Transplantation rénale

08 mars 2015

Mots clés : Rein, Transplantation

Cette fiche d’information, rédigée par l’Association Française d’Urologie, est destinée aux patients ainsi qu’aux usagers du système de santé.

Remise lors de votre sortie, elle vous explique les suites opératoires habituelles et elle vous donne les principales consignes de sécurité post-opératoires.

Vous sont exposés ici, les effets secondaires habituels et les troubles mineurs qui ne doivent pas vous inquiéter. Sont également énoncés les signes plus alarmants qui doivent vous amener à prendre un avis médical et leur degré d’urgence.

Ce document, complémentaire de l’information orale que vous avez reçue de votre urologue, vous permet au mieux d’aborder votre convalescence.

Vous venez d’être opéré(e) d’une transplantation rénale.

Informations générales

Après une transplantation rénale, il vous est conseillé d’éviter les efforts et les déplacements importants dans le premier mois suivant l’intervention.

Des ordonnances vous ont été remises pour les soins à réaliser.

Un courrier a été adressé à votre médecin traitant pour le tenir informé de votre état de santé.

La durée de la convalescence et la date de reprise du travail ou d’une activité physique normale dépendent de votre état physique. Vous discuterez avec votre urologue ou votre néphrologue de la date de reprise de vos activités et du suivi après l’opération.

Il est, bien sur, indispensable que vous suiviez scrupuleusement les indications de votre néphrologue concernant la prise de votre traitement anti-rejet.

Précautions

Prévention d’une phlébite et embolie pulmonaire

L’alitement et l’absence de mouvement des membres inférieurs favorisent la stase veineuse.

Des douleurs dans une jambe, une sensation de pesanteur ou une diminution du ballotement du mollet doivent faire évoquer une phlébite. Il est donc nécessaire de consulter un médecin en urgence.

Afin d’éviter la survenue d’une phlébite, il est conseillé de suivre les recommandations qui vous ont été données : contractions régulières et fréquentes des mollets, mouvements des pieds, surélévation des jambes et suivant la prescription de votre médecin, port de bas de contention.

En cas de douleur thoracique, de point de coté, de toux irritative ou d’essoufflement, il est nécessaire de consulter en urgence car ces signes peuvent être révélateurs d’une embolie pulmonaire. Contactez alors immédiatement votre médecin traitant ou le service d’urgence le plus proche en téléphonant au Centre 15

Cicatrisation

La chirurgie abdominale comporte une ou plusieurs incisions plus ou moins grandes. Ces incisions sont non seulement des zones de faiblesse, mais aussi des portes d'entrée possibles pour une infection. Il est donc nécessaire de s’assurer d’une bonne hygiène locale. Si la cicatrice devient rouge, chaude ou s’il existe une surélévation de celle-ci, il est important de montrer, sans urgence, cette cicatrice à votre chirurgien : il peut s’agit d’un hématome ou d’un abcès.

La cicatrisation cutanée s’effectue en plusieurs jours. Durant cette période, il peut se produire un petit saignement que l’on peut stopper en le comprimant à l’aide d’une compresse ou d’un linge propre. L’ablation des fils ou des agrafes est réalisée par une infirmière à domicile suivant la prescription médicale de sortie.

Une désunion de la peau peut parfois survenir. Si cette ouverture est superficielle, il faut simplement attendre qu’elle se referme, le délai de fermeture peut atteindre plusieurs semaines (surtout chez les patients diabétiques ou sous corticoïde). En cas de sensation de craquement profond de la cicatrice ou de désunion profonde, il est nécessaire de consulter rapidement son chirurgien.

Le tabac et la dénutrition ralentissent la cicatrisation.

Des troubles du transit intestinal

Après chirurgie abdominale, le retour au transit digestif habituel peut nécessiter quelques semaines. Des troubles du transit sont fréquents. Une période de plusieurs jours sans selle n’est pas en soi un signe inquiétant. A l’opposé, l’absence de gaz, des nausées ou des vomissements sont des signes qui nécessitent une consultation urgente (risque d’occlusion). Pour faciliter la reprise d’un transit normal, il est conseillé de :

  • Manger de petites quantités à chaque repas en mastiquant lentement

  • Prendre ses repas assis, dans le calme

  • Arrêter de manger dès les premiers tiraillements digestifs

  • Ne pas trop boire en mangeant, mais boire suffisamment entre les repas

  • Manger équilibré et le plus varié possible pour éviter les carences nutritionnelles

  • Respecter un apport suffisant en protéines (viandes, oeufs, poissons, produits laitiers…)

  • Eviter les abus de boissons gazeuses, les sauces et les fritures, ainsi que les sucreries et les aliments gras

La présence de sang dans les urines

Elle peut être favorisée par une sonde interne (double-J) entre le transplant rénal et votre vessie, assurant ainsi transitoirement un écoulement optimal des urines. En présence de caillots dans vos urines, surtout si ceux-ci sont abondants ou volumineux, vous devez en avertir le service de transplantation rénale. Rarement, un saignement important peut nécessiter la mise en place d’une sonde vésicale ou une nouvelle opération.

Brûlures urinaires

Il est fréquent de ressentir des brûlures en urinant après l’ablation de la sonde vésicale et ce jusqu’au retrait de la sonde interne (double-J). En cas de mauvaise odeur des urines, de mictions urgentes et fréquentes ou de fièvre, vous devez en avertir le service de transplantation rénale.

Difficultés à uriner

Si vous n’uriniez plus avant d’être transplanté, vous pouvez avoir des envies fréquentes d’uriner pendant le temps de réadaptation de votre vessie lors du remplissage.

Si vous n’urinez plus sans en avoir envie, vous devez avertir en urgence le service de transplantation rénale, car cela peut traduire un défaut de drainage de vos urines vers la vessie ou un défaut de fonctionnement de votre transplant.

Si vous ne parvenez plus à uriner en ayant envie, il peut s’agir d’un blocage de votre vessie qui nécessite la mise en place transitoire d’une sonde dans votre vessie. Vous devez donc consulter en urgence.

Questions pratiques

Comment puis-je me laver ?

Dès votre retour à domicile, vous pouvez prendre une douche ou un bain.

Puis-je faire du sport ?

La reprise de vos activités est possible progressivement après un mois de repos.

Puis-je conduire après l’intervention ?

Certains médicaments contre les douleurs peuvent entrainer une somnolence qui n’est parfois pas compatible avec la conduite.

Puis-je voyager ?

Sauf avis contraire de votre médecin, les voyages sont possibles à partir du deuxième mois post opératoire.

Quand puis-je reprendre une activité sexuelle ?

La reprise d’une activité sexuelle est possible progressivement dès votre retour a domicile.

Il est difficile de répondre ici à toute vos questions, n’hésitez pas à contacter votre urologue ou votre médecin traitant.

Votre urologue se tient à votre disposition pour tout renseignement.

Avertissement

Le tabac augmente considérablement le risque de difficulté de cicatrisation interne et externe. Il est donc expressément recommandé de ne pas fumer durant la convalescence.

Si vous fumez, parlez-en à votre médecin, votre chirurgien et votre anesthésiste ou appelez la ligne Tabac-Info-Service au 3989 pour vous aider à réduire les risques et mettre toutes les chances de votre côté.