Kyste de l’épididyme (chirurgie pour kyste de l’épididyme et épididymectomie)

30 mai 2012

Cette fiche d’information, rédigée par l’Association Française d’Urologie, est destinée aux patients ainsi qu’aux usagers du système de santé.

Remise lors de votre consultation d’urologie avant de pratiquer un acte à visée diagnostique ou thérapeutique, elle est destinée à vous aider à mieux comprendre l’information délivrée par votre Urologue. Il vous a expliqué la maladie dont vous souffrez ou dont il doit faire le diagnostic. Il vous a exposé les différentes modalités et alternatives de prise en charge et de traitement et les conséquences prévisibles en cas de refus de l’acte proposé.

Vous sont exposées ici les raisons de l’acte que va pratiquer votre urologue, son déroulement, les conséquences habituelles et les risques fréquents ou graves normalement prévisibles. Les conditions du suivi après examen ou intervention sont aussi précisées.

Ce document, complémentaire de l’information orale que vous avez reçue, vous permet donc le délai de réflexion nécessaire et une prise de décision partagée avec votre urologue.

L’intervention, qui vous est proposée, est destinée à retirer le kyste à contenu liquidien, situé dans l’épididyme.

L'épididyme

L’épididyme est un organe accolé au testicule. Il contient un long tube replié sur lui même, transporte les spermatozoïdes et assure la fin de maturation de ceux-ci.

Pourquoi cette intervention ?

Le kyste de l’épididyme se développe aux dépens de la partie renflée de la partie supérieure ou tête de l’épididyme. Il peut exister un ou plusieurs kystes au sein du même épididyme.

L’intervention est proposée en raison de la gêne ou douleur locale que ce kyste peut entraîner. Elle a pour objectif de retirer la lésion par ouverture chirurgicale de la bourse.

L’absence de traitement n’a pas de conséquence en soi, en dehors du fait d’une augmentation possible du volume du kyste, de la gêne ou de la douleur locale, qu’il peut entraîner.

Existe-t-il d’autres possibilités ?

Une simple surveillance est recommandée, surtout si le kyste n’est pas douloureux, de petit volume et en l’absence de paternité.

Préparation à l’intervention

L’intervention se déroule sous anesthésie générale ou loco-régionale. Comme pour toute intervention chirurgicale, une consultation d’anesthésie pré-opératoire est nécessaire quelques jours avant l’opération.

Technique opératoire

Une courte incision est pratiquée au niveau de la bourse. Après vérification du testicule sous-jacent, le kyste est enlevé en totalité par ouverture de l’enveloppe de l’épididyme et dissection au plus près de la paroi du kyste. Le chirurgien peut parfois être amené à enlever une partie ou la totalité de l’épididyme.


Figure 1. Anatomie
Anatomie


Suites habituelles

L’intervention se fait dans le cadre d’une hospitalisation en chirurgie ambulatoire. Elle peut, dans certains cas, nécessiter 1 ou 2 jours d’hospitalisation.

La douleur au niveau de l’incision est habituellement minime et temporaire.

Les bains sont déconseillés jusqu’à ce que la cicatrisation soit obtenue. Des soins locaux à domicile peuvent être prescrits.

Pendant quelques semaines, la bourse reste augmentée de volume et une petite tuméfaction autour du testicule peut parfois persister. La convalescence et l’arrêt de travail sont adaptés au métier que vous exercez. Une consultation de contrôle avec votre urologue est prévue quelques semaines après l’intervention.

Risques et complications

Dans la majorité des cas, l’intervention qui vous est proposée se déroule sans complication. Cependant, tout acte chirurgical comporte un certain nombre de risques et complications décrits ci-dessous :

  • Certaines complications sont liées à votre état général et à l’anesthésie ; elles vous seront expliquées lors de la consultation pré-opératoire avec le médecin anesthésiste ou le chirurgien ; elles sont possibles dans toute intervention chirurgicale.

  • Les complications directement en relation avec l’intervention sont rares mais possibles :

    • Hématome : un saignement après l’intervention peut conduire à la constitution d’un hématome de la bourse, éventuellement étendu aux organes génitaux externes ; une réintervention pour drainer l’hématome peut être nécessaire.

    • Retard de cicatrisation : il peut nécessiter des soins locaux prolongés.

    • Infection : l’existence d’un écoulement par l’incision , de signes d’infection généraux comme la fièvre, ou locaux comme une inflammation de la bourse peuvent entraîner la mise en route d’un traitement antibiotique adapté et le traitement d’un éventuel abcès par votre chirurgien.

    • Atrophie testiculaire : elle est de survenue exceptionnelle après chirurgie de l’épididyme

    • Récidive : son risque est extrêmement faible.

    • Retentissement sur la fertilité : l’ablation partielle ou totale de l’épididyme empêchera définitivement le passage des spermatozoïdes de ce coté. Ce risque est plus rare en cas d’ablation simple du kyste.

    • Persistance de la gêne locale ou de la douleur : L’ablation du kyste ne garantit pas la disparition totale de la gêne ou de la douleur.

Il est rappelé que toute intervention chirurgicale comporte un certain nombre de risques y compris vitaux, tenant à des variations individuelles qui ne sont pas toujours prévisibles. Certaines de ces complications sont de survenue exceptionnelle et peuvent parfois ne pas être guérissables.

Au cours de cette intervention, le chirurgien peut se trouver en face d’une découverte ou d’un événement imprévu nécessitant des actes complémentaires ou différents de ceux initialement prévus, voire une interruption du protocole prévu.

Votre urologue se tient à votre disposition pour tout renseignement.

Avertissement

Fumer augmente le risque de complications chirurgicales de toute chirurgie. Arrêter de fumer 6-8 semaines avant l'intervention élimine ce risque supplémentaire.

Si vous fumez, parlez-en à votre médecin, votre chirurgien et votre anesthésiste ou appelez la ligne Tabac‑Info‑Service au 3989 pour vous aider à réduire les risques et mettre toutes les chances de votre côté.