Pyéloplastie par lombotomie

05 janvier 2015

Mots clés : Syndrome de la jonction pyélo-urétérale, Pyéloplastie, Lombotomie

Cette fiche d’information, rédigée par l’Association Française d’Urologie, est destinée aux patients ainsi qu’aux usagers du système de santé.

Remise lors de votre sortie, elle vous explique les suites opératoires habituelles et elle vous donne les principales consignes de sécurité post-opératoires.

Vous sont exposés ici, les effets secondaires habituels et les troubles mineurs qui ne doivent pas vous inquiéter. Sont également énoncés les signes plus alarmants qui doivent vous amener à prendre un avis médical et leur degré d’urgence.

Ce document, complémentaire de l’information orale que vous avez reçue de votre urologue, vous permet au mieux d’aborder votre convalescence.

Vous venez d’être opéré(e) d’un syndrome de la jonction pyélo-urétérale : pyéloplastie par lombotomie (voie chirurgicale).

Informations générales

Après une cure de jonction pyélo-urétérale, il vous est recommandé de boire suffisamment (> 1,5 l par jour). Vous êtes porteur d’une prothèse dans l’uretère (Sonde JJ) qu’il sera nécessaire de retirer (sans hospitalisation) à la date qui vous a été indiqué par votre urologue.

Le maintien d’un traitement anticoagulant est nécessaire après votre hospitalisation pour prévenir le risque de phlébite. Le port des bas de contention peut être souhaitable au moins 10 jours après votre intervention.

Un courrier a été adressé à votre médecin traitant pour le tenir informé de votre état de santé.

La durée de la convalescence et la date de reprise du travail ou d’une activité physique normale dépendent de votre état physique. Vous discuterez avec votre chirurgien de la date de reprise de vos activités et du suivi après l’opération.

Une consultation post opératoire est programmée avec votre urologue afin d’évaluer le résultat de votre intervention.

Assurez-vous que vous avez un rendez-vous pour l’ablation de la sonde qui assure le drainage entre votre rein et votre vessie (sonde JJ). Votre urologue vous aura remis une fiche explicative spécifique à ces sondes.

Précautions

Prévention de la phlébite et de l’embolie pulmonaire

L’alitement et l’absence de mouvements des membres inférieurs favorisent la stase veineuse. Des douleurs dans une jambe, une sensation de pesanteur ou une diminution du ballotement du mollet doivent faire évoquer une phlébite. Il est donc nécessaire de consulter un médecin en urgence.

Afin d’éviter la survenue d’une phlébite, il est conseillé de suivre les recommandations qui vous ont été données : contractions régulières et fréquentes des mollets, mouvements des pieds, surélévation des jambes et suivant la prescription de votre médecin, port de bas de contention.

En cas de douleur thoracique, de point de coté, de toux irritative ou d’essoufflement, il est nécessaire de consulter en urgence car ces signes peuvent être révélateurs d’une embolie pulmonaire. Contactez alors immédiatement votre médecin traitant ou le service d’urgence le plus proche en téléphonant au Centre 15.

Cicatrisation

La chirurgie abdominale comporte une ou plusieurs incisions. Ces incisions sont non seulement des zones de faiblesse, mais aussi des portes d'entrée possibles pour une infection. Il est donc nécessaire de s’assurer d’une bonne hygiène locale. Si la cicatrice devient rouge ou chaude ou s’il existe une surélévation de celle ci, il est important de montrer cette cicatrice, sans urgence, à votre chirurgien : il peut s’agit d’un hématome ou d’un abcès.

La cicatrisation cutanée s’effectue en plusieurs jours. Durant cette période, il peut se produire un petit saignement que l’on peut stopper en le comprimant à l’aide d’une compresse ou d’un linge propre. L’ablation des fils ou des agrafes est réalisée par une infirmière à domicile suivant la prescription médicale de sortie.

Une désunion de la peau peut parfois survenir. Si cette ouverture est superficielle, il faut simplement attendre qu’elle se referme, le délai de fermeture peut atteindre plusieurs semaines (surtout chez les patients diabétiques ou sous corticoïde). En cas de sensation de craquement profond de la cicatrice ou de désunion profonde, il est nécessaire de consulter rapidement son chirurgien.

Le tabac et la dénutrition ralentissent la cicatrisation.

Des troubles du transit intestinal

Après chirurgie abdominale, le retour au transit digestif normal peut nécessiter quelques semaines. Des troubles du transit sont fréquents. Une période de plusieurs jours sans selle n’est pas un signe inquiétant. A l’opposé, l’absence de gaz, des nausées ou des vomissements nécessitent une consultation en urgence (risque d’occlusion).

Pour faciliter la reprise d’un transit normal, il est conseillé de :

  • Manger de petites quantités à chaque repas en mastiquant lentement

  • Prendre ses repas assis, dans le calme

  • Arrêter de manger dès les premiers tiraillements digestifs

  • Ne pas trop boire en mangeant, mais boire suffisamment entre les repas

  • Manger équilibré et le plus varié possible pour éviter les carences nutritionnelles

  • Respecter un apport suffisant en protéines (viandes, oeufs, poissons, produits laitiers…)

  • Eviter les abus de boissons gazeuses, les sauces et les fritures, ainsi que les sucreries et les aliments gras

Signes qui peuvent survenir et conduite à tenir

Un écoulement clair (urines) par la cicatrice, une sensation persistante de pesanteur du côté opéréavec des troubles du transit intestinal ou de la fièvre

L’ensemble de ces signes peut correspondre à une fuite d’urines sur le site opératoire. Cette situation est rare, mais nécessite une consultation rapide auprès de votre urologue pour qu’il puisse rétablir le drainage de votre rein.

Du sang dans les urines

Il vous est recommandé de boire abondamment, d’uriner régulièrement pour laver la vessie. Les urines peuvent contenir un peu de sang pendant quelques jours. Si ce saignement persiste ou s’amplifie, il faut contacter votre médecin ou votre urologue.

Une fièvre

La constatation d’une fièvre inexpliquée peut correspondre à une infection urinaire. Vous devez alors consulter votre médecin ou votre urologue qui vous prescrira une analyse d’urines à la recherche de bactéries (ECBU) et instaurer un traitement antibiotique.

Une déformation de la paroi de l’abdomen au niveau de la cicatrice

Une telle déformation est fréquente. Elle correspond au relâchement des muscles de la paroi abdominale qui ont été incisés ou dont des filets nerveux ont été obligatoirement sectionnés. Cette situation peut s’améliorer avec le temps. Cependant, elle peut s’aggraver, correspondant en une hypotonie musculaire ou à une éventration, dont vous parlerez à votre urologue pour qu’il en assure la prise en charge.

Des douleurs lombaires intenses du côté opéré

Cela peut correspondre à l’obstruction à l’écoulement urinaire de votre rein. Vous devez consulter rapidement votre urologue pour qu’il puisse apporter la solution adaptée.

Des brûlures en urinant

Une légère douleur peut survenir en urinant. Son accentuation ou sa persistance, ou l’apparition d’urine trouble peut correspondre à une infection urinaire qui justifie la réalisation d’un examen bactériologique des urines. Par ailleurs, le port d’une sonde JJ peut entrainer des symptômes du bas appareil urinaire (cf. fiche sur sonde JJ)

Questions pratiques

Comment puis-je me laver ?

Dès votre retour à domicile, vous pouvez prendre une douche ou un bain.

Puis-je faire du sport ?

La reprise de vos activités est possible progressivement après un mois de repos.

Puis-je conduire après l’intervention ?

Certains médicaments contre les douleurs peuvent entrainer une somnolence qui peut ne pas être compatible avec la conduite. La conduite d’un véhicule personnel est possible sans restriction après 10 jours de repos.

Puis-je voyager ?

Sauf avis contraire de votre médecin, les voyages sont possibles à partir du deuxième mois postopératoire.

Quand puis-je reprendre une activité sexuelle ?

La reprise d’une activité sexuelle est possible plutôt après retrait de la sonde JJ.

Il est difficile de répondre ici à toute vos questions, n’hésitez pas à contacter votre urologue ou votre médecin traitant.

Votre urologue se tient à votre disposition pour tout renseignement.

Avertissement

Le tabac augmente considérablement le risque de difficulté de cicatrisation interne et externe. Il est donc expressément recommandé de ne pas fumer durant la convalescence.

Si vous fumez, parlez-en à votre médecin, votre chirurgien et votre anesthésiste ou appelez la ligne Tabac-Info-Service au 3989 pour vous aider à réduire les risques et mettre toutes les chances de votre côté.