Néphro-urétérectomie par coelioscopie

09 mars 2015

Mots clés : Néphro-urétérectomie, Tumeur de la voie excrétrice, Coelioscopie

Cette fiche d’information, rédigée par l’Association Française d’Urologie, est destinée aux patients ainsi qu’aux usagers du système de santé.

Remise lors de votre sortie, elle vous explique les suites opératoires habituelles et elle vous donne les principales consignes de sécurité post-opératoires.

Vous sont exposés ici, les effets secondaires habituels et les troubles mineurs qui ne doivent pas vous inquiéter. Sont également énoncés les signes plus alarmants qui doivent vous amener à prendre un avis médical et leur degré d’urgence.

Ce document, complémentaire de l’information orale que vous avez reçue de votre urologue, vous permet au mieux d’aborder votre convalescence.

Vous venez de subir une néphro-urétérectomie par voie coelioscopique.

Informations générales

Après une néphro-urétéctomie par voie coelioscopique (ablation du rein et de l’uretère), il vous est recommandé de boire abondamment, d’uriner régulièrement pour laver la vessie et éviter que les urines ne deviennent rouges.

Les ordonnances qui vous ont été remises comprennent les soins de la ou des cicatrices cutanées ainsi que l’injection quotidienne d’un anti-coagulant. Le maintien d’un traitement anticoagulant est nécessaire après votre hospitalisation pour prévenir le risque de phlébite. Le port des bas de contention peut être souhaitable au moins 10 jours après votre intervention.

Un courrier a été adressé à votre médecin traitant pour le tenir informé de votre état de santé.

La durée de la convalescence et la date de reprise du travail ou d’une activité physique normale dépendent de votre état physique. Vous discuterez avec votre urologue de la date de reprise de vos activités et du suivi après l’opération.

Une consultation post opératoire est programmée avec votre urologue afin de vous informer du résultat de l’examen microscopique du rein et de l’uretère retirés.

Un suivi est planifié pour surveiller l’absence de récidive du cancer, et prendre en charge d’éventuels effets indésirables.

Précautions

Prévention d’une phlébite et embolie pulmonaire

L’alitement et l’absence de mouvement des membres inférieurs favorisent la stase veineuse. Des douleurs dans une jambe, une sensation de pesanteur ou une diminution du ballotement du mollet doivent faire évoquer une phlébite. Il est donc nécessaire de consulter un médecin en urgence.

Afin d’éviter la survenue d’une phlébite, il est conseillé de suivre les recommandations qui vous ont été données : contractions régulières et fréquentes des mollets, mouvements des pieds, surélévation des jambes et suivant la prescription de votre médecin, port de bas de contention.

En cas de douleur thoracique, de point de coté, de toux irritative ou d’essoufflement, il est nécessaire de consulter en urgence car ces signes peuvent être révélateurs d’une embolie pulmonaire.

Cicatrisation

La chirurgie coelioscopique comporte plusieurs petites incisions. Ces incisions sont des portes d'entrée possibles pour une infection. Il est donc nécessaire de s’assurer d’une bonne hygiène locale. Si la cicatrice devient rouge, chaude ou s’il existe une surélévation de celle-ci, il est important de montrer, sans urgence, cette cicatrice à votre chirurgien : il peut s’agit d’un hématome ou d’un abcès.

La cicatrisation de la peau s’effectue en plusieurs jours. Durant cette période, il peut se produire un petit saignement que l’on peut stopper en le comprimant à l’aide d’une compresse ou d’un linge propre. L’ablation des fils ou des agrafes est réalisée par une infirmière suivant la prescription médicale de sortie.

Une désunion de la peau peut parfois survenir. Si cette ouverture est superficielle, il faut simplement attendre qu’elle se referme, le délai de fermeture peut atteindre plusieurs semaines (surtout chez les patients diabétiques ou sous traitement corticoïde). En revanche, en cas de sensation de craquement profond ou de désunion profonde, il est nécessaire de consulter rapidement son chirurgien.

Le tabac et la dénutrition ralentissent la cicatrisation.

Fièvre post-opératoire

La survenue d’une fièvre après une néphro-urétérectomie n’est pas habituelle. Toute fièvre postopératoire inexpliquée doit conduire à une consultation médicale.

Que faire si vous ressentez ou présentez :

Des sueurs, des palpitations et/ou une pâleur cutanée

Ces signes peuvent être la conséquence d’un saignement sur un site opératoire (rein ou vessie). Contactez alors immédiatement votre médecin traitant ou le service d’urgence le plus proche en téléphonant au Centre 15.

Une fatigue inhabituelle

Cette fatigue peut être le témoin d’une diminution de la fonction rénale, il est conseillé d’en parler à votre médecin traitant qui pourra éventuellement vous demander une analyse de sang avec en particulier un dosage de la créatininémie.

Des douleurs au niveau de la plaie ou de l’abdomen

Un traitement contre la douleur vous a été prescrit. Une douleur importante ou persistante nécessite que vous contactiez votre médecin. Un écoulement ou hématome au niveau de la plaie guérit le plus souvent avec des soins locaux.

Il n’est pas rare d’éprouver une sensation transitoire de ventre gonflé, de ballonnement.

Une sensation persistante de pesanteur du côté opéré avec des troubles du transit intestinal ou de la fièvre

L’ensemble de ces signes peut correspondre à un saignement ou un hématome sur le site opératoire. Cette situation est rare, mais nécessite une consultation rapide auprès de votre urologue.

Des brûlures en urinant

Une légère douleur peut survenir en urinant. Son accentuation ou sa persistance, ou l’apparition d’urine trouble peut correspondre à une infection urinaire, ce qui justifie la réalisation d’un examen bactériologique des urines.

Du sang dans les urines

Le sang dans les urines peut provenir de la vessie au niveau de l’implantation de l’uretère qui a été retiré. Ces saignements sont le plus souvent peu abondants et cèdent rapidement. Il vous est recommandé de boire suffisamment (plus d’1,5 litre par jour), d’uriner régulièrement pour laver la vessie. Les urines peuvent contenir un peu de sang pendant quelques jours. Si ce saignement persiste ou s’amplifie, il faut contacter votre médecin ou votre urologue.

Des douleurs musculaires et l’impression d’un « ventre gonflé »

Ces signes peuvent persister quelques semaines après l’opération et sont liées à la distension de la paroi abdominale pendant l’intervention coelioscopique.

Des douleurs au niveau des épaules

Elles sont aussi en rapport avec le gonflement de votre abdomen pendant l’intervention et peuvent être ressenties quelques jours après votre retour à domicile.

Des troubles du transit intestinal

Après chirurgie abdominale, le retour au transit digestif habituel peut nécessiter quelques semaines. Des troubles du transit sont fréquents. Une période de plusieurs jours sans selle n’est pas en soi un signe inquiétant. A l’opposé, l’absence de gaz, des nausées ou des vomissements sont des signes qui nécessitent urgence (risque d’occlusion). Pour faciliter la reprise d’un transit normal, il est conseillé de :

  • Manger de petites quantités à chaque repas en mastiquant lentement

  • Prendre ses repas assis, dans le calme

  • Arrêter de manger dès les premiers tiraillements digestifs

  • Ne pas trop boire en mangeant, mais boire suffisamment entre les repas

  • Manger équilibré et le plus varié possible pour éviter les carences nutritionnelles

  • Respecter un apport suffisant en protéines (viandes, oeufs, poissons, produits laitiers…)

  • Eviter les abus de boissons gazeuses, les sauces et les fritures, ainsi que les sucreries et les aliments gras.

Questions pratiques

Comment puis-je me laver ?

Dès votre retour à domicile, vous pouvez prendre une douche ou un bain.

Puis-je faire du sport ?

La reprise de vos activités est possible progressivement après un mois de repos.

Puis-je conduire après l’intervention ?

Certains médicaments contre les douleurs peuvent entrainer une somnolence qui n’est parfois pas compatible avec la conduite.

La conduite d’un véhicule personnel est possible sans restriction après 10 jours de repos.

Puis-je voyager ?

Sauf avis contraire de votre médecin, les voyages sont possibles à partir du deuxième mois post opératoire.

Quand puis-je reprendre une activité sexuelle ?

La reprise d’une activité sexuelle est possible progressivement dès votre retour à domicile.

Il est difficile de répondre ici à toute vos questions, n’hésitez pas à contacter votre urologue ou votre médecin traitant.

Votre urologue se tient à votre disposition pour tout renseignement.

Avertissement

Le tabac augmente considérablement le risque de difficulté de cicatrisation interne et externe. Il est donc expressément recommandé de ne pas fumer durant la convalescence.

Si vous fumez, parlez-en à votre médecin, votre chirurgien et votre anesthésiste ou appelez la ligne Tabac-Info-Service au 3989 pour vous aider à réduire les risques et mettre toutes les chances de votre côté.