Base bibliographique

Sommaire :

Radiothérapie chez les patients à haut risque après prostatectomie radicale : postopératoire ou de rattrapage ?
Radiotherapy for high-risk patients after radical prostatectomy for prostate cancer: Immediate postoperative or salvage?
2009
- Article de revue
- Réf : Prog Urol, 2009, 19, 7, 447-456

L’utilisation de la radiothérapie adjuvante, de la radiothérapie de rattrapage et de l’adjonction à ces traitements d’une hormonothérapie chez les patients à haut risque de récidive locale après prostatectomie radicale reste un sujet de débat. Le but de cette revue de la littérature est d’évaluer les niveaux de preuve qui sous-tendent ces attitudes thérapeutiques (résultats, facteurs pronostiques et toxicité). La radiothérapie postopératoire augmente la survie sans récidive biochimique chez les patients de stade pT3 dans trois essais randomisés ; elle augmente la survie sans récidive clinique, la survie sans métastase et la survie globale respectivement dans deux et dans l’un de ces essais. Les toxicités de bas grade sont significativement plus fréquentes dans les bras radiothérapie, mais aucune toxicité sévère n’a été observée. L’influence de la radiothérapie sur la continence apparaît modérée. Les patients dans le bras radiothérapie présentent plus fréquemment une pollakiurie persistante à cinq ans, mais leur qualité de vie globale est significativement supérieure à long terme dans un essai randomisé. Une radiothérapie adjuvante devrait donc être proposée aux patients à haut risque de récidive locale. La radiothérapie de rattrapage est efficace chez les patients présentant une récidive biochimique, mais sur la base de données rétrospectives seulement ; les patients avec quelques facteurs défavorables peuvent également bénéficier de ce traitement. Les données concernant l’adjonction d’une hormonothérapie à une radiothérapie adjuvante ou de rattrapage ne sont que rétrospectives. Les résultats des essais cliniques en cours sont nécessaires pour comparer radiothérapie adjuvante et de rattrapage et préciser la place de l’adjonction d’une hormonothérapie.

The use of immediate postoperative and salvage radiotherapy in high-risk patients after radical prostatectomy for prostate cancer remains controversial. Immediate postoperative radiotherapy improves biochemical and clinical progression-free survival in randomised trials. Metastasis-free survival and overall survival were seen to be improved in a recently updated randomised trial. On the basis of retrospective data only, salvage radiotherapy is effective against biochemical relapse after prostatectomy. The adjunction of androgen deprivation therapy to immediate postoperative or salvage radiotherapy is only supported by retrospective data. The results of the ongoing, prospective, randomized trials will hopefully enable accurate comparison of immediate postoperative radiotherapy with salvage radiotherapy and assessment of the value of androgen deprivation therapy.

Mots clés:
Cancer prostatique / Prostatectomie / radiothérapie / radiothérapie adjuvante / Radiothérapie de rattrapage
Mots-clés:
Prostate cancer / Prostatectomy / radiotherapy / adjuvant radiotherapy / Salvage radiotherapy
Angiomyolipome épithélioïde rénal
Renal epithelioïd angiomyolipoma
2009
- Mise au point
- Réf : Prog Urol, 2009, 19, 7, 457-461

Les angiomyolipomes épithélioïdes rénaux (AMLeR) sont des tumeurs rares (identifiées chez moins de 0,1 patients pour 1000 habitants) et représentent 8 % des angiomyolipomes (AML) opérés. Le diagnostic est histologique, caractérisé par un contingent de cellules épithélioïdes observées parmi les cellules des AML typiques. Les AMLeR sont des tumeurs dérivées des cellules épithélioïdes périvasculaires (PECome). Il existe des PEComes bénins, des PEComes à potentiel agressif et des PEComes malins. La majorité des PEComes malins sont des AMLeR. Il existe deux formes cliniques d’AMLeR, sporadiques ou en association avec la sclérose tubéreuse de Bourneville (STB). Les AMLeR sont des tumeurs solides localisées, uniques et sporadiques du rein de taille variable qui peuvent se révéler comme les AML classiques par des symptômes locaux ou une complication (hémorragie). Le mode de révélation le plus fréquent est radiologique. Les AMLeR sont des AML pauvres en graisse en tomodensitométrie (TDM). Ils peuvent être confondus avec un carcinome à cellules rénales (CCR). Un tiers des AMLeR sont malins avec une évolution locorégionale, ganglionnaire ou métastatique qui peut conduire au décès. Le traitement des AMLeR est multimodal en fonction de l’histologie, de la forme clinicoradiologique, de l’évolution et du patient. La néphrectomie partielle ou la surveillance sont les traitements des formes bénignes. La néphrectomie totale élargie éventuellement suivie d’un traitement par doxorubicine ou par rapamycine est le traitement recommandé des formes à potentiel agressif et des formes malignes.

Renal epithelioid angiomyolipomas (ReAML) are rare tumors (identified in less than 0,1‰ in general population) and represent 8% of operated angiomolipomas (AML). The diagnostic is histological, with an epithelioid cell component among the typical AML cells. ReAML are tumors derived from perivascular epithelioid cells (PEComa). There are benign PEComas, potentially agressive PEComas and malignant PEComas. Most malignant PEComas are ReAML. There are two ReAML clinical entities, sporadic or associated to Tuberous Sclerosis Complex (TSC). ReAML are unique, localized and sporadic solid tumors of the kidney of variable size that can be revealed as classical AML with local symptoms or a complication (hemorrhage). Revelation mode is mostly radiologic. ReAML are fat-poor on CT-scan. They can be misdiagnosed with renal cell carcinoma (RCC). (One third of ReAML are malignant with a locoregional, nodal or metastatic evolution that can lead to death. ReAML treatments are multimodal depending of histology, clinical-radiological entity, evolution and the patient. Partial nephrectomy or follow-up are the benign entity treatment. Radical nephrectomy eventually followed by doxorubicine or rapamycine treatments are recommended for potentially agressive and malignant entities.

Mots clés:
Angiomyolipome épithélioïde / Tumeur / Rein / mTOR
Mots-clés:
Epithelioïd angiomyolipoma / tumor / Kidney / mTOR
Synovialosarcome primitif rénal : une tumeur kystique chez des patients jeunes
Primitive renal synovial sarcoma: A cystic tumor in young patients
2009
- Article original
- Réf : Prog Urol, 2009, 19, 7, 474-478

Introduction : Étudier les aspects cliniques, histologiques et immunohistochimiques de trois tumeurs du rein correspondant à des sarcomes synoviaux (SS) opérés dans notre centre en trois ans.
Patients et méthodes : Trois patients âgés de 27 à 33 ans ont eu une néphrectomie élargie pour tumeur rénale correspondant à l’examen histologique à un sarcome synovial. Les tumeurs étaient symptomatiques dans 100 % des cas avec des douleurs lombaires et une rupture spontanée. La taille variait de 5 à 13 cm. L’aspect radiologique était une tumeur kystique (Bosniak IV) dans deux cas et un hématome périrénal spontané. Il s’agissait de deux reins droits pour un rein gauche. Les pièces ont été analysées après fixation. Des colorations immunohistochimiques et une analyse en biologie moléculaire par RT-PCR des transcrits de fusion ont été réalisées.
Résultats : Un patient est décédé du fait d’une évolution locale et métastatique 24 mois après une néphrectomie élargie associée à une radiochimiothérapie (protocole mesna, adriamycine, ifosfamide et deticene [Maid]). Deux patients étaient en rémission complète après 25 mois de recul moyen avec le même traitement. L’histologie retrouvait une prolifération mésenchymateuse fusocellulaire monotone correspondant à un sarcome. Il s’agissait dans les trois cas d’une forme biphasique avec des plages de cellules fusiformes et des cellules épithéliales. L’étude immunohistochimique montrait une positivité du contingent épithélial et fusiforme. Les marqueurs musculaires étaient négatifs. L’étude en biologie moléculaire du transcrit de fusion a permis de retrouver dans les trois cas une translocation (X;18).
Conclusion : Les SS primitifs du rein surviennent chez des patients jeunes. La translocation (X;18) est pathognomonique du diagnostic. Le pronostic est sombre malgré une exérèse complète, une radiothérapie et une chimiothérapie.

Introduction: The study of the clinical, histological and immunohistochemical aspects of three kidney tumors corresponding to synovial sarcomas operated on in our center over three years.
Patients and method: Three patients aged between 27 and 33 had an enlarged nephrectomy for kidney tumors corresponding to a histological examination of a synovial sarcoma. The tumors were symptomatic in 100% of cases with back pain and spontaneous rupture. Size varied from 5 to 13 cm. The radiological aspect was a cystic tumor (Bosniak IV) in two cases and in the other a spontaneous perirenal hematoma. Two were in the right kidney and one in the left kidney. The parts were analyzed after fixation. Immunohistochemical coloration and an analysis in molecular biology by RT-PCR of fusion transcripts were carried out.
Results: One patient died because of local development and metastasis 24 months after an enlarged nephrectomy associated with radio chemotherapy (Maid protocol). Two patients were in total remission after an average of 25 months following the same treatment. The histology found a mesenchymal fusocellular monotone proliferation corresponding to a sarcoma. In all three cases, it was a biphasic form with plaques of fusiform cells and epithelial cells. The immunohistochemical study shows a positivity of the contingent epithelial and fusiform. The muscular markers were negative. A study in molecular biology of the fusion transcript allowed for the finding of a translocation (X;18) in all three cases.
Conclusion: Primitive synovial sarcoma of the kidney occured in young patients. The translocation (X;18) is pathognomonic of the diagnosis. The prognosis is bleak despite complete excision, radiotherapy and chemotherapy.

Mots clés:
sarcome / Sarcome synovial / Rein / Synovialosarcome / cancer du rein
Mots-clés:
Sarcoma / Synovial sarcoma / Kidney / Synovialosarcoma / Renal cancer
Les tumeurs rares du rein et le rôle de la biologie moléculaire
Rare kidney tumors and the role of molecular medicine
2009
- Commentaire à…
- Réf : Prog Urol, 2009, 19, 7, 479-480
À l’instar de la cancérologie moderne, la pathologie tumorale rénale subit une double mutation, diagnostique et thérapeutique. La série rapportée dans ce numéro par l’équipe de Long et al. illustre cette transformation et est intéressante à plus d’un titre.
Impact de l'indication impérative sur la morbidité et les résultats carcinologiques à long terme après néphrectomie partielle
Prognostic relevance of imperative indication on morbidity and oncological outcomes after partial nephrectomy
2009
- Article original
- Réf : Prog Urol, 2009, 19, 7, 481-486

Objectif : Évaluer l’impact de l’indication impérative sur le taux de complication et les résultats carcinologiques à long terme après néphrectomie partielle (NP).
Patients et méthodes : Entre 1985 et 2005, tous les patients opérés d’une NP pour cancer localisé dans deux centres ont été revus. Les taux de complication global, hémorragique et urinaire ont été comparés entre le groupe I (indication élective) et le groupe II (indication impérative). Les survies sans récidive et spécifique à cinq, dix et 20 ans ont été comparées entre ces deux groupes. Une analyse multivariée selon le modèle de Cox a été réalisée pour rechercher les facteurs associés à la récidive et au décès sur l’ensemble de la série.
Résultats : Trois cent cinq patients ont été inclus dans l’étude. Aucune différence significative n’a été retrouvée entre le groupe I et le groupe II en ce qui concerne le taux de complication global (17 vs 20 %), le taux de complication hémorragique (3,5 vs 3,8 %) et le taux de complication urinaire (3,9 vs 2,5 %). Les patients opérés pour une indication impérative avaient des survies sans récidive et spécifique significativement plus faibles à cinq, dix et 20 ans. Sur l’ensemble de la série, l’indication impérative était le seul facteur indépendant associé à la récidive et au décès en analyse multivariée.
Conclusions : Si le taux de complication ne semblait pas significativement associé à l’indication opératoire, les patients à l’indication impérative représentaient un groupe hétérogène de moins bon pronostic. Ce facteur devrait être pris en compte dans les études portant sur la NP.

Objective: To evaluate the impact of imperative indication on the rate of complications and long term carcinological results after partial nephrectomy (PN).
Patients and method: Between 1985 and 2005, all patients who had a PN for localized cancer in two centers were reviewed. The rates of global, hemorrhagic and urinary complications were compared between group I (elective indication) and group II (imperative indication). Rates of survival without recurrence and specific at 5, 10 and 20 years were compared between these two groups. A multivariate analysis using the Cox model was carried out to research factors associated with recurrence and death on the whole of the series.
Results: Three hundred and five patients were included in the study. No significant difference was found between group I and group II as far as global complications were concerned (17 vs 20%), the rate of hemorrhagic complications (3.5 vs 3.8%) and the rate of urinary complications (3.9 vs 2.5%). The patients who had been operated on for an imperative indication had survived specifically and without recurrence which was significantly lower at 5, 10 and 20 years. On the whole of the series, the imperative indication was the only independent factor associated with recurrence and death in a multivariate analysis.
Conclusions: Even if the rate of complication does not appear to be significantly associated with the indication for operating, patients of imperative indication represented a heterogeneous group with a poorer prognosis. This factor should be taken into account in studies on the subject of PN.

Mots clés:
cancer du rein / Néphrectomie partielle / Indication impérative
Mots-clés:
Kidney cancer / Partial nephrectomy / Imprative indication
État des lieux et facteurs de participation à l'étude européenne ERSPC de dépistage randomisé du cancer de la prostate par dosage sérique de l'antigène prostatique spécifique : départements français du Tarn et de l'Hérault
Results and participation factors to the European Randomized study of Screening for Prostate Cancer (ERSPC) with Prostate Specific Antigen: French departments of Tarn and Hérault
2009
- Article original
- Réf : Prog Urol, 2009, 19, 7, 487-498

Introduction : Le principe et la mise en œuvre d’un dépistage de masse du cancer de prostate restent encore aujourd’hui controversés et rendent nécessaire la réalisation d’une étude d’envergure. L’étude randomisée européenne de dépistage du cancer de la prostate (ERSPC) a débuté en 1994. Huit pays, dont la France, y participent.
Méthodologie : L’ERSPC est une étude clinique randomisée contrôlée multicentrique qui a été mise en place afin de démontrer une baisse de la mortalité par cancer de la prostate de 20 % suite à la réalisation d’un dépistage par dosage du PSA. Les hommes âgés de 55 à 69 ans résidant dans le Tarn ou dans l’Hérault pouvaient être inclus. Après randomisation et exclusion des décès et des cas de cancer connus, les hommes du groupe dépisté ont été invités à donner leur consentement et à réaliser un dosage du PSA. En cas de résultat positif (PSA ≥ 3 ng/ml) la réalisation d’une biopsie prostatique était recommandée. Tous les hommes inclus dans l’étude (groupe randomisé et groupe témoin) ont été suivis par les registres de cancer départementaux. L’objectif de ce travail est de présenter un état des lieux du premier tour de dépistage de la contribution française à l’ERSPC, de déterminer quels étaient les facteurs de participations et de comparer les cas de cancer diagnostiqués dans les différents groupes de randomisation.
Résultats : L’effectif analysé était de 84 781 hommes dont 42 590 dans le bras dépistage et de 42 191 dans le bras témoin. Le taux de participation était de 36,9 % dans le Tarn et de 24,3 % dans l’Hérault. Le PSA était supérieur à 3 ng/ml dans 15,4 % des cas (n = 1812) et 45,9 % des hommes (n = 832) ont effectué une biopsie. L’âge, la réalisation préalable d’un dosage du PSA dans les deux ans, la caisse d’affiliation et le département de résidence étaient significativement associés à la participation à l’ERSPC. L’incidence cumulée avec un suivi de quatre ans était de 2,48 % (n = 1053) dans le groupe dépisté et 1,99 % (n = 840) dans le groupe témoin avec un risque relatif (RR) de 1,242. Les RR correspondants pour les effectifs séparés du Tarn et de l’Hérault étaient de 1,37 et 1,20. Les caractéristiques cliniques et la prise en charge thérapeutique des cas de cancers étaient similaires dans le groupe dépisté et dans le groupe témoin (68 % de prostatectomie et 20 % de radiothérapie).
Conclusion : Le taux de participation au premier tour de la contribution française à l’ERSPC était modeste. Les sujets qui ont participé ne présentaient pas le même profil que les non participants. Le groupe témoin a été probablement contaminé par la réalisation de dosages de PSA hors protocole. Les conséquences à l’échelle européenne de cette faible participation et de cette contamination sur l’analyse de la diminution de la mortalité par cancer de la prostate restent à déterminer.

Introduction: Mass screening modalities remained controversial and made necessary large studies. The European Randomized study of Screening for Prostate cancer (ERSPC) was initiated in 1994. Eight countries including France are participating.
Methods: ERSPC is a multicentric randomised study and started with the aim to determine whether a 20% reduction in prostate cancer mortality can be achieved with PSA-based screening. Men aged 50–74 and living in the Tarn or Hérault were included. After randomization and exclusion of men who died or had a prostate cancer were invited to participate by giving their consent and had a PSA test. In case of PSA greater than or equal to 3 ng/ml, biopsy was recommended. Included men in both screening and control group were followed through cancer registries. Objective was to present first round results of French participation to ERSPC, to determine factors of participation and to compare detected cancers cases between both groups.
Results: Population of men included was 84,781 and were randomized in screening (n = 42,590) or control (n = 42,191) group. Participation rate was 36.9% in Tarn and 24.3% in Hérault. PSA was greater than or equal to 3 ng/ml in 15,4% of cases (n = 1812) and 45.9% of men (n = 832) who were biopsied. Age, previous PSA performed within two years prior to invitation, health insurance and department of residence were significantly associated to participation rate. Cumulated incidence with a four years follow-up was 2.48% (n = 1053) in screening and 1.99% (n = 840) in control group, with a relative risk (RR) of 1.242. Corresponding RR for Tarn and Hérault were 1.37 and 1.20 respectively. Clinical parameters and treatments modalities were similar between both screening and control groups (radical prostatectomy 68% and radiation therapy 20%).
Conclusion: Participation rate at first round was modest. Profile of men who participated compared to men who did not were different. The control group was probably contaminated by PSA testing outside study protocol. Consequences at ERSPC level of this low participation rate on final analysis remain to be determined.

Mots clés:
Cancer de la prostate / dépistage de masse / Traitement / Épidémiologie / Registres France
Mots-clés:
Prostatic neoplasm / mass screening / therapy / epidemiology / Registries France
Dépistage du cancer de la prostate : les données du premier tour de dépistage de la population française participant à l'essai européen ERSPC
Screening for prostate cancer: Results about first screening round from the French population of the ERSPC trial
2009
- Commentaire à…
- Réf : Prog Urol, 2009, 19, 7, 499-500
Avec 62245 nouveaux cas diagnostiqués en France, en 2005, le cancer de la prostate constitue un important problème de santé publique . Le vieillissement de la population et la diffusion du dépistage par dosage de PSA risque d’accroître ce problème. Actuellement, le plus souvent, les habitudes de dépistages sont organisées en fonction des recommandations des sociétés savantes nationales.
Résultat à deux ans de la thermothérapie prostatique par radiofréquence pour troubles mictionnels liés à l'HBP
Medium-term results (2 years) of radiofrequency (TUNA) for lower urinary tract symptoms due to benign prostatic hyperplasia
2009
- Article original
- Réf : Prog Urol, 2009, 19, 7, 501-506

Objectif : Évaluer les résultats fonctionnels à moyen terme de la thermothérapie prostatique par radiofréquence (TUNA) pour HBP symptomatique non compliquée résistante au traitement médical.
Patients et méthodes : Les patients traités par TUNA dans notre centre et ayant atteint un suivi d’au moins 24 mois ont été reconvoqués. La réévaluation comprenait : débimètrie, PSA, score de symptômes (IPSS), indice de qualité de vie, satisfaction par échelle visuelle analogique (Eva), indice d’amélioration par échelle de Likert (amélioration, aggravation).
Résultats : De décembre 2002 à janvier 2007, 45 patients ont été traités sous bloc prostatique. Vingt-sept patients avaient atteint 24 mois de recul en janvier 2007. Trois patients décédés, un perdu de vue et quatre patients ayant nécessité un traitement ablatif complémentaire ont été considérés comme huit échecs. Le suivi médian était de 44 mois (26–52). L’évolution des paramètres d’évaluation était la suivante : médiane des Qmax = 9,5 mL/s en préopératoire, 9 mL/s à six mois et 11,5 mL/s après deux ans ; médiane de l’IPSS = 19,3 en pré opératoire, 16,3 à six mois et 16,5 après deux ans. Au niveau subjectif, 58 % des patients avait une Eva de satisfaction supérieur ou égal à six, et l’indice d’amélioration était supérieur ou égal à +1 dans 67 % des cas.
Conclusion : Dans cette expérience initiale monocentrique, malgré une amélioration modeste des paramètres objectifs et 20 % de retraitement chirurgical à deux ans, le traitement par TUNA apporte satisfaction et sentiments d’amélioration durable chez 60 % des patients.

Aim: To describe medium-term functional results of Transuretral Needle Ablation (TUNA) to treat symptomatic benign prostatic hyperplasia (BPH) refractory to medical treatment.
Materials and method: Patients who completed at least 2 years follow-up after TUNA were systematically offered a reevaluation including: Flowmetry, PSA, symptom score (IPSS), satisfaction index visual analogic scale (VAS) and a treatment impact evaluation with a Likert scale (ranging from much worse to much improved).
Results: From December 2002 to January 2007, 45 patients were treated with TUNA under local regional anaesthesia (prostatic block). Twenty-seven of them were followed-up longer than 24 months (median follow-up 44 months [26–52]). Changes in the selected outcomes were: increase in Qmax from 9.5 mL/s preoperatively to 9 mL/s at 6 month and 11.5 mL/s after 2 years; increase in IPSS from 19.3 before TUNA to 16.3 at 6 month and 16.5 after 2 years. About subjective evaluation, 58% of patient gave a satisfaction VAS ≥ 6, and the improvement index was greater or equal to +1 in 67% of case.
Conclusion: In this initial monocentric experiment, despite a modest improvement of objective parameters and a 20% of retreatment rate, TUNA give contentment and improvement sensation for 60% of patients who were treated for non-efficiency of medical treatment for benign prostatic hyperplasia.

Mots clés:
hypertrophie bénigne de la prostate / TUNA / thermothérapie / Radiofréquence / Chirurgie mini-invasive
Mots-clés:
Benign prostatic hyperplasia / TUNA / thermotherapy / Radiofrequency / Minimaly invasive surgery
Cure d'hypospadias. La forme de la plaque urétrale a-t-elle une influence sur le résultat de l'intervention de Duplay-Snodgrass ?
Hypospadias repair: The effect of urethral plate configuration on the outcome of Duplay-Snodgrass repair
2009
- Article original
- Réf : Prog Urol, 2009, 19, 7, 507-510

But : Plusieurs facteurs peuvent influencer le résultat de la chirurgie de l’hypospadias. Nous avons voulu étudier ce qui nous apparaît être un facteur déterminant de l’intervention de Duplay-Snodgrass : la profondeur de la plaque urétrale dans le gland, correspondant à la fossette naviculaire.
Matériel : Nous avons revu rétrospectivement les dossiers de 113 patients opérés d’un hypospadias par la technique de Duplay-Snodgrass. La profondeur de la plaque urétrale a été évaluée par la taille de la sonde sur la quelle l’urétroplastie a pu être effectuée. Les patients ont été ainsi divisés en deux groupes : plaque urétrale étroite, urétroplastie sur sonde 8 CH (groupe 1) et plaque urétrale large, urétroplastie sur sonde 10 CH (groupe 2). Les deux groupes ont été comparés en fonction de l’âge, de la forme anatomique et des complications postopératoires.
Résultats : Les complications (fistules et sténoses du méat) étaient plus fréquentes dans le groupe 1 (trois fistules pour 18 patients) que dans le groupe 2 (six fistules et une sténose du méat pour 95 patients), p = 0,08.
Conclusion : Les patients présentant un hypospadias à plaque urétrale étroite (nécessitant une reconstruction sur une sonde 8 CH) ont de moins bons résultats, quand la technique de Duplay est utilisée, que les patients ayant un hypospadias à plaque urétrale profonde et large.

Objectives: A number of factors potentially influence the outcome of hypospadias surgery. We evaluate the effect of catheter-size used during urethroplasty (a detail related to the depth of the urethral groove and width/elasticity of the urethral plate) on the complication rate following Duplay-Snodgrass repair.
Methods: The data of 113 patients undergoing primary hypospadias repair was retrospectively reviewed. Patients were divided into two groups based on the urethral plate width evaluated by the catheter-size used during urethral reconstruction, and the rate of complications was compared in the two groups. Other factors evaluated included age of patients and severity of the defect.
Results: Complications (urethro-cutaneous fistula and meatal stenosis) were more common in the narrow urethral plate 8F catheter group (three fistulae among 18 patients) compared to the wide urethral plate 10F catheter group (six fistulae and one meatal stenosis in 95 patients) (p = 0.08).
Conclusion: The width of the urethral plate during a modified Duplay urethroplasty has a significant impact on outcome. A smaller-sized catheter for neo-urethral reconstruction, implying a shallow urethral groove and a narrow or inelastic urethral plate, is associated with a higher rate of urethrocutaneous fistula and meatal stenosis.

Mots clés:
Complications / Hypospadias / Chirurgie
Mots-clés:
Complications / hypospadias / surgery
Urétroplastie pour hypospadias : évaluation de la plaque urétrale
Urethroplasty for hypospadias: Assessing the urethral patch
2009
- Commentaire à…
- Réf : Prog Urol, 2009, 19, 7, 510-511
Comme le montre cette étude, la morphologie balanique est un des paramètres, parmi d’autres, qui conditionne le succès d’une urétroplastie. La conclusion est logique : le risque de complications est d’autant plus élevé que la plaque balanique est étroite et peu profonde et l’hypospadias proximal. Cependant, l’évaluation de la largeur de la plaque urétrale est ici indirecte, et subjective, en fonction de la facilité d’une suture sur une sonde 8 CH ou 10 CH. Une mesure initiale directe de la largeur de la plaque est sans doute plus objective.
Endopyélotomie rétrograde pour sténose de la jonction pyélo-urétérale
Retrograde endopyelotomy for uretero-pelvic junction
2009
- Commentaire à…
- Réf : Prog Urol, 2009, 19, 7, 512
Le laser Holmium-Yag est récemment de plus en plus utilisé en urologie, et particulièrement en endo-urologie, pour fragmenter des calculs urinaires, coaguler une petite lésion urothéliale, vaporiser un adénome prostatique, inciser une sténose, etc. .
Transplantation domino à partir d'un donneur vivant d'un rein greffé atteint d'une micro-angiopathie thrombotique : aspects chirurgicaux
Domino transplantation of a living-donor kidney graft affected by thrombotic microangiopathy: Surgical aspects
2009
- Cas clinique
- Réf : Prog Urol, 2009, 19, 7, 513-516

Nous décrivons les aspects chirurgicaux du premier cas d’utilisation successive d’un rein prélevé initialement chez un donneur cadavérique, puis reprélevé sur la première receveuse qui avait une récidive précoce et sévère de micro-angiopathie thrombotique du transplant réfractaire aux traitements.

We report surgical aspects of the first case of retransplantation of a kidney initially retrieved from a cadaveric donor, then on a first recipient which developed a recurrent severe and intractable thrombotic microangiopathy on the allograft.

Mots clés:
Transplantation domino / Retransplantation rénale / Transplantation donneur vivant
Mots-clés:
Domino transplantation / Kidney retransplantation / Living-donor transplantation