Base bibliographique

Traitement du carcinome rénal métastatique
Treatment of metastatic renal cell carcinoma
2011
- Article de revue
- Réf : Prog Urol, 2011, 21, 4, 233-244

Depuis l’avènement des thérapies ciblées, la médiane de survie des cancers du rein métastatiques (CRm) a augmenté et est estimée aujourd’hui à 40 mois. Le CRm est donc passé ainsi du statut de maladie au pronostic très défavorable à un statut moins redoutable, quoique toujours incurable. Le sunitinib et le bévacizumab (niveau de preuve 1b) représentent le traitement standard de première ligne des CRm à cellules claires de faible risque ou de risque intermédiaire, alors que le temsirolimus (niveau de preuve 2) se donne en première ligne des CRm à haut risque. De plus, ce dernier, comme le sunitinib et le sorafenib, semble efficace dans le traitement des CRm non à cellules claires. En traitement de seconde ligne, l’evérolimus a prouvé son efficacité (niveau de preuve 1b). Le sunitinib et le sorafenib seraient également efficaces après échec des autres traitements de première ligne. La néphrectomie de réduction tumorale (NRT) chez les patients traités par sunitinib et bévacizumab semble avoir des effets bénéfiques sur la survie comme cela avait été montré avec les cytokines. Des études de phases 3 sont actuellement en cours pour évaluer son intérêt et l’ensemble des données sont indispensables pour définir au mieux la combinaison et la séquence optimale des différents traitements médicamenteux et chirurgicaux à notre disposition aujourd’hui.

The median survival of patients with metastatic renal cell carcinoma (mRCC) increased from 10 to more than 40 months since the advent of targeted therapy. The transformation of mRCC from an initially lethal disease to a more favorable entity, albeit incurable, occurred with the transition from best supportive care, to cytokines, to finally sequential targeted therapies. Sunitinib and bevacizumab (level 1b) represent the first-line standard of care for patients with clear-cell mRCC vs temsirolimus (level 2) for those with high-risk features. Additionally, exploratory analyses of the temsirolimus data indicate important benefits for those with nonclear-cell mRCC histological subtypes. In second-line, everolimus proved its efficacy (level 1b). Nonetheless, sunitinib and sorafenib are also effective for nonclear-cell histological subtypes and after failure of other first-line treatment. The PFS benefits of first- and subsequent treatment-lines were confirmed in virtually all subgroup analyses. Potential survival benefits can be derived from cytoreductive nephrectomy (CNT), as was shown for cytokines in the general population, in sunitinib and bevacizumab-exposed patients. Phase III studies are ongoing to address the importance of CNT. This information is crucial to ensure timely delivery of a combination of medical and surgical therapies in this patient population.

Mots clés:
Carcinome / Rein / Métastase / Thérapies ciblées / Néphrectomie de réduction tumorale
Mots-clés:
Carcinoma / Kidney / Metastasis / Targeted therapies / Cytoreductive nephrectomy
Actualités urologiques concernant les tests diagnostiques utilisés pour les tumeurs de vessie : le NMP22
Diagnostic test for bladder cancer: The NMP22<sup>®</sup>
2011
- Article de revue
- Réf : Prog Urol, 2011, 21, 4, 245-249

Introduction : Le diagnostic et la surveillance des tumeurs de vessie sont essentiellement fondés sur le couple cystoscopie–cytologie. Même si la cytologie des urines est un examen très spécifique, sa sensibilité est très variable et son interprétation est clairement dépendante de l’expérience du cytopathologiste. De la même façon, la cystoscopie possède ses propres limites techniques. Un test urinaire très spécifique, très sensible et peu onéreux pourrait idéalement se substituer au couple cystoscopie et cytologie urinaire.
Matériel et méthodes : À travers une revue de la littérature exhaustive utilisant le système MeSH et le système de recherche Pubmed (mots clés : NMP22 et bladder cancer), les auteurs ont essayé d’évaluer si le NMP22 peut être ce test diagnostique.
Résultats : Entre 1996 et 2010, 193 publications ont été identifiées par les mots clés préétablis. Seuls 17 articles originaux en anglais ont été sélectionnés pour la qualité de leur méthodologie. Le NMP22 a une meilleure sensibilité que la cytologie urinaire comme test de dépistage ou de surveillance des tumeurs de vessie. Utilisé comme test de dépistage, la valeur prédictive positive (VPP) du NMP22 reste très hétérogène puisqu’elle est comprise entre 0 et 70 %. Utilisé comme test de surveillance, la VPP du NMP22 est plus stable et proche de 70 %. Cette VPP peut être supérieure à 90 % si l’on couple systématiquement le NMP22 à la cytologie des urines.
Conclusion : En situation de dépistage, seule une meilleure sélection des populations à dépister (tabagique, hématurique) et l’élimination systématique des facteurs cliniques favorisants la fréquence des faux positifs (JJ, lithiase) permettront de valider le NMP22 comme test de référence. En situation de surveillance, l’association NMP22–cytologie pourrait se substituer à la cystoscopie. De plus, les patients présentant un NMP22 positif et une cystoscopie négative pourraient faire l’objet d’une surveillance attentive (risque de récidive multiplié par dix).

Introduction: Diagnosis and follow-up of bladder cancer is based on cytology and cystoscopic exams. Cytology is highly specific but remains with a highly variable sensitivity. Cystoscopy is an invasive exam and has shown specific limits. Urinary test, highly specific and highly sensitive, might be ideal to replace the couple cytology–cystoscopy.
Material and methods: Through a literature review, using MeSH system and Pubmed system (keywords: NMP22 and bladder cancer), authors pointed to the value of NMP22 to replace cystoscopy and cytology.
Results: Between 1996 and 2010, 193 publications were identified with these keywords. Seventeen original articles have been selected based on their quality and methodology. NMP22 was more sensitive than cytology for follow-up and screening of bladder cancer. As screening test, NMP22 has shown positive predictive value between 0 and 70%. As follow-up test, NMP22 has shown more stable positive predictive value close to 70%. Coupled to cytology, NMP22 has shown predictive positive value up to 90%.
Conclusion: For screening test, NMP22 should be the referent test for best selection cases (tobacco, hematuria) and for systemic elimination of false positive cases (ureteral stent, lithiasis). For follow-up test, NMP22-cytologt should be the new reference. Moreover, when NMP22 is positive with negative cystoscopy, follow-up may be carefully proposed (recurrence risk × 10).

Mots clés:
Cancer de vessie / NMP22 / Diagnostic
Mots-clés:
Bladder cancer / NMP22 / Diagnosis
Immunosuppression en transplantation rénale
Immunosuppression in kidney transplantation
2011
- Mise au point
- Réf : Prog Urol, 2011, 21, 4, 250-253

En transplantation rénale des progrès considérables ont été réalisés ces dernières années dans la prise en charge de l’immunosuppression, notamment, grâce à l’apparition de nouvelles molécules. Dans une première partie de cet article, le mécanisme de la réponse allo-immune est schématiquement décrit. Les différentes classes d’immunosuppresseurs sont ensuite présentées. Enfin, sont exposées les modalités d’association de ces molécules ainsi que les tendances actuelles de l’immunosuppression.

These last years, major progress in renal transplantation were observed, especially in immunosuppression with new drugs available. In the first part of this paper, immunological process of allogenic response is described. Then, the different classes of immunosuppressive drugs, their potential associations and new trends in immunosuppression are presented.

Mots clés:
Transplantation rénale / Immunosuppression
Mots-clés:
Kidney transplantation / immunosuppression
Lithotripsie extracorporelle et obésité avec un IMC supérieur à 35
Extra corporeal shock wave lithotripsy in patients with body mass index over 35 Kg/m<sup>2</sup>
2011
- Article original
- Réf : Prog Urol, 2011, 21, 4, 254-259

Introduction : Le traitement des calculs urinaires chez les obèses pose un véritable défi thérapeutique. Parmi les différents traitements pouvant être proposés pour la prise en charge de ces patients à risque de complications, la lithotripsie semble pouvoir être considérée comme le moins invasif. Notre objectif était d’évaluer l’efficacité de ce type de thérapeutique chez des patients présentant une obésité avec un IMC supérieur à 35.
Patients et méthodes : Il s’agissait d’une étude rétrospective menée d’octobre 2002 à janvier 2008 sur des patients avec des IMC supérieurs à 35 et ayant présenté des calculs des voies urinaires. L’évaluation de l’efficacité était effectuée à partir d’examens radiologiques (arbre urinaire sans préparation [AUSP], échographie ou TDM abdominopelvienne) lors d’une consultation par le chirurgien urologue quatre à six semaines après la dernière séance.
Résultats : Quatre-vingt dix huit patients, 53 hommes et 45 femmes pour un IMC moyen de 37,74 avaient 133 calculs d’une taille moyenne de 10,38 mm. Leur localisation était rénale pour 121 (83 %) d’entre eux et 56 (42,11 %) étaient localisés en caliciel inférieur. Au total, 219 séances ont été effectuées sans anesthésie ni analgésie et trois séances l’ont été sous neuroleptanalgésie. Une sonde double J a été mise en place dans 54 cas (40,6 %). En termes d’efficacité, un résultat complet était mis en évidence dans 56,3 %, un résultat partiel dans 37,5 % et un échec dans 6,2 %. L’efficacité était liée à l’IMC de façon significative. Pour les complications, cinq coliques néphrétiques ont été rapportées et trois pyélonéphrites sur obstacle ont nécessité la mise en place d’une sonde double J.
Conclusion : Dans notre étude, la lithotripsie extracorporelle a été un traitement efficace et mini invasif pouvant être proposé en première intention dans le traitement des calculs urinaires chez les obèses.

Introduction: The treatment of urinary stones in morbidly obese patients is associated with higher morbidity. Extra corporeal shock wave lithotripsy (ESWL) is one of the options to achieve urinary stone clearance with minimal morbidity of these patients. The purpose of this study was to evaluate the outcomes and efficiency of ESWL in patients with body mass index (BMI) upper 35 Kg/m2.
Patients and methods: We retrospectively reviewed the records of 98 patients with BMI more than 35 and urinary stones who were treated using ESWL from October 2002 to January 2008. Evaluation of efficiency was based on radiological examinations using abdominal radiography, echography or CT scan. It was mode during as consultation with the urologist surgeon four or six weeks after the last session.
Results: Ninety-eight patients, 53 men and 45 women, mean BMI 37.74 presented 133 urinary stones of mean size 10.38 mm. Their location was 83% renal, with 42.11% low caliceal. The number of ESWL is 219, without analgesics safe three under neuroleptanalgesics. Fifty-four cystoscopics stents have been pose (40.6%). The overall stone free was 56.3%, residual fragment of 37.5% and failure of 6.2%. The efficiency was bound to the BMI in a significant way. For the complications: five renal colics, three obstructive pyelonephritis with cystosccopic stent.
Conclusion: We conclude that ESWL is an effective and mini invasive treatment, which can be proposed, in the first intention in the treatment of urinary stones to obese patients.

Mots clés:
lithotripsie extracorporelle / calcul urinaire / Obésité
Mots-clés:
Shock wave lithotripsy / BMI / Efficiency / Radiolocation / Focal area
Détection précoce du cancer de la prostate chez le quadragénaire au Sénégal
Early detection of prostate cancer in Senegalese men 40–50 years old
2011
- Article original
- Réf : Prog Urol, 2011, 21, 4, 260-263

Objectifs : Détecter le cancer de la prostate chez le sujet jeune de race noire et comparer nos résultats aux études occidentales.
Patients et méthode : Les auteurs avaient mené une étude prospective et multicentrique de février 2008 à mai 2009 sur 220 quadragénaires . Tous les patients qui avaient une anomalie de la prostate suspecte de cancer et/ou un taux de PSA supérieur à 2,5 ng/ml avaient subi une biopsie prostatique.
Résultats : L’âge moyen des patients était de 44,99 ans. Le taux de PSA moyen était de 26,62 ng/ml avec des extrêmes de 0,3 ng/ml et 5600 ng/ml et une médiane de 0,88 ng/ml. Onze patients avaient un taux de PSA supérieur à 2,5 ng/ml et trois avaient des anomalies de la prostate suspecte de cancer. Le nombre de biopsie prostatique était de 12 et l’examen histologique avait permis de mettre en évidence un adénocarcinome de la prostate (Gleason 4 + 4) et deux lésions de PIN 3 ; mais seulement dans la tranche d’âge 46 à 50 ans.
Conclusion : Vu l’absence de cas de cancer détecté dans la tranche d’âge 40 à 45, nous ne préconisons pas de détection précoce dans cette tranche d’âge. Notre étude est un préliminaire et doit être complétée par la recherche de forme familiale de cancer de la prostate mais aussi un suivi régulier des patients qui présentent déjà un taux de PSA supérieur à 2,5 ng/ml ou des lésions histologiques à type de PIN.

Objectives: To detect prostate cancer in young black men and compare our results with those of western studies.
Patients and methods: The authors conducted a prospective multicenter study from February 2008 to May 2009 on 220 men aged 40 to 49 years. All patients with an abnormal prostate suspicious of cancer and/or a PSA greater than 2.5 ng/ml had a prostate biopsy.
Results: The mean age of patients was 44.99 years. The mean PSA was 26.62 ng/ml and ranged from 0.3 to 5600 ng/ml, with a median PSA of 0.88 ng/ml. Eleven patients had a PSA greater than 2.5 ng/ml and three had abnormal prostates suspicious of cancer. Twelve patients had a prostate biopsy. Histologic studies of the specimens found one case of prostate adenocarcinoma (Gleason 4+4) and two cases of high grade prostate intraepithelial neoplasia (HGPIN), all within the 46 to 50 years age group.
Conclusion: Due to the absence of prostate cancer within the 40 to 45 years age group, we would not recommend the screening of prostate cancer within this age group. This is only a preliminary study, and should be completed with the search for familial forms of prostate cancer. Also, a regular follow-up of patients already presenting with PSA greater than 2.5 ng/ml or HGPIN should be considered.

Mots clés:
Détection / Noir / Jeune / Cancer prostate
Mots-clés:
detection / Black / Young / Prostate cancer
Surveillance active du cancer de prostate ayant des critères de latence : les critères SURACAP sont-ils suffisants ?
Pathological findings after radical prostatectomy in men eligible for active surveillance (French trial SURACAP): Is the misclassification rate acceptable?
2011
- Article original
- Réf : Prog Urol, 2011, 21, 4, 264-269

Objectifs : Étudier les caractéristiques anatomopathologiques des pièces de prostatectomie totale (PT) des patients inclus dans l’étude SURACAP.
Méthodes : À partir de 2000 patients ayant eu une PT de 1998 à 2010, ont été identifiés, ceux répondant aux critères de surveillance active, selon les critères de SURACAP : âge inférieur à 75 ans, espérance de vie supérieure à dix ans, stade clinique T1c ou T2a, PSA inférieur à 10 ng/ml, un adénocarcinome prostatique diagnostiqué à partir d’une série de biopsies comprenant au moins dix carottes, avec les caractéristiques suivantes : moins de trois biopsies positives, aucune ne comprenant plus de 3 mm de cancer, un score de Gleason inférieur à 7. Parmi les patients répondant à ces critères, ont été retenu ceux ayant eu le diagnostic de cancer sur une deuxième série de biopsies (première série négative) afin de se rapprocher au mieux des critères de SURACAP qui demande une deuxième série de biopsie pour valider les résultats de la première. Chez ces patients, ont été évalués le score de Gleason sur la pièce, le stade pathologique (TNM), le statut des marges chirurgicales.
Résultats : Quarante-huit patients répondaient à ces critères. L’âge moyen était de 65,4 ans, le stade clinique était T1c pour 95 % et T2a pour 5 % d’entre eux. Le PSA préopératoire était de 6,1 ng/ml. Le score de Gleason de la pièce opératoire était de 6 (3 + 3) chez 57 % des patients, de 7 (3 + 4) chez 38 % et de 8 (4 + 4) chez 5 % des patients. La sous-évaluation du score de Gleason (comparaison biopsies-pièce) était de 43 % (95 % de Gleason 7 et 5 % de Gleason 8). Le stade pathologique était dans 81 % de pT2a-c, 17 % de pT3a et 2 % de pT3b. Le taux de marges chirurgicales positives était de 17 %.
Conclusion : Il existait une sous-corrélation du score de Gleason de 43 % et une maladie extraprostatique chez 19 % des patients ayant les critères de surveillance active sur une deuxième série de biopsies (la première étant négative).

Objective: To analyze pathological data of the radical prostatectomy specimen in patients operated for clinically-localized prostate cancer and who meet strict criteria for active surveillance necessary to be included in the French trial SURACAP.
Patients and methods: The data of patients who underwent a radical prostatectomy at our institution between 1998 and 2010 were reviewed. We only included the patients that met the usual criteria for active surveillance: clinical stage T1-2a tumor, PSA ≤ 10 ng/mL, biopsy Gleason sum inferior or equal to 6 with no pattern of grade 4 or 5, cancer involvement inferior or equal to two biopsy cores, inferior to 3 mm of malignant tissue in each positive biopsy core. From them, only those who were diagnosed from a second line biopsies cores were included for further analysis.
Results: Overall, 48 patient who met the “SURACAP” criteria had a laparoscopic radical prostatectomy at out institution. Mean age was 65.4 years. The mean preoperative PSA was 6.1 ng/mL. Clinical stage of the tumor was T1c in 95% of patients and T2a in 5%. Biopsy Gleason score was 6(3 + 3) in 100%. Pathological analysis of the surgical specimen showed that 19% of patients had a seminal vesicle invasion or an extracapsular extension. The Gleason score of the pathological specimen was 6 (3 +3) in 57% of patients, 7 (3 +4) in 38% and 8 (4 +4) in 5% of patients. The Gleason score upgrading was 43% of patients.
Conclusion: In our experience, 19% of patients who meet the criteria for active surveillance show an extracapsular extension or a seminal vesicle invasion on pathological analysis. Active surveillance is still under evaluation.

Mots clés:
cancer de prostate / prostatectomie radicale / Surveillance active / SURACAP
Mots-clés:
Prostatic neoplasms / radical prostatectomy / Active surveillance / SURACAP
Limite du Pad-Test Court et des questionnaires dans l’évaluation de l’incontinence urinaire post-prostatectomie
Limit of short Pad-Test and questionnaires about urinary incontinence evaluation after prostatectomy
2011
- Article original
- Réf : Prog Urol, 2011, 21, 4, 270-276

But : Étude clinique comparant l’évaluation de l’incontinence urinaire post-prostatectomie (IUPP) chez l’homme par le Pad-Test Court (PTC) avec celle par les questionnaires ICIQ et SF36.
Patients : De juin 2006 à novembre 2008, 16 patients ayant une IUPP faible à modérée étaient opérés par bandelette sous-urétrale type I-Stop® TOMS. L’incontinence était évaluée en analysant trois paramètres : PTC, ICIQ et SF36. Cette évaluation était faite à deux reprises : avant chirurgie (j0) et à 90 jours postopératoires (j90). L’association entre deux méthodes d’évaluation était appréciée avec le coefficient de Kendall et une association était considérée significative si le test d’indépendance reposant sur ce même coefficient donnait une valeur p inférieure à 0,05.
Résultats : Les changements entre j0 et j90 par rapport au PTC ne paraissaient pas être liés (p > 0,05) aux changements observés a l’aide des questionnaires, à savoir le ICIQ et le SF36. De même à j0, aucune association significative n’était trouvée (p > 0,05) entre les résultats du PTC et les scores obtenus aux questionnaires ICIQ et SF36. Toutefois, à j90, un lien significatif (p < 0,05) était trouvé entre les résultats du PTC et les scores aux questionnaires ICIQ et SF36.
Conclusion : L’absence d’association entre les deux types d’évaluation en préopératoire confirme les recommandations d’une double évaluation, objective et subjective. Le PTC était facile à réaliser mais, dans la population considérée qui était atteinte d’une IUPP faible à modérée, il existait une faible variabilité et un manque de précision dans la détection des fuites. Cela fait proposer de réaliser dans cette population préférentiellement un Pad-Test long, de 24 heures, afin de prendre mieux en compte des fuites exprimées sur une durée plus longue.

Purpose: Clinical study among Men suffering from postprostatectomy urinary incontinence comparing the short term Pad-Test to urinary symptom questionnaires.
Patients and methods: From June 2006 to November 2008, 16 patients presenting a urinary incontinence after prostatectomy have been operated by I-Stop® TOMS male sling. The incontinence has been evaluated by analyzing data from the short Pad-Test, ICIQ and SF36 questionnaires. This evaluation has been done before surgery (Day 0) and 90 days after (Day 90). The short term Pad-Test was recommended by the International Continence Society. The analysis between the values has been appreciated by Kendall ratio with a significant value, for the indepedance test, if smaller than 0.05.
Result: We can’t demonstrate any significant evolutive correlation of the short term Pad-Test and ICIQ or SF36 questionnaires results between Day 0 and Day 90. At Day 0, there is no significant link between short-term Pad-Test and ICIQ or SF36 questionnaires results.
Conclusion: The absence of correlation between the two evaluations before surgery confirms the interest of a double evaluation, objective and subjective. The short-term Pad-Test is easy to perform but presents a limited variability of the measure and a lack of precision in leakage detection. Nevertheless, there is a bias of selection in the recruited population who suffered from a minor or moderated urinary incontinence after prostatectomy, according to Stamey standards. The authors propose to prefer 24 hours Pad-Test which evaluate the leakage on a larger period of time.

Mots clés:
Incontinence urinaire post-prostatectomie / Pad-Test Court / questionnaires symptômes / Bandelette sous-urétrale
Mots-clés:
Urinary incontinence after prostatectomy / Urinary incontinence evaluation / Short-term Pad-Test / Questionnaire / Male sling
Résultats à long terme du traitement de l’incontinence urinaire masculine par implantation de sphincter artificiel urinaire (AMS 800) en position bulbaire : expérience monocentrique
Long-term results of the treatment of urinary incontinence with bulbar implantation of artificial urinary sphincter in men: A single-center experience
2011
- Article original
- Réf : Prog Urol, 2011, 21, 4, 277-282

Objectif : Rapporter les résultats fonctionnels et la morbidité après implantation du sphincter artificiel urinaire (SAU) en position bulbaire chez les patients ayant au minimum cinq ans de suivi.
Patients et méthodes : Les dossiers des patients traités entre 1984 et 2003 par mise en place d’un SAU en position bulbaire ont été revus. Les données suivantes ont été relevées : âge, étiologie de l’incontinence, complications peropératoires. Pour évaluer les résultats sur la continence, les patients ont été revus à un, trois, six et 12 mois puis tous les ans.
Résultats : Au total, 159 patients implantés d’un SAU ont été inclus. L’âge médian était de 68,4 ans et la médiane de suivi a été de 69 mois. L’étiologie de l’incontinence était une chirurgie prostatique dans 83 % des cas. Les taux de continence totale et de satisfaction à cinq ans étaient de 74,2 % (n = 118) et 92 % (n = 140), respectivement. Les taux d’infections et d’érosions à cinq ans étaient de 4,4 % et 9,4 %, respectivement. En cas d’antécédent de radiothérapie, le taux d’érosions à cinq ans a été de 22,2 % Les taux d’atrophies urétrales et de défaillances mécaniques à cinq ans étaient de 7,5 % et 23,6 %, respectivement. Le taux de ré-intervention à cinq ans a été de 41,5 %.
Conclusion : Nos résultats ont confirmé que le SAU était le traitement de référence de l’incontinence urinaire masculine. Des alternatives thérapeutiques sont en cours de développement qui pourraient pallier les pannes mécaniques et offrir une alternative en cas d’échec primaire ou secondaire.

Objective: To report the functional results and morbidity after implantation of bulbar artificial urinary sphincter (AUS) in incontinent men with at least 5 years of follow-up.
Patients and methods: The files of patients treated between 1984 and 2003 by setting up a SAU at bulbar location were reviewed. The following data were recorded: age, etiology of incontinence, intra-operative complications. To evaluate the results on continence, patients were seen at 1, 3, 6 and 12 months, and yearly thereafter.
Results: Overall, 159 men implanted with an AUS were included. The median age was 68.4 years and the median follow-up was 69 months. The etiology of incontinence was a prostate surgery in 83% of cases. The five-year rates of continence and satisfaction were 74.2% (n = 118) and 92% (n = 140), respectively. The fiver-year rates of infections and erosions were 4.4% and 9.4%, respectively. In case of previous radiotherapy, the rate of erosion at 5 years was 22.2%. The rate of atrophy and urethral mechanical failure at 5 years was 7.5% and 23.6%, respectively. The rate of reoperation at 5 years was 41.5%.
Conclusion: Our results confirm that the AUS is still the standard treatment for male with urinary incontinence due to intrinsic sphincter deficiency. Minimally invasive therapies are being developed that could overcome the mechanical failures and offer an alternative in case of primary or even secondary failure of the AUS.

Mots clés:
Sphincter urinaire / incontinence urinaire / Urètre / Homme / Implant artificiel
Mots-clés:
urinary sphincter / Urinary incontinence / Urethra / Male / Artificial device
Évaluation d’un programme infirmier d’éducation thérapeutique pour les injections intra-caverneuses d’alprostadil après prostatectomie radicale
Evaluation of a nurse educational program for intracavernous alprostadil injections after radical prostatectomy
2011
- Article original
- Réf : Prog Urol, 2011, 21, 4, 283-287

But : Évaluer la prise en charge par une infirmière des injections intra-caverneuses d’alprostadil (IIA) après prostatectomie radicale (PR).
Patients : Cent patients consécutifs ont été formés aux IIA un mois après PR par une infirmière (j0). Ils réalisaient eux-mêmes la première injection (2,5 μg) puis avaient la consigne d’augmenter les doses à domicile jusqu’à obtenir des érections satisfaisantes. En cas de problème, ils pouvaient demander à être contactés par téléphone par l’infirmière. Nous avons évalué à j0, j15 et à six mois : la capacité à réaliser l’IIA, la survenue de priapisme, les doses injectées, la reprise de la fonction sexuelle (questionnaires EHS et GAQ) et la douleur à l’érection (EVA).
Résultats : Quatre-vingt-un pour cent des patients étaient très satisfaits de la formation. À J15, 93 % des patients réussissaient l’IIA (dose moyenne injectée : 5,2 μg). Aucun priapisme n’a été noté. Le traitement avait amélioré les érections dans 80 % des cas (GAQ) ; 47 % des patients avaient des érections suffisantes pour permettre une pénétration (EHS >2) et 39 % avaient des rapports sexuels. La douleur à l’érection (3,9/10 en moyenne) constituait le principal motif de demande de rappel. À six mois, 69 patients poursuivaient le traitement ; la douleur, le score EHS et la dose injectée étaient respectivement de 3,2/10, 2,9/4 et 8,8 μg.
Conclusions : L’initiation des patients aux IIA par une infirmière permettait d’obtenir des taux satisfaisants d’accomplissement du geste d’injection et d’adhésion au traitement. Cependant, un suivi rapproché et prolongé était nécessaire en raison des douleurs péniennes post-IIA.

Objectives: To evaluate a nurse educational program for penile rehabilitation after radical prostatectomy (RP) based on intracavernous alprostadil injection (IAI).
Patients: One hundred consecutive patients started IAI one month after RP under the supervision of a nurse practitioner (day 0). Patients performed the first injection (2.5 μg) ; they were advised to increase gradually the dose of alprostadil until having satisfactory erections. Patients having difficulties with IAI were called back by the nurse. They received a medical follow-up at the uro-oncology department at 6 months. We assessed at D0, D15 and at 6 months: the ability to complete the IAI, the occurrence of priapism, the injected doses, the recovery of sexual function (EHS and GAQ scores), and pain in erection (numeric rating scale).
Results: Eighty-one percent of patients were very satisfied with the educational program. On day 15, 93% of patients achieved IAI (mean injected dose: 5,2 μg). No priapism was noted. The treatment had ameliorated erections in 80% of cases (GAQ); 47% of patients had erections hard enough to allow penetration (EHS > 2) and 39% had sexual intercourses. Pain to erection (3,9/10 on average) represented a motive of request for recall for 2/3 of the patients. At 6 months, the dropout rate was 31%; mean pain level, EHS score and injected dose were respectively 3,2/10, 2,9/4 and 8,8 μg.
Conclusions: The nurse educational program for penile rehabilitation after RP was associated with satisfactory rates of self-injection accomplishment and treatment observance. However, close and prolonged follow up was necessary because of post-IAI penile pain.

Mots clés:
prostatectomie radicale / Alprostadil / dysfonction érectile / Infirmière / Éducation thérapeutique
Mots-clés:
radical prostatectomy / Alprostadil / Erectile dysfunction / Nurse practitioner / Educational program
Tumeurs corticosurrénaliennes à cellules oxyphiles : à propos d’un cas et revue de la littérature
Adrenocortical oncocytic cells tumor: Case report and review of literature
2011
- Cas clinique
- Réf : Prog Urol, 2011, 21, 4, 288-290

Les tumeurs corticosurrénaliennes à cellules oxyphiles sont rares. Nous rapportons un cas. À notre connaissance, 34 cas ont été relevés dans la littérature. Ils s’agissaient de tumeurs asymptomatiques et non-secrétantes dans la majorité des cas. L’examen histologique était le moyen diagnostique. Les cellules oxyphiles étaient caractérisées par l’abondance des mitochondries hypertrophiées. L’étiologie restait inconnue. Le pronostic était favorable malgré l’existence de trois cas de « carcinome » et de dix cas de « tumeurs à potentiel de malignité incertain ». La chirurgie était curative pour toutes les tumeurs y compris les carcinomes. La conduite à tenir et le suivi étaient établis en fonction du pronostic.

Adrenocortical oncocytic cells tumor are rare. We report on a case. To our knowledge, 34 cases have been described to date. These tumors were asymptomatic and non-secreting. Diagnosis was made on histologic exam. Oncocytic cells were marked by the increased number of hypertrophied mitochondria. The etiology remained unknown. The prognosis was good despite the fact that three cases were considered as carcinomas and 10 others considered as tumors of uncertain malignant potential. All tumors were cured by surgery. Management and follow-up were established upon prognosis.

Mots clés:
Tumeur corticosurrénalienne / Cellules oxyphiles / Système de Weiss
Mots-clés:
Adrenocortical tumor / Oncocytic cell / Weiss system
Polype fibro-épithelial de l’uretère chez l’enfant. À propos d’un cas
Fibroepithelial polyp of the ureter in a child. A case report
2011
- Cas clinique
- Réf : Prog Urol, 2011, 21, 4, 291-295

Le polype fibro-épithélial de l’uretère (PFE) est une tumeur bénigne d’origine mésodermique rare chez l’enfant. Il est souvent révélé par une hématurie et des douleurs lombaires, qui sont en rapport avec une obstruction du tractus urinaire. L’étiopathogénie de ces tumeurs est mal connue. Le PFE est plus fréquent chez le garçon, et siège souvent au niveau l’uretère proximal et la jonction pyélourétérale. Le diagnostic préopératoire est souvent difficile. Nous rapportons le cas d’un garçon de dix ans, qui avait des douleurs lombaires intermittentes, dues à des polypes de l’uretère lombaire gauche, de découverte peropératoire, dont la nature fibro-épithéliale a été confirmée par l’examen anatomopathologique de la pièce d’exérèse chirurgicale. À travers une revue de la littérature, les aspects cliniques, radiologiques, histologiques et thérapeutiques de cette tumeur inhabituelle sont discutés.

Fibroepithelial polyp of the ureter is benign tumor of mesodermal origin that rarely occurs in children. The most common presenting symptoms are hematuria and flank pain by obstruction of the urinary tract. The etiology of this tumor is not clear. It occurs more frequently in boys and often arises in the proximal ureter and the ureteropelvic junction. The preoperative diagnosis is difficult. We present the case of a 10-year-old boy who had recurrent episodes in the left flank owing to polyps of the lumbar ureter of which the fibroepithelial nature was confirmed by the pathological examination of the surgical specimen. We discuss the clinical presentations, imaging, histological features and treatment options of this unusual tumor through a review of the literature.

Mots clés:
Polype fibro-épithélial / Uretère / Enfant
Mots-clés:
Fibroepithelial polyp / ureter / child
Hétérotopie gastrique de siège vésical : un cas clinique au carrefour de l’embryologie et de l’histopathologie
Bladder located gastric heterotopy: A case report confronting embryology to histopathology
2011
- Cas clinique
- Réf : Prog Urol, 2011, 21, 4, 296-299

Nous rapportons un cas d’hétérotopie gastrique de siège vésical, ce qui a notre connaissance, n’a jamais été décrit dans la littérature scientifique. La discussion porte sur le diagnostic et les mécanismes physiopathologiques qui ont pu être impliqués dans la genèse de cette lésion.

We report a case of bladder located gastric heterotopy, which has never been described, to our mind in the scientific literature. We discuss the diagnosis and the physiopathological mechanisms that may have been involved in the genesis of such a lesion.

Mots clés:
Gastrique / Hétérotopie / Vessie / Bénin / métaplasie
Mots-clés:
Gastric / Heterotopy / bladder / Benign / Metaplasia