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Progrès en Urologie, 2009, Volume 19

Numéro 11, pp.803-861 (décembre 2009)

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Spécificités du cancer de la prostate avant l'âge de 50 ans
M. Peyromaure, A. Valéri, X. Rebillard, P. Beuzeboc, P. Richaud, M. Soulié, L. Salomon
Article de revue Prog Urol, 2009, 19, 11, 803-809

Objectif : Rapporter les caractéristiques du cancer de la prostate (CaP) chez l’homme de moins de 50 ans et les résultats des différents traitements du CaP dans cette population.
Méthode : Une recherche bibliographique a été menée à partir de la base de données Medline. Les mots clés utilisés étaient les suivants : prostate cancer, age, young, radical prostatectomy, brachytherapy, radiotherapy, active surveillance. Les études issues de revues à comité de lecture et incluant un effectif suffisant de patients ont été sélectionnées. Au total, 38 articles ont été utilisés comme références bibliographiques.
Résultats : Le CaP de l’homme jeune ne présente pas des caractéristiques différentes de celui de l’homme plus âgé. Le jeune âge ne semble pas influencer les résultats carcinologiques des différents traitements. En revanche, les hommes jeunes semblent avoir moins de risque de séquelles urinaires et sexuelles sévères, notamment après prostatectomie totale.
Conclusions : Il n’y a pas de recommandation spécifique concernant la prise en charge du CaP chez l’homme de moins de 50 ans. Lorsqu’il s’agit d’un CaP localisé, deux options peuvent se concevoir. La première option consiste à vouloir limiter les complications urinaires et sexuelles de la prostatectomie totale. Un traitement peu invasif comme la curiethérapie, voire la surveillance active, peut répondre à cet objectif. La seconde option consiste, au contraire, à être d’emblée plus « agressif », compte tenu de la longue espérance de vie habituelle. Proposer une prostatectomie totale permet de réserver au patient la possibilité d’une radiothérapie adjuvante ou de rattrapage en cas de maladie localement évoluée ou de récidive locale.

Mots clés : Cancer de prostate, Âge, Jeune, Prostatectomie radicale, Surveillance
Recommandations pour la prise en charge du cancer de la prostate chez l'homme âgé : un travail du comité de cancérologie de l'association française d'urologie
P. Mongiat-Artus, M. Peyromaure, P. Richaud, J.-P. Droz, M. Rainfray, C. Jeandel, X. Rebillard, J.-L. Moreau, J.-L. Davin, L. Salomon, M. Soulié
Recommandation Prog Urol, 2009, 19, 11, 810-817

La concordance des augmentations de l’espérance de vie à la naissance et de l’incidence globale des cancers laisse augurer d’une augmentation très significative des cancers de la personne âgée. En particulier, l’augmentation de l’incidence du cancer de la prostate dans la population âgée (45 % des diagnostics sont posés après 75 ans) contraste avec la pauvreté des connaissances scientifiques solides sur ce sujet. Parallèlement, l’approche oncogériatrique se développe depuis plusieurs années sous l’égide de la Société internationale d’oncogériatrie (SIOG). Cette démarche veut répondre à la prise en charge défectueuse des cancers chez la personne âgée. Les explications de cette prise en charge défectueuse sont à chercher tant dans les caractéristiques des patients âgés que dans la formation des soignants. Les auteurs rappellent les principes de l’évaluation oncogériatrique et de la classification des patients qui est maintenant proposée. Ils passent ensuite en revue les différentes options thérapeutiques et leurs résultats dans la population âgée et ils décrivent le processus décisionnel thérapeutique. Enfin, ils proposent une série de recommandations sur le diagnostic du cancer de la prostate, l’évaluation des patients et le traitement de la maladie dans la population âgée. Le cancer de la prostate est un modèle quasi idéal pour l’oncogériatrie. Les urologues doivent rester à la pointe de sa prise en charge, quel que soit l’âge de leur patient.

Mots clés : Cancer de la prostate, Oncogériatrie, Évaluation, Traitement
Oncologie prostatique du sujet âgé
C. Coulange
Commentaire à... Prog Urol, 2009, 19, 11, 818
Gènes de fusion et cancer de la prostate. De la découverte à la valeur pronostique et aux perspectives thérapeutiques
P. Beuzeboc, M. Soulié, P. Richaud, L. Salomon, F. Staerman, M. Peyromaure, P. Mongiat-Artus, F. Cornud, P. Paparel, J.-L. Davin, V. Molinié
Mise au point Prog Urol, 2009, 19, 11, 819-824

La mise en évidence de gènes de fusion constitue un progrès majeur dans la connaissance des événements moléculaires précoces de la carcinogenèse du cancer de la prostate. L’existence de fusion TMPRSS2–ETS dans plus de 50 % des cancers de la prostate en fait probablement le réarrangement génétique le plus fréquent des tumeurs épithéliales humaines. La présence de gènes de fusion TMPRSS2–ERG pourrait avoir une valeur pronostique péjorative dans les tumeurs localisées traitées par prostatectomie totale. Cette découverte devrait conduire dans un proche avenir à des traitements ciblés.

Mots clés : Cancer de la prostate, Gènes de fusion, TEMPSS2-ERG
La mention systématique d'un indice de qualité dans les comptes rendus de biopsies prostatiques influence les pratiques professionnelles
F. Mondet, C. Boyer, J.-H. Oddou, L. Corsois, D. Collomb
Article original Prog Urol, 2009, 19, 11, 825-829

Objectif : Évaluer l’influence sur les pratiques professionnelles, de la mention systématique d’un indice de qualité (IGap) dans la conclusion des comptes rendus anatomopathologiques (CRFS) des biopsies prostatiques (BP).
Matériels et méthode : Étude prospective monocentrique qui a porté sur 339 protocoles consécutifs standardisés à dix BP effectuées par deux urologues sur une période de 22 mois. Les CRFS étaient informatisés. Dans la conclusion, apparaissait l’IGap compris entre 0 et 1, calculé automatiquement à partir de trois critères : la longueur moyenne des BP, le nombre de BP avec capsule identifiable et le nombre moyen de fragment par BP. La qualité était d’autant meilleurs que l’indice était proche de 1. Un suivi trimestriel de l’IGap moyen était effectué pour les deux urologues. Le test de Student était utilisé pour comparer les moyennes.
Résultats : L’IGap moyen des urologues A et B était, respectivement, 0,57 (s = 0,1 ; n = 184) et 0,66 (s = 0,1 ; n = 155) : p < 0,001. Au trimestre 1, les IGap moyens des urologues A et B étaient, respectivement, de 0,47 (s = 0,14 ; n = 25) et 0,7 (s = 0,12 ; n = 14) (p < 0,001). La différence significative de l’IGap moyen des urologues A et B observée au trimestre 1 s’estompait progressivement pour disparaître à partir du trimestre 4.
Conclusions : À protocole équivalent, les urologues d’un même centre n’effectuent pas nécessairement des BP de qualité comparable. La mention systématique d’un IGap dans les comptes rendus de BP semble inciter les urologues à modifier leur pratique dans le sens de l’amélioration de l’indice.

Mots clés : Biopsie, Prostate, Cancer, Diagnostic, Qualité
Prévalence de la dysfonction érectile chez les patients consultant en urologie : l'enquête ENJEU (Enquête nationale de type 1 Jour sur la prévalence de la dysfonction Érectile chez des patients consultant en urologie)
S. Droupy, F. Giuliano, B. Cuzin, P. Costa, E. Vicaut, F. Levrat
Article original Prog Urol, 2009, 19, 11, 830-838

But : L’objectif de cette enquête était de réaliser un état des lieux de la prise en charge de la dysfonction érectile (DE) par les urologues français en décrivant les motifs de consultation en urologie des hommes de plus de 18 ans et en estimant la prévalence des troubles sexuels, en particulier de la DE un jour donné.
Matériel : Cette enquête a été réalisée, en partenariat avec l’Association française d’urologie (AFU), auprès de 150 urologues constituant un échantillon représentatif de la profession en France en termes de répartition géographique, d’âge et de type d’exercice. L’enquête nationale de type 1 Jour sur la prévalence de la DE chez des patients consultant en urologie (ENJEU) a été proposée à tous les hommes adultes se présentant en consultation d’urologie un jour donné (le mardi 19 juin 2007 ou un jour proche). Au total, 1848 (92,5 %) patients ont accepté de participer, l’analyse a porté sur 1740 patients. Le recueil des données patient était basé sur un auto-questionnaire portant sur les données sociodémographiques, les co-morbidités, les affections urologiques et la santé sexuelle. La recherche d’une DE était réalisée par la question unique de John B. McKinlay.
Résultats : Parmi les patients (âge moyen 63 ± 14 ans), 68 % (IC95 % = [65,2 % ; 70,7 %]) avaient une DE, sévère pour 44 % d’entre eux ; 25 % étaient traités médicalement (dont les deux tiers traités par IPDE5 seuls ou en association). Après les maladies prostatiques (62 %), les troubles sexuels représentaient le premier motif de consultation (14 %). Près de 60 % des patients indiquaient en avoir déjà parlé à un médecin (médecin qui était un urologue dans 44,6 % des cas). La perspective de passer le reste de leur vie avec leur trouble était « inacceptable » pour 21,1 % des patients ayant une DE et « moyennement acceptable » pour 34,4 %.
Conclusion : Cette première enquête de pratique dans la communauté urologique française souligne l’importance des troubles sexuels chez les patients consultant en urologie. Bien que la prévalence de la DE soit importante, peu de patients consultent spécifiquement pour ce motif. En conséquence, le traitement demeure limité, malgré l’intérêt déclaré des urologues.

Mots clés : Dysfonction érectile, Épidémiologie, Prévalence, Dysfonction sexuelle, Urologie
Facteurs prédictifs d'échec de cure d'incontinence urinaire d'effort masculine par bandelette sous-urétrale à ancrage osseux type InVance(TM) : étude multicentrique du comité des troubles mictionnels de l'homme de l'Association française d'urologie
M. Lanoe, C. Saussine, P. Mouracade, A.R. Azzouzi, M. Devonec, A. Ruffion, G. Robert, A. de la Taille, A. Descazeaud
Article original Prog Urol, 2009, 19, 11, 839-844

Objectif : Définir par une étude multicentrique des facteurs prédictifs d’échec de bandelettes sous-urétrale à encrage osseux type InVance™ (American Medical System, États-Unis) pour la cure d’incontinence urinaire d’effort (IUE) masculine.
Méthode : Les cas d’IUE masculine traités par bandelette type InVance™ entre janvier 2005 et décembre 2007 ont été recueillis dans quatre centres hospitaliers français.
Résultats : Quatre-vingt-quatre patients ont été évalués. Leur âge moyen était de 68 ans. Avec un recul moyen de 20 mois, 38 patients (45 %) étaient secs, 22 (26 %) étaient améliorés et 24 (29 %) en échec. En analyse univariée, trois paramètres étaient significativement liés à un résultat péjoratif : une IUE sévère (p = 0,005), une instabilité détrusorienne au bilan urodynamique (p = 0,043) et une IUE dont la cause était un double traitement comprenant une radiothérapie externe (p = 0,031). Si zéro ou un de ces facteurs de risque était présent en préopératoire, le risque d’échec était de 25 %, contre un risque de 67 % si deux ou trois facteurs de risque étaient présents (p = 0,013). En analyse multivariée incluant ces trois paramètres, seul un double traitement comprenant une radiothérapie était un facteur indépendant significativement associé au résultat de l’intervention (p = 0,017).
Conclusion : Deux groupes de patients ont été définis, permettant de différencier des bons et des mauvais candidats à la cure d’IUE par bandelette InVance™.

Mots clés : Incontinence urinaire d'effort masculine, InVance, Bandelette sous-urétrale, Ancrage osseux
Résection transuréthrale de prostate ou incision cervicoprostatique dans les suites immédiates d'une transplantation rénale
N. Védrine, B. Nsabimbona, P. Soares, P. Deteix, J.-P. Boiteux, L. Guy
Article original Prog Urol, 2009, 19, 11, 845-849

But : L’objectif de cette étude était d’analyser les résultats d’une résection transuréthrale (RTUP) de prostate ou d’une incision cervicoprostatique (ICP) effectuée dans les suites immédiates d’une transplantation rénale.
Matériel : Une étude des dossiers des patients transplantés entre janvier 2001 et avril 2006 et ayant nécessité une chirurgie de l’hypertrophie bénigne prostatique a été réalisée. En fonction du volume de la prostate, était indiqué soit une RTUP, soit une ICP. Le bilan préopératoire comprenait un interrogatoire, un examen clinique, une UCRM et un dosage du PSA.
Résultats : Parmi 256 patients transplantés, 12 RTUP et huit ICP ont été effectuées. L’intervention a été réalisée 15,2 jours (10–30) après la transplantation. L’ablation de la sonde a été effectuée à j3,1 (j2–j15). En postopératoire, la débitmétrie a mis en évidence un débit maximum moyen de 22,1 ml/s (18–33) et le résidu était non significatif chez tous les patients. Un patient a eu deux épisodes de rétention aiguë d’urine qui n’ont nécessité que des sondages vésicaux temporaires. Une prostatite aiguë a été diagnostiquée chez quatre patients. L’intervention pour HBP n’a entraîné aucune dégradation de la fonction rénale, ni perte de transplant. Avec 34,2 mois (12–73) de recul, 18 patients n’avaient aucune doléance urologique avec un score IPSS moyen de 4 (3–6).
Conclusion : Dans les suites immédiates d’une transplantation rénale, la résection transuréthrale de prostate ou l’incision cervicoprostatique a été réalisable avec des résultats satisfaisants.

Mots clés : Hypertrophie prostatique, Transplantation rénale, Résection transuréthrale de la prostate
Prise en charge chirurgicale de l'endométriose de l'appareil urinaire : à propos de 12 cas
B. Tisserand, C. Pirès, F. Ouaki, J. Orget, H. Leremboure, R. Briffaux, J. Irani, B. Doré
Urologie de la femme Prog Urol, 2009, 19, 11, 850-857

But : Évaluer rétrospectivement l’efficacité du traitement chirurgical de l’endométriose urinaire sur deux tableaux : l’absence de récidive clinique et radiologique et l’importance des troubles urinaires du bas appareil, au moyen du score IPSS et du score de qualité de vie (QDV).
Patientes et méthodes : Il s’agit d’une étude rétrospective multicentrique ayant inclus, sur une période de 1994 à 2007, toutes les femmes atteintes d’endométriose de l’appareil urinaire ayant nécessité une intervention chirurgicale dans trois services d’urologie.
Résultats : Douze patientes ont été incluses sur la période précitée. L’âge moyen au moment du diagnostic était de 36,4 ans (extrêmes 20–50 ans). Parmi ces patientes, trois avaient une atteinte vésicale, sept avaient une atteinte urétérale unilatérale intéressant l’uretère pelvien ou iliopelvien et deux avaient une atteinte urétérale pelvienne bilatérale. Une patiente atteinte de nodules vésicaux a eu une cystectomie partielle et les deux autres ont eu une résection transuréthrale de vessie (RTUV). Sur neuf patientes ayant une atteinte urétérale, sept ont vu leur problème résolu par une urétérectomie segmentaire et n’ont plus eu de récidive. Les patientes avec une localisation vésicale avaient des scores IPSS et QDV plus élevés que les autres.
Conclusions : L’urétérectomie segmentaire apparaît comme le traitement de choix de l’atteinte urétérale car les récidives ultérieures sont rares. Concernant les localisations vésicales, un traitement chirurgical par RTUV couplé aux analogues de la LH-RH peut être dans certains cas une alternative mini-invasive à la cystectomie partielle.

Mots clés : Endométriose, Urétérale, Cystectomie, Urétérectomie
Technique de dérivation urinaire non continente transcutanée comme traitement d'un prolapsus de vésicostomie
A. Stainier, M. Di Gregorio, B. Tombal
Cas clinique Prog Urol, 2009, 19, 11, 858-860

Le prolapsus vésical par un orifice de vésicostomie est une complication fréquente d’une intervention tout à fait exceptionnelle chez l’adulte. Nous avons décrit une technique de reconstruction d’un prolapsus de vésicostomie par tubulisation sous-cutanée d’un lambeau cutané épais prélevé au niveau de la paroi abdominale. Cette technique de dérivation urinaire non continente transcutanée d’une vésicostomie pourrait exceptionnellement aider le chirurgien à corriger un prolapsus de vésicostomie en cas d’abord intra-abdominal impossible.

Mots clés : Vésicostomie, Prolapsus, Plastie VQZ

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Rédacteur : Urofrance
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