0,04). Une seconde analyse tenant compte des non-répondeurs et de la pollution du groupe témoin situe à 31 % le bénéfice en termes de mortalité. D’un point de vue méthodologique, l’étude européenne est supérieure à l’étude américaine, dont le groupe témoin a été biaisé par un niveau élevé de contamination (dosages de PSA déjà réalisés avant l’inclusion).
Conclusions : Pour la première fois, une étude randomisée à large échelle montre un bénéfice du dépistage du cancer de la prostate sur la mortalité spécifique. Ces conclusions pourraient permettre d’envisager une nouvelle stratégie d’organisation du dépistage du cancer de la prostate. Cependant, des incertitudes persistent en raison du manque de données sur le risque de « surdiagnostic » et sur l’impact économique d’un tel dépistage.

Mots clés : Cancer de la prostate, Dépistage, PSA, Diagnostic, Détection
Le point sur l'utilisation d'estramustine dans le cancer de la prostate métastatique
S. Culine, L. Drouet, J.-C. Eymard, K. Fizazi, G. Gravis, C. Hennequin, S. Oudard, V. Ravery, M. Zerbib
Mise au point Prog Urol, 2010, 20, 1, 24-29

Au stade de cancer de la prostate métastatique résistant à la castration, la chimiothérapie vise à soulager le patient et allonger sa survie tout en préservant sa qualité de vie. De nombreuses études ont démontré qu’il est légitime d’associer l’estramustine au docétaxel qui est devenu le traitement de référence dans cette indication : d’une part, grâce à un mécanisme d’action original, l’estramustine possède un effet synergique avec le docétaxel et elle peut interférer avec les mécanismes de résistance ; d’autre part, une méta-analyse a prouvé que son adjonction à une autre chimiothérapie allongeait la survie de manière significative. Le risque thromboembolique déjà significatif chez ces patients est accentué par l’administration d’estramustine et doit être pris en considération de façon efficace pour préserver le rapport bénéfice/risque : évaluation individuelle de la probabilité de thrombose et mise en œuvre d’une prophylaxie qui, dans l’état actuel des données sur thromboses et cancer, devrait reposer sur les héparines de bas poids moléculaire.

Mots clés : Cancer de la prostate métastatique, Docétaxel, Estramustine, Chimiothérapie
Résultats de l'aspiration cytologique à l'aiguille fine dans le diagnostic des tumeurs solides du rein de nature indéterminée
G. Li, M. Cuilleron, M. Cottier, B. Rambaud, J. Tostain, M. Gigante
Article original Prog Urol, 2010, 20, 1, 30-34

Objectif : Évaluer les résultats de la cytoaspiration à l’aiguille fine dans le diagnostic des tumeurs rénales solides indéterminées par l’imagerie.
Matériel et méthode : De févier 2003 à février 2009, 60 cytoaspirations ont été effectuées chez 20 femmes et 40 hommes d’âge moyen 62,0 ± 14,2 ans présentant une masse solide du rein de diagnostic ambigu à l’imagerie. La taille moyenne des tumeurs était de 3,4 ± 2,8 cm. Les cytoaspirations étaient réalisées à l’aiguille 22 G sous contrôle tomodensitométrique (n = 39) ou échographique (n = 21). Les lames étaient colorées par la technique de Papanicolaou et lues par un seul cytologiste entraîné n’ayant pas connaissance du contexte clinicoradiologique. Les réponses pouvaient être : malin, bénin, suspect ou non significatif. Une caractérisation du sous-type de cancer du rein pouvait être ajoutée par le cytologiste.
Résultats : Vingt et une cytoaspirations (35 %) ne révélaient qu’un prélèvement non significatif et 39 (65 %) un matériel cellulaire analysable. Pour les 39 prélèvements avec cellularité analysable, la spécificité en faveur de la bénignité ou de la malignité était de 89,7 %. La proportion de prélèvements non significatifs était identique pour les tumeurs de moins de 2 cm (38,4 %) et celles de 2–4 cm (38,8 %) (p = 1,000, Fisher's exact test). L’identification des sous-types de cancers ne s’est avérée fiable que pour l’adénocarcinome à cellules conventionnelles. Aucune complication n’a été observée.
Conclusion : La cytoaspiration à l’aiguille fine reste une technique auxiliaire dans le diagnostic des masses rénales solides de nature radiologique indéterminée. Simple et peu traumatisante, elle présente dans notre expérience une spécificité élevée mais une sensibilité insuffisante. Elle reste complémentaire de la biopsie qui demeure la référence des prélèvements percutanés.

Mots clés : Aspiration, Cytologie, Diagnostic, Tumeur rénale
Validation externe du modèle pronostique de l'University of Los Angeles Integrated Staging System (UISS) dans le cancer du rein localisé : étude monocentrique
C. Onea, P. Mouracade, H. Roman, B. Wagner, C. Saussine, D. Jacqmin, H. Lang
Article original Prog Urol, 2010, 20, 1, 35-39

Objectif : Validation externe du modèle pronostique de l’University of Los Angeles Integrated Staging System (UISS) sur une série monocentrique de patients opérés d’un carcinome à cellules rénales.
Matériel et méthode : Un total de 443 patients opérés d’un carcinome à cellules rénales dans le service d’urologie du CHU de Strasbourg entre janvier 1989 et décembre 2000 ont été évalués selon l’algorithme histopronostique de l’UISS, qui comporte le stade TNM, le grade de Fuhrman et le statut clinique Eastern Cooperative Oncology Group Performance status (ECOG-PS). Deux groupes ont été créés : un groupe de 362 patients avec une maladie localisée (N0M0) et un autre groupe de 81 patients avec une forme métastatique selon UISS (N+ ou M+).
Résultats : L’UISS a classé les patients avec un carcinome rénal non métastatique en trois groupes à risque, avec des différences significatives de survie à cinq ans (p < 0,0001). La survie à cinq ans a été de 75, 61 et 29 % pour les risques bas, intermédiaires et haut, respectivement. Pour les patients avec un carcinome rénal métastatique, il n’y avait pas de différence significative de survie à cinq ans (p = 0,092), avec des taux de survie de 18, 9 et 12 % pour les risques bas, intermédiaires et haut, respectivement.
Conclusion : Cette étude a validé l’utilisation de l’UISS chez les patients présentant un carcinome à cellules rénales non métastatiques dans notre service et nous a qualifié ainsi pour participer à des essais cliniques basés sur ce modèle. Concernant les malades métastatiques, l’UISS n’a pas été validé, à cause de petit nombre des patients métastatiques, mais aussi du manque d’homogénéité des traitements administrés.

Mots clés : UISS, Cancer du rein, Survie, Pronostic
Analyse monocentrique et rétrospective des complications vasculaires de la transplantation rénale sur cinq années
C. Sambuis, F. Dugardin, S. Barbier, L. Sibert, D. Plissonnier, P. Grise, F. Quidu, C. Pfister
Article original Prog Urol, 2010, 20, 1, 40-48

Introduction : L’objectif de ce travail était d’apprécier la fréquence et la prise en charge des différentes complications vasculaires lors de l’activité de transplantation rénale.
Patients et méthodes : Étude rétrospective des patients transplantés rénaux de 2001 à 2006 dans notre centre hospitalo-universitaire. Nous avons recensé les caractéristiques de la population de donneurs et receveurs, du déroulement du prélèvement multi-organes (PMO) et de la transplantation, afin d’étudier les complications vasculaires et leurs conséquences. Les donneurs vivants ont été exclus.
Résultats : Cent soixante-dix-neuf dossiers ont été analysés avec un suivi moyen de 40 mois. Soixante-douze patients transplantés avaient eu au moins une complication vasculaire, dont 32 cas de sténose de l’artère du transplant, 28 cas d’hématome dont sept drainés chirurgicalement, quatre cas de thrombose artérielle, deux cas de thrombose veineuse et une dissection artérielle. L’analyse de notre série a mis en évidence que le tabagisme (p = 0,043) était un facteur de risque des donneurs et la néphropathie glomérulaire (p = 0,0185), les coagulopathies (p = 0,0165) et l’hémodialyse (p = 0,02) étaient des facteurs de risques vasculaires pour le receveur. Les transplants présentant des artères multiples (p = 0,03) et un patch aortique calcifié (p = 0,0274) seraient plus à risque de complications postopératoires. Nos résultats démontraient que le remplissage postopératoire (p = 0,011), l’héparinothérapie (p = 0,0085), l’immunosuppression (p = 0,0478), voire l’utilisation d’amines vasopressives en peropératoire (p = 0,086) seraient également impliqués dans l’incidence des complications vasculaires.
Conclusion : La sélection des donneurs était indispensable pour la qualité des transplants, sans négliger la préservation de l’état artériel et le dépistage des coagulopathies des receveurs afin de diminuer la morbidité de la transplantation rénale. La coordination des équipes médicales impliquées était nécessaire pour optimiser les temps d’ischémie, minimiser les risques de complications vasculaires et améliorer la survie du transplant et du patient.

Mots clés : Transplantation rénale, Complications vasculaires, Facteurs de risque
Évaluation fonctionnelle de la néovessie iléale détubulée orthotopique en Z avec cinq ans de recul minimum
M. Demesmaeker, T. Lebret, L. Yonneau, J.-M. Hervé, H. Botto
Article original Prog Urol, 2010, 20, 1, 49-55

But : Étudier et évaluer le fonctionnement des néovessies orthotopiques en « Z » à long terme et la qualité de vie des patients ayant ce type de remplacement.
Matériel et méthode : À partir de 162 dossiers de patients ayant eu une cystoprostatectomie totale pour cancer de vessie suivi d’un remplacement orthotopique type Z avec un recul de cinq ans minimum, 40 patients (recul moyen de 113 mois) habitant dans le département ont été convoqués pour un entretien et ont constitué la population cible de ce travail. Un examen physique, un Pad test et un entretien spécifique ont permis d’évaluer la continence tandis que trois questionnaires validés ont permis d’apprécier la qualité de vie.
Résultats : La continence était satisfaisante pour 82 % des patients de jour et 55 % la nuit. Il existait une corrélation négative significative entre l’âge au moment de la cystoprostatectomie et la continence diurne. Leur qualité de vie était bonne à long terme.
Conclusion : Les résultats fonctionnels à long terme de la néovessie iléale détubulée en Z sont satisfaisants. Elle permet, tout en respectant le schéma corporel, une bonne qualité mictionnelle ainsi qu’une qualité de vie satisfaisante chez les patients nécessitant une cystoprostatectomie totale pour cancer.

Mots clés : Néovessie orthotopique en Z, Continence, Qualité de vie, Long terme, Cancer de vessie, Continence
Le cancer de la prostate en France en 2001 : état des pratiques et facteurs associés à la réalisation d'une prostatectomie totale
J. Jegu, B. Tretarre, M. Velten, A.-V. Guizard, A. Danzon, A. Buemi, M. Colonna, A.-M. Kadi-Hanifi, O. Ganry, F. Molinie, S. Bara, X. Rebillard, P. Grosclaude
Article original Prog Urol, 2010, 20, 1, 56-64

Introduction : Le cancer de la prostate était le cancer le plus fréquent en France en 2005 et constituait la seconde cause de décès par cancer chez l’homme. Cette étude a permis de faire un état des lieux des caractéristiques cliniques des patients atteints d’un cancer de la prostate en France en 2001 et de focaliser l’analyse sur l’étude de la prise en charge thérapeutique des stades de cancer localisés.
Patients et méthodes : Au total, 2181 cas de cancer de la prostate diagnostiqués en 2001 en provenance de 11 départements français couverts par un registre général ont été analysés. Une étude descriptive des caractéristiques cliniques des patients a été réalisée. Les paramètres étudiés comportaient l’âge, le département de résidence, le stade TNM, la valeur de PSA, le score de Gleason, le groupe pronostique de D’Amico, l’index de comorbidités de Charlson et les modalités initiales de traitement. Pour les cancers localisés, une analyse multivariée par régression logistique a permis d’identifier les facteurs associés à la réalisation d’une prostatectomie totale.
Résultats : La proportion de patients ayant un cancer de la prostate localisé (T1 ou T2) atteignait 86,6 %. Le recours aux thérapeutiques curatives invasives (prostatectomie totale et radiothérapie) s’élevait à 58,4 % des cas pour les cancers localisés. D’importantes variations de prise en charge ont été constatées entre les départements. Le choix de la réalisation d’une prostatectomie totale était associé à l’âge au diagnostic, au groupe pronostic de D’Amico ainsi qu’à la présence de comorbidités.
Conclusions : La plupart des cancers de la prostate diagnostiqués en France en 2001 étaient de stade localisé et ont souvent fait l’objet d’une prise en charge thérapeutique invasive. Les conséquences de ces pratiques sont à déterminer compte tenu de la faible évolutivité de nombreux cancers de la prostate et de la fréquence des effets indésirables liés aux traitements invasifs.

Mots clés : Cancer de la prostate, Cancer de la prostate/traitement, Épidémiologie, Registres, France
Évaluation des pratiques des médecins généralistes du Maine et Loire concernant l'hypertrophie bénigne de la prostate
P. Bigot, F. Vannier, M. Orsat, S. Lebdai, J.-F. Huez, S. Fanello, A.-R. Azzouzi
Article original Prog Urol, 2010, 20, 1, 65-70

Objectif : Connaître la prise en charge diagnostique et thérapeutique de l’hypertrophie bénigne de la prostate (HBP) par les médecins généralistes (MG) du Maine et Loire.
Patients et méthodes : Entre mars et juin 2008, un questionnaire évaluant les pratiques dans la prise en charge de l’HBP a été adressé aux 686 MG du département.
Résultats : Parmi les 171 MG ayant répondu, 24 % étaient des femmes. 35,1, 34,5 et 30,4 % exerçaient en milieu urbain, semi-urbain et rural. Dix-sept et demi pour cent, 29,2 et 53,2 % exerçaient depuis moins de dix ans, de dix à 20 ans et plus de 20 ans. L’interrogatoire, le toucher rectal (TR) et le dosage des prostatic specific antigen (PSA) étaient utilisés par plus de 90 % des MG alors que l’échographie et l’international prostatic score symptom (IPSS) l’étaient par 69,6 % et 15,2 %. La phytothérapie, les alpha-bloquants et les inhibiteurs de la 5-alpha-réductase étaient prescrits par 85,4, 95,3 et 53,8 % des MG. Quatre-vingt-seize et demi pour cent des MG avaient recours à l’urologue après échec du traitement de première intention. Il n’y avait pas de différence en fonction du milieu d’exercice. Les femmes réalisaient moins de TR (p < 0,0001) et adressaient plus les patients aux urologues (p = 0,0197). Enfin, 88,9 % des MG souhaitaient recevoir une formation sur les dernières recommandations.
Conclusion : Les attitudes en soins primaires dans le traitement de l’HBP n’ont pas été conformes aux recommandations. L’absence de consensus entre les différentes recommandations, les avancées récentes dans le traitement de l’HBP et les modifications aussi bien démographiques que du mode d’exercice des MG ont pu participer à ce décalage. Les urologues par l’intermédiaire de l’Association française d’urologie pourraient rétablir le lien entre recommandations et pratiques par l’intermédiaire de recommandations claires et adaptées diffusées au cours de séances de formation médicale continue.

Mots clés : Hypertrophie bénigne de prostate, Dépistage, Traitement médical, Médecine générale, Évaluation des pratiques, Maine et Loire

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Rédacteur : Urofrance
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